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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Les chaussons rouges en salles

jeudi 18 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

De Michael Powell & Emeric Pressburger

« Les Chaussons Rouges » est un des plus beaux films du monde.

C’est un chef-d’œuvre de la comédie musicale fantastique dû à Michael Powell et Emeric Pressburger qui va ressortir en salles et en copies neuves dès le 7 avril 2010 un peu partout en France.

Sur l’affiche il est écrit : « Indéniablement le plus beau film en technicolor, une vision jamais égalée », signé Martin Scorsese.

Dans le dossier de presse, un certain Francis Ford Coppola dit : « Les Chaussons Rouges est le seul film à voir avant de mourir ».

Et bien laissez-moi vous dire un secret : ils n’exagèrent pas, c’est un des trois plus beaux films du monde et ce sera sûrement le plus beau film à voir dans l’année 2010.

Un conseil si vous avez une famille, allez le voir avec vos enfants quelque soit leur âge. Ils auront peur mais ils seront fascinés et vous aussi vous serez enchantés.

Si vous ne l’avez jamais vu, vous avez de la chance, si vous l’avez vu en DVD, et bien vous savez déjà qu’il faut le revoir de la seule manière possible, sur un écran de cinéma le plus grand possible, avec des gens autour qui partageront votre émotion.

 

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La bibliothèque de Bebel - 12ème partie

mercredi 17 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Dans une vieille chemise, format 30 x 40, rouge vif à l’origine sans doute, maintenant solarisée et devenue un peu orangée, j’ai retrouvé, puisque je découpais systématiquement dans le journal Vaillant dont j’achetais des grosses reliures soldées pour presque rien, tout ce que je voulais garder expressément, terrible sacrilège que je ne regrette pas vraiment, quelques planches de Le Guen que j’avais oubliées.

C’est ainsi que j’avais contrecollé tous « Les Pionniers de l’Espérance » et tout le reste de ce qu’avait fait Poïvet, sur de grands cartons noirs, c’est ainsi que j’avais découpé tout « Le Concombre Masqué » de Mandryka qui paraissait dans un format à l’italienne, et aussi donc quelques histoires complètes de Le Guen, l’auteur du premier héros « intégré » de la bande dessinée française, « Nasdine Hodja », avec au dos des bouts de planches d’une histoire de vikings dûe à Cohelo devenu en France Martin Sièvre, qui étaient des merveilles et que j’aurais dû garder.

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Rome, ma ville n'est plus

Ces quelques histoires brèves de Le Guen ont été d’étranges madeleines Proustiennes, comme l’histoire en deux pages (c’est un peu rapide), « Rome, ma ville n’est plus », où l'on assiste d’abord à un incendie qui détruit Rome puis à la disparition de Pompéi, en quatre pages, un peu comme « La vie de Lénine » de Poïvet, une jolie histoire appelée « Les Vingt Trois » qui n’était rien moins que le récit des combats héroïques du groupe Manouchian, de ces 23 immigrés qui s’engagèrent au côté des français et contre les allemands et qui furent condamnés à mort.

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Le groupe Manouchian

Le texte est extrêmement fouillé, il rappelle que, contrairement à la légende, dans les 23 il y avait 3 français de souche, comme on dit aujourd’hui et une femme Golda Bancic qui fut décapitée à la hache et que Misaac Manouchian, le chef, était poète de profession.

Mais ce qui m’a le plus étonné, c’est de retrouver une vieille légende russe mille fois contée, l’aventure de Ilia Mouromets, Bogatyr de Kiev écrite par Alain Van Crugten et dessinée par Le Guen qui raconte cette merveilleuse histoire féérique qui fut par ailleurs l’objet d’un très beau film dû à Alexandre Ptouchko.

C’est du grand Le Guen, plus baroque et décoratif que d’habitude, avec des géants et des tritons et c’est magnifique et trop bref.

Une belle redécouverte envoyée à travers le temps par Jean-Pierre Dionnet, quinze ans, à Jean-Pierre Dionnet, soixante deux ans.

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Ilia Mourometz

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Ce vice impuni : la lecture - 2ème partie

mardi 16 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Et un jour, je suis allé à la grande bibliothèque de Corfou, elle était quasi déserte et la vieille dame qui tenait l’endroit m’a laissé vaquer entre les rayons.

J’ai regardé les livres et il y avait là des velins de tous les grands illustrateurs que j’admirais comme Rackham. Je me suis vite rendu compte que j’aurais très bien pu en dérober car au bout de deux ou trois visites, la vieille dame me laissait aller et venir, et même, je me souviens, m’avait laissé sortir au soleil pour lire.

Là, je n’ai pas cédé à la tentation c’est un excellent souvenir.

Je dis ça parce que j’y ai repensé en lisant le dernier numéro de l’excellente revue « Le Magazine du Bibliophile » (20 place du Vieux Marché 86500 Montmorillon – email : mag-bibliophile@noos.fr ) à laquelle je suis abonné car ne voulant plus acheter de livres, j’aime bien lire des revues sur les livres, ça revient presque au même.

Et dans le dernier numéro (le 82), il y a un long et bel article sur les vols de livres rares et précieux, du bibliophile fou avec sa lame de rasoir qui découpe les pages qui manquent dans son exemplaire à ceux qui en ont fait métier, avec quelques anecdotes passionnantes sur quelques professionnels du vol de livres justement, et l’opinion des experts de salles de vente qui savent comment reconnaître certains ouvrages volés dans les bibliothèques, maquillés comme des voitures volées, et surtout, ce qui m’a intéressé, c’est la manière dont nombre de bibliothèques sont totalement démunies et désorganisées par rapport auxdits vols de livres, pages à pages ou en totalité et donc, de ce fait, ayant honte, taisent souvent lesdits vols.

Il semblerait que des quantités ahurrisantes de livres soient volées dans les bibliothèques du monde mais qu’une partie seulement des livres, ne sont jamais déclarée comme disparus par lesdites bibliothèques.

Oui, la lecture est un vice définitivement punissable.

 

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Ce vice impuni : la lecture - 1ère partie

lundi 15 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Le poète (je crois que c’était Paul Valéry), a dit un jour : « ce vice impuni de la lecture ».

Bien sûr il avait tort ou plutôt il a tort désormais. Car oui c’est un vice et il peut être puni et la sanction peut être même immédiate.
Il vivait à une autre époque où on avait beaucoup de place et où les livres pouvaient s’accumuler et s’accumuler encore jusque sur les marches des escaliers : un jour on fouillait et on retrouvait un livre oublié et cela devait être un bonheur extrême, mais aussi parfois, comme aujourd’hui, quand la personne passait l’arme à gauche, tout était dispersé et pour peu qu’il y ait une mésentente dite ou non dite entre les héritiers ou envie de se venger du défunt, de l’effacer, ceux-ci prenaient et prennent toujours un malin plaisir à les vendre pour rien, histoire de prouver que décidément papa ou maman avaient eu tort : peut-être étaient-ils jaloux de ces livres qui avaient attirés plus d’attention qu’eux-mêmes et peut-être était-ce pour cela qu’ils étaient devenu des non lecteurs. On ne peut pas juger.

Moi qui vit dans le monde d’après, je sais que ce vice est puni car après avoir accumulé 40 000 bouquins, j’ai commencé à me débarasser de certains et je continue un peu comme un homme préhistorique qui voudrait accéder au fond de la caverne qui est bouchée par des détritus et des roches divers et le squelette d’un auroch.
On peut donc être punis par l’envahissement des livres. On peut aussi être récompensés parfois par le fait qu’en étant obligés de trier, on peut redécouvrir des merveilles qu’on n’avait pas lues ou à peine, rouvrir certains ouvrages qui n’ont peut-être pas changés mais comme nous, nous avons changé, nous les lisons différemment, et puis il y a ceux qu’on peut transmettre à ses enfants en même temps que le goût de la lecture.

La deuxième punition que provoque les livres, c’est la connaissance.

A force d’accumuler des informations qui se superposent et s’entrecroisent, je me demande parfois si on ne finit pas par perdre l’essentiel, c’est-à-dire l’instinct, le savoir inné, toutes ces choses enfouies au fond de nous qui sont aussi dans les livres mais que nous possédons sans doute et qu’il suffirait que nous allions chercher.

Et puis la lecture c’est aussi une maladie mentale.

Un jour, Moebius m’a dit qu’il connaissait quelques personnes qui ne pouvaient pas  voyager sans livres.
Je l’ai pris dans la figure et je me suis reconnu immédiatement.
Il y a des pays où je suis allé avec 10 livres pour 8 jours et au bout de 5 comme certains étaient mauvais, je les finissais quand même par peur de manque et c’est comme ça que j’ai fini par lire des bottins de téléphone.

Sans doute ai-je ainsi râté pas mal de choses dans le monde extérieur, tout comme aujourd’hui je vois dans le métro certains jeunes penchés sur leurs textos et sur internet et qui râtent eux-aussi ce qui se passe autour.

Mais là où ce vice peut devenir rédhibitoire, c’est quand la passion des livres amène au vol.
J’avoue que comme tout le monde, par deux fois j’ai été tenté.
La première fois, j’avais 14 ans et j’étais à Livry Gargan et je suis passé à l’acte pour une raison absurde et pourtant évidente : je voulais acheter des revues naturistes mais j’étais trop petit (ces revues où on voyait tout, croyait-on, mais les poils pubiens étaient effacés si bien qu’on ne savait pas très bien ce qu’il y avait entre les jambes des femmes et je l’ignorais encore), alors je les mettais dans mon manteau, dans la doublure boutonnée. Et puis comme j’achetais aussi de vrais livres, j’ai commencé à en glisser un ou deux dans le manteau, et le libraire du coin à Livry Gargan qui devait avoir repéré mon manège depuis longtemps m’a pris à part un jour et m’a demandé de vider mes poches, j’avais honte, il a regardé tout ça et il m’a dit : « Ne recommencez jamais » et je n’ai jamais recommencé.

La seconde tentation fut beaucoup plus forte.
J’étais allé à Corfou à cause du « Quatuor d’Alexandrie » et de Lawrence Durrell bien sûr, j’y ai passé six mois dans une maison où les scorpions se promenaient sur mon lit, c’était des scorpions noirs, toute une famille qui tombait du plafond, le père, la mère et puis les enfants, j’avais eu  très peur et quand j’ai demandé aux riverains si ils étaient dangereux, ils m’ont répondu qu’ils étaient mortels.Ce n’était peut-être pas le cas mais ils étaient contents de me faire peur.

La suite demain.

 

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Zoo

vendredi 12 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Je viens de finir le dernier numéro de « Zoo ».

C’est un gratuit de bandes dessinées - vous savez qu’il y a plusieurs magazines qui parlent régulièrement de bandes dessinées - et non seulement il est gratuit mais c’est le meilleur car il regarde avec la même bienveillance et avec chaque fois par des gens qui aiment vraiment ça, tous les domaines, de la bande dessinée punk anglaise aux mangas en passant par les classiques éternels et l’Association et ses clones.

J’y apprends à chaque fois plein de choses et ça m’émerveille et vous le trouverez, comme on dit, dans toutes les bonnes librairies spécialisées.

Chers amis,

Nous avons le plaisir de vous adresser le nouveau numéro de Zoo (n°23, Janvier-Février 2010), le premier magazine Culturel sur la BD et les Arts visuels, GRATUIT.

Au sommaire de ce numéro, qui compte 60 pages :

Un dossier sur la sélection du Festival d’Angoulême 2010 ainsi que les principales expositions qui y ont lieu : Léonard, Les Tuniques Bleues, Cent pour cent.

Des articles sur le dernier album de Valerian, 100 Bullets et Hellblazer de Brian Azzarello, Tank Girl, les séries de BD « concepts » ou « hyper-séries », Gainsbourg en BD et au cinéma…

Des strips et des planches de BD, dont celle du gagnant du concours organisé avec Zoo par SFR jeunes talents et parrainé par Frank Margerin.

et plein d’actualités sur la BD, les comics et les mangas.

Et bien sûr une présence toujours dans les points de distribution habituels :

Dans tous les magasins Virgin

Dans plus de 600 autres librairies spécialisées, espaces culturels Leclerc, Fnac, universités et écoles, bibliothèques, en France et en Belgique (dont librairies Album, GLBD et BDFugue).

Dans les 16 restaurants Lina’s de la région parisienne. Dans près de 400 restaurants et cafés branchés à Paris et région parisienne. Dans les Club Med Gym et Gym Waou, certains salons d’aéroport et centres d’affaires, etc…

Et également sur www.relay.com et www.zoolemag.com

 

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Tibet

jeudi 11 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Le dessinateur Tibet nous a quitté le 3 janvier dernier à l’âge de 78 ans.

Tibet c’était « Chick Bill » dans « Tintin » et surtout « Ric Hochet », son polar sans fin sur des scénarios de Duchâteau. Il est toujours édité au Lombard qui avait annoncé un revival en 2010 qui ne saurait tarder.

Est-ce qu’on peut dire du mal des morts puisque nous n’avons plus le droit de dire du mal de rien ?

Oui au contraire, je pense que ça les rend vivants, je n’avais aucune passion pour Tibet mais il y a une planche de « Ric Hochet » qui m’avait sidérée, les plus chenus d’entre vous et les plus vicieux de la jeune génération qui achètent les albums de « Ric Hochet » ont remarqué sa veste en tweed (ces tweed mélangés qu’on ne trouve plus guère aujourd’hui, même en Angleterre) et avait toujours les mêmes pantalons et toujours les mêmes chaussures, or, il y a une planche où il ouvre son placard et dans ledit placard on voit cinquante fois la même veste, cinquante fois le même pantalon, cinquante fois les mêmes chaussures. Exactement comme chez Serge Gainsbourg quand il me montrait ses slips tous pareils, ses chaussettes toutes pareilles, ses Repeto noires et blanches, ses blazers et ses jeans.

C’était une irruption soudain d’un humour presque à la Ionesco ou à la Chaval, et de l’absurde dans « Ric Hochet », et cette planche, sans déconner, est une de celles qui m’a le plus sidérée de ma vie.

Si la série m’avait constamment intéressé, peut-être n’aurais-je pas remarqué l’inventivité soudaine de cette case et c’est peut-être parce que je n’aimais pas « Ric Hochet » que cela reste pour moi une des plus belles planches du monde

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Blood and Bone de Ben Ramsey

mercredi 10 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

C’est le premier grand film de black exploitation de la nouvelle génération trop souvent référentielle « aux merveilleuses années 70 » :

un parfait mariage entre le monde du ghetto de « Sur Ecoute » et les films d’arts martiaux extrêmes.

Je vous ai déjà dit que c’était un chef-d’œuvre que vous pouviez le trouver en import.
C’est fini, vous pouvez le trouver en France désormais : il vient de sortir chez Seven 7, précipitez-vous.

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Message dans une bouteille (10)

mardi 9 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Ca y est, je m’aperçois que vos commentaires ont pris vie et n’ont plus besoin d’être adossés à mes textes, vous m’en voyez ravi.

Je dirai juste à goodies75 qu’il n’est pas question, hélas pour moi, de nomenclaturer ma bibliothèque car ce serait le travail d’une vie et que je préfère inventer des histoires.

Et je remercie le reclus de son très joli texte sur Lovecraft qu’il dit embrouillé par ailleurs mais ce n’est pas le cas, qui me semble un beau manifeste sur la manière dont, c’est de Lovecraft qu’il s’agit, quand un oiseau vole on lui cherche des poux dans les plumes, n’empêche qu’il vole. Ceux qui liront le texte, comprendrons mieux ce que je veux dire. Ce long texte est le parfait complément de ce que j’ai dit.

Cher serial, j’avance avec Baldazzini et curieusement, au moment où vous lirez ces lignes, je serais sans doute avec lui.

Et oui, cher pierre.brrr, on ne soulignera jamais assez le travail d’édition extraordinaire de Bragelonne sur Howard.

Et surtout, vous avez été au moins cinq à me signaler, je ne m’en étais pas aperçu, que la nouvelle de Tennessee Williams était parue en Futuropolis dans la petite collection policière illustrée, ce que j’avais complètement zappé.

Enfin cher Flingobis, non je n’ai pas lu « Philotée O’Neddy ». Si tu trouves le livre un jour, dis-moi ce que ça vaut au sens propre comme au sens figuré

 

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