Le blog de Dionnet

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Gianni De Luca, encore et toujours
mardi 23 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "
Je reviens à De Luca encore à propos du livre « De Luca – Il Designo Pensiero » chez Black Velvet, écrit par la Hamelin Associazione Culturale.
(Un groupe de gens à qui l’on doit, entre autres, un livre sur Magnus et autres, dont un sur « Bonaventura » de Toffano, ce merveilleux héros lunaire de la bande dessinée italienne, scandaleusement ignoré chez nous jusqu’à aujourd’hui, cousin du Petit Prince et ancêtre involontaire de Tati, graphisme merveilleusement élégant, dynamique et cependant contemplatif).
Le livre sur De Luca est plein d’images de toutes les incarnations de cet artiste protéiforme et surtout réalise l’exploit de faire bien le tour de l’œuvre en choisissant des angles et des auteurs différents, un peu comme le faisait en littérature à leur époque les formidables « Cahiers de l’Herne ».
De l’élégance savante et pédagogique d’un article consacré aux années « Il Vittorioso » aux couvertures du « Giornalino », à De Luca analysé comme convergence de la bande dessinée populaire et de la bande dessinée d’auteurs, ou à propos de la noblesse du mouvement dans la seconde partie de l’œuvre du maître, en passant par le fait que Spada chroniquait l’Italie du moment pendant que l’histoire elle-même, glauque, se déroulait, et en finissant par « le mystère De Luca » qui reste entier comme tout vrai mystère, malgré les explications brillantes de Luca Rafaelli, voici une belle Bio-bibliographie qui devrait aider encore à remettre De Luca à sa place, en haut du podium
et c’est encore grâce à Black Velvet.
PS 1 : Et puis il y a toutes les couvertures pour Comic Art autour du personnage de Brick Bradford (Luc Bradefer chez nous rappelons-le) où il fait un peu comme Pinter sur Maigret : c’est « son Brick Bradford » mais en même temps il ressuscite toute la magie de la bande dessinée d’origine, dans toutes ses facettes.
PS 2 : J’oubliais « da Botticelli à de Luca » où l’on découvre que le Shakespeare stroboscopé de De Luca vient de Botticelli !
La nouvelle image mystère
lundi 22 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "
Attention, la nouvelle image mystère est dûe à trois artistes qui vont se succéder sur 3 semaines et qui ont un point commun.
A vous de trouver lequel.
Le petit monde de Francis Valéry
vendredi 19 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "
Pour en revenir à Francis Valery et à ses micro éditions indispensables, sachez qu’il vient de rééditer le tome 1 des « Strange Sports Stories » écrit par Gardner Fox, dessiné par Carmine Infantino et gentiment encré par Joe Giella.
Ce sont donc des histoires de sport et de science fiction, curieux mélange, et ce sont aussi des œuvres étonnantes, au même titre que certaines histoires de Steve Ditko de la même période sur laquelle je reviendrai, où le narrateur apparaissait entre les cases et même dans les cases, racontant l’histoire qui se déroulait…
Chez Infantino c’est différent, puisqu’il y a une utilisation systématique de silhouettes en noir et blanc entre les cases, destinée à augmenter la dynamique du récit et à trouver une narration et une grammaire légèrement différentes de celles des comic books habituels.
Pour que cela soit clair, je vais vous en montrer une ou deux planches.
Ce chemin intéressant a été un peu oublié depuis Ditko et Infantino, même si c’est de cela qu’il s’agit quand Moebius se met en scène à côté de ses personnages : chez Infantino, ça consistait en gros à mélanger deux traités contradictoires, un hérité du théâtre d’ombres et un autre venant de la bande dessinée, sachant qu’il y a ici d’autres audaces de mises en pages très « infantiniennes » comme ces cases allongées et étroites où l’on suggère dans un espace inhabituel des images intermédiaires apparemment gratuites mais qui ne le sont pas.
Il peut y avoir par exemple sur une demie page, huit cases avec énormément de textes mais pourtant le visuel incroyablement suggestif, l’absence de décors et le minimalisme du dessin, font que tout est dynamique, parfaitement lisible et aucunement verbeux, malgré d’énormes pavés de textes.
Le seul défaut c’est que c’est du Valéry, donc tiré à 99 exemplaires, il faut se dépêcher.
Pour la petite histoire, ces histoires sont parues dans « The Brave and the Bold », magazine d’essais de DC Comics dont Infantino était le patron.
A un moment il mit la pilée à Marvel mais quand ça ne marchait pas, ce qui fut le cas de certaines de ses propres histoires, il arrêtait.
C’est ainsi que « Strange Sports Stories » ne dura qu’un temps, alors que le procédé aurait pu être applicable à l’infini y compris, ça aurait été amusant, par d’autres dessinateurs.
Il essaya, après « The Brave and the Bold », de continuer un peu la série mais comme ça ne décollait toujours pas, l’interrompit définitivement.
C’est une œuvre singulière d’un dessinateur singulier qui considère qu’il n’est jamais parvenu comme deux autres dessinateurs qui commencèrent avec lui, Alex Toth et Joe Kubert, à une maîtrise absolue de son dessin.
Quand il a approché de ce qu’il voulait faire, il est devenu le grand patron de DC, puis un jour a été viré et remplacé par quelqu’un de moins bien que lui, ça arrive, et depuis il s’est tu, c’est bien dommage.
Si vous avez envie d’en savoir plus sur Infantino, je vous en reparlerai.
Message dans une bouteille (9)
jeudi 18 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "
Merci à Olive de m’en dire plus sur René Lelong : il serait né en 1871 et mort en 1938.
Cher JDB, ta madeleine devient la mienne car je me souviens tout d’un coup d’un Clive Barker débutant au festival d’Avoriaz, peut-être était-ce même avant au festival de Chamrousse : il était tout content d’avoir eu le prix pour « Hellraiser » et il avait des étoiles plein les yeux.
Et merci de me dire que akileos, un éditeur que je ne connaissais pas, va nous sortir « Blazing Combat », c’est une bonne nouvelle.
Cher Juju Collector, hélas, il n’y a pas de différences entre le livre anglais et l’édition française de l’histoire du graphic novel américain, qui est une simple traduction.
C’est pour ça que j’ai voulu apporter un complément d’informations de ce côté-ci de l’Atlantique.
Et quant à ton blog Blanquet, on va tous aller y jeter un œil un jour.
Je vois que Travis est aussi circonspect que moi devant « Au-delà du mal »
Salammbobo, revenant à mon obsession des mots qui disparaissent du dictionnaire : « Tous ces mots à jamais égarés », fait bien le point. Il faudrait maintenant qu’un hacker de génie rentre dans l’ordinateur des différentes maisons d’éditions spécialisées pour voir tous les mots qu’ils ont fait disparaître.
P.M., tu es bien gentil avec le Evanier qui est avant tout un recueil de belles images.
Cher Gilles Poussin, content de voir que tu es en activité. Si tu vois Max de temps en temps, dis-lui qu’il serait temps qu’il fasse un beau livre pour enfants, peut-être que j’aurais un éditeur pour lui.
Blanquet encore : Antoine Frémon va l’exposer à Tokyo, bonne idée,
là-bas ça devrait plaire.
Et quant aux « Moutons électriques vont à Hicksville », les auteurs eux-mêmes m’ont répondu mais cela ne vaut pas le coup d’y revenir.
J’ai lancé ma pierre, elle roule le long de la pente et je vois que vous avez pris le relais.
Oui Serge, je pense que « La Possibilité d’une Ile » est bien, parce qu’il dit du bien des sectes.
Tout simplement parce tout le monde en dit du mal. Je ne suis pas sectaire, ni au sens propre, ni au sens figuré, mais je suis incapable de faire la différence entre religions et sectes, l’une devenant l’autre parfois, et je pense que la liberté de parole est nécessaire et qu’un peu d’humour ne peut que faire du bien car actuellement, nous sommes un peu tous trop d’accord sur tout.
Pardonnez si je ne réponds pas à tous : souvent ce que vous dites se suffit, surtout quand vous n’êtes pas d’accord avec moi.
La bibliothèque de Bebel - 11ème partie
mercredi 17 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "
Tiens : un numéro de « The Rocket’s Blast and the Comicollector » avec une belle couverture de Ditko, pas si vieux puisque nouveau numéro 1 publié en 2000 mais reprenant les textes d’anciens numéros.
Les fanzines étaient plus professionnelles alors que la plupart des magazines d’aujourd’hui, car faits par des gens qui allaient au bout de leur travail de recherches. C’est ainsi qu’il y a dans ce best of, un formidable article sur les bandes dessinées d’horreur de Steve Ditko, qui fut je crois le premier,
à une époque où il était encore considéré comme l’auteur de « Spiderman » avant tout, l’auteur intarissable James Van Hise qui écrit tous les articles ou presque, consacre ensuite un long article à la première génération de fanzines consacrés aux EC Comics.
Il y a surtout un article pour les fans de cinéma qui n’iront jamais chercher là et dont je ne vous lis que l’en-tête pour vous faire saliver :
« Est-ce que Orson Welles a travaillé pour les pulps ? »
(Pulps : magazines populaires imprimés sur un papier très bon marché, si l’on a gardé des pulps jusqu’à aujourd’hui, ils tombent désormais en morceaux car ils contenaient trop de fibres de bois et, à moins d’être mis sous vide, ils ne sont plus que poussière quand on les ouvre). Autour d’une interview d’Orson Welles pour le Dinah Shore Show, où on apprend qu’il aurait toréé en Espagne à l’âge de 18 ans, il dit :
« si j’ai eu l’argent pour aller en Espagne et devenir toréador et combattre des taureaux, c’est en écrivant pour des pulp magazines.
Avec l’argent que ça m’a rapporté, j’ai pris des leçons de tauromachie ».
Pour la suite, il faudra que vous trouviez le magazine.
PS : Vous n’êtes pas obligés cependant de croire Orson Welles sur parole.

La bibliothèque de Bebel - 10ème partie
mardi 16 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "
D’autres redécouvertes, un supplément que j’avais découpé et broché à l’époque :
la copie d’un petit Larousse illustré qui s’appelait « Le Petit Pilote » avec une superbe couverture de Gotlib, qui contenait un dictionnaire extrêmement précis de tous les personnages de Pilote et que Dargaud devrait bien rééditer un jour, car c’était une merveille.
Quelques mini récits de « Spirou » que j’avais là-aussi découpés et brochés, de ce petit prince de l’absurde qu’était Hubuc, « De temps en temps », aventure de l’agent Michel Costume qui se passe à New Paris, une jolie histoire de science fiction à la Sheckley, ou toujours de Hubuc « La Légende du Rollmops », conte slave par l’oncle Boris Feodorovitch avec une fausse couverture à la Bilibine et « Faites vos Jeux », seconde aventure après « Il suffit d’un cheveu » du roi Bubul 1er qui s’ennuie à mourir dans son palais malgré ses 32 limousines, sa télé à trois dimensions, etc…
Tiens, pourquoi Dupuis ne nous ferait-il pas un beau coffret de mini récits ?Ca serait formidable.
Ensuite Hubuc passa à « Pilote » avec la série « Aéromedon Populaire » qui était signée Fred (homme de lettres et fin diseur), pour le scénario et pour l’illustration Hubuc (peintre mondain et de genre), avec des couvertures très début de siècle (le XXème).
Je retrouve « Les deux orphelines » avec en exergue un proverbe du pays d’Ouble, deux orphelines averties en valent quatre, « Le Comte Onanioref », mélodrame invisible avec une image blanche puisque l’homme est invisible, « Zozzo, le justicier analphabète », « Plombax, le plombier masqué », « Kleptopik – Le Copomartopicophile » et « Mandrax, le roi de la magie », ainsi que 4 pages d’un autre que je n’ai su identifier.
Je retrouve aussi le livre de Jean-Noel Liaut « Les Anges du Bizarre – Un siècle d’excentriques » dont j’avais oublié de vous parler, qui raconte la vie de ces hommes et de ces femmes qui ont fait un chef-d’œuvre de leurs vies. Vous allez découvrir les flamboyances de Salvador Dali, Andy Warhol, Vivienne Westwood, en passant par Luchino Visconti et bien d’autres.
Et pourquoi Doris Duke légua sa fortune à son chien ?
Sans oublier la sublime Gladys Deacon qui, par son intelligence et sa beauté, inspira Marcel Proust. Gladys, narcissique, rêvait d’un profil grec, elle se fit injecter de la cire qui lui ravagea le visage.
Barbie devint Elephant Woman.
La bibliothèque de Bebel - 9ème partie
lundi 15 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "
Je vous ai déjà parlé du formidable numéro du Nouvel Observateur qui annonçait en « Une », « Barbarella, Satanik and co » par André Fermigier et Michel Cournot, au moment où la bande dessinée devint soudain un art majeur pour tout le monde et pas seulement pour les fans purs et durs, c’est ce qui est arrivé au manga depuis, et c’est bizarrement ce qui arrive maintenant parcimonieusement à quelques créateurs de bandes dessinées qui sont mis dans la lumière pour un temps plus ou moins long, voir Sfar ou Winchluss dans « les jeunes », voir Bilal en tête du peloton soudain pour ceux qui achètent la bande dessinée comme un art, devant Moebius et devant Druillet, mais pour le reste la bande dessinée désormais semble avoir quasi disparue des magazines, sinon dans quelques rubriques spécialisées : et plus d’émissions de télé et jamais plus d’articles de fond, c’est la misère.
Je réalise soudain, qu’en France en tout cas, tout commença avec le phénomène « Astérix » qui fut à la fois économique et social et que ensuite, tout s’enchaîna.
Sachant que l’autre évènement majeur fut « Barbarella », d’abord dans « V Magazine » puis chez Losfeld, puis avec sa traduction au cinéma avec Jane Fonda.
Aujourd’hui quand sort un film des « X-Men » ou des « Fantastic Four », pratiquement personne n’est capable de faire le nécessaire article pourtant, sur la bande dessinée elle-même, née il y a une trentaine d’années et donc des siècles : les journalistes désormais sont sans culture et se contentent souvent de recopier le dossier de presse, et personne (les critiques de cinéma ne sont pas forcément des lecteurs de bandes dessinées) ne sait parler sérieusement de la trahison plus ou moins heureuse, parfois nécessaire de ladite œuvre d’origine.
De plus, les récents mouvements capitalistiques autour de DC et de Marvel ne me disent rien de bon, puisqu’on a l’impression que désormais les bandes dessinées elles-mêmes qui se vendent de moins en moins (je parle ici des comic books essentiellement, les recueils se vendant un peu mieux), ne sont plus que la promotion d’un éventuel merchandising et d’un film possible, pour le meilleur et pour le pire.
Voilà donc, pour revenir à peu près à la même époque (ce Nouvel Observateur paru le 19 avril 1967), que je retrouve le supplément du New York Times du 2 mai 1971 avec en couverture « Le Sergent Rock » de Joe Kubert et l’accroche « Bweeeeow ! Whraaam ! Comic Books become relevant ».
Après cette une, est annoncé un article en page 32 qui effectivement rendrait nostalgique si je ne l’étais pas déjà.
On y retrouve sous la plume d’un nommé Saul Braun, grand reporter de l’époque, la photo d’un jeune Stan Lee barbu et d’un Carmine Infantino avec cigare représentant, l’un Marvel et l’autre DC, qui se tiraient alors une bourre.
On était dans une période Stone / Beatles, c’est-à-dire qu’on s’entretuait pour savoir si l’on préférait DC Comics
avec Kubert et ses histoires de guerre, Nick Cardy alors omniprésent en couverture et le jeune prodige Neal Adams qui était en train de bouleverser les codes, et d’un autre côté Marvel qui, avec « Spiderman » surtout, était devenu culte chez les étudiants, avec Jack Kirby, pour les « Fantastic Four » qui était alors peut-être, après « Superman », la bande dessinée la plus populaire, et avec Jim Steranko qui se tirait la bourre avec Neal Adams dans la redéfinition graphique du comic book, ce qui, comme pour Neal Adams, ne dura qu’un temps.
Steranko arrêta d’un coup, Neal Adams, lui, fut en quelque sorte ostracisé progressivement puisqu’il défendit les auteurs, le droit d’auteur et demanda à ce qu’on rende aux dessinateurs leurs originaux, ce qui forcément le fit mal voir des grandes compagnies, l’homme était têtu et c’est grâce à lui que longtemps après, les descendants de l’auteur de « Superman » ont touché quelques picaillons, mais je pense que cela a considérablement nui à sa carrière.
Stan Lee qui à ce moment là a un look greenwich village intello tout à fait conscient et assumé, dit que les kids veulent des histoires qui parlent de leur temps et que les adultes se sont remis à lire de la bande dessinée mais qu’ils veulent que ladite bande dessinée soit « relevant », c’est-à-dire inscrite dans les problèmes du temps,
Infantino est fier que le scénariste Dennis O’Neil utilise « Green Lantern » pour parler du racisme : l’explication suit en quelques images de Neal Adams, avec le vieux noir SDF qui parle à Green Lantern :
« j’ai lu beaucoup de choses sur vous… comment vous avez travaillé pour les peaux bleues…et comment sur une planète quelque part, vous avez aidé les peaux oranges…et ce que vous avez fait pour les peaux pourpres !
Mais il y a source de peau dont vous ne vous êtes jamais préoccupé !
Image suivante, les peaux noires !
Je voudrais savoir comment ça se fait !
Pouvez-vous répondre à ça Monsieur Green Lantern ? »
Juste après, DC ira plus loin encore puisque Green Lantern découvrira que Bucky, son compagnon, est un junkie, et le comic code authority, bâti à une époque pour empêcher les enfants d’être perturbés par des comic books excessifs, fut mis enfin à mal, il était temps, par la revendication d’un public adulte.
Stan Lee comme Infantino étaient fiers d’être lus dans les universités,
la bande dessinée à ce moment là était définitivement « in ».
Il y a même une rencontre assez rigolote avec John Goldwater, le Président de « Archie Comics » qui est quand même une bande dessinée qui n’avait pas bougée du tout
et qui réussit à dire que lui aussi était « relevant » puisque les enfants lisent « Archie », ce qui était la preuve qu’ils lisent quelque chose. C’est donc pédagogique.
Je ne vais pas tout vous raconter, il faudrait que quelqu’un, un jour, réédite l’article qui fait 11 pages en caractères serrés et qui finit sur une apologie par Infantino de la nouvelle série de Kirby, « The New Gods », sa tétralogie quasi wagnérienne qui fut un formidable succès puis s’écroula, en disant que le maître qui avait d’abord bouleversé Marvel et qui maintenant était arrivé chez DC, était lu par les étudiants de Yale qui faisaient des versions audio pour la radio de l’université.
L’auteur de l’article va plus loin encore dans sa conclusion en disant que les livres de Kirby sont une tentative consciente pour montrer aux adultes l’intérieur de la tête des « kids » (c’est l’époque où commence, en Amérique comme en France, le culte de la jeunesse qui a forcément raison) et que chez Kirby les collages et les influences de la drogue culture permettront aux adultes de prendre en marche enfin le tournant de la contre culture et de comprendre ce qui se passe, soudain.
Oui, des moments comme ça, il n’y en a pas eu beaucoup.
La bibliothèque de Bebel - 8ème partie
vendredi 12 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "
Je retombe, comment avais-je pu l’oublier vu son aspect étrange ? un petit pavé oblong, extrêmement épais, édité par Pressibus, sur :
« Le Catalogue encyclopédique des Bandes Horizontales Françaises dans la Presse Adulte de 1946 à 1975 ».
Je n’avais pas remarqué à la première lecture qu’ils n’ont pas tenu compte des bandes verticales (leur format est horizontal) de France Soir par exemple, et c’est dommage, il y a
dans « Le Crime ne paie pas », mais pas seulement, de très étranges choses et d’autres journaux qui utilisaient ce format.
J’ai par exemple retrouvé, paru en février 1952 dans « Maroc Demain », l’adaptation par Guy Laflotte, dessinée par Jean Boullet, du film « Le Spectre de Frankenstein ».
Ce qui me donne à penser qu’il faudrait aussi aller fouiller du côté des journaux d’Outre- Mer ou des restes en ce temps-là de notre empire d’Extrême Orient.
Ils ont été nombreux, sous la coordination de Alain Beyrand, à collaborer à ce livre majeur édité à propos d’un Salon d’Angoulême, à ses tout débuts, qui va de Jean Ache (ah ! Arabelle !) à Zel, plus quelques pages d’inconnus fort talentueux qui n’ont pas signés.
L’un deux, dans ces inconnus, à propos d’une bande dessinée qui s’appelle « Lucile » (il serait également l’auteur de « La Pantoufle Géva » !), pourrait bien être le formidable Novi.
Trois autres inconnus sont des bandes anglaises,
elles me disent quelque chose, il faudra que je demande à Thomassian.
Il y a bien sûr Arnal dont on aimerait bien revoir un jour les bandes quotidiennes de «Pif le Chien » et surtout de « Clopinet » : le dessin était plus joli, elles parurent dans l’Humanité ou l’Humanité Dimanche.

Il y a Jean-Henri Bader qui fit de jolies bandes dessinées coquines dans « Ici Paris », encore mieux que les très charmantes pin-up inspirées par Al Capp de Jean David qui parurent à Lyon.
J’avais oublié qu’il y eu près de 10 000 bandes de « Max l’explorateur » de Bara, j’avais oublié Barbe Rousse, formidable dessinateur humoristique gentil, j’avais oublié certaines bandes dessinées coquines de Bellus, le très beau « Chéri Bibi » de Bernad : il avait la folie de Gaston Leroux.
Mais aussi Daniel Billon, ce grand sous estimé que Forest essaya de mettre en lumière. Dommage qu’il lui ait demandé pour « Barbarella », de copier son trait :
il aurait pu faire quelque chose d’un peu différent, et sans doute de formidable.

J’avais oublié « Signé Furax » de Henri Blanc et tous les autres dont le charmant Blondeau que je lisais petit dans « Mickey », quand il adaptait « Helvegor du Fleuve Bleu » de Rosny Ainé.
Il faudra que j’y revienne puisque je vois à la seconde, et je n’en suis qu’à la page 125, qu’on retrouve Rémi Bourlès, auteur de « Bob Mallard » et collaborateur régulier des éditions Artima, avec une très naïve et forcément passionnante adaptation de « Le Monde Perdu » de Sir Arthur Conan Doyle.
Tout ce que je dis là peut paraître minimaliste, c’est parce que je préfère que vous regardiez les images, on y reviendra.
Oui décidément, c’est un livre vital qu’il faudra bien un jour rééditer et compléter.
Que fait Angoulême ?





























