Le Blog des Auteurs

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Tequila, designs de personnages (2)
lundi 22 juin 2009 par "Gobi "
Voilà le design d'Orville Hendershot :
De sa nouvelle forme :
Et voici Métatron et Fulguror, deux hommes de main d'Orville :
Tequila, designs de personnages
mercredi 17 juin 2009 par "Gobi "
Voilà des designs de persos pour Tequila tome 2, "Tant Pis Pour Le Sud".
Les rednecks :
Les Triplés :
Moses Hendershot :
Interview de Gobi pour Tequila 2
lundi 25 mai 2009 par "Mat "
Téquila se passe dans le sud des USA, chez les rednecks. Comment retranscrivez-vous l’ambiance et les décors ? Travaillez-vous d’après référence photo ? Y êtes-vous allé ou est-ce que vous utilisez plus votre imagination ?
La plupart du temps j’essaie de travailler avec le moins de documentation possible, primo c’est moins contraignant, ou plutôt pas contraignant de la même manière, deuxio ça force à se fier à ce que l’on ressent vis à vis de ce que l’on doit dessiner et à l’image mentale qu’on s’en fait. Le résultat est souvent en décalage avec la « réalité », c’est ce qui m’intéresse (sans exagérer bien sûr, si j’avais dessiné une forêt de séquoias pour le nouveau Mexique, ça aurait été moyen). En ce qui concerne Téquila, pour ce qui est du désert c’était pas franchement compliqué et d’ailleurs en regardant des films qui se passent là-bas après coup, je me rends compte que je suis tombé assez juste, par contre, pour tout ce qui est dinner de bord de route et petites villes j’ai utilisé pas mal de photos envoyées par Jerry, je trouve intéressant de placer des éléments réalistes dans un environnement un peu plus fantasmé, ça crée du contraste. Dans « tant pis pour le sud » téquila arrive très vite à « Bottleneck City » une sorte de ville-décharge encaissée entre des canyons, c’était l’occasion pour moi de me lâcher un peu niveau décors vu que cette ville est censée avoir été construite par une famille de dégénérés avec les moyens du bord, donc pas de logique et de style architectural à respecter, même si ça reste un travail ardu, c’est très agréable.
Comment se passe votre journée type ? Vous fixez-vous un planning que vous essayez de tenir ou travaillez-vous plus selon l’envie ou l’inspiration ?
Dans la mesure du possible j’essaie de respecter un programme, ça marche au début puis très vite je suis obligé de prendre sur mon temps perso, de travailler la nuit, parfois ça coule tout seul, parfois je passe 2 jours sur une case, bref….
Je commence toujours avec un planning en tête et je finis souvent sur les rotules, récemment j’ai été pour la première fois obligé de rationner mon temps de sommeil, c’était assez extrême quand j’y repense (même au moment où je le faisais en fait) et c’est surtout lié au fait que je prends toujours le temps qu’il faut pour faire les choses au mieux, y compris les choses que je maîtrise mal…. Une fois le travail fini, la seule chose que j’espère c’est que le résultat en valait le coup (point sur lequel je suis assez mauvais juge).
Comment abordez-vous une planche, faites-vous un story-board, des thumbnails… Ou attaquez-vous directement la planche ? De plus, suivez-vous l’ordre de l’histoire ou dessinez-vous dans le désordre selon vos envies de dessiner de l’action ou du dialogue ?
Je commence par un petit story-board papier un peu sommaire juste pour voir les plans dont j’ai besoin, ensuite j’attaque un brouillon de la page, au départ je faisais ça à la main puis récemment je me suis mis à la tablette histoire de pouvoir modifier sans tout refaire (c’est censé me faire gagner du temps mais je passe des heures a tout rebidouiller au pixel près). Une fois le brouillon ( qui n’en est plus vraiment un à la fin) satisfaisant, j’imprime et je fais mon clean à la table lumineuse, je scanne ensuite pour faire des réglages sur le trait et mettre la couleur.
Je préfère dessiner l’histoire dans l’ordre où elle se déroule pour être dans la même dynamique, en plus les démarrages sont souvent très laborieux quel que soit notre point de départ, donc autant que la qualité des pages s’améliore au fur et a mesure de la lecture plutôt que l’inverse.
Comment se passe votre collaboration avec Jerry Frissen ? Quel type de scénario vous envoie-t-il (détaillé, assez synthétique et vous laissant beaucoup de liberté…) ?
Depuis le volume deux, je suis coscénariste avec Jerry. Pour le moment, la méthode de travail est à mon avis encore a roder, nous discutons beaucoup de la structure globale du récit et des diverses idées à y incorporer ( il y en a souvent trop, ce qui est à la fois bon signe et très frustrant quand on doit trancher dans le tas). Jerry écrit ensuite un premier script dont les dialogues sont toujours très précis. Après relecture du script, je modifie tout ce qui me semble avoir besoin de l’être, Jerry relit, modifie mes modifications, je relis, etc.
C’est donc finalement pas mal de travail en plus pour nous deux pour arriver à un bon compromis mais le résultat est , je trouve, assez intéressant de par sa densité et sa mixité de ton, y a plus qu’à trouver la méthode pour avoir un résultat similaire et moins de travail pour nous deux...
Discutez-vous beaucoup avec lui pour faire des modifications ou des précisions ? Si vous lui demandez d’apporter des modifications, de quel ordre sont-elles, généralement ?
La plupart des modifications que je fais sont des réagencements des scènes d’actions et des dialogues lorsque je sens qu’il n’y aura pas assez de place pour tout dessiner. J’opère aussi pas mal de changements sur l’aspect et la manière d’être de certains personnages secondaires, il y a aussi quelque petites incohérences de dernière minute a régler parfois, dues a des quiproquos entre nous à la lecture du script.
Quels sont vos futurs projets ?
Je dois avoir une bonne dizaine d’histoires et designs sous le coude, mais pas une minute pour m’y atteler (a mon grand désespoir), je n’éprouve pas un amour sans borne pour le média bande dessinée en particulier mais il faut bien reconnaître que c’est la mise en œuvre la plus facile d’accès pour raconter en images, ce sera donc certainement de la bd. Avec Téquila et les Zblucops (avec bill chez glénat) j’ai vraiment beaucoup appris sur le plan du langage séquentiel et de la rigueur au niveau dessin et couleurs (l’enculage de mouches pour parler plus franchement). J’aimerais maintenant mettre cet expérience au profit d’un truc plus lâché, plus spontané, sans couleurs, et surtout en format japonais, format qui je trouve est le plus agréable autant pour raconter que pour lire. Et aussi, et surtout, dans une optique de zéro compromis je me dis qu’il est vraiment temps que je tente un projet seul, ce qui est une sacrée décision quand on ne l’a jamais fait avant.

Interview de Jerry Frissen pour Tequila tome 2
vendredi 22 mai 2009 par "Mat "
Mr. Frissen nous a fait l'honneur de nous accorder l'honneur de nous accorder cette petite interview pour nous parler de son héros au grand coeur :
Comment vous est venue l’idée de créer ce mastodonte aussi redoutable qu’enfantin qu’est Téquila ?
Il est probablement l’un parce qu’il est l’autre. C’est Gobi qui a créé la première version de Tequila. Il paraît que c’est moi qui lui ai trouvé son nom mais je ne m’en souviens pas. Tequila est je crois un personnage que Gobi et moi nous lançons constamment à la figure. C’est très bizarre en fait. C’est une création dans laquelle on a tous les deux mis beaucoup de nous-mêmes. Nous sommes très différents (âge, goûts, cultures, buts, etc.), pourtant, Tequila est le personnage en lequel deux personnes comme Gobi et moi nous retrouvons. C’est intéressant, j’y découvre qui est Gobi et je découvre également des choses sur moi-même. Un jour Gobi a dessiné Tequila sans masque. C’était un choc de voir ça parce que comme il est le fait d’une collaboration –comme tous « mes » personnages– il ne m’appartient pas vraiment. J’y ai mis des choses de moi, mais il a sa vie propre.
Les Luchadores Five sont des héros appartenant à la classe ouvrière et sont considérés comme des losers par leur entourage. Téquila, lui, vit dans un trailer au milieu de rednecks et est chômeur. Pourquoi vos héros sont-ils à l’opposé de l’archétype du héros (type Bruce Wayne, Clark Kent…) et ont-ils des situations personnelles et professionnelles assez déplorables ?
Je crois aux actes héroïques mais je ne crois pas aux héros. J’aime bien ce qu’ils représentent comme symbole, mais c’est une culture dans laquelle j’aurais du mal à rentrer. Par contre, ce que j’aime, c’est la volonté d’être un héros, cette passion qui efface tout et qui mène à des choses comme porter un masque malgré ce que les autres peuvent penser. La volonté d'être un héros est quelque chose qui va d’office mettre en porte à faux celui qui la prend. Il faut donc beaucoup de courage pour vouloir être un héros.
Est-ce important pour vous d’écrire sur différents groupes de population des USA (latinos de L.A., rednecks du sud…) ?
J’essaie de donner une identité forte à mes personnages. C’est donc important de les faire appartenir à un groupe. Vivant loin de mon pays d’origine, l’appartenance à une race, un groupe, etc. sont des choses que je ressens assez fortement. C’est probablement pour ça que ça se retrouve dans mon travail. Je suis aussi assez curieux par nature et j’aime bien me plonger dans des trucs que je ne connais pas. J’aime bien voyager, observer les gens, etc.
Vous travaillez sur plusieurs séries avec différents dessinateurs (Gobi, Fabien M, Guy Davis…). Quelles sont selon vous leurs spécificités et adaptez-vous votre façon d’écrire à chacun ? Si oui, que changez-vous ?
Je suis pour la perversion de mon travail. J’écris de la même manière pour chacun, J’essaye juste de penser à ce que ça va donner au final. Mais j’aime bien que chaque dessinateur pervertisse ce que j’ai écrit. En tant que scénariste, c’est au moment de l’écriture que je prends vraiment beaucoup de plaisir. Quand j’ai terminé un script, je passe à autre chose et je laisse chaque dessinateur faire à sa guise. De plus, je ne suis pas trop pour la relation « traditionnelle » qui est de donner beaucoup d’indications et d’attendre une adaptation fidèle du script. Dès le début, avant même de commencer, on parle de ce qu’on a envie de faire. La dernière chose dont j’ai envie est que quelqu’un s’emmerde à dessiner. Avec Gobi, la relation est plus compliquée puisqu’on écrit à deux. Dès le début, on amène nos idées et on fait le tri avec des échanges fréquents. On se retrouve quelque part, même si je ne sais pas où exactement.
Sur les deux, trois premiers tomes de Téquila, vous abordez son passé (famille, passé de bandit). Quels sont vos projets pour ce personnage par la suite ? Avez-vous envie de traiter certaines histoires en particulier concernant ce personnage ?
Le chemin que prend Tequila, que ce soit le personnage ou la bande dessinée, est un chemin aveugle. On y découvre sans cesse des choses que l’on n'attendait pas. Je ne sais pas précisément où va aller Tequila. Personnellement, j’aimerais explorer un peu les cultures indiennes ou sud américaines.

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