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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Ce vice impuni : la lecture - 2ème partie

mardi 16 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Et un jour, je suis allé à la grande bibliothèque de Corfou, elle était quasi déserte et la vieille dame qui tenait l’endroit m’a laissé vaquer entre les rayons.

J’ai regardé les livres et il y avait là des velins de tous les grands illustrateurs que j’admirais comme Rackham. Je me suis vite rendu compte que j’aurais très bien pu en dérober car au bout de deux ou trois visites, la vieille dame me laissait aller et venir, et même, je me souviens, m’avait laissé sortir au soleil pour lire.

Là, je n’ai pas cédé à la tentation c’est un excellent souvenir.

Je dis ça parce que j’y ai repensé en lisant le dernier numéro de l’excellente revue « Le Magazine du Bibliophile » (20 place du Vieux Marché 86500 Montmorillon – email : mag-bibliophile@noos.fr ) à laquelle je suis abonné car ne voulant plus acheter de livres, j’aime bien lire des revues sur les livres, ça revient presque au même.

Et dans le dernier numéro (le 82), il y a un long et bel article sur les vols de livres rares et précieux, du bibliophile fou avec sa lame de rasoir qui découpe les pages qui manquent dans son exemplaire à ceux qui en ont fait métier, avec quelques anecdotes passionnantes sur quelques professionnels du vol de livres justement, et l’opinion des experts de salles de vente qui savent comment reconnaître certains ouvrages volés dans les bibliothèques, maquillés comme des voitures volées, et surtout, ce qui m’a intéressé, c’est la manière dont nombre de bibliothèques sont totalement démunies et désorganisées par rapport auxdits vols de livres, pages à pages ou en totalité et donc, de ce fait, ayant honte, taisent souvent lesdits vols.

Il semblerait que des quantités ahurrisantes de livres soient volées dans les bibliothèques du monde mais qu’une partie seulement des livres, ne sont jamais déclarée comme disparus par lesdites bibliothèques.

Oui, la lecture est un vice définitivement punissable.

 

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Ce vice impuni : la lecture - 1ère partie

lundi 15 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Le poète (je crois que c’était Paul Valéry), a dit un jour : « ce vice impuni de la lecture ».

Bien sûr il avait tort ou plutôt il a tort désormais. Car oui c’est un vice et il peut être puni et la sanction peut être même immédiate.
Il vivait à une autre époque où on avait beaucoup de place et où les livres pouvaient s’accumuler et s’accumuler encore jusque sur les marches des escaliers : un jour on fouillait et on retrouvait un livre oublié et cela devait être un bonheur extrême, mais aussi parfois, comme aujourd’hui, quand la personne passait l’arme à gauche, tout était dispersé et pour peu qu’il y ait une mésentente dite ou non dite entre les héritiers ou envie de se venger du défunt, de l’effacer, ceux-ci prenaient et prennent toujours un malin plaisir à les vendre pour rien, histoire de prouver que décidément papa ou maman avaient eu tort : peut-être étaient-ils jaloux de ces livres qui avaient attirés plus d’attention qu’eux-mêmes et peut-être était-ce pour cela qu’ils étaient devenu des non lecteurs. On ne peut pas juger.

Moi qui vit dans le monde d’après, je sais que ce vice est puni car après avoir accumulé 40 000 bouquins, j’ai commencé à me débarasser de certains et je continue un peu comme un homme préhistorique qui voudrait accéder au fond de la caverne qui est bouchée par des détritus et des roches divers et le squelette d’un auroch.
On peut donc être punis par l’envahissement des livres. On peut aussi être récompensés parfois par le fait qu’en étant obligés de trier, on peut redécouvrir des merveilles qu’on n’avait pas lues ou à peine, rouvrir certains ouvrages qui n’ont peut-être pas changés mais comme nous, nous avons changé, nous les lisons différemment, et puis il y a ceux qu’on peut transmettre à ses enfants en même temps que le goût de la lecture.

La deuxième punition que provoque les livres, c’est la connaissance.

A force d’accumuler des informations qui se superposent et s’entrecroisent, je me demande parfois si on ne finit pas par perdre l’essentiel, c’est-à-dire l’instinct, le savoir inné, toutes ces choses enfouies au fond de nous qui sont aussi dans les livres mais que nous possédons sans doute et qu’il suffirait que nous allions chercher.

Et puis la lecture c’est aussi une maladie mentale.

Un jour, Moebius m’a dit qu’il connaissait quelques personnes qui ne pouvaient pas  voyager sans livres.
Je l’ai pris dans la figure et je me suis reconnu immédiatement.
Il y a des pays où je suis allé avec 10 livres pour 8 jours et au bout de 5 comme certains étaient mauvais, je les finissais quand même par peur de manque et c’est comme ça que j’ai fini par lire des bottins de téléphone.

Sans doute ai-je ainsi râté pas mal de choses dans le monde extérieur, tout comme aujourd’hui je vois dans le métro certains jeunes penchés sur leurs textos et sur internet et qui râtent eux-aussi ce qui se passe autour.

Mais là où ce vice peut devenir rédhibitoire, c’est quand la passion des livres amène au vol.
J’avoue que comme tout le monde, par deux fois j’ai été tenté.
La première fois, j’avais 14 ans et j’étais à Livry Gargan et je suis passé à l’acte pour une raison absurde et pourtant évidente : je voulais acheter des revues naturistes mais j’étais trop petit (ces revues où on voyait tout, croyait-on, mais les poils pubiens étaient effacés si bien qu’on ne savait pas très bien ce qu’il y avait entre les jambes des femmes et je l’ignorais encore), alors je les mettais dans mon manteau, dans la doublure boutonnée. Et puis comme j’achetais aussi de vrais livres, j’ai commencé à en glisser un ou deux dans le manteau, et le libraire du coin à Livry Gargan qui devait avoir repéré mon manège depuis longtemps m’a pris à part un jour et m’a demandé de vider mes poches, j’avais honte, il a regardé tout ça et il m’a dit : « Ne recommencez jamais » et je n’ai jamais recommencé.

La seconde tentation fut beaucoup plus forte.
J’étais allé à Corfou à cause du « Quatuor d’Alexandrie » et de Lawrence Durrell bien sûr, j’y ai passé six mois dans une maison où les scorpions se promenaient sur mon lit, c’était des scorpions noirs, toute une famille qui tombait du plafond, le père, la mère et puis les enfants, j’avais eu  très peur et quand j’ai demandé aux riverains si ils étaient dangereux, ils m’ont répondu qu’ils étaient mortels.Ce n’était peut-être pas le cas mais ils étaient contents de me faire peur.

La suite demain.

 

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Zoo

vendredi 12 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Je viens de finir le dernier numéro de « Zoo ».

C’est un gratuit de bandes dessinées - vous savez qu’il y a plusieurs magazines qui parlent régulièrement de bandes dessinées - et non seulement il est gratuit mais c’est le meilleur car il regarde avec la même bienveillance et avec chaque fois par des gens qui aiment vraiment ça, tous les domaines, de la bande dessinée punk anglaise aux mangas en passant par les classiques éternels et l’Association et ses clones.

J’y apprends à chaque fois plein de choses et ça m’émerveille et vous le trouverez, comme on dit, dans toutes les bonnes librairies spécialisées.

Chers amis,

Nous avons le plaisir de vous adresser le nouveau numéro de Zoo (n°23, Janvier-Février 2010), le premier magazine Culturel sur la BD et les Arts visuels, GRATUIT.

Au sommaire de ce numéro, qui compte 60 pages :

Un dossier sur la sélection du Festival d’Angoulême 2010 ainsi que les principales expositions qui y ont lieu : Léonard, Les Tuniques Bleues, Cent pour cent.

Des articles sur le dernier album de Valerian, 100 Bullets et Hellblazer de Brian Azzarello, Tank Girl, les séries de BD « concepts » ou « hyper-séries », Gainsbourg en BD et au cinéma…

Des strips et des planches de BD, dont celle du gagnant du concours organisé avec Zoo par SFR jeunes talents et parrainé par Frank Margerin.

et plein d’actualités sur la BD, les comics et les mangas.

Et bien sûr une présence toujours dans les points de distribution habituels :

Dans tous les magasins Virgin

Dans plus de 600 autres librairies spécialisées, espaces culturels Leclerc, Fnac, universités et écoles, bibliothèques, en France et en Belgique (dont librairies Album, GLBD et BDFugue).

Dans les 16 restaurants Lina’s de la région parisienne. Dans près de 400 restaurants et cafés branchés à Paris et région parisienne. Dans les Club Med Gym et Gym Waou, certains salons d’aéroport et centres d’affaires, etc…

Et également sur www.relay.com et www.zoolemag.com

 

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Tibet

jeudi 11 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Le dessinateur Tibet nous a quitté le 3 janvier dernier à l’âge de 78 ans.

Tibet c’était « Chick Bill » dans « Tintin » et surtout « Ric Hochet », son polar sans fin sur des scénarios de Duchâteau. Il est toujours édité au Lombard qui avait annoncé un revival en 2010 qui ne saurait tarder.

Est-ce qu’on peut dire du mal des morts puisque nous n’avons plus le droit de dire du mal de rien ?

Oui au contraire, je pense que ça les rend vivants, je n’avais aucune passion pour Tibet mais il y a une planche de « Ric Hochet » qui m’avait sidérée, les plus chenus d’entre vous et les plus vicieux de la jeune génération qui achètent les albums de « Ric Hochet » ont remarqué sa veste en tweed (ces tweed mélangés qu’on ne trouve plus guère aujourd’hui, même en Angleterre) et avait toujours les mêmes pantalons et toujours les mêmes chaussures, or, il y a une planche où il ouvre son placard et dans ledit placard on voit cinquante fois la même veste, cinquante fois le même pantalon, cinquante fois les mêmes chaussures. Exactement comme chez Serge Gainsbourg quand il me montrait ses slips tous pareils, ses chaussettes toutes pareilles, ses Repeto noires et blanches, ses blazers et ses jeans.

C’était une irruption soudain d’un humour presque à la Ionesco ou à la Chaval, et de l’absurde dans « Ric Hochet », et cette planche, sans déconner, est une de celles qui m’a le plus sidérée de ma vie.

Si la série m’avait constamment intéressé, peut-être n’aurais-je pas remarqué l’inventivité soudaine de cette case et c’est peut-être parce que je n’aimais pas « Ric Hochet » que cela reste pour moi une des plus belles planches du monde

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Blood and Bone de Ben Ramsey

mercredi 10 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

C’est le premier grand film de black exploitation de la nouvelle génération trop souvent référentielle « aux merveilleuses années 70 » :

un parfait mariage entre le monde du ghetto de « Sur Ecoute » et les films d’arts martiaux extrêmes.

Je vous ai déjà dit que c’était un chef-d’œuvre que vous pouviez le trouver en import.
C’est fini, vous pouvez le trouver en France désormais : il vient de sortir chez Seven 7, précipitez-vous.

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Message dans une bouteille (10)

mardi 9 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Ca y est, je m’aperçois que vos commentaires ont pris vie et n’ont plus besoin d’être adossés à mes textes, vous m’en voyez ravi.

Je dirai juste à goodies75 qu’il n’est pas question, hélas pour moi, de nomenclaturer ma bibliothèque car ce serait le travail d’une vie et que je préfère inventer des histoires.

Et je remercie le reclus de son très joli texte sur Lovecraft qu’il dit embrouillé par ailleurs mais ce n’est pas le cas, qui me semble un beau manifeste sur la manière dont, c’est de Lovecraft qu’il s’agit, quand un oiseau vole on lui cherche des poux dans les plumes, n’empêche qu’il vole. Ceux qui liront le texte, comprendrons mieux ce que je veux dire. Ce long texte est le parfait complément de ce que j’ai dit.

Cher serial, j’avance avec Baldazzini et curieusement, au moment où vous lirez ces lignes, je serais sans doute avec lui.

Et oui, cher pierre.brrr, on ne soulignera jamais assez le travail d’édition extraordinaire de Bragelonne sur Howard.

Et surtout, vous avez été au moins cinq à me signaler, je ne m’en étais pas aperçu, que la nouvelle de Tennessee Williams était parue en Futuropolis dans la petite collection policière illustrée, ce que j’avais complètement zappé.

Enfin cher Flingobis, non je n’ai pas lu « Philotée O’Neddy ». Si tu trouves le livre un jour, dis-moi ce que ça vaut au sens propre comme au sens figuré

 

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Après trop de space opérettes une retour au space opéra ! - 6ème partie

lundi 8 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Il ne faut jamais oublier que la crise de 1929 fit surgir des joyaux absolus dans le monde de l’imaginaire, au cinéma surtout, avec tous les grands films de Universal, « Frankenstein » en tête, mais aussi dans la science fiction dite de « l’Age d’Or ».

Face à un avenir immédiat sombre, on inventait des surlendemains forcément exaltants, même si lointains, faisant rêver, faisant oublier la misère.

Je m’aperçois d’ailleurs, je fais encore ici un détour, que dans mon parcours un peu prédateur où j’allais chercher partout et dans tous les domaines (et à un moment au cinéma) ce qui se passait de plus intéressant,

écumant pays à pays, j’ai toujours surfé sur ces moments de crise : le Japon où venait d’éclater la bulle économique et qui se renouvela soudain au cinéma, voir Kitano ou Miyazaki, la Corée du Sud qui avait peur hier mais qui a encore peur aujourd’hui, d’une annexion possible par la Corée du Nord, la Thaïlande en pleine mutation, et encore et surtout, juste avant, Hong-Kong, où dès les années 70 le compte à rebours était commencé : les metteurs en scène que j’aimais, et que j’avais rencontrés débutants, savaient que bientôt ils seraient chinois, ils pensaient qu’ils ne pourraient pas continuer à réaliser avec la même liberté.

Ils se sont d’ailleurs trompés en partie mais cela a donné un cinéma magnifique.

Les crises étant donc idéales pour la création artistique, nous devrions avoir une belle embellie pour bientôt.

PS : Paru aux éditions Calmann Levy, « La louve et le Démon » est le second tome de la série « Arthor », après « Le Dragon et la Licorne » d’Alfred Angelo Attanasio, sous une couverture qui ferait vomir un rat et qui repoussera les gens qui cherchent des livres ambitieux, c’est Alain Brion pour une fois peu inspiré.

Cette série (on attend la suite), est pour l’instant magique.

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C’est le cycle d’Arthur donc, des milliards de fois adapté mais cette fois-ci à l’aune de la physique quantique et des variations infinies provoquées par les photons fantômes, provoquant d’innombrables possibles dans le multiverse.

A.A. Attanasio retrouve ici la magie de son chef-d’œuvre de science fiction « Radix ».

Sa description d’un univers de fées, de sorciers, créatures de lumière, de licorne et d’arbre monde, est d’une violence visuelle rare et en même temps suave : on dirait des statues en verre filées comme ce que faisait Venini à Venise dans les années 70, du technicolor pour daltoniens, de la peinture sur velours fluorescente.

C’est de la fantasy et en même temps cela fait penser aux grands space opéra flamboyants, tombeau du genre dans les années 70, que furent « Babel 17 » ou « Nova » de Samuel Delany.

PS 2 : Ca y est, j’ai compris de quoi parle « Elantris », mais aussi « Brasyl » de Ian McDonald que je viens de finir.

Du fait qu’il faut accepter, comme fait accompli, la fin du monde, que nous vivons au jour le jour, en voulant l’ignorer, sous peine de ne pas comprendre qu’ensuite peut-être un autre monde surgira.

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Après trop de space opérettes une retour au space opéra ! - 5ème partie

vendredi 5 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

En fait, le retour du space opéra c’est le retour au grand récit mensonger et magnifique, aux romans historiques au XIXème siècle, que ce soit le libidineux Michelet, dans ses livres dits d’histoires qui étaient avant tout de belles histoires de passion et surtout de l’immense Alexandre Dumas qu’on a fini par croire davantage que l’histoire véritable.

Ce que déjà Dumas nous racontait, c’est que contrairement à tout ce qu’on nous dit désormais, il n’y a pas de destin des nations, il suffit de quelques individus quelque part, pour changer l’histoire à tout bout de champs. Nous ne sommes pas un grand troupeau : il suffit de quelques troublions pour que quelque chose soudain se passe.

Je vous ferais court par contre sur le livre lui-même, même si j’ai un faible pour la nouvelle de Kage Baker (une histoire d’imbécile heureux sur Mars, entre Sheckley et Bradbury), pour l’histoire de Tony Daniel (des Roméos et Juliettes dont les contacts sont rendus difficiles par un éco système particulier qui les sépare), pour Gregory Benford et son récit d’humour quantique, pour la belle histoire de Nancy Kress qui parle des convergences et des divergences entre l’art et la guerre.

Mais j’ai surtout aimé deux nouvelles, extraordinaires toutes les deux : une de Dan Simmons, auteur irrégulier mais immense quand il le veut bien, qui brode ici autour du  théâtre de Shakespeare et d’une réprésentation d’une de ses pièces, dans le futur, qui peut changer le destin de l’univers entier et où les comédiens doivent éviter un xénocide, si vous ne comprenez pas ce que je veux dire, c’est que vous n’avez pas lu « Ender » : regardez dans votre dictionnaire…

Dan Simmons fait accessoirement une des analyses les plus passionnantes que j’ai lues de Shakespeare et de ses incohérences qui sont justement ce qui le rend fascinant : il n’a pas de soucis de vraisemblance, préférant fouiller droit au cœur.

Mais plus encore que Dan Simmons, ce qui m’a ravi et touché c’est que l’auteur le plus novateur, le plus passionnant, le plus jeune en quelque sorte de tous ces écrivains du nouveau space opéra, est un grand ancien de la vague précédente, un peu comme dans les années 70 quand on avait rangé Heinlein dans les maîtres du passé, lorsqu’il nous donna tout d’un coup « En terre étrangère », devenant le gourou de toute une génération y compris, tant pis, de Charles Manson.

Ici, le maître ancien c’est Robert Silverberg, avec une fable qui pourrait être du Cordwainer Smith ou faire partie des 1001 nuits, et un de ces textes qu’on n’oublie pas une fois qu’on les a lus.

Je suis donc venu vous dire que malgré son titre, « N.S.O. » est  un formidable ouvrage qui donne beaucoup d’espoir dans le space opéra nouveau avec des gens que vous allez découvrir et que l’époque se prête diablement à une résurgence du genre, puisque nous sommes au milieu d’une crise.

 

La suite demain.

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