Le Blog de Giger

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Margerin
Dans un marché saturé, on gagne ses parts de marché en étant créatif, ou faute de mieux en rachetant celles des confrères. Voire éventuellement les deux.
Il n’est pas étonnant dans ce cas que que les transferts se multiplient. Loin d’en faire une spécialité, les Humanos en ont effectué quelques-uns ces derniers mois, par choix stratégique et/ou économique. Le dernier, intervenu en début de semaine, est celui des titres de Frank Margerin en faveur de Flammarion.
Cela ne faisait pourtant pas partie du “plan de cession” arrêté il y a six mois. Mais Flammarion est revenu régulièrement à la charge depuis plusieurs mois, et cela a provoqué le débat. Si j’y ai été hostile jusqu’à récemment, j’ai changé d’opinion, non sans avoir préalablement échangé avec Margerin.
En finalité, Lucien sera très bien chez Fluide, et cela clarifie les choses chez les Humanos. En effet que s’est-il vraiment passé côté humour depuis la bande à Margerin dans les années 80 jusqu’aux récents Lucha Libre et autres Zombies ? Rien, ou pas grand chose. C’est le moment d’y penser.
Romero
Je découvre en lisant la presse française aujourd’hui, que le président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) s’appelle …Romero.Dingue, non ? Je vais raconter cela à Jerry Frissen et Guy Davis.
Après Moebius et Janjetov
En passant à Los Angeles il y a quelques jours, je suis allé voir José Ladronn. Il était en train de terminer l’encrage de Final Incal, premier tome du dernier cycle de la saga.
Je connaissais José depuis plusieurs années, notamment pour l’avoir présenté à Jodo, mais je ne réalisais pas à quel point ce type est un fou. Je connaissais la qualité de son dessin qui va en impressionner plus d’un, mais je ne me rendais pas compte à quel point il s’est immergé dans l’univers de l’Incal, à quel point il a voulu le pousser loin graphiquement, sans trahir pour autant ce que Moebius puis Janjetov ont établi.
Deux exemples.
“Fabrice, regarde, j’ai fais l’inventaire de tous les objets que Moebius et Janjetov ont mis dans l’appartement de John Difool!” et José de me tendre une grosse pile de croquis en ajoutant malicieusement “J’en ai ajouté quelques-uns…”.
Et devant mon étonnement, interprêté comme du scepticisme, il passe à la suite, jubilatoire :
“J’ai recensé tous les angles sous lesquels on voit le vaisseau du Président dans les livres de Moebius et Janjetov. Il y en a un qui n’a jamais été montré : l’arrière du vaisseau. Regarde, je l’ai inventé !”.
Non, José, ce n’était pas du sceptiscisme, mais de l’admiration.
Les cessions touchent à leur fin
On avance dans la redéfinition du catalogue.
La partie cession d’actifs est quasiment terminée, à l’exception d’une ou deux discussions. Elle s’est concentrée sur des séries dont nous n’avions plus les nouveautés ou les titres d’auteurs qui n’ont plus d’actualité dans notre catalogue. Il s’agit de la série Durango, les titres Schuiten/Renard, Exterminateur 17 (y compris les deux titres dessinés par Baranko), Le Petit-Bleu de la Côte-Ouest et la série XXe Ciel.com.
A part cela, des droits ont été rendus à leurs auteurs, dont Christophe Bec (Le Temps des Loups et Pandemonium). En revanche, nous sommes convenus avec Christophe d’un plan ambitieux autour de deux séries dont il est co-auteur : la trilogie Sanctuaire Axis Mundi, prequel à paraître dès 2009 du best seller Sanctuaire, dont il sera co-scénariste avec Stéphane Betbeder, et la série en cinq tomes Carthago, dont le premier tome paru l’année dernière a fait un carton.
Le Grand Prix de la ville d’Angoulême 2008
Les prix dans la bande dessinée ne sont pas toujours suivis d’effet, loin de là. Je me souviens cependant qu’en 1999, lorsque Dupuy et Berberian avaient reçu à Angoulême le prix du Meilleur Album pour Monsieur Jean, Vivons heureux sans en avoir l’air, cela avait contribué à installer le succès de la série et celui de ses auteurs.
Puisse ce Grand Prix, mérité, leur être tout autant favorable!
Les doigts gelés et le nez qui coule
“Revenir à Paris pour donner un coup de main” qu’ils disaient. Pourquoi pas, mais après des années en Californie et en Inde, j’avais oublié à quel point il fait froid par ici en hiver.
Je vais faire gaffe à ce que la note du gaz ne soit pas payée en retard…
Et je me dis que le 21 juin, ce n’est pas si loin. D’ici là, la refondation des Humanos sera faite et on aura déjà publié une cinquantaine de livres nouveaux et une quinzaine de rééditions.
Brüssli vs Bruce Lee ?
Le marché s’est considérablement durci ces dernières années, on le sait.
Un tome 1 qui est passé inaperçu, et ce quelqu’en soient les raisons (éclipsé par des grosses pointures sorties en même temps, auteurs inconnus, couverture pas dans l’air du temps ou autre) condamne le tome 2 à une mise en place très faible, bien en dessous même des ventes nettes du tome 1.
C’est la sanction du marché, direz-vous ? Souvent explicable, mais pas toujours.
C’est le cas de la série Brüssli, dont le second album est en librairie depuis quelques jours, et je trouve la pilule un peu amère. En effet, J. Etienne, le dessinateur du premier tome de la série Gargouilles (plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires vendus, un réassort important et régulier), fait là un superbe travail, donne vie à des personnages très attachants, en symbiose avec un scénario et des dialogues parfaitement maitrisés par J.-L. Fonteneau. Le premier récit de cette série se boucle avec le second tome, et donne une formidable aventure tous publics.
On aime tellement, que nous lui avons fait une bande annonce pas piquée des hannetons. Et j’en suis même à me demander si on ne devrait pas mettre le tome 1 en ligne quelques semaines. Ca vous tente ?
Bon, vous me direz qu’il y a quelques exemples fameux de séries dont les deux ou trois premiers tomes se sont vendouillés, avant de partir à des centaines de milliers d’exemplaires quelques années plus tard.
Attention aux dents; Brüssli à les muscles qu’il faut pour réussir un coup comme ça !
Martine Jean nous a quitté
Martine est décédée hier soir.
Elle ne nous a pas laissé le temps de nous résoudre à l’idée que nous n’entendrons plus son rire sonore, ni ne partagerons avec elle des moments pleins de chaleur et de bonne humeur.
Chez les Humanos, l’annonce de sa disparition a provoqué une vive émotion auprès de ceux qui l’ont cotoyée de près ou de loin. Nos pensées vont à sa famille, en particulier à ses trois enfants et à son compagnon, Jean-Claude.
Martine est intimément liée à l’histoire des Humanoïdes Associés, pour avoir pendant plus d’une décennie veillé sur leur communication, et ils lui doivent beaucoup.
Martine travaillait déjà pour les Humanos en 1988 lorsque je suis arrivé. Elle a été de toutes les aventures, jusqu’en 200o, année de mon départ pour les USA et du sien vers d’autres horizons.
Durant tout ce temps, et au-delà, elle a été un repère, quelqu’un sur lequel je me suis appuyé, et dont l’avis m’importait. On a quelques belles victoires communes en souvenir, et de jolis moments de complicité. Des instantanés de tout cela me passent devant les yeux alors que j’écris ces lignes.




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