Le blog de Dionnet

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Tous les libraires du monde
mercredi 6 mai 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "
Contrairement à ce que l’on croit, il reste des tonnes de librairies géniales partout dans le monde et qui résistent.
Les plus impressionnantes : au Japon, « Mandarake » à Tokyo, pas celui de Shibuya mais celui de Nakano à quelques stations de métro du centre.
En Amérique, l’incroyable « Strand » sur Broadway, avec ses sacs publicitaires qui portent la mention « 8 miles of books» : 13 kilomètres, et qui vient maintenant de rajouter deux étages supplémentaires de livres précieux où l’on pourrait passer des années, que dis-je, une vie. Selon un principe simple qui leur permet de vendre et de débiter beaucoup, certains libraires comme eux appliquent, se créant des fidèles réguliers, un prix qui varie suivant le prix d’acquisition qu’il multiplie par deux. Ce qui fait que suivant les cas, vous pouvez payer le même livre 40$ ou 100$, suivant votre pot.
Je vais vous parler maintenant des librairies françaises car il faut les défendre.
Les vraies librairies, celles où il y a un regard cohérent, un choix qui tient la route, quel que soit la taille dudit lieu, car le libraire est aussi à sa manière un éditeur. Par exemple, à Belle-Ile ou à Biarritz, il y a deux librairies pas très grandes mais où l’on comprend parfaitement la cohérence des choix. Et puis il faut voir si le vendeur ou les vendeurs, car parfois ça change suivant l’un ou l’autre, sont compétents, s’ils savent trouver ce que vous cherchez et si en conséquence ils peuvent vous indiquer autre chose, que vous auriez ignorée.
Je dois dire que côté espace culturel, je suis un peu lassé par le regard zombifié de certains vendeurs, alors qu’il y en a d’autres qui sont épatants. Il y a des fous furieux qui vous branchent tout de suite sur ce qui leur semble vital et aussi quelques morts vivants qui, même en allant sur l’informatique, ne semblent pas trouver ce que vous cherchez et n’ont pas l’air d’avoir envie de trop se fouler.
Il y aussi, dans lesdits espaces culturels, des gens admirables, et je me souviens en musique d’un vendeur de la Fnac Opéra qui était un diable et qui m’a fait acheter à propos de musiques de films, certains CD des classiques de leurs inspirateurs me faisant faire des découvertes considérables.
Evidemment, vous devez toujours préférer toujours les libraires de proximité, c’est comme les boulangers, quand plus tard il faut faire deux kilomètres pour acheter de la baguette qui rassis tout de suite, on se dit qu’il aurait fallu les aider.
Ceci dit, je suis un peu pessimiste pour les grandes surfaces car il ne faudrait pas que ça finisse comme à Los Angeles où le grand et superbe Virgin a fermé, le loyer ayant doublé. Résultat, il a été remplacé par quatre boutiques destinées à des commerces divers qui n’ont pas trouvé preneur et l’on murmure des choses terribles sur la montée des prix de certaines grandes enseignes qui ne font ni fringues, ni présentations de voitures laides sur les Champs-Elysées.
Cela fait longtemps que je ne suis pas retourné au « Furet de Nord » (la plus grande librairie d’Europe), mais je vous dirais que par exemple un des endroits culturellement le plus extraordinaire du monde, c’est la rue Dante, à Paris, France. Ce ne sont pas les cercles de l’Enfer mais ceux du Paradis car il y a d’innombrables boutiques et si l’on fait le tour de la rue Dante, de sa proximité rue Cochin ou Boulevard Saint Germain, on trouve tout, du DVD à la BD ou au manga, des originaux de bandes dessinées à des Jules Verne tout neufs et on peut dépenser tous ses avoirs (on dépense beaucoup plus qu’on avait prévu), mais au moins on ne perd pas de temps et on trouve presque toujours ce que l’on cherche.
Pour moi les deux endroits les plus merveilleux du monde en ce moment sont : A Santa Monica, pas loin de Los Angeles où il n’y a plus grand-chose. Quand vous êtes sur Broadway (attention, Broadway à Santa Monica, pas Broadway à Los Angeles, pas Broadway à New York), à hauteur de la promenade de la troisième avenue, il y a là, dans cent mètres carrés : une des meilleures librairies d’art du monde, juste en face de l’autre côté de la rue une autre librairie d’art avec plus d’occasion, plus pointue, juste à côté un « Barnes & Noble » tout à fait correct avec les nouveautés et de belles soldes, et plus loin encore, à cent vingt mètres au moins, une merveilleuse boutique dont je rêve de voir un jour l’équivalent en France et qui serait un mélange de boutiques de livres d’art, de boutiques de bandes dessinées et en gros le choix d’un regard moderne avec une surface dix fois plus grande : ça s’appelle « Hi De Ho Comics », il n’y a pas là le racisme ordinaire des boutiques de BD françaises puisqu’il y a l’underground, les comic books, des bizarreries, les mangas, des livres sur les grands illustrateurs et des revues totalement jetées.
A Turin, il y a la boutique de « Little Nemo », et je vous parlerais bientôt de leur nouvelle boutique, quand j’y vais, je suis émerveillé par les livres qu’ils vendent, il y en a peu mais c’est le meilleur choix possible, pour l’Italie.
D’une part, il y a ceux édités par « Little Nemo » qui sont des merveilles, j’y reviendrais, et d’autre part parmi des dessins originaux qui sont aux murs, il n’y a pas non plus de racisme culturel :
vous pouvez croiser Rackham ou Barbier, Jacovetti ou Pratt, Moebius ou Druillet, mais aussi Eddy Legrand et Magnus, et surtout y découvrir tous ces admirables illustrateurs italiens pour la grande presse d’avant-guerre comme Boccasile, Achille Luciano Mauzan (il fit une partie de sa carrière en France mais il est bien italien), et on peut tomber sur l’original d’une affiche d’opéra avec La Callas, dûe à un des maîtres précités, ou à une couverture pour une bande dessinée pour adulte genre « Jungla » très sexy ou, ça a été mon cas récemment, sur une planche de « Genius » dûe à Manara première période, qui compte parmi les plus intéressantes de son œuvre.
Je rêve de trouver la même chose en France avec ce que tout le monde attend mais aussi des choses qu’on n’attend pas. D’un autre côté, en France nous avons un avantage, il y a des dizaines de boutiques un peu partout et parfois il suffit de ne pas être paresseux et de marcher, et aller à une seule boutique à la fois est souvent largement suffisant car c’est comme les musées, si on en voit trop, on ne voit plus rien.
Scott Westerfeld : la tétralogie SF junior.
mardi 5 mai 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "
Je vous rebats sans cesse les oreilles de mon obsession sur la laideur des couvertures des livres de science fiction et de fantasy, n’ayant d’ailleurs à ce jour pas trouvé de solution définitive car en Amérique ces temps-ci, c’est pareil. Or l’Amérique au niveau des pockets a toujours eu dix temps d’avance depuis l’époque bénie où nous étions les meilleurs, nous les franco-belges, avec Dities puis J’ai Lu, Le livre de Poche et Marabout dans les années 60/70.
Mais des couvertures plus « mainstream » risqueraient d’être rejetées par les fans de base qui se sont habitués aux horribles couvertures habituelles plus ou moins directement héritées de l’iconographie des années 70 mais il n’est pas dit que les couvertures plus littéraires feraient lire par exemple le formidable Lucius Shepard par « les vrais gens » ni par « les vraies critiques ».
J’ai un bout de solution, en dehors de Beb Deum dont je vous parle ailleurs, il y a aussi quelques exemples d’illustrateurs dont un qui connaît ses classiques puisqu’il signe Howard Pyle, comme le plus grand illustrateur à l’origine de l’illustration américaine et dont les héritiers divers furent la belle dynastie des Wyeth, grand-père, père et petit-fils, tous formidables, commençant à la fin du XIXème siècle avec le grand-père et finissant avec des portraits posés de copains de Warhol à la Factory dûs au petit-fils, ils étaient eux-mêmes des élèves de Howard Pyle et de l’école de Brangwyn.
Le dénommé Howard Pyle que j’appelerais Howard Pyle 2, vient de nous donner quatre couvertures admirables pour une série de Scott Westerfeld, un auteur de science fiction pour adultes jusqu’à présent, qui se révèle tout à coup comme un génie de la série de science fiction adolescente avec une trilogie vitale :
« Uglies », des gens sales qui vivent dans des banlieues du tiers monde,
« Pretties » où ils se trouvent projetés dans une ville qui n’est peuplée que de fashion victimes conditionnées pour devenir des consommateurs parfaits,
« Specials » où l’on retrouve des espèces d’humains matinés de fauve qui font la police entre les deux et qu’il ne faut pas prendre avec des pincettes.
Evidemment, il y a un héros ou plutôt une héroine, une ancienne Ugly qui deviendra une Pretty puis une Special. On surfe dans l’espace, on y fréquente des adolescents rigolos et moins rigolos qui ne pensent plus que fêtes et dernier sac à mains à la mode,
au moment où les Specials arrivent, tout ce joli monde éclate.
C’est une merveille pour les adolescents puisque cela parle de choses qui les concernent.
Je suis moins convaincu par le quatrième volume « Extras » qui me donne un peu l’impression que la série continue malgré elle.
Ce n’est pas l’opinion de l’auteur qui dit ne pas avoir voulu se détacher de sa création, attendons les volumes suivants pour savoir si ça tient la route.
En tout cas, j’insiste pour que vous vous jetiez dessus :
c’est une excellente surprise, une série de science fiction pour ados, meilleure que la majorité des séries pour adultes, et puis il y a les fameuses couvertures que je ne peux m’empêcher de reproduire.


Cowboy Angels, 3ème partie
jeudi 30 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "
Avec « Cowboy Angels », Paul McAuley a donc choisi le mélange des genres. Il y a deux voies :
celle de Dan Simmons qui est passé de l’horreur à la SF et au polar, avec un talent qui pour l’instant ne m’a pas convaincu pour le polar et il y a McAuley qui défait les genres puisqu’il y avait du Lawrence d’Arabie dans « Glyphes » et à l’intérieur du carcan, sans doute plus vendeur pour lui, de science fiction.
Quand on fait des livres qui n’appartiennent à aucun genre défini, on tombe souvent comme la poussière entre les lames du parquet, n’étant vu de personne, c’est le cas de l’immense écrivain qu’est Lucius Shepard dont je vous parle tout le temps et qui est un des plus grands écrivains américains tout court.
Dans ce thriller, genre forces spéciales contre Gouvernement,
avec traîtres apparents qui sont en fait taupes pour le Gouvernement, les scissions au sein du Gouvernement. Nous sommes dans une Amérique parallèle qui ressemble beaucoup à la nôtre, on a découvert grâce à des « portes de Turing »,
(Ah Turing ! que de merveilles a-t-on commis en ton nom),
qu’il y avait d’innombrables Amérique parallèles et que tout était possible dans des univers différents, ce à quoi je crois assez étant devenu plutôt cantique.
A noter que les prémices de sa série sont à peu près les mêmes que celles de « Authority », la magnifique série écrite par Warren Ellis, et pourtant le cheminement et le résultat sont absolument différents.
L’histoire se passe en gros entre Richard Nixon le belliqueux et Jimmy Carter dit « le mou » et raconte comment les agents spéciaux « Cowboy Angels » qui naviguaient d’un univers parallèle à l’autre, furent démantelés jusqu’à ce qu’on rappelle le vétéran Adams Stone dans la compagnie.
En effet, son meilleur ami, un autre vétéran, a déjà tué six fois dans six univers parallèles, la même mathématicienne spécialisée dans lesdites portes de Turing. Pourquoi ?
Le reste du livre est un régal, assez réaliste pour rester un roman d’espionnage, assez feuilletonesque pour utiliser quelques retournements inattendus et à partir de la moitié, on se retrouve piégé dans un de ces bons gros romans populaires, qui fait qu’on va passer une nuit blanche, comme tous bons romans d’espionnage « light » (la différence entre Ludlum que je lirais toute la nuit et Robert Little qui nous revient et où je peux mettre des mois, comme avec Le Carré ou comme avec Len Deighton avant, tant ils sont riches), mais également comme tous bons romans de science fiction paranoïaques des années 60/70.
Mais c’est cependant un livre d’aujourd’hui. Il y en a donc quelques-uns, comme le mélange de science fiction adolescente et de manga de la trilogie éblouissante de Scott Westerfeld : « Uglies », « Pretties », « Specials », le point commun qui renouvelle le genre, c’est l’impureté de leur démarche.
Cowboy Angels, 2ème partie
mercredi 29 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "
C’est donc dans l’impureté et dans le mélange des genres que ça se passe désormais pour la science fiction, dans ce qu’elle a de meilleur, loin des systèmes qu’ils soient « Cyberpunk » ou « Steampunk », où il y a toujours un ou deux révélateurs puis quelques petits maîtres que cela réveille un moment, et d’autres qui hélas se formatent pour rentrer dans le mouvement avant de trouver leur voix véritable.
Ici, il n’y a pas de groupes, de groupements ou de complots collectifs et les livres sont donc individuels.
« Eifelheim » est un grand roman historique et de science fiction. « Cowboy Angels » de Paul McAuley pourrait être un mélange de Philip K. Dick, première période, et de Robert Ludlum dans son côté turn pager ce qui évidemment est un compliment.
D’ailleurs McAuley et ses différents romans qui vont dans tous les sens me plaisent bien, j’ai adoré ses « Diables Blancs » qu’il faut lire absolument, autre roman historique, et surtout « Glyphes » où je sais qu’il y a une part de vérité.
J’ai toujours cru, comme certains kabbalistes et certains judaïstes, qu’il y a des lettres qui ont un sens autre que celui que nous leur donnons et qui peuvent réveiller en nous des choses qui sommeillent de notre mémoire ancestrale.
Je crois à la valeur des glyphes, j’ai donc pris ce livre au sérieux.
Mais vous allez me dire : quand commencera-t-il enfin à parler de « Cowboy Angels » ? Et bien, ce sera demain.
Cowboy Angels, 1ère partie
mardi 28 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "
De Paul McAuley aux éditions Robert Laffont.
Il me semble vous l’avoir déjà dit à propos de « Eifelheim » de Michael Flynn, mais sinon je vous le redis, l’éditeur qui a le mieux compris ce qu’il fallait faire pour les lecteurs de science fiction et pour maintenir la science fiction en vie, en ne rééditant pas sans cesse des « Space Opera » que nous avons déjà lus, et qui a le mieux accepté l’évolution du genre vers une certaine impureté, signe des temps, et cacochyme comme moi, c’est Gérard Klein, et de plus il a eu la sagesse de revenir aux couvertures d’origine, toutes argentées, un peu psyché, un peu 70, sans les dessins affreux qu’on trouve partout et que lui-même a, à un moment, utilisés.
Salut Gérard Klein et merci de me rappeler que la science fiction est vivante.
En effet, je me réunis souvent, en un club assez fermé de deux avec Moebius, pour parler des livres que nous avons lus et que nous échangeons. Or, depuis bien longtemps, nous nous conseillons essentiellement des livres policiers. Moebius ne lit plus de science fiction et chaque fois que je lui en ai donné, ça lui est tombé des mains. Il me conseille presque toujours des polars, toujours à bon escient. Et moi, ayant presque abandonné de lui proposer de la science fiction, maintenant que je lui ai parlé de «Eifelheim » et j’attends sa réaction, et je peux lui parler de « Comboy Angels », je me dis que le combat n’est peut-être pas perdu.
Mais il est vrai que quand il me parlait avec nostalgie (il lisait la science fiction de l’Age d’Or avant moi et a connu l’éclosion des grands maîtres en France), je n’ai trouvé qu’un cycle obligatoire, alors qu’il y en a des milliers, à lui conseiller, c’était celui de « Ender » de Orson Scott Card.
S’il a décroché de la science fiction, il a peut-être aussi d’autres raisons valables, quand on en écrit on n’a pas forcément envie d’en lire, et moi qui reviens à la bande dessinée de science fiction justement, j’évite l’anticipation afin de ne pas être influencé consciemment ou inconsciemment.
Mais j’étais là pour vous parler de « Cowboy Angels », abandonnons les considérations générales, on y revient demain.

Message Dans Une Bouteille (1)
lundi 27 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "
Avant quand on était sur une île déserte, on remplissait une ou plusieurs bouteilles avec un message disant qu’on était perdu au fond de l’océan indien, à peu près à tel endroit et on attendait que quelqu’un la trouve un jour. Avec internet c’est mieux et vous avez été nombreux à répondre.
Je ne répondrais pas à tout le monde ni à ceux qui me disent d’aller voir sur leur blog, j’irais un de ces jours, ni à ceux qui me disent juste merci même si ça me fait très plaisir.
Content de voir que vous êtes nombreux à aimer le livre de Terpant et que donc vous l’aviez déjà découvert, content de voir que vous êtes nombreux à aimer à la fois la bande dessinée, le cinéma de quartier, les films asiatiques et Mario Bava. Bref, que nous avons la même culture et j’espère que je vous en ai fait hériter comme d’autres avant moi (Jean Boullet avant tout m’ont donné le même héritage). Et ce sera à votre tour un de ces jours de passer le bâton.
Vous en savez plus que moi sur le film « METAL HURLANT ». Sera-t-il en 3D comme le suggère Jérome qui est allé voir sur : http://www.shocktillyoudrop.com/news/topnews.php?id=10155, sera-t-il comme le disent Peter07 et dipi.net dû à David Fincher, Kevin Eastman, Peter Chung, Gore Verbinski, Zack Znyder et Rob Zombie ? Quelle drôle d’idée de prendre Kevin Eastman qui a massacré « HEAVY METAL » en Amérique. Est-ce que ce sera de l’animation en 3D, j’espère qu’à ce moment là ça ne ressemblera pas à la plupart des œuvres du genre qui sont tout bonnement répugnantes visuellement et plutôt aux merveilles comme « Wonderful Days » ou comme les œuvres de Peter Chung justement, j’attends ça avec impatience.
Et oui, cher ohem, c’est vrai que le film « METAL HURLANT » s’est bonifié avec le temps mais c’est vrai aussi de l’ensemble du cinéma des années 80 à l’aune du formatage moderne.
Et quand à kelsolaar, je ne peux pas répondre sur le film des années 80 dont il me parle. Mais si bien sûr ! Ca y est, ça me revient, c’est « Docteur Folamour » de Kubrick avec Peter Sellers, à moins que je mélange avec un autre car il y en avait un autre avec Peter Sellers également, car ton résumé ne correspond pas tout à fait à mon souvenir.
Cher blackjuju, les compils de chroniques de Warren Ellis ont commencé par la plus grosse qui date de 1999 « Come In Alone » mais tu trouveras le reste sur internet, ont été éditées par la maison AIT / Planet Lar à San Francisco. Je ne vois pas de site ce qui est un comble. Il y a plusieurs volumes et ça se trouve sur internet. A partir de « Come In Alone », tu devrais trouver les autres
Les années Creepy, 3è partie
dimanche 26 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "
Dans le tome 2 (numéros 6 à 10 de Creepy), il y a des couvertures de Frazetta encore, Roy Krenkel avec une ou deux planches justement : quelle perte pour la bande dessinée qu’il n’en ait pas fait plus, mais apparemment l’éditeur des EC Comics, William Gaines, ne savait même pas qu’il existait, ce qu’il a dit il n’y a pas si longtemps dans des interviews tardives.
Un autre qu’on avait aperçu dans les EC mais qui entre temps avait pris son envol, c’est l’immense formaliste Alex Toth,
et John Severin lui aussi maître des EC surtout dans les récits historiques et de guerre et qui continue à œuvrer malgré son grand âge puisqu’il vient de faire un « Bat Lash » dont je vous parlerais une autre fois : il est aujourd’hui le meilleur dessinateur de westerns du monde avec Gir.
Il y a même quelques pages signées Jay Taycee. Les officionado que nous sommes reconnaitront sous ce pseudonyme mon dessinateur préféré des EC justement, qui avait pris ce pseudo je ne sais pour quelle raison, Johnny Craig, et Walace Wood qui nous refit en gros son chef-d’œuvre absolu pour les EC « My World » sous un autre titre et avec une autre fin, ça s’appelait « Overworked », deux autobiographies étranges.
Et progressivement, on vit apparaître des dessinateurs des générations suivantes comme le maître de « Dardevil » le très bousculé et bousculant Gene Colan et l’immense Steve Ditko, le créateur de « Spiderman » et « Docteur Strange » qui se mit tout à coup au lavis avec son talent étrange et si particulier, aboutissant à une imagerie que je ne n’oublierai jamais.
Je viens de relire toutes ces histoires et la bonne nouvelle c’est qu’elles tiennent la route et qu’elles sont toujours magnifiques.
La mauvaise c’est que cela me donne la nostalgie et je ne suis pas le seul, du temps où, grâce aux magazines, les dessinateurs pouvaient faire des histoires courtes, choses qui ont pratiquement disparues avec les magazines puisque nous sommes constamment confrontés désormais aux albums de 48 à 64 pages alors même que la distance courte est idéale pour certains créateurs et pour certaines histoires.
J’en ai parlé avec pas mal de dessinateurs lors d’un festival à Aubenas où Claude Moliterni que j’aime bien citer pour le faire revivre à chaque fois, m’avait invité. C’était avec Annie Goetzinger et Michel Blanc-Dumont et tous les deux regrettaient ce temps pas si lointain où on pouvait faire des histoires courtes.
La bonne nouvelle donc c’est que vous pouvez, même si vous n’êtes pas de la génération « Creepy », découvrir tout cela aujourd’hui.
C’est de là que vient avec les EC toute une imagerie d’horreur, relayée par Stephen King, Wes Craven, Romero et les autres, qui font désormais notre manne quotidienne : il est nécessaire parfois de revenir aux origines.
PS : Au fait, je ne vous ai pas dit, si vous ne connaissez ni les EC Comics, ni « Creepy », ni son cousin « Eerie », de quoi il s’agit vraiment : d’histoires d’horreur très noires qui, à l’exemple de celles d’Edgar Poe ou de Bradbury, choisissent une chute parfois drôle si l’on aime l’humour noir, toujours sanglante et soudaine au bout de 8 pages.

Les années Creepy, 2è partie
vendredi 24 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "
Le volume 1 (numéros 1 à 5 de Creepy) avec le mythique numéro 1 et sa couverture de Jack Davis, un transfuge des EC Comics justement, et les suivants presque toujours avec des couvertures de Frazetta dont je me suis lassé depuis mais qui à l’époque me firent forte impression.
Je ne voudrais pas être injuste avec Frank Frazetta dont j’ai même, tant était grande mon admiration, imité la manière de faire les « T » et les « F » dans ma signature. Cela m’est resté. Simplement au fil du temps, je trouvais qu’on parlait trop de lui et pas assez des autres. Qu’il était un immense dessinateur de bandes dessinées, voir « Johnny Comet », sublime comic strip sur la course automobile dessiné d’une manière frénétique qui était un peu l’équivalent au cinéma de Douglas Sirk montrant des avions dans « La Ronde de l’Aube », mais quand on voit « Lil' Abner » récemment réédité avec la mention – Al Capp doit se retourner dans sa tombe – « Les planches du dimanche » de Frazetta, puisqu’il aidait le maître…On a oublié que Al Capp fut un moment le dessinateur de bandes dessinées le plus cèlèbre du monde et pour vendre ses livres désormais, on met sur la couverture le nom de son assistant.
Vous savez sans doute déjà que « Creepy » était édité par un nommé James Warren qui voulut refaire en gros, après « Famous Monsters of Filmland », des EC Comics avec au départ les mêmes auteurs.
Et dans ces histoires où quelques scénaristes débutèrent, il y eu surtout Archie Goodwin, formidable scénariste à la fois classique et moderne qui nous a quitté trop tôt et tous les grands noms des EC justement : Orlando, Williamson qui hésitaient constamment entre deux traités : un très Prentice « à la Rip Kirby » et un autre plus floral « à la EC », avec l’aide parfois de Roy Krenkel, mystérieux dessinateur admirable qui n’a jamais produit de bandes dessinées au sens propre mais qui a rendu sublime quelques œuvres de Williamson justement ou de Frazetta et de quelques autres en rajoutant des architectures merveilleuses directement issues de Franklin Booth, sans jamais faire autre chose que de les aider et deux ou trois proches de BD ici ou là.
Il y avait aussi Reed Crandall, grand maître de l’aventure, chez DC d’abord, avec « Blackhawk », puis maître des EC Comics avec ses petites hachures maniaques et qui au moment de Warren, va nous donner quelques chefs-d’œuvre encore, avant hélas que son trait ne commence à se maniérer, à s’arrondir et à s’autoparodier.
Lui aussi était de l’école « Booth » mais matinée de Joseph Clement Coll et de Gibson avec des petites hachures qui seyaient merveilleusement par exemple à ses adaptations de contes d’Edgar Poe.
Il y eut Frazetta donc, qui fit là l’une de ses rares bandes dessinées tardives, Gray Morrow, illustrateur de science fiction, apparu trop tard pour être dans les EC mais digne d’eux, Angelo Torres qui aidait Williamson depuis quelques temps sur « X9 » mais dont on découvrit ici – tous les deux venant d’Amérique du Sud – qu’il était aussi fort et aussi passionnant dans cette école interchangeable qui ressemblait un peu à la famille tuyau-de- poil et où quand Georges Evans, un autre maître des EC qu’on ne retrouvera pas ici, remplaçait Caniff sur la bande dessinée quotidienne de « Steve Canyon », pendant que Williamson remplaçait Prentice sur « Rip Kirby » et pendant qu’il se faisait lui-même remplacer sur « X9 » par Angelo Torres, etc, etc, etc….
On aperçoit aussi dans ce premier volume Alden McWilliams, dessinateur de « Terres jumelles » et d’un magnifique « Dracula » en pocket book, et Bob Lubbers, très mauvais dessinateur de « Tarzan » mais excellent dessinateur de Pins-Up avec la sublime série « Robin Malone ».
La suite demain à propos du tome 2.






