Dans la même série
Simon (Le Manoir des murmures T3)
à paraître
Tirso (Dessin )
David Munoz (Scénario )
Javi Montes (Couleurs )
La fin très attendue de la trilogie fantastique.
A la fin du tome 2, alors même qu'elle vient de découvrir sa nature de vampire, Sarah fait le choix douloureux de rester aux côtés de Simon et des scientifiques du manoir. Dans la forêt, l'armée de Demian, le roi et père de tous les vampires se prépare à prendre d'assaut le manoir afin d'éliminer Simon et de récupérer l'antidote permettant aux vampires et aux monstres de redevenir humains.
Mais en découvrant la vraie nature de Simon et le véritable effet de son traitement, Sarah apprendra à ses dépens que la limite est floue entre l'humanité et la monstruosité, le bien et le mal, et la science utilisée pour se sauver ou pour se venger.
Sur les cendres du manoir, elle devra quitter son regard d'enfant et trouver sa propre voie.
EXTRAITS
Interviews de David munoz et de tirso
Le Manoir des Murmures : interview du scénariste David Munoz
14 avril 2010 par "Mélanie "
-Comment est né le projet du Manoir des Murmures?
Eh bien, j'ai toujours voulu écrire une série fantastique très sombre.
Le problème, c'est qu'il y'a déjà trop d'histoires de ce genre sur le marché en ce
moment. Trop de "Twilights” ou de “Harry Potter". Le monde est saturé
avec les élus, les monstres romantiques, etc. J'ai donc voulu essayer
quelque chose d’un peu différent.
Alors oui, bien-sûr, nous avons des loup-garous, des
vampires et aussi un enfant, Sarah, dont les actions peuvent changer le monde
dans lequel elle vit, mais les monstres sont des créatures vraiment dangereuses, et cet enfant ne vit pas dans un monde simple où tout est noir ou blanc. Pendant longtemps, elle ne sait pas ce qui
est bien ou mal, qui sont les méchants ou les gentils ou comment les
différencier dans ce monde.
Je ne veux pas gâcher la fin pour les lecteurs,
mais je pense que le dernier album montre clairement que nos personnages ne
vivent pas dans un monde simple. Il n'y a pas de
leçons faciles à apprendre ici. Notre moral,
s'il y'a une, est sûrement que le monde est un endroit très compliqué, et vous
devez savoir que tous ceux qui tentent de vous vendre une vision simple dissimulent une vision secrète.
Obi Wan-Kenobi, Morpheus, Dumbledore ne détiennent pas la vérité et vous pouvez sympathiser
avec Darth Vader ou encore Voldemort. Je pense que c'est la raison pour laquelle certains
lecteurs adultes qui généralement n’apprécient pas la fantaisie
aiment cette série.
J’en ai vraiment marre de toutes ces histoires pour enfants et adolescents qui se terminent avec un héros triomphant dans un monde totalement débarrassé du mal. Le monde n'est pas comme
ça, il ne le devriendra jamais. Et
plus tôt vous le découvrirez, mieux cela vaudra.
Et ne vous méprenez pas. J'adore
Harry Potter. Mais même si cela devenait plus
sombre cela n'ira jamais au-delà d'un point de vue moral. Et ça s'est bien. La naïveté fait partie du charme de
Potter, mais le nôtre est d'un genre très différent.
-Comment vous est venu l’idée d’une collaboration avec le dessinateur Tirso?
Je l'ai rencontré à Comic Con où nous étions tous les deux invités. Nous avons déjeuné avec d'autres artistes et écrivains et dès que nous avons commencé à parler, nous avons découvert que nous nous entendions très bien. Et je pense que c'est ce même après-midi que Tirso m'a demandé si j'avais une idée que nous pourrions envoyer à son éditeur, parce qu'il était à la recherche d'un nouveau projet. Quelques jours plus tard je lui ai envoyé un bref sommaire de ce qui allait devenir Le Manoir des Murmures . Il a aimé ... et ce fût tout.
-De quoi vous êtes vous inspiré pour la création du script?
Cette partie de l'interview est la plus difficile à expliquer pour un écrivain!
D’où viennent les idées? Pour le Manoir, tout ce dont je me souviens c'est que j'étais en avion entrain d'écrire des
idées sur mon ordinateur portable, en essayant de trouver la meilleure pour
Tirso et moi. Je devenais très impatient car je n’arrivais pas à trouver
quelque chose que j’aimais vraiment.
Oui, nous avions tous les deux
envie de travailler sur une série fantastique très sombre, et nous savions que
nous voulions des monstres et même un enfant, mais…de quoi parlerait
l’histoire? Il fallait trouver quelque chose qui
nous tiendrais vraiment à cœur parce que si tout fonctionnait, nous aurions à
vivre avec, pour les prochaines années.
Je me suis
souvenu d'un article que j'avais lu il y'a quelques années au sujet d'orphelins malades qui vivaient dans un orphelinat en Afrique. Certains d'entre eux avait le sida, d'autres le cancer, mais ce qui m'a le plus impressionné c'est que tous ces enfants ont refusé de laisser
leur maladie définir le cours de leur vie. Ils parlaient volontiers de leurs amis et
de leurs rêves qu'ils partagaient avec eux. On pouvait sentir leur amitié et
c’est ce qui rendait leur vie complète.
J'ai alors pensé que c’était de ça que je voulais parler. Avant tout, ce devait être
l'histoire d'un groupe d'amis séparés du reste du monde en raison de leur
«maladie», apprendre ce que c'est que de grandir quand la seule chose que vous
avez est "l'autre". Et je voulais utiliser la création fantastique pour parler
métaphoriquement de ce sujet. Mais je me rends compte maintenant quand j'en parle, que le processus semble beaucoup plus cérébral qu'il était vraiment. En fait, tout s'est passé très vite et à un niveau d'illogisme très instinctif. Je savais que je devais raconter cette
histoire. Aussi, parce qu'il existait une raison
très personnelle pour que je me souvienne de cette histoire. La connexion était là
depuis un certain temps et elle a germé dans Le Manoir des murmures.
-Quelles sont les étapes de l’élaboration de votre scénario?
J'écrivais synopsis après synopsis et j’en parlais encore et encore avec
Tirso et Philippe Hauri (l'éditeur original du Manoir) qui m'a vraiment aider à écrire le meilleur scénario dont j'étais capable.
Après en avoir discuter avec eux, j'ai essayé d'incorporer leurs suggestions. Ce fût un processus très satisfaisant mais
très long. Et j'ai beaucoup appris sur la route. J'avais
écrit quelques comics avant, mais jamais de saga de trois
albums, j'ai donc eu quelques difficultés au départ pour insérer l'histoire que je voulais raconter dans les 52 pages du
premier album. Un film ou un épisode de TV donne plus d'espace pour
laisser le récit respirer. Mais Tirso m'a beaucoup aidé pour cela.
De plus, j'aime la
nature synthétique de la bande dessinée écrite et le fait d'avoir un
budget illimité. Le cliché est vrai: la seule limite est votre
imagination.
Peut-être que la chose la plus intéressante au sujet de l'élaboration du script est notre ancienne intention de confiner les personnages dans le manoir, cela serait devenu un récit sur des "étudiants bloqués dans un sinistre orphelinat" comme dans le film que j'ai écrit pour Guillermo del Toro, mais
très vite nous avons réalisé que nous voulions que l'histoire soit plus grande et plus
épique.
-Pourquoi avoir particulièrement choisi cette époque de guerre pour le scénario?
Il n'y avait pas les téléphones portables en 1949!
Les téléphones portables sont le fléau des écrivains! Blague à part, nous
voulions juste mettre l'histoire à une époque où l'on pourrait croire à
une guerre secrète entre les hommes et les monstres. Ce serait plus
difficile à croire aujourd'hui, quand tout le monde a un téléphone portable
avec une caméra. Aujourd'hui, s'il y avait vraiment des vampires, nous serions malade
de les voir discuter sur ce que c'est de vivre éternellement à la télé! Il n'y aurait plus rien de secret à leur sujet.
Si nous avons choisi la République Tchèque c'est à cause de son histoire et sa
place inconfortable que le pays occupait à la fin de la Première Guerre
mondiale sous l'occupation soviétique (qui d'une certaine façon fait écho à la lutte
de nos personnages). La guerre était terminée, mais il y avait encore une guerre en
cours, celle ci silencieuse, mais aussi dangereuse que l'autre.
Nous pensions
aussi que nous avions l'obligation de donner à nos lecteurs des
endroits jamais visité auparavant ou du moins, rarement. Toutes les histoires fantastiques n'ont pas lieu aux Etats-Unis, en Angleterre ou
dans des mondes inventés. Et qui pourrait résister à la possibilité de détruire
une partie du pont Charles à Prague, dans un combat de monstres?
De toute
façon, tout comme moi, Tirso aime l'esthétique de l'époque. Tout
avait l'air mieux ensuite.
Le Manoir des Murmures : Interview du dessinateur Tirso
14 avril 2010 par "Mélanie "
-Qu’est ce qui vous a donné envie de devenir dessinateur de BD?
Pour
te dire la vérité…je ne sais pas. Je ne suis vraiment pas sûr du pourquoi j’ai
commencé à dessiner des BD.
Quand
j’étais enfant, mes parents ont toujours essayé de me pousser à lire. J’ai donc
toujours eu des livres et des BD autour de moi. C’est peut-être aussi pour cela que
depuis que j’ai commencé à dessiner, j’ai toujours essayé de raconter des
histoires avec des photos. J’avais déjà essayé de créer une BD.
Je suppose qu'on s'habitue à cette culture "du livre" avec
laquelle on a grandi et de la même façon on s'amuse avec lorsque l'on développe notre
personnalité. Raconter une histoire devient alors beaucoup plus simple.
-Pouvez vous expliquer votre méthode de travail, les étapes...?
Je suis très organisé à cet
égard. Je lis le script, je prends des notes et j’en discute avec le
scénariste. Je cherche les références visuelles dont j’ai besoin, je dessine un
mini croquis que moi seul peux comprendre puis je commence à dessiner.
Parfois, je crayonne des choses dans un carnet pour les tester avant de les
dessiner dans les pages finales.
Après avoir fini le crayonnage, je commence l’encrage. Ensuite, je scanne les pages et je les
retouche sur l’ordinateur ou j'applique certaines textures si j’ai besoin de le
faire. Je peux dessiner une page et ensuite commencer
le crayonné d'une autre page avant l'encrage de la première mais je ne le fais jamais au delà de deux pages. Et j’encre toujours dans l’ordre de lecture. Et pas
autrement ! C’est une habitude assez folle que j’ai.
-De quoi ou de qui vous êtes vous inspiré pour créer vos personnages notamment les vampires ? L’ambiance? Les paysages (l’orphelinat)?
C’est difficile d’expliquer d’où l’inspiration
provient. Car il existe de nombreuses sources dont mes dessins proviennent et
je suis sûr que j’ai utilisé beaucoup d’entres elles inconsciemment. Mais avant
de commencer une nouvelle série, j’aime faire un travail très sérieux de
pré-production.
Pour Le Manoir des Murmures, nous avons étudié les mythes et le
folklore de nombreuses régions du monde à la recherche de monstres qui pouvaient
avoir une origine infectueuse virale transmise par le sang. Nous
avons essayé de les relier à la peur de la contagion via le contact
d’animaux sauvages. Et il y avait beaucoup de possibilités.
Dans certains cas,
j’ai basé mon travail sur des gravures d’anciennes bêtes. C’est le cas de "Chupacabras" (vous pouvez le voir dans le premier album). Pour les autres monstres, ils ont tous été inventé.
En ce qui concerne les vampires, j'ai toujours su ce que je voulais faire. L’idée
principale que nous avons travaillé lors de la création de l'intrigue était :
«la monstruosité comme une maladie ». A partir de ce concept, j'ai vu les vampires comme des
sangsues. C'est pourquoi, ils ont cette bouche en forme de spirale avec les dents
et la langue pointues, leur élasticité particulière et leur couleur
pâle.
D'autre part, Nosferatu de Murnau et l'esthétique expressionniste
allemand m'ont aidé à trouver une approche plus réaliste de ces monstres.
Bien sûr, je n'ai jamais pensé que mes monstres étaient romantiques.
Cette histoire, à la lecture, a transmis un halo magique de la réalité. Je devais représenter deux mondes complètement différents qui vivent ensemble d'une façon totalement naturelle. Donc, on retrouve le froid de la pierre et la sensation provenant des arbres morts mais également les grands arbres dans les bois ou les feux de Prague dans la nuit. C'est pareil pour la bibliothèque chaleureuse qui coexiste avec le laboratoire humide. J'ai juste essayé de donner à chaque ensemble un regard objectif, le style et la vie de la scène, nécessaire. J'essaie toujours d'imaginer que je suis dans cet endroit. J'essaie de recréer cet environnement autour de moi (parfois je dessine des cartes qui me permettent de bouger à travers les lieux) et je cherche à être en mesure de le voir à travers les yeux du personnage mais aussi à travers les yeux d'un spectateur invisible.
















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