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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Dean Koontz a un fils - 1ère Partie

lundi 28 décembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Dean Koontz a un fils et il ne sait pas qui est son père

« Le Cas Jack Spark », aux éditions Jean-Claude Gawsewitch (dont je me demande si ce n’est pas le fils des Gawsewitch chez qui j’achetais des journaux à Livry Gargan, Place de la Libération quand j’étais petit, ce serait drôle qu’il y ait trois éditeurs entre Claude Durand, lui et moi qui viennent de Livry), est malignement appelé « Saison 1 : Eté Mutant », référence directe aux séries télé car c’est bien de l’équivalent d’une série télé, ici, qu’il s’agit.

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L’auteur, Victor Dixen, n’a que trente ans. Son père est danois, sa mère est française, apparemment il a une vie bizarre et profite de son insomnie pour écrire. Tant mieux pour nous. Il est inculte au bon sens du mot. Par exemple, dans une note, il parle de « La Chute de la Maison Usher » et sans doute donc du film de Corman avec Vincent Price, en faisant référence à la Hammer, qu’il présente comme « une ancienne maison de production américaine spécialisée dans les films fantastiques ».

Il ne sait donc pas faire la différence entre Corman et Fisher, entre Hammer producteur anglais et American International Pictures, la maison de Roger Corman à l’époque, et c’est tant mieux car on n’a pas besoin d’être cultivé pour faire peur, la preuve. Je dirais même au contraire.

Vous allez vous demander pourquoi je parle de Dean Koontz dans le titre, parce que Dean Koontz est un secret bien gardé que nous sommes quelques-uns à partager, pas nombreux d’ailleurs : Koontz va dans tous les sens, faisant absolument n’importe quoi au sens propre, on lui doit quelques-uns des livres les plus fascinants des trente dernières années.

D’abord des thrillers d’horreur aussi bons que ceux de Stephen King puis de plus en plus, des livres expérimentaux et abracadabrants comme « La Porte Rouge » que m’a fait lire Moebius.

Je n’en suis pas encore revenu, dans ce livre l’histoire commence droite et rectiligne, pour prendre ensuite une tangente gauche qu’on n’attend pas, puis une autre direction, perpendiculaire, qu’on attend encore moins, puis encore un autre tournant, en épingle à cheveux, et elle ne cesse d’évoluer changeant sans arrêt de style, de ton, d’ambiance et même de personnages. C’est en quelque sorte l’équivalent du
« Garage Hermétique » de Moebius, ce qui lui a paru évident quand je lui ai dit.

Récemment, j’ai décroché d’un autre livre de Koontz à la page 150 (il fait des énormes volumes), en disant à Giraud que je n’en pouvais plus, que ça fait 150 pages qu’on attend l’apparition du monstre qui va venir terroriser l’enfant et au bout de 150 pages, il ne s’est rien passé.

Le vieux sage Jean Giraud m’a répondu :
« tu aurais dû lire jusqu’au bout : à la fin, le monstre n’est pas encore arrivé ».

C’est ce talent foisonnant, quelque part expérimental sous des dehors de livre traditionnel et dans une collection populaire, proche des expérimentations de
« L’Oulipo » que la plupart des livres de littérature biens sur eux, et donc de la littérature foisonnante que nous aimions tant jadis, que retrouve Victor Dixen dont le livre n’a pas cessé, à chaque volte inattendue, de me fasciner.

Et pour la première fois depuis des années, le meilleur livre d’horreur que je lis est pour adolescents, ces temps-ci c’est d’ailleurs plutôt dans les romans pour adolescents que je trouve ma pature, ils sont souvent plus riches que les romans pour adultes, et Victor Dixen retrouve ici ce qui faisait la grandeur de la littérature française au XIXème siècle.

Prenez « Les Travailleurs de la Mer » de Victor Hugo, c’est un roman maritime mais en cours de route, l’affrontement du poulpe géant, décrit d’une manière extrêmement détaillée et en même temps presque incompréhensible, fait dans l’horreur et on est déjà chez Lovecraft.

C’était Victor Hugo qui n’hésitait pas à changer de genre en route, à faire évoluer une histoire au fil de son imagination, sans hésiter, ce qui semble désormais interdit par des conventions absurdes, faisant des livres qui n’entraient dans aucune catégorie, sinon leur auteur, Victor Hugo.

Demain, je vous le jure, je vous parle enfin du cas Jack Spark, premier volume, qu’il faut que vous acquériez toute affaire cessante.

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Dans le jeu des 7 familles, je prends la famille séries télé

jeudi 24 décembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

En effet, pendant longtemps, et maintenant ils me manquent, j’ai été un Soprano par procuration, m’identifiant tour à tour à Tony et à son fils : comme Tony, j’avais envie de regarder voler les canards sauvages et d’abandonner toutes les responsabilités, et comme son fils, je n’avais pas voulu reprendre l’épicerie familiale.

Il y a peu de séries d’ailleurs qui me donnent cette impression de familles recomposées ou de familles d’accueil, la plus évidente pour tous, mais justement tellement évidente qu’on l’oublie parfois, c’est évidemment « Les Experts », pas ceux de New York, pas ceux de Miami, mais ceux de Las Vegas.

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Encore une fois je me trouve en phase avec Alain Resnais dont je lisais régulièrement les interviews et que je ne vois plus, mais je remarque que nos parcours de lecture et de visionnage sont les mêmes, singulier destin trop peu croisé.

Car William Petersen, on voyait le coup venir à la saison huit, va nous quitter. Il n’est pas le seul d’ailleurs puisque précédemment sa fiancée est partie et puisque Gary Dourdan malmené par Friedkin, lui-aussi va disparaître, hélas pour de bon.

Ne voulant pas connaître la cuisine interne, je préfère voir dans cette évolution une décision personnelle de Petersen qui aura quand même tenu neuf ans : il est toujours producteur exécutif de la série, neuf ans ça fait beaucoup dans une vie, peut-être voulait-il passer à autre chose.

Moi, bêtement, j’espère qu’il reviendra un jour, pour croiser en quelque sorte son successeur, le vieux complice du « King of New York », Laurence Fishburne, qui d’ores et déjà s’avère être de poids à tous les sens du mot car il a un peu grossi mais ça lui va bien.

Comme je suis incapable de passer le temps nécessaire pour comprendre quand et où passent les séries télé américaines sur les chaines françaises, d’autant qu’elles changent parfois d’horaire, je préfère me taper les saisons entières, soit pour certaines qui m’intéressent moins quand sort le coffret français, soit pour quelques-unes essentielles dès que cela arrive en Amérique.

Je ne pourrais pas donc pas vous dire où nous en sommes à la télévision française mais mon conseil est quand même d’éviter le doublage : la série télé est souvent plus proche du théâtre que du cinéma, les voix, les intonations et la manière de scander sont vitales et dans ce nouveau coffret, par erreur puis par perversion, j’ai regardé un épisode entier en version espagnole, les américains prévoient toujours une version espagnole puisqu’un tiers des américains sont maintenant d’origine espagnole, et je peux vous dire que c’est une expérience extrêmement rigolote mais quelque peu navrante car dans le doublage, les acteurs s’énervaient à contre temps.

J’oubliais un point d’importance : le 200ème épisode est dû à William Friedkin et sur un scénario très étrange, puisqu’on y évoque les catcheurs mexicains et le blue demon entre autres, les amateurs de bis sauront ce que je veux dire.

Comme d’habitude, il nous donne une leçon de mise en scène mais ce n’est quand même pas au niveau du formidable épisode de la saison huit, d’autant que la présentation un peu pompeuse, le générique étant changé à cette occasion, fait plutôt penser bizarrement à « L’Exorciste 2 » de John Boorman avec Pazuzu, plus qu’à « L’Exorciste » de Friedkin.

Dans la saison aussi, les amateurs de « Star Trek » vont en prendre pour leur grade.

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Avec la Clef d'Argent, ouvrez d'autres serrures

mercredi 23 décembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

La Clef d’Argent fait décidément du travail merveilleux et pour prendre quelque chose qui sûrement n’est plus disponible, pour vous faire envie en somme de ne pas rater leurs productions futures, je vais vous parler de l’édition de luxe (j’ai l’exemplaire 24 sur 54), sans doute plus disponible, qui contenait son beau livre de poèmes
« Nostalgie de l’Inconnu », dans un joli coffret il y a une photographie de Clark Ashton Smith, le facsimilé de la première de couverture de Ebony and Crystal « Recueil de vingt-huit poèmes » de Clark Ashton Smith, le facsimilé de la parution du poème vision fantastique, l’achevé d’imprimé de Ebony and Crystal, la parution du poème « La Princesse Almina », une aquarelle de Clark Ashton Smith consacrée au royaume d’Hyperborée, des manuscrits en facsimilé de Clark Ashton Smith pour « Les
Cristaux », « Dans les cryptes du souvenir » ou « Ennui » et prise plus récemment la photo du rocher sous lequel sont enfouis ses cendres.

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Je ne me permettrais pas de dire ce que je pense de Clark Ashton Smith, Lovecraft l’a fort bien dit, c’est au dos de la couverture : « M. Smith a échappé à l’obsession de la vie et du monde, et a entrevu la beauté perverse, titanesque de la mort et de l’univers ; prenant l’infini pour toile de fond, il décrit avec respect les terrifiants caprices des soleils et des planètes, des dieux et des démons, et des horreurs aveugles et amorphes qui hantent des jardins de champignons polychromes plus lointains qu’Algol ou Achernar. C’est un cosmos de flamme vivante et d’abysses glacials qu’il célèbre, et la luxuriance colorée avec laquelle il le peuple ne pourrait se trouver ailleurs que chez un pur génie ».

J’ajouterai seulement qu’il a été fort marqué par Beaudelaire en anglais et qu’il est beaudelairien d’esprit, faisant le pont entre les mondes vénéneux, d’une part, et les mondes putréfiés et plus vénéneux encore, d’autre part, de Lovecraft.

Si vous connaissez mal Clark Ashton Smith, vous avez tort.

Ses nouvelles et ses contes fantastiques furent traduits pour la plupart il y a déjà pas mal de temps chez Christian Bourgois et voici que La Clef d’Argent s’attaque à ses poèmes, il était temps, c’est ce qu’il y a de meilleur dans son œuvre.

Le préfacier, Christian Hibon, le compare à Gustave Moreau, c’est bien vu : il a le même nihilisme chatoyant, le même goût hérité de Blake aussi peut-être pour essayer de montrer en dessins parfois et en textes souvent, l’inmontrable, et pour décrire l’indescriptible avec une obsession : la laideur de la beauté ou la beauté de la
laideur : un frère de lai de Lovecraft en somme.

Ce qui est formidable dans « Nostalgie de l’Inconnu », c’est la traduction de Philippe Gindre qui  donne l’impression que les textes ont été écrits en français, ce qui n’arrive presque jamais avec les traductions.

Ces poèmes en prose décadents nous décrivent généralement d’autres mondes, bien plus étranges et bien plus pervers que le nôtre : du Beaudelaire vous dis-je, mais de science fiction.

Il faut vous jeter sur ce livre pendant qu’il est encore disponible.

Demandez-le à votre libraire, qu’il le commande, ce qui l’obligera à prendre connaissance de l’existence de La Clef d’ Argent, mais s’il ne veut pas, commandez directement à l’éditeur sur son site www.clef-argent.org.

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Message dans une bouteille (8)

mardi 22 décembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Cher Goodies75,
mais je réponds en même temps à tous les autres qui me parlent de Thomas Harris et de Moebius en même temps, sachant qu’entre temps Moebius qui est peut-être amnésique, me dit qu’il ne m’a jamais conseillé Thomas Harris : non, il n’y a aucun copinage de la part de Moebius puisque ce n’est pas dans « A la poursuite d’octobre rouge » qu’on compare les « surfers d’argent » de Buscema, de Kirby et de Moebius dans une scène écrite par Tarantino, mais dans « USS Alabama » de Tony Scott, dont acte.

Romuald, bravo, tu as reconnu Néo Rauch. C’est la première fois qu’on reconnaît mon image mystère, j’espère que ce sera pareil pour la suivante. Sache Romuald, que nous ne sommes pas nombreux pour l’instant, y compris dans les milieux de l’art, à connaître Néo Rauch. Comment as-tu fait sa découverte ?

Cher 1kult, en ce qui concerne les deux adaptations de Jack Ketchum, tu me confirmes ce que je craignais mais peut-on adapter l’inadaptable ? Dans le cas précis, peut-être que cela vaut mieux.

Cher Bruno, oui bien sûr que dans les uchronies, « Fatherland » de Robert Harris est formidable comme l’uchronie nazifiée, mais je mettrais tout à côté - si tu ne l’as pas lu jettes-toi dessus - « SS-GB » de Len Deighton.

Non, cher Nahoj11, je me refuse à donner tous les livres à lire d’urgence avant de quitter la terre car je change d’avis comme de chemises, c’est-à-dire à peu près tous les jours, et la réponse que je vous donnerais aujourd’hui n’aura plus aucune valeur demain.

Par contre, je veux bien te répondre (c’est ce que je pense aujourd’hui) sur les personnalités qui m’ont le plus impressionnées et j’ai eu la chance d’en croiser pas mal.

Je crois que ça a été Richard Widmark, j’y reviendrai.

Et pourtant, j’ai croisé des Michael Jackson, Marlon Brando, James Brown, Truman Capote, John Cassavetes et d’innombrables maîtres de la BD, n’empêche c’est Widmark, je vous raconterai tout ça un jour.

A quand un livre autobiographique de ma plume ?
Je n’en ai aucune idée car le temps passant, plonger dans le passé me semble de plus en plus douloureux, mais d’autre part il est vrai que j’en ai marre qu’on raconte parfois des bêtises et que peut-être un de ces jours, je finirai par céder à une des sirènes trop nombreuses qui me le demandent.

Cher Peter, non je ne suis pas allé à Nérac suite à un petit problème de robinetterie ou à quelque chose d’équivalent et je l’ai terriblement regretté, et merci de me signaler que Ravalec s’est déjà approché des Mickeys, ça ne m’étonne pas.

Gilles Poussin, tu as raison de souligner que le point commun de Druillet et Nicollet est un amour commun pour une certaine esthétique du XIXème. Si je ne l’avais pas dit - mais peut-être suis-je trop le nez sur le guidon - c’est que cela me semblait évident.

Et pour revenir à tout ce que vous m’avez écrit récemment mais vous me parlez trop et je ne m’en plains pas, on me dit aussi que les deux livres de Donald James, formidables, « Magie Russe » et « La Magicienne de Mourmansk », sont tous les deux épuisés. Peut-être que Press Pocket un de ces jours va nous les rendre.

Patrick Fodéré, quand tu me dis que Jordi Bernet, dans sa meilleure époque, l’époque Kraken, te fait penser à Noel Sickles, la chose est évidente, question de filiation.
Sickles vient de Von Schmidt et ainsi Milton Caniff et tous ses enfants : Hugo Pratt, Alex Toth, Frank Robbins viennent tous de là, et Jordi Bernet évidemment vient de là. D’ailleurs n’est-ce pas lui qui succéda sur l’éphèmère série Torpedo, à Alex Toth ?

J’ai d’ailleurs un peu de regret quand je regarde le dessin magnifique de Jordi Bernet, à voir que du fait qu’il produit beaucoup, on l’oublie souvent parmi les auteurs importants alors même qu’il est un des derniers grands maîtres du noir et blanc au sens classique. Et, sans déconner, aussi formidable parfois, que tous les maîtres précités.

Et cher Juju Collector, oui c’est bien toi qui m’a rappelé, au milieu de cet assaut de gens qui me parlaient du surfer de Moebius et de Tom Clancy comme quoi certains films se mélangent avec d’autres, que bien sûr c’est dans « USS Alabama » qu’on parlait du surfer, pour finir par où j’ai commencé.

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Allen St John, again

lundi 21 décembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Je vous ai déjà parlé de toutes les peintures de J. Allen St John, le grand illustrateur de « Tarzan », mais j’ai oublié de vous dire que chez le même éditeur, Vanguard Productions, qui décidément fait de l’excellent travail, il y a aussi un second volume (l’autre était consacré aux peintures) consacré aux dessins de J. Allen St John qui est le père fondateur de l’iconographie burroughsienne (Edgar Rice, pas William) dont on retrouvera des traces aussi bien chez Foster que chez Frazetta et Krenkel, et que ce recueil de dessins sur l’homme de la jungle est magique, avec des créatures improbables et une jungle définitivement paradis perdu et avec des hommes volants qui tout d’un coup semblent possibles.

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Pour la petite histoire - je vous ai déjà parlé longuement du dessin, parfois charbonneux, parfois lavis expressif et parfois traité en hachures aussi simples que suggestives de Allen St John - je voudrais vous renvoyer à un autre livre mythologique en Amérique et peu connu en France, « Green Mansions » de Hudson (en français « Vertes Demeures »), ce grand voyageur devant l’éternel, donna un autre livre fondateur de la littérature populaire américaine, avec une jeune femme qui avait été élevée parmi les oiseaux ce qui n’est pas plus aberrant au bout du compte que les singes.

Il y a eu d’innombrables illustrateurs de « Vertes Demeures », je vous reparlerai bientôt de l’un d’eux, le formidable Kent Anderson.

Il y a en Amérique une vraie tradition « Green Mansions » et par exemple un film très étonnant réalisé par Mel Ferrer avec Anthony Perkins et son épouse Audrey Hepburn, qu’il faut voir absolument car il est aussi désarmant de naïveté que charmant.

On est du côté de Burroughs donc, mais on est aussi dans une grande histoire d’amour et dans un délirium doux : cette fille qui siffle comme un oiseau, fait presque penser à Saint Exupery et au Petit Prince.

C’est une lecture obligatoire pour tous les américains, et en France, bizarrement, un grand livre ignoré, même s’il est reparu plusieurs fois.

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Valéry aux pays des merveilles

vendredi 18 décembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

L’extraordinaire Françis Valery (francis.valery@mail.be) continue ses micro éditions qui passent en-dessous du radar de tout le monde et les améliore à chaque fois puisqu’il publie des chefs-d’œuvre en noir et blanc et les annonce pour bientôt en couleurs. J’y reviendrai.

Il publie aussi un bulletin formidable de science-fiction et un autre de jardinage, des recueils de nouvelles oubliées d’auteurs magnifiques qui sont parfois de simples plaquettes, parfois de gros volumes.

La plus belle réalisation récente étant dûe à O. Lebeck qui aurait, selon Françis Valéry et c’est bien possible, découvert Walt Kelly dont il a effectivement publié quand il était éditeur de comic books, les premiers fascicules, bien avant Pogo.

Quant à Alden McWilliams, c’est un dessinateur qui m’est cher. Un anonyme souvent, puisqu’il a travaillé avec Williamson, Prentice et les autres, sur ses séries sans fin toujours admirables, que furent « Rip Kirby » de Prentice, « X9 » période Williamson ou « Star Wars » période Williamson.

Il nous a donné, seul, quelques très jolies histoires dans « Creepy » ou « Eerie » chez Warren, a un peu travaillé pour le comic classics, la seule œuvre marquante étant la suite de « Black Hood » de Alex Toth dont il repris la suite (l’autre ayant comme d’habitude lâché la série après son premier numéro).

Et on lui doit, au format de poche, un formidable « Dracula » paru dans les années 60/70 qui se révéla être une des adaptations les plus fidèles de Stoker.

Quant à « Terres Jumelles », c’est un beau space opéra sixties qui parut en France ( à peu près en même temps ou juste avant ou juste après, je ne sais plus, que les « Sky Masters » de Kirby et Wood dans « Hurrah » dans les années 60), une histoire de station orbitale qui me fait penser au merveilleux space opéra français de Zwoboda
« Croisières Sidérales » où l’intérieur de la fusée ressemblait à un night club art déco.

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Ici, c’est la station de l’espace avec piscine, solarium et petites tenues pour l’Amérique (rhabillée pour la France avec des jupes longues et des pulls à cols roulés qui n’étaient pas si mal faits ma foi et avec des seins proéminents qui étaient ramenés à une taille moins suggestive).

Ca a été aussi réédité en Amérique mais comme il est parti de « Hurrah », Francis Valery nous montre les planches en couleurs, du dimanche donc, sur presque deux ans, à partir de 1953. Vous verrez que les couleurs sont tout à fait charmantes, merveilleusement datées, puis il passe au noir et blanc pour celles qui ne sont pas parues chez nous et dans le format oblong qui était l’habitude sur cette série, où l’on éliminait une image quand on passait à la verticale, image forcément moins utile que les autres au niveau narratif, mais astuce de récit oulipienne qui a toujours fait mon ravissement. Son édition d’ailleurs est supérieure à l’édition américaine parue il y a quelques temps puisqu’il a retrouvé une planche de 1953 qui manquait.

On attend la suite, vous verrez, c’est magnifique.

C’est tiré à 99 exemplaires alors il faut se dépêcher.

Il a aussi publié il y a quelques temps la plus belle bande dessinée de science fiction des années 50/60, « Le Musée de l’Espace » (« Space Museum ») de Carmine Infantino, grand dessinateur qui était souvent gâché par ses encreurs un peu mous, même si ils avaient du talent (voir Murphy Anderson) et qui procédait parfois à des dessins secs, élégants, comme des croquis d’architectes.

Il se considérait d’ailleurs plus comme designer que comme dessinateur et pour certaines histoires de « Coco le singe qui parle » et pour presque tous ses Musées de l’Espace (il signait alors Cinfa), il faisait lui-même un encrage très simple qui ne venait pas embellir inutilement ses crayonnés, du post Frank Lloyd Wright en somme. Il devrait nous redonner tout ça bientôt, patience, en couleurs.

Je reviendrai sur ses autres parutions bientôt en espérant, vu lesdits tirages, que ce ne sera pas uniquement des ouvrages épuisés mais alors bien fait pour vous, cela vous obligerait désormais à les lui acheter quand ils sortent.

Je me souviens, n’ayant pas été assez vigilant, d’avoir raté certaines rééditions qu’il avait faites à 20 exemplaires !

En plus, contrairement à beaucoup de « professionnels », notre ami Valéry ne dit presque jamais de bêtises. Il connaît bien la science fiction et travaille d’ailleurs avec La Maison d’Ailleurs à Yvernon et fait partie donc des pointilleux fous comme Pierre Versins et comme Gyger, le conservateur actuel, qui a su magnifiquement reprendre le flambeau dudit établissement.

Mais j’arrête pour aujourd’hui à propos de Valéry qui n’est pas à ma connaissance parent avec le poète un peu oublié du millénaire dernier.

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Sans dessus-dessous The Upside Downs - 4ème partie

jeudi 17 décembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Maresca nous promet d’ailleurs d’autres beaux livres pour bientôt et entre autres, une compilation où l’on retrouvera les plus belles planches du dimanche en couleurs des années 30 d’un certain nombre de maîtres dont un des plus grands illustrateurs desdites années 30, je veux bien évidemment parler de Frank Goodwin et son
« Connie » qui était une excellente bande dessinée de science fiction adulte, avec une héroïne protoféminine, superbe, et en même temps totalement maîtresse de son destin, très belle mais absolument pas bimbo.

A propos de la bande dessinée de science fiction, je ne veux pas créer une nouvelle querelle « Stone » / « Beatles » qui me semblera toujours stérile : moi j’étais
« Kinks », mais l’on doit marteler que la bande dessinée de science fiction de l’Age d’Or ne contenait pas qu’un chef-d’œuvre, « Flash Gordon » que j’adore, mais qu’il y avait d’autres œuvres qui le valaient bien.

Les planches du dimanche de Buck Rogers étaient bourrées d’inventions graphiques troublantes et grotesques avec quelque chose de Méliès.

Il y avait « Brick Bradford » dont lesdites planches du dimanche rejoignirent un moment la peinture futuriste et plus tard cubiste, avec en plus des histoires extraordinaires comme cette contre utopie où les indiens ont conservé le contrôle de l’Amérique et habitent dans des tipis géants qui ont remplacé les gratte-ciels et où une flotte d’avions qui survole le ciel, dessine les lettres du nom de Brick Bradford en signe de bienvenu, que je n’oublierais jamais.

L’autre bande qui passa de l’aventure au policier très noir, voire gothique et à la science fiction, c’était donc « Connie », et les histoires rejoignirent plutôt la science fiction à la Heinlein avec des inventions scientifiques joyeusement aberrantes et des caractères humains riches y compris et surtout chez les méchants et les extraterrestres. Ce qui en faisait une bande dessinée tout à fait passionnante.

Et Goodwin, contrairement à tous les dessinateurs de bande dessinée qui rêvaient de devenir illustrateurs (comme Raymond) et d’atteindre ainsi un statut social supérieur, faisait en parallèle de l’illustration, à la même époque que Wyeth. Il a admirablement illustré, entre autres, « Robin des Bois » et Stevenson.

Il y eut un autre artiste qui mena lui aussi cette curieuse carrière à l’envers : on allait plutôt à l’époque de la bande dessinée vers l’illustration, voir Noël Sickles ou Austin Briggs, c’est le grand illustrateur du « Saturday Evening Post », Raeburn Van Buren, qui fit pendant un temps trop court les aventures de « Abbie An’ Slats » dont le scénario, si je me souviens bien, était dû au frère de Al Capp : c’était une merveilleuse description de petites vies dans de petites villes américaines à la manière de Frank Capra, avec un dessin souverain dont Maresca, avec son flair habituel, devrait bien nous ressortir quelques planches un jour.

Voici donc quelques images de « The Upside-Down World » mais aussi, pour vous donner envie d’en savoir davantage, j’y reviendrai, une image ou deux de Harold von Schmidt pour que vous compreniez ce que je voulais dire avant-hier.

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Sans dessus-dessous The Upside Downs - 3ème partie

mercredi 16 décembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Pendant 65 semaines donc, Verbeek fit du « sans dessus-dessous » avec une maîtrise absolue car les dessins qu’on regarde ainsi, à l’endroit puis à l’envers, ratent le coche la plupart du temps. Dans le dessin à l’endroit, il y a des fioritures qu’on ne comprend pas et quand on les met à l’envers, itou.

Chez Verbeek, on peut lire chaque strip de cette histoire de petits monstres à tête de pomme de terre (ancêtres lointains de Charlie Schlingo et de Matt Groening première période) parfaitement bien à l’endroit puis parfaitement bien à l’envers : on découvre alors que certains détails insignifiants du dessin avaient de l’importance. Il faut souligner aussi qu’il était fasciné, et cela se voit, par les maîtres du non sens, moins Lewis Carroll que ceux qui étaient graphistes comme Edward Lear.

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Encore une fois, ces petits elfes qui traversent une jungle mentale avec ogres et oiseaux impossibles (je ne vous raconterai pas l’histoire, je ne veux pas tout gâcher), restent un des très hauts moments de la bande dessinée, une merveille absolue que je vous somme de vous procurer avec la plus extrême célérité : vous aurez en plus deux livres pour le prix d’un, comme on dit sur les marchés, car une fois que vous l’aurez lu à l’endroit puis à l’envers (deux lectures), elle vous plaira en tant qu’adulte, puis vous la donnerez à vos enfants qui la trouveront bizarre mais tout à fait enfantine et la dévoreront à leur tour.

C’est donc une lecture extraordinaire et un achat moult fois amortissable.

La suite demain.

Fwd: Trailer Ecube corrigé

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