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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Blazing combat : ce maudit magazine - 1ère partie

lundi 23 novembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

On sait que Jim Warren fit un temps fortune, d’abord avec « Famous Monsters of Filmland », qui avait d’ailleurs été inspiré à son rédacteur en chef, Forrest J. Ackerman, fut le plus grand collectionneur au monde du cinéma fantastique, par le numéro de « Cinéma 57 » sur le fantastique entièrement dû à Jean Boullet auquel on revient toujours.

Le magazine, avec ses blagues idiotes prétextes à montrer de belles photos de films d’horreur fut un succès et permis au jeune Jim Warren de lancer d’autres mensuels.

Je vous ai parlé ailleurs de « Creepy » et de « Eerie » qui sont en cours de réédition intégrale, ensuite nous aurons peut-être « Vampirella » qui dura très longtemps, mais un magazine échoua (en fait il y en a eu plusieurs comme « Monster World », spin-off de « Famous Monsters of Filmland » plutôt mieux fait mais plus sérieux et qui ne survécu pas longtemps).

« Blazing Combat » c’est une étrange histoire : presque entièrement écrit par Archie Goodwin, grand admirateur des EC Comis de guerre de Harvey Kurtzman et sous la houlette de Jim Warren (ils étaient deux dans les bureaux en vérité), le magazine était la suite, presque un copier-coller desdits Comics de guerre de EC.

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Mais les temps avaient changé : en effet, dans les comics édités par Kurtzman (où il y avait toujours les mêmes complices, Toth, Severin, Orlando Crandall), on faisait la guerre, on parlait des guerres du passé comme la guerre de Sécession ou alors de
« la juste guerre » qu’était pour tous la seconde guerre mondiale. On parlait de la Corée aussi, mais la Corée, même si conflit en cours, était un peu pour les américains la suite logique de la guerre contre les japonais.

Il n’y avait donc pas de mouvement anti-guerre d’autant que toutes les couches sociales avaient été frappées et que dans toutes les familles certains étaient allés au combat.

Quand « Blazing Combat » arriva, il n’y avait pas encore de mouvement contre la guerre du Vietnam : ça allait venir plus tard, l’opinion publique allait changer d’autant que la conscription favorisait ceux qui avaient les moyens de ne pas y aller et que cette fois-ci, ce fut l’Amérique pauvre avant tout qui fut représentée et les mouvements pacifistes, un peu plus tard, commirent l’erreur (rétrospectivement) d’attaquer, non pas la guerre du Vietnam en soi, mais tous ces soldats qui se retrouvèrent perdus là-bas, comme aujourd’hui au Moyen Orient sans trop comprendre ce qui leur arrivait, et rejetés lorsque par chance ils revinrent.

Toujours est-il que quand « Blazing Combat » numéro 1 sortit, cela ne commença pas trop mal, mais dès le numéro 2 une histoire précise, « Landscape », dont je vous parlerai plus loin, fit que le magazine fut d’abord retiré des PX, c’est-à-dire des boutiques pour les militaires, puis progressivement par les autres distributeurs qui ne le mirent plus en avant : car ils y virent soudain un comics anti-patriotique.

Warren s’en aperçu mais il avait fini les numéros 3 et 4, il publia quand même les histoires déjà dessinées, mais c’était plié, « Blazing Combat » était mort.

Dans « Blazing Combat », on retrouvait donc des histoires du Vietnam presque toutes dessinées par Joe Orlando et c’était le seul à avoir de la documentation sur tout cela, le conflit était en cours.

Il y avait aussi Angelo Torres, cousin graphique de Williamson, Georges Evans comme aux temps des EC Comics, Gray Morrow qui, je l’ai déjà dit ailleurs, aurait pu en faire partie, Reed Crandall, un autre héritier du style illustratif venu des EC Comics, John Severin bien sûr, le plus grand dessinateur d’histoires de guerres et de westerns américains, dans la durée et dans la constante qualité de son travail : authenticité de ces ambiances et même de ses uniformes, Alden McWilliams dont je vous parle ailleurs, Williamson, Alex Toth qui là aussi fit un passage éclair, comme dans les EC, et co-signa une histoire avec Archie Goodwin (car l’homme n’était pas facile), Russ Heath qui allait se faire un nom un peu plus tard, cet étrange dessinateur quasi photographique reprenait des photos et les redessinait totalement avec un talent immense, qui en même temps œuvrait aux côtés de Joe Kubert dans les comics de guerre de DC, avec succès, lui succédant un peu plus tard sur « Sergent Rock », et le temps d’une histoire, un auteur mineur Jones Blaisdell, un peu de Gene Colan qui, dans ces eaux là, allait devenir une star chez Marvel avec « Iron Man » et plus tard
« Tomb of Dracula ».

La collection complète de « Blazing Combat » tient donc dans une seule reliure avec quatre numéros et de magnifiques couvertures de Frazetta extraordinairement violentes, qui sont parmi les meilleures de son œuvre peinte.

Cette fois-ci, c’est Fantagraphics qui s’y colle puisque Michael Catron en avait déjà acquis les droits et sortit un petit bout ailleurs.

Archie Goodwin, scénariste discret qui nous a quitté trop tôt, écrivit toutes les histoires sauf une, due entièrement à Wallace Wood, et deux co-signées, une avec Alex Toth donc, et l’autre avec Reed Crandall, une magnifique évocation de « La Bataille des Thermopyles ».

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Ses sympathies étaient plutôt à gauche mais il n’était pas polémiste, il ne faisait pas de pamphlets. Il racontait juste, essayant de retrouver le talent des EC et de Harvey Kurtzman son maître, il y arriva.

J’avoue avoir un faible pour une histoire de Williamson sur la passe de Kasserine où il utilisa un traité très proche du Alex Raymond de Rip Kirby, et pour les trois histoires sublimement dessinées par Alex Toth, et pour tout ce qu’a fait Severin et pour la bataille d’Angleterre imaginée en huit pages par Wood : j’adore l’infantilisme du propos, on sent que Wood prend uniquement plaisir là, à dessiner des avions comme d’autres, à l’époque, à faire des maquettes en plastic de forteresses volantes
Aurora : j’en étais.

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Extrait de La passe de Kasserine

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Alex Toth

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Severin

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Extrait de la bataille d'Angleterre de Wallace Wood

L’histoire de Russ Heath est une merveille avec ses lumières dignes de Georges La Tour, dans une histoire d’assaut de collines trop bien gardée et comme le remarquait Gil Kane, il y a bien longtemps, dans une longue interview dans Graphic Story Magazine (cela me permit de découvrir que Kane n’était certes pas le plus grand dessinateur du monde, mais était et demeure peut-être le critique de bande dessinée le plus pointu et le plus intéressant qui soit : chez chaque dessinateur américain, il a su trouver le sens et le pourquoi du talent particulier de l’auteur et l’on sentait dans sa belle interview qu’il souffrait de ses propres limites).

Il avait donc remarqué que, ayant utilisé un miroir et des photos de lui, tous les personnages dans cette histoire ressemblaient à Russ Heath !

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Mais l’histoire centrale c’est évidemment celle qui provoqua indirectement la foudre, non des censures, mais des distributeurs alors tout puissants, c’était la première du second volume et elle s’appelait « Landscape » écrite par Goodwin donc et dessinée par Joe Orlando.

On en parle demain.

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L'Effet Fées

vendredi 20 novembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Il est plutôt très bien « Le Guide des Fées – Regards sur la Femme » de Virginie Barsagol et Audrey Cansot, post-féministe puisqu’elles voient dans la fée une femme libre, depuis les fées de l’Antiquité, depuis la sombre Lilith, l’autre femme, en passant par Circé, Mélusine, la reine des neiges et les autres, elles font bien le tour du sujet.

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Ce livre quoique documenté est un formidable outil de réflexion avec hélas une énorme bourde qu’il faudra rectifier un jour si ce livre est réédité.

Non, « Moonriver » n’est pas la chanson en titre du film de Victor Fleming, « Le Magicien d’Oz » mais celle par Mancini pour Audrey Hepburn dans « Diamants sur Canapé » cité par ailleurs.

Je ne vois là qu’une bourde comme j’en commets quand j’écris trop vite mon blog et vous avez raison de critiquer parfois quand j’attribue « 3.10 pour Yuma », film typiquement Davessien à John Sturges. Vous avez d’ailleurs été plusieurs à me reprendre.

En tout cas, voilà un petit guide fort passionnant et quasi philosophique, puisqu’il vous fait penser à des tas de choses, par liaisons d’idées.

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Message dans une bouteille (7)

jeudi 19 novembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Vieux hoord’hur, tu parles de Leclerc, c’est drôle, je le connaissais à peine et je l’ai croisé un peu plus longuement. L’homme est intéressant, il a sa vision de la BD mais je pense qu’il est parmi les grands surfaciers, celui qui fait le plus d’efforts pour la promouvoir et pas toujours les livres les plus évidents contrairement à ce qu’on pourrait croire.

Quant au piratage pour la BD qui existe déjà un petit peu et qui va grandir, ça me fait peur car tellement d’auteurs crient misère et n’arrivent jamais à récupérer le minimum garanti de l’avance de leurs livres n’ayant plus de pré-publication et que ces types qui sont déjà au SMIC ou en dessous risquent de se retrouver obliger d’entrer à la poste et de dessiner la nuit ce qui serait quand même dommage.

Cher Pedro Morais, quoi ! Il existe vraiment un livre sur la BD portugaise ? Je vais me jeter dessus et je vous en reparlerai. Pour l’instant, je ne le trouve pas.

Cher Gilles Poussin, sur la réédition Glénat des Naufragés du Temps, j’en pense beaucoup de bien et un tout petit peu de mal.
Beaucoup de bien car elle est cohérente, car je trouve les couvertures de Paul superbes et unifiant l’ensemble, beaucoup de bien parce que je pense que tous les préfaciers de Topor à Fred, à Forest en passant par votre serviteur, montrent de multiples facettes du Gillon qui est un animal dur à cerner, beaucoup de bien car il y a une grande cohérence dans les couleurs et que je trouve qu’elles sont bien, un peu trop maronnasses à mon goût mais avec une légèreté qui laisse sa trace au trait pour une fois, même si, en ce qui concerne les tous premiers albums, je préfère les premières versions Hachette (avant les Humanos donc) où ces couleurs criardes et pop qui à un moment furent aimées puis honnis, me semblent à nouveau pouvoir revenir dans l’œil du cyclone et j’espère qu’un de ces jours Glénat nous donnera un
« back to the seventies remix» avec les premiers albums avec les couleurs d’origine : si Paul lit ça, il va vouloir me tuer.

D’accord avec Bungalow Bill pour dire que les blogs sont éphémères mais la manière dont Warren Ellis, par exemple, en a tiré ensuite des livres, ce que j’aimerais bien faire un jour, me paraît une autre manière en les remaniant quelque peu, en les réorganisant et en tenant compte des réponses des internautes, de les faire survivre, car il est vrai que quand je lis le blog sur les DVD de Bertrand Tavernier par exemple, j’aurais envie un de ces jours qu’il me réunisse tout ça sur papier afin de pouvoir le compulser de temps en temps. Et puis quand Mad Max arrivera et que la fin du monde aura eu lieu, les livres papier seront peut-être engorgés d’eau devenus éponges mais il n’y aura qu’à les sécher, tandis que pour les blogs on aura du mal.

Et mon vieux Gilles, pour revenir à Houellebecq qui a beaucoup fait parler, c’est vrai que pour s’y retrouver entre la jungle de la critique, celle des distributeurs qui croient ou qui ne croient pas à un film, c’est difficile.
En fait, il faut se fier à son instinct et je me souviens d’avoir vu une affiche dans un café avec trois mecs qui tenaient des chopes de bière, ça s’appelait « Une bringue d’enfer » et il y avait un jeune acteur qui s’appelait Kevin Costner. En fait, c’était
« Fandango », un magnifique film de Kevin Reynolds et mon petit doigt m’a dit que si la major le sortait l’été, c’est qu’ils ne savaient pas quoi en faire et que donc c’était peut-être un bon film. Il y a donc des moyens tordus, parfois, d’échapper aux diktats des distributeurs et des critiques. En fait, il faut suivre son instinct et quand on a la carte qui permet d’aller d’une salle à l’autre, on peut après le film qu’on voulait aller voir, aller jeter un œil au suivant, au cas où, on ne sait jamais.

Il m’est arrivé ainsi de faire dans des multiplex, je n’y vais plus guère car cela m’oppresse, des essais, en allant voir aussi tous les films qui, je le pensais, n’avaient aucun intérêt pour moi : j’ai eu une ou deux bonnes surprises.

Et oui cher Henri Belbéoch, je pense qu’on se reverra à Saint Malo pour reparler de gravures introuvables et d’artistes improbables.

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Au-dela du mal de Shane Stevens

mercredi 18 novembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Aux éditions Sonatine

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On m’avait survendu (c’était un libraire) « Au-delà du Mal » de Shane Stevens de l’excellent éditeur Sonatine comme « le » grand livre sur les serial killers, à l’égal de
« De Sang Froid » de Capote, de « Le Chant du Bourreau » de Norman Mailer et comme l’ancêtre supérieur de « Le Silence des Agneaux » de Thomas Harris.

Comme on me l’a survendu, j’ai été un peu déçu.

J’ai laissé quelques jours passer et je me suis dit que c’était décidément un grand roman puisqu’on se met totalement dans la peau d’un tueur aussi brillant que névrosé.

C’est le récit à partir de l’âge de dix ans, documenté comme s’il existait vraiment, de la vie de Thomas Bishop qui va naturellement utiliser son intelligence supérieure pour devenir un tueur de femmes extraordinairement habile et presque impossible à attraper.

Ma seule gêne est venue, mais vous le comprendrez à la fin, du fait qu’en réalité la colonne vertébrale déviante du récit vient vaguement du Norman Bates de Robert Bloch et de « Psychose » donc, mais ce n’est que le petit défaut de cette histoire et on pourrait même dire que cela n’en est pas un car Norman Bates lui-même était basé sur plusieurs serial killers qui, comme lui, devaient à des sévices et les incompréhensions passées, leur étrange évolution.

En tout cas, c’est un livre qu’on ne peut pas lâcher et surtout il est écrit avec tant de détails, qu’on regretterait presque, si on n’était pas sa victime potentielle, que Thomas Bishop n’existe pas.

En tout cas ici, il existe.

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L'amusement d'un Lillois

mardi 17 novembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

La librairie Godon édite l’équivalent de la revue Bizarre ou des petites plaquettes sur les fous littéraires sortis par les Editions des Cendres, mais c’est gratuit.

Je m’explique : c’est le catalogue d’une librairie à Lille tenue par Sylvaine et Jérome Godon (16 rue Masurel – BP 80328 – 59026 Lille Cedex – librairie.godon@wanadoo.fr) et c’est une merveille à lire.

Je veux dire que si vous êtes des gens malhonnêtes et il y en a forcément parmi vous, vous pouvez très bien demander le catalogue juste pour le lire et le collectionner. Je vais d’ailleurs leur demander tous les anciens car il m’en manque beaucoup.

Dans celui qui vient de paraître, le 26, si par contre vous êtes acquéreur, il faut aller vite. J’ai appelé le lendemain du jour où je l’ai reçu, trop tard en ce qui concernait ma demande.

Mais comment résister à des livres comme « BARINI – Toto Corbeau savant – Comment je l’ai dressé» de Pierre Gontier de Biran, dont l’illustration se passe de commentaires et qui est suivi de la note suivante : « L’auteur était membre de l’Association Française des Artistes Prestidigitateurs, président de l’Amicale Robert-Houdin. Il avait, selon Fechner (49), inventé « une sorte d’Esperanto » : l’Uni-Spik, dont le but était de donner aux magiciens une langue universelle, qui leur soit
propre ».

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Dans le même numéro, on voit de belles images si on peut dire, comme une image pour un livre paru dans la collection de l’Orties Blanches, « L’éducation des
chérubins » qui faisait dans le sado-maso (page 10) bien avant « Gwendolyne » : en France décidément on a tout inventé.

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Mais il me faudrait tout citer comme le « Conte Sous-Marin » de Jeanne et Laure Hovine, une féérie belge dont je n’avais jamais entendu parler (page 22).

J’ai un faible pour le lot 125, en page 25, le livre de l’Abbé Lemire « Congrès International des Jardins Ouvriers » publié aux bureaux de la Ligue du Coin de Terre et du Foyer avec ce petit texte qui suit : « Très important compte-rendu du premier congrès international des jardins ouvriers qui furent créés par l’abbé Lemire (1853-1928). Longtemps député du Nord et maire d’Hazebroucq, l’abbé Lemire lutta toute sa vie pour l’amélioration des conditions de vie des ouvriers et notamment pour la limitation du temps de travail, le repos hebdomadaire le Dimanche, le non-cumul des mandats des élus, etc… Bref, un doux rêveur… ».

Et aussi, cela fait réfléchir, sur la thèse imprimée en 1961, « L’Erreur en Pharmacie » de René Plumereau (page 29), qui fait frémir, puisqu’elle recense les erreurs en droguerie, chez le fabricant ou à l’officine.

Je vous parlerais bien aussi de « l’Avis important ou Moyens de procurer le salut éternel à des milliers d’enfants qui meurent sans baptême » (page 30), ou du livre de René Nif « Tout un monde. Les Cons » (page 32) qui recense les cons par catégorie : les cons inoffensifs, les cons actifs, les cons superbes. Puis trois cas de conneries passagères : le jeune con, l’amoureux platonique, le vieux con, et enfin il termine par le cas particulier du sombre con. Le nombre de cons est incommensurable, les cons nous gênent, les cons nous étouffent, les cons rampants, sordides, virulents, les cons du monde entier, tous les cons nous torturent par leur existence ou par leurs actes, ils sont partout, multitude répugnante, opprimante. Ces immondes résidus d’hommes ont conquis l’univers ».

Ils nous montrent aussi une image de « l’Encyclopédie du Kitsch » publiée en 1972 (page 33), je croyais les avoir toutes, je ne connaissais pas celle de Jean d’Osta.

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Et je finirais avec le grand poète Miguel de Unamuno pour qui j’ai le plus grand respect tout autant pour ses poèmes que pour ses drames, avec un ouvrage dont je n’avais jamais entendu parler publié en France, aux Editions Self, consacré à la Cocotologie (page 39). Je vous mets un extrait du catalogue : « Cocotologie se compose de deux mots, du mot français cocotte, cocotte en papier, et du mot grec logie, de logos, traité. Le mot français cocotte appartient au langage des enfants ; au sens primitif et direct, il s’applique à la volaille et, par extension, à tous les oiseaux : au sens métaphorique, il s’applique aux cocottes en papier et aux filles de joie ».

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Message dans une bouteille (6)

lundi 16 novembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Cher Jérome, je n’ai absolument rien à voir avec la série de télévision française
« Métal Hurlant ». Si c’est comme le film américain, remake de « Heavy Metal », j’ai de l’appréhension mais j’attends : qui sait ?

Quand au baron rouge, je ne suis pas trop d’accord sur ce que tu me dis de Frank Robbins car je trouve que le « Batman » pour un ou deux épisodes était plutôt bien.
J’ai appris d’ailleurs une anecdote rigolote en traînant chez DC, c’est que Frank Robbins travaillait tellement vite qu’il abattait tous ses strips et sa planche du dimanche de Johnny Hazard en trois jours, et il ne savait pas quoi faire du reste de la semaine. C’est comme ça qu’il s’est retrouvé un temps chez DC mais soit il a été encré par d’autres ce qui est une hérésie, soit effectivement certains sujets ne lui allaient pas trop. Dommage qu’il ne se soit pas mis à fond.

Mon vieux kether, toi aussi tu tends à me prouver que Sickert n’était pas Jack.
En fait, Jack L’Eventreur c’est un peu comme Shakespeare, au bout du compte même si ça m’amuse beaucoup, je m’en fous de savoir qui il est, le type qui a commis les crimes était un grand artiste conceptuel.

Toto, je suis assez d’accord sur « Lyonnesse » que je préfère au « Seigneur des Anneaux » mais personnellement, je suis de mauvaise foi n’étant pas très Seigneur des Anneaux. C’est vrai que « Dune » peut faire découvrir l’islam et qu’il y avait d’ailleurs des relents de Lawrence d’Arabie dedans qui sont évidents et que l’idéal aurait été que le film soit fait par David Lean et bien sûr d’accord pour dire que celui qui a relancé le nouveau space opera avec le plus de brio c’est Yann Banks.

Cher JayWicky, je cite ton site (http://forum.superpouvoir.com/showthread.php?t=9647) car faire un parallèle entre Gô Nagai et Jack Kirby me paraît une excellente idée.

Cher JDB, moi personnellement j’ai été très déçu par le livre de Mark Evanier chez Abrams sur Kirby. Visuellement superbe, mais très court quant aux textes. Et c’est marrant de me rappeler tout d’un coup, cher JDB toujours, que c’est moi qui ait distribué le premier livre sur Kirby, « Kirby Unleashed », maintenant je me souviens.

Cher Martial, bien sûr qu’un de ces jours je vous parlerai de Finlay dont j’ai presque tout retrouvé y compris la réédition posthume et très étrange de son « Songe d’une nuit d’été » de Shakespeare et tous ses dessins parus en volume y compris sur la conquête de l’espace, où allant soudain à un certain réalisme, il n’en faisait pas moins des merveilles.
Et est-ce que vous connaissez son « Zodiaque » qui est peut-être son chef-d’œuvre ?

Cher Goodies75, oui c’est l’épisode 9 de la huitième saison où on retrouve Friedkin et peut-être que c’est William Petersen qui lui a donné envie de s’y atteler aussi, histoire de retrouver un comédien dont il avait tiré des merveilles.

Et cher m.anuel, c’est vrai que j’avais du mal à soulever l’épée de Conan le Barbare et d’Arnold car John Millius ne voulait pas qu’il joue avec une épée carton mais avec une authentique épée « à la Conan » et cette saloperie pesait au moins 30 kg.

A propos de Jack encore, Yepok me dit que ce n’est pas Patricia Cornwell qui a pensé à Sickert en premier, dont acte.

Et cher Jérome, je vais me renseigner sur ce libraire de Détroit que tu présentes comme un « regard moderne » dans les docks de « the wire », ça me passionne.
Par ailleurs, je vais te décevoir car je n’ai pas vu le « Tristan & Iseult » d’Yvan Lagrange mais j’ai été content l’autre jour de trouver en DVD italien l’étonnant film érotico-fantastique que je croyais avoir rêvé, joué par des femmes nues et des nains, qui s’appelait « Morgane et ses nymphes » et qui n’est pas mal du tout.

Toto, à propos de « Cowboy Angels », reviens sur Banks, il a raison, je l’ai déjà dit ici, c’est Banks le meilleur aujourd’hui dans le nouveau space opera.

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Message dans une bouteille (5)

vendredi 13 novembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Je réponds dans le plus grand désordre à vos commentaires qui me semblent particulièrement pertinents suite à mes petits billets de l’été. Vous me répondez trop, je ne m’en plains pas et j’ai pris beaucoup de retard par rapport à vos commentaires de mon blog qui sont souvent plus intéressants que les articles mêmes.

À Juju Collector, je dirais qu’il est rigolo de voir qu’effectivement, Stéphane Blanquet qui n’a rien à voir avec Noël Sickles, pratique lui aussi comme deux dessinateurs de BD qui ont un peu disparus, Pic et Zou, un format minuscule qui est parfois inférieur à celui de la parution (j’adore Blanquet).

Oui, cher Sylvain Perret, je suis assez d’accord à propos de « La possibilité d’une ile » et de la possibilité d’un chef-d’œuvre, sur la manière dont vous voyez positivement l’évolution de la critique au travers des blogs justement.

Je suis content aussi que tous y compris Tristam (comment vas-tu ? Quand est-ce qu’on se voit ? Je crois que tu as fait une expo récemment et que je l’ai ratée), vous revenez sans cesse à Schlingo, notre Charlie.

Pour ceux qui s’étonnent que j’évoque les grandes vacances le 28 septembre, disons qu’il y a eu un loupé. Je n’ai pas pu partir comme prévu, ça sera pour plus tard, je garderais donc de nouveaux livres pour les vacances. En attendant, j’ai lu le Blutch et, cher Pierre, je ne savais pas que c’était paru en 2 volumes dans « Fluide Glacial », le package de l’Association est tellement bien.

A propos de Schlingo toujours, Poussin (si c’est toi Gilles, comment vas-tu ?), sur Schlingo, je crois que notre ami Jean-Christophe Menu a de bonnes idées puisque j’ai retrouvé des tonnes de documents et qu’il pense pouvoir les inclure presque tous.
Cher Franck Biancarelli, n’hésitez pas à m’envoyer votre « Livre des Destins » puisque vous y parlez de Sickles.

D’accord bien sûr avec wllw pour la filiation avec Mazzucchelli qui me semble évidente.

Cher Baron Rouge, alors le Dennis Wilson, Pacific ocean Blue, est ressorti, je ne m’en étais même pas aperçu, je vais le commander. Quand au Rick Griffin il faut se jeter dessus, il doit être chez Jacques Noël et c’est vraiment une merveille.

Cher Alexandre P., à propos de Aaron Douglas, prince de l’Art nègre, oui on pourrait se voir un de ces jours mais quand je ne sais pas. Disons qu’il faudra me recontacter d’ici un mois.

Cher Nikolavitch, je ne savais pas qu’ils nous avaient ressorti entre temps (Bragelonne ?) une intégrale de Solomon Kane et un recueil de nouvelles non rattachées au cycle de Kane. Je vais le leur demander.

Par contre, je ne partage pas du tout votre point de vue sur le bouquin paru aux Moutons Electriques à propos de Kirby, que je vais éreinter un de ces jours car il  est peut-être pointu mais contient des bourdes invraisemblables.

André, tu m’as troublé, peut-être que Sickert n’est pas Jack L’Eventreur, tu as raison, mais j’aime bien chaque fois qu’on découvre Jack L’Eventreur, y croire un moment.
Et cette fois-ci, l’histoire du papier en commun m’avait assez convaincue.

Cher JDB, je suis un âne, ce n’est bien sûr pas Pierce Brosnan dans « Un Américain bien tranquille » mais Brendan Fraser, dont acte (en ce moment, je vois Pierce Brosnan partout, lui attribuant le meilleur, peut-être parce qu’il me surprend chaque fois qu’il fait un film plutôt bon et de bons choix de carrière).

Et cher Hoord’hur, à propos de la onzième vague RKO et de tes informations sur les 2 titres français et anglais, l’un se référant à Sade en gros et l’autre à Conrad, c’est bien vu.

Aussi d’accord pour dire que les distributeurs à un moment se cassaient le cul et il est vrai que je préfère les titres français de certains Minelli aux titres américains, peut-être parce que je les ai vus d’abord en français mais je trouve que « Par qui le scandale arrive » a plus de panache que « Home from the Hill » et que « 15 jours ailleurs » est mieux que « Two weeks in another town ».

Décidément je bats de l’aile, cher Majorsenta, car « 3.10 pour Yuma » est bien un Daves et non John Sturges. Il a d’ailleurs tout le lyrisme de cet immense metteur en scène méconnu. Des fois, je vais trop vite dans l’enthousiasme et là, j’ai honte car Sturges que j’aime beaucoup et Daves que j’adore sont très différents.

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Roman graphique - 4ème partie

mercredi 11 novembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

MAIS QUI A INVENTE LE ROMAN GRAPHIQUE ?


Il paraît qu’il y a eu une bataille, à un moment, pour savoir qui avait inventé le Graphic Novel, pas réellement inventé (c’est Masereel et Lynd Ward) mais qui avait inventé le nom.

Ca serait Will Eisner avec « Un Pacte avec Dieu » ou Art Spiegelman avec « Maus » et les deux revendiquaient l’appellation.

En fait, l’affaire est beaucoup plus compliquée puisqu’on peut dire que le terme de
« Graphic Story » a été inventé par le formidable prozine (un fanzine mieux que les magazines) qui s’appelait « Graphic Story Magazine ».

Du temps de Masereel, on appelait ça « A Novel in woodcuts » (en bois gravé), avec Lynd Ward, itou.

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Le méconnu roman graphique des années 60 de Lowell Naeve, « The Phantasies of a Prisoner », s’intitulait « A visual Novel ».

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C’est un combat sans intérêt.

Et pour en revenir, puisque je vous parle de « The Phantasies of a Prisoner » dont je vous montrerai quelques images, au roman graphique, il y a un auteur qu’on oublie toujours, qui est un formidable dessinateur de bandes dessinées et qui s’appelle Gus Arriola, qui fit avec son héros « Gordo », un très joli roman graphique auquel il ne donnait pas d’intitulé, pour Doubleday en 1946. Je vous le montre également.

Quant au dernier roman graphique de Lynd Ward, inachevé et paru en 2001, publié par le New Jersey rare books Symposium, on l’avait tout simplement intitulé « Lynd Ward’s last unfinished Wordless Novel » car Lynd Ward n’avait pas eu le temps de trouver de titre.

Là-dessus, on peut peut-être arrêter de pinailler car il a eu en quelque sorte ainsi le dernier mot.

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