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Putain dix ans

jeudi 2 décembre 2010

Aujourd’hui, ça fait exactement dix ans que je vis à Los Angeles. Je suis arrivé le soir du premier décembre 2000. De justesse, en fait, puisque je m’étais juré d’avoir quitté la Belgique avant la fin de l’année 2000. C'était un vendredi et je me souviens de mon état d’esprit dans le taxi qui m’emmenait vers le motel pourri de Sunset Boulevard dans lequel j’allai passer trois semaines. Je me suis demandé ce qui m’était passé par la tête pour que je fasse une telle connerie. Je suis resté dans cet état mental pendant tout le week-end à penser que j’avais fait une grosse bêtise et en m’enfonçant dans une déprime monstre. C’est à cette période que George W. Bush a finalement été déclaré vainqueur des élections et je me souviens des images où, avec sa bande de truands, il entrait à la maison blanche en jeans et bottes de cowboy. Mais, comme vous pouvez l’imaginer, un homme au masculin comme moi ne peut pas déprimer longtemps dans la ville où Lee Marvin, Charles Bronson et Richard Widmark ont arpenté les trottoirs. Je me suis adapté, j’ai acheté une voiture pourrie, une arme et une bouteille de tequila et tout est devenu facile. Après dix ans, le bilan est plutôt positif. Je suis devenu vieux et méchant, je parle comme Jean-Claude Van Damme et je tire beaucoup mieux qu’au début. Je roule en JEEP et je rêve de vivre dans une caravane. Je suis devenu le premier redneck belge. Bref, je regarde les dix prochaines années avec confiance.

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Commentaires (5) Tags : Putain dix ans - Vie Privée

S & M

jeudi 5 août 2010

À mon arrivée à LA, il y a bientôt dix ans, j’ai passé trois semaines dans un motel minable sur Sunset Boulevard à Hollywood. Il y avait beaucoup de bruit la nuit, des putes, des disputes, les flics, etc. Et autre anomalie de l’endroit, quand j’allumais la télé, elle se connectait automatiquement sur une chaîne de porno sado-maso. Quelque soit l’heure où je l’allumais, je tombais sur des femmes ou des hommes en train d’en prendre plein la gueule –où plein le cul. Pourquoi est-ce que je me souviens de ça? Parce que je viens de retrouver une photo que j’ai prise à l’époque.

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Commentaires (8) Tags : Putain dix ans

L’Apologie de la peur #2

mardi 4 mai 2010

L’histoire se passe à la fin des années 90. Je sortais du métro et je revenais de je ne sais pas où, de la FNAC je crois. En montant la rue qui menait à ma rue, j’ai eu un frisson de bonheur. C’était un jour d’hiver, nous étions en février. Il faisait froid et il y avait pourtant du soleil. Je regardais autour de moi et j’ai pensé que j’habitais le plus beau quartier de Bruxelles. J’avais une femme, un enfant, un travail qui me rapportait pas mal de fric, une jolie maison et je me suis dit que la vie était plutôt douce. Il ne m’a pas fallu cent mètres pour transformer ce frisson de bonheur en sourde angoisse et profonde terreur. Je me suis vu, trente ans plus tard, sortant de la même station de métro, revenant de la même FNAC, montant la même rue et me disant les mêmes choses. J’ai réalisé que ma vie était sur des rails, que ce que je vivais, c’était ma vie et qu’il y avait de grosses chances pour qu’elle ne change plus. En arrivant chez moi, je transpirais à grosses gouttes, prenant en pleine gueule la seule crise d’angoisse de ma vie. Il fallait que je sorte de cette vie et vite. Avec le recul, je pense que c’était une crise –précoce– de la quarantaine. Normalement, on s’achète une voiture de sport et on baise des filles plus jeunes. Moi, il me fallait autre chose. Le soir-même, on a décidé de partir s'installer à San Francisco –ce qu’on n’a pour finir jamais fait, mais c’est une autre histoire.

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Commentaires (5) Tags : Putain dix ans

L’Apologie de la peur #1

mardi 4 mai 2010

La vraie raison de mon émigration vers les États-Unis est que la Belgique m’a toujours fait peur. Depuis dix ans, j’évite soigneusement d’y mettre les pieds. Je n’y suis retourné que deux fois. La première, il y a six ans pour des histoires de papiers d’immigration et la deuxième, il y a presque deux ans. J’étais en France et j’ai fait un crochet par la Belgique pour voir mes parents. J’ai réussi l'exploit d’y arriver un dimanche à midi et d’en repartir le lundi à 11 heures, soit moins d’un jour. Une performance dont je ne suis pas peu fier. Pourtant même une journée sur place m'a suffit pour garder des souvenirs impérissables. Le lundi matin, comme je ne voulais pas forcer mes parents à me reconduire à Bruxelles, je me suis retrouvé dans un train à 6:30. Une quarantaine de minutes de trajet qui ont été la somme de tout ce qui m’a toujours fait peur dans ce pays. Je me suis retrouvé dans un wagon rempli de zombies en anorak, dont un, en face de moi, qui dormait en bavant sur la vitre. La réflexion de sa tête dans la vitre lui donnait un air de monstre comme j’ai rarement vu. Il faisait froid, les gares étaient à peine éclairées et personne ne parlait. Au sordide de la situation s’est ajouté un accès de paranoïa dont j’ai le secret. Je me suis demandé avec horreur si ma vie n’était pas qu’un rêve et que je venais de me réveiller. Je me suis mis à douter de ma propre réalité. J’ai croisé mon propre regard dans la vitre et je me suis dit que même si je n’avais pas d’anorak, peut-être que je prenais ce train tous les jours, que je partais pour mon boulot de merde dans une administration belge quelconque. J’ai dû fouiller mes poches –et je ne plaisante même pas– pour trouver mon passeport et avoir la confirmation que je ne vivais plus en Belgique. Ouais, voilà l’effet que ce pays a sur moi. Même un passage au consulat Belge de Los Angeles me fout des angoisses. C’est consternant, je sais et vu de l’intérieur, croyez-moi, c’est encore pire. Demain, un autre souvenir terrifiant. Putain d’anoraks.

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Commentaires (6) Tags : Putain dix ans

Hollywood

vendredi 5 février 2010

Encore un vieux souvenir. Un midi, j’étais sur la terrasse d’un petit restaurant sur Sunset Boulevard à Hollywood. Ça sonne glamour, pas vrai? Ce ne l’était pourtant pas du tout. S’il y a un côté de la ville qui est riche, le reste est plutôt sordide. Alors que je mangeais le “meilleur hamburger du monde” –comme le clamait le signe sur la porte– je vois arriver un gars qui porte un étui de guitare. Il s’arrête dans la cabine téléphonique en face du restaurant. Je ne pouvais pas détourner mes yeux de ce type. Il devait à voir la quarantaine, les cheveux teints gominés et coiffés en arrière et une moustache de camionneur. Il portait une chemise sans manche et ouverte pour qu’on puisse admirer son ventre musclé. Sa démarche, sa façon de bouger, de parler témoignait d’un stress qu’il avait du mal à cacher. Il avait un regard de fou et insultait quelqu’un au téléphone. Ses mouvements étaient brusques, son visage était marqué et il avait des rides en forme de croix sur son front. Tout dans son attitude sentait le désespoir et l'agressivité. Il y avait un côté ironique à cette scène. C’était –probablement– un artiste à la limite du sans abris et d’un autre côté, c’était un de ces personnages dont on fait des films et dont l’acteur reçoit un oscar. Je me souviens souvent de lui et c’était une des influences principales pour créer El Gladiator.

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Commentaires (8) Tags : Americana - Vie Privée - Putain dix ans

300 KG = 661 Pounds

jeudi 4 février 2010

À la fin de l’année 2010, ça fera dix ans que je me suis installé à Los Angeles. Alors je vais de temps en temps raconter des anecdotes de mes débuts ici. Voici la première. Dans la boite où je travaillais, j’ai eu l’occasion de rencontrer une spécialité américaine –qui se répand d’ailleurs depuis un certain temps en Europe: un type obèse. Pas un type trop gros ou un gros. Non. Un type énorme, monstrueusement gros. Je ne l’ai jamais pesé donc je ne peux pas affirmer son poids avec certitude, mais ça devait tourner quelque part entre les 280 et 320 kilos. Le matin, je le voyais garer son énorme FORD EXCURSION et s'y empiffrer de McDONALD. Quand il était –enfin– repu, il montait l’escalier qui allait  jusqu’au bureau. Il s’aidait d’une canne et le trajet entre son SUV et son bureau lui prenait 45 minutes! On l’a chronométré plusieurs fois. Entre les deux étages, il restait assis dans un canapé pendant un bon quart d’heure en soufflant comme un boeuf. La première fois, je croyais qu’il était en train de mourir. Je devais travailler avec lui et durant les quelques mois où il a bossé là, je n’ai jamais rien fait pour lui. Rien. En général, il commençait à m’expliquer ce qu’il voulait et il s’endormait en me parlant... J’attendais qu’il se mette à ronfler et je retournais dans mon bureau. Je le laissais là, affalé sur sa chaise en acier renforcé et sa canne. Après, c’était comme s’il avait oublié qu’on avait discuté. Et c’était tant mieux parce que je ne comprenais rien de ce qu’il m’expliquait. Ce gars vivait dans un autre monde. Parfois, il descendait à mon étage pour me voir, quand j'entendais le bruit de ses pas dans l’escalier –imaginez Godzilla qui approche de Tokyo– je sortais par le jardin et je montais à son étage où j’allais discuter en attendant qu’il remonte –ce qui pouvait prendre un certain temps. Il y avait un côté très triste à tout ça en fait. Il n’est resté là que quelques mois et, en partant, il m’a dit qu’il avait aimé bosser avec moi. J’ai répondu que ça avait été un plaisir pour moi aussi en me demandant si c’était une formule de politesse ou s’il pensait qu’on avait vraiment travaillé ensemble. La vie est mystérieuse.

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Commentaires (5) Tags : Vie Privée - Putain dix ans