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Sanctuaire T.5

Le Blog des Auteurs

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L'espace pour partager un peu du quotidien des auteurs et communiquer avec eux...

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Making of Bouncer : méthode de travail

vendredi 6 novembre 2009 par "Francois Boucq "

Je mets en scène l’histoire du début à la fin, en agissant en effet un peu comme un réalisateur, mais aussi comme un cadreur et un monteur. C’est évidemment Alexandro qui écrit le scénario, on en discute ensemble, et il bâtit la trame. Mais dans une bande dessinée, celui qui raconte, c’est le dessinateur. C’est lui qui donne chair et forme aux personnages. C’est à lui qu’incombe le rôle de leur donner vie, véritablement. [...]

Avec Alexandro, nous travaillons en étroite collaboration. Cela commence par des discussions autour de pistes possibles, puis Alexandro charpente l’histoire, de la manière dont il la voit. Ensuite il me l’envoie, et c’est à ce moment-là que je la prends en charge à mon tour, en la dessinant. Du coup, en cours de route des choses peuvent changer sous l’impulsion du dessin. Des choses qui tout simplement n’auraient pas marché dans le récit, une fois celui-ci dessiné. Vous savez, le dessinateur est un peu comme un conteur de foire : il faut qu’il maintienne et qu’il alimente l’attention du lecteur tout au long de l’histoire qu’il lui raconte.

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Extrait de l’interview accordée par François Boucq pour Canal BD Magazine #68

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Making of Bouncer : paysage et personnages

mercredi 4 novembre 2009 par "Francois Boucq "

Il n’y a pas tant de différence entre les paysages et les personnages, du moins quand il s’agit de les dessiner. On va réaliser un paysage de la même façon que l’on va réaliser une figure. Le point de vue du dessinateur sera le même. C’est sur les références du lecteur que l’on va jouer. Un paysage vide n’a en effet pas le même sens ni la même portée qu’un paysage avec une silhouette, même minuscule. Ce qui donne son sens au paysage, c’est la présence humaine… Cette alternance, comme vous dites, permet de créer un rythme de dilatation d’une case à l’autre. C’est comme dans une composition mélodique, il y a des ruptures de rythme, l’émergence d’un solo, un mouvement orchestré… Eh bien là c’est pareil, il y a comme un effet d’accélération avec les personnages, dont la tension dramatique implique un resserrement de l’image, et puis des zones de respiration avec les paysages, amples, aérés… Il ne faut cependant pas perdre de vue que l’on est dans une bande dessinée ; pour que l’ensemble reste équilibré, il faut arriver à ce que le dessin se fasse oublier au profit de l’histoire. Si le dessin est lui-même trop dans l’outrance, on ne réussira pas à suivre les personnages. L’esthétique des formes doit être la plus sobre possible. C’est en tout cas dans ce sens-là que je travaille.

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Extrait de l’interview accordée par François Boucq pour Canal BD Magazine #68

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Making of Bouncer : l'allure des hommes de l'époque

mardi 3 novembre 2009 par "Francois Boucq "

Dans le contexte du western, l’esthétique de la fin du XIXème siècle, avec ses costumes alambiqués, m'intéresse particulièrement, car il y a malgré tout quelque chose de bourgeois dans l’apparence des hommes et des femmes de cette époque. Par exemple, la notion d’élégance était très paradoxale : on voit sur les photos des hommes qui portent des chemises à jabot, manifestant là un ostensible désir d’élégance, mais qui sont par ailleurs très négligés. Pour aborder cette période, il y a deux façons de faire : soit on se réfère aux westerns du cinéma, qui sont déjà des interprétations de l’époque, et dans ce cas on accentue encore l’effet de redite, soit on va à la source, en se demandant par exemple comment les gens étaient habillés, et en consultant les photos et les documents d’époque. Toute une psychologie s’exprime à travers les vêtements et les objets, qui eux-mêmes traduisent des comportements. Ajoutés aux paysages, aux conflits avec les Indiens, tous ces éléments créent un climat propice à la tension qui traverse toute la série.

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Extrait de l’interview accordée par François Boucq pour Canal BD Magazine #68

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Making of Bouncer : l'ambiance dans le Far West

dimanche 1 novembre 2009 par "Francois Boucq "

Le fait de porter un pistolet à la ceinture est déjà en soi un élément dramatique fort. Quiconque porte une arme peut déclencher une tragédie. J’essaie de me mettre dans le contexte de cette époque avec tout ce que cela implique, les conditions sanitaires, la poussière, la chaleur, etc., de cerner qui étaient ces gens, comment ils vivaient, et de traduire cela de façon réaliste. Parce que c’est cela qui permet ensuite de rendre crédibles des situations de violence extrême, où les sentiments sont exacerbés.

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Extrait de l’interview accordée par François Boucq pour Canal BD Magazine #68

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Fabulas Panicas

dimanche 1 février 2009 par "Éditorial Humano "

Si Jodorowsky est largement reconnu comme scénariste, qui se souvient de ses travaux de dessinateur ?


Fabulas Panicas a été publié en 2003 par l'éditeur mexicain Grijalbo. Ces dessins étaient parus dans El Heraldo de México de 1967 à 1973, au moment où Alejandro (rendons-lui pour une fois l'orthographe originale de son prénom !) créait la société Producciones Panicas en vue de réaliser ses premiers films.

En 1960, la censure veille au Mexique. Le Parti Révolutionnaire Institutionnalisé (PRI), au pouvoir depuis 1929, veut mettre au pas les formes de culture qu’il juge subversives. Jodorowsky enseigne alors l’art du mime aux Beaux-Arts de Mexico ; mal lui en prend, son cours est subitement interdit, et Jodo est déclaré « ennemi public ». Les Mexicains tentent de l’expatrier, mais il peut compter sur le soutien de son ami Luis Spota, haut-fonctionnaire du régime.

En 1967, il entame donc la publication hebdomadaire des Fabulas Panicas, histoires courtes et denses, très colorées (en dépit d'un rendu un peu terne dans le livre, les dessins étant originellement imprimés sur du papier journal). Ces Fabulas – il y en aura presque trois cents au total - font penser au Pravda de Guy Peellaert ou à certaines bandes dessinées situationnistes. Semaine après semaine, Jodorowsky y distillait de nombreux messages chamarrés et délirants. Influencé à l’époque par les thèmes kafkaïens (paranoïa, isolement, obsession de soi), il décide ici de prendre le contre-pied de ses propres nevroses, par l'exaltation du zen, du sacré, du savoir initiatique. Il montre dans ce livre la joie de vivre et la beauté du monde. Les lecteurs hispanophones apprécieront.


Un grand merci à Yanilu pour la lecture attentive de ces Fables paniques...

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King Shot

jeudi 4 décembre 2008 par "Éditorial Humano "

Alexandro Jodorowsky présente son dernier projet de film, King Shot.

Commentaires (1) Tags : Alexandro Jodorowsky

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