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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

Liste des billets

J.X. WILLIAMS RESSUCITE

jeudi 9 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

4ème Partie

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L’avant-garde c’est comme une découverte scientifique considérable, au cinéma des Einsteins de l’acétate, et ensuite les metteurs en scène mainstream en font l’application technique.

Et maintenant pour paraphraser encore Wikipédia car vous avez le droit de ne pas avoir internet, je dirai que l’excellent article qui est consacré à J.X Williams, rappelle bien qu’en dehors des gens que j’ai cités, il a aussi influencé Tarantino et John Waters.

Et John Waters aujourd’hui aurait très bien pu signer, sans que cela ne soit choquant, une série télé mainstream comme « Dirty Sexy Money » qui fait la joie des spectateurs bovins ordinaires dont votre serviteur.

La chaîne est sans fin, et la boucle jamais bouclée.

Oui, comme le dit Wiki, on n’a plus vu les films de Williams qui, comme ceux de Jodorowsky, ont été longtemps bloqués pour de sombres histoires de droits et / ou de qualité de copies.

Oui, il s’est bien affiché comme communiste très tôt et cela a dû lui jouer des tours, d’autant qu’il a refusé lors du maccarthysme, de se présenter.

Est-ce qu’il a participé, sans que son nom ne soit cité, puisqu’il avait l’oreille de Dore Chary, entre autres, comme écrivain ou comme réparateur de scénarios ou à d’autres titres encore, a autant de films hollywoodiens qu’il le raconte : on ne le saura jamais.

Est-ce qu’il a eu de mauvaises fréquentations, faisant des films pornographiques ou de chantage pour Johnny Rosselli, le chef de la mafia de Los Angeles : sûrement.

Est-ce qu’il est venu en France dans les années 60 pour faire des longs métrages qui n’aboutirent jamais et réaliser des courts-métrages qui existent encore et que pour certains vous allez voir, vous en avez désormais la preuve en DVD.

Est-ce que Henri Langlois a vu chez lui le créateur en quelque sorte d’une nouvelle vague américaine : c’est sûr.

Mais de quoi est fait le cinéma de J.X Williams ?

De cut-ups, de films légitimes comme l’admirable « The Showdown » où en quelques plans Harry Callahan alias Clint Eastwood affronte comme dans un western « Bullit » alias Steve Mac Queen dans les rues de San Francisco, et c’est un chef-d’œuvre.

Et lui, et Anger, et Brackage ont inventé tous les trucs du cinéma et de la photo psychédéliques, trafiquant les images pour créer des états de conscience altérés et inspirant sans doute les grands photographes psychédéliques comme Richard Aldcroft ou Jud Yalkut et surtout Francis Lee.

Mais si vous voulez en savoir plus, ne comptez pas sur moi, vous n’avez qu’à acheter le DVD.

Mais disons pour résumer que si l’on doit ramener Anger à un seul film, c’est « Scorpio Rising », où il invente l’intrusion de la pop musique dans la narration du cinéma, entre autres choses, ainsi qu’une partie de l’esthétique « Bikers », si l’on doit garder qu’un film de Williams c’est « Peep Show » que je prends très au sérieux : il est sûrement vrai que la mafia pour garder la main mise sur Sinatra, a essayé d’en faire un héroïnoman à vie.

Ce qui est certain aussi c’est qu’il n’avait peur de rien, lui qui avait travaillé avec la mafia en donnait ici un portrait terrible, il a osé toucher à l’intouchable Hoover, chef du FBI malgré ses mœurs dépravés connus de tous que personne ne pouvait attaquer puisqu’il avait des dossiers sur tout le monde et le bras long et lourd.

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Et dans « Peep Show » J.X Williams devine ce qui va se passer deux ans plus tard : l’assassinat de Kennedy dont le père n’avait pas respecté la loi du milieu, lui qui en venait.

Il utilise des images d’archives et sans doute en invente-t-il d’autres, si bien qu’on perd pied.

La suite demain.

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LE SOUFFLE DU REVE

mercredi 8 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Les éditions « Souffle du Rêve » est un éditeur minuscule qui fait des petits fascicules - mon obsession – qui tiennent parfaitement dans la poche sans la déformer et qui mélangent auteurs contemporains français peu connus ou anglo-saxons : du Ursula Guin, avec bizarrement un Gérard de Nerval, au passage.

Leurs trois derniers fascicules sont formidables :

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« Aux Trois Elephants » est un recueil de deux excellentes nouvelles de Lorris Murail et la première qui donne son titre à l’ouvrage est consacrée à la fameuse reliure « Aux deux Elephants » de Hetzel et de Jules Verne, sauf qu’ici il y a trois éléphants, vous comprendrez mieux en lisant.

C’est superbe.

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« La Femme A », nouvelle de Jean-Luc Bouton, auteur d’un roman de science fiction que je n’ai pas lu, « Igolane », est une jolie histoire gothique à la manière de « Le Mariage d’une nuit d’été » (ceux qui l'ont lu comprendront) de Falkner.

Le troisième auteur que je ne connaissais pas non plus s’appelle Serge Cintrat, professeur de violon, et sa nouvelle « Les Rois Immobiles » est une des plus belles nouvelles que j’ai lue cette année en science fiction, autour d’une humanité autre.

Je ne vous en dirais pas plus, sinon que la nouvelle qui suit n’est pas mal non plus.

Un éditeur donc à suivre de très près (Editions Souffle du Rêve – 3 rue Maurice Berger – 45000 Orléans).

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J.X. WILLIAMS RESSUCITE

mardi 7 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

3ème Partie

Je vais faire un détour encore, pour vous parler de l’avant-garde US dont J.X Williams fait partie : pour vous dire d’abord qu’il y a eu deux sortes d’avant-gardes en Amérique, ce n’est pas Sud contre Nord, mais Est contre Ouest : il y a toujours eu de grosses différences entre l’avant-garde qui se fit à Hollywood et celle qui se fit du côté de New-York, tout comme dans le cinéma mainstream, il y a entre ces deux rivages de l’Amérique des différences considérables.

Personnellement j’ai toujours préféré le côté New-York. Pour l’avant-garde c’est différent. Car l’avant-garde est née à Hollywood. Cécil B. DeMille, avant de devenir un merveilleux metteur en scène académique, fit du cinéma d’avant-garde. Pour moi les premiers films de Walsh, comme « Le Voleur de Bagdad » avec Douglas Fairbanks, c’est de l’avant-garde.

Et puis sur Powerty Row, il y eut définitivement, sous l’étiquette de séries B, des films d’avant-garde, voir les chefs-d’œuvres dérangés et minimalistes de Edgar G. Ulmer. Le destin de l’avant-garde est souvent triste ou plutôt un peu décevant : il y a les metteurs en scène d’avant-garde qui deviennent donc comme DeMille des metteurs en scène mainstream importants, et je pense en France à Jean-Pierre Melville ou au Lelouch du début.

Leurs premières œuvres sont radicales mais leurs suivantes sont un accomplissement, une floraison.

Mais généralement, le metteur en scène d’avant-garde qui se retrouve à faire de gros films se dilue dans le commerce comme le sucre dans l’eau et les audaces disparaissent, ensuite les idées, puis le style se médiocrise.

Comme je ne veux pas vous perdre davantage dans la forêt de mes détours, je ne vous parlerai pas ici des avant-gardes partout dans le monde, mais pour rester en Amérique, tiens j’oubliais Scorsese et De Palma, voici l’exemple de metteurs en scène d’avant-garde qui sont devenus mainstream sans perdre leurs griffes, on est en droit de préférer les metteurs en scène d’avant-garde qui ont échoués, ceux qui ont tiré le diable par la queue et n’ont jamais pu franchir le pas, qu’ils en aient envie ou non, vers le cinéma de tout le monde.

Ca les rend plus romantiques.

C’est comme pour les stars. Cette pauvre chose bourrée de tics qu’était James Dean et qui montre déjà ses limites dans « Géant » face au merveilleux Rock Hudson, a bien fait de mourir à ce moment là, sans ça on l’aura oublié.

Dernier détour, je ne vais pas vous citer tous mes préférés dans l’avant-garde américaine, ils sont trop nombreux, je suis très Mekas, je regrette qu’on n’ait pas encore exhumé les films d’avant-garde de certains photographes comme Paul Strand qui mélangeait documentaires et reconstitutions paranoïaques, et je suis bien content que par exemple aujourd’hui on ressorte, disciple de Flaherty, Lionel Rogosin, mais je dirais que mes metteurs en scène préférés, ceux que je peux revoir tout le temps et qui sont sur la seconde marche du podium, c’est Kenneth Anger et J.X Williams.

Il n’y a pas ici de Poulidor ni d’Anquetil : pour moi les deux se valent, car ils ont tous les deux fait des chefs-d’œuvres absolus. Savoir qui le premier des deux a tenté de recréer visuellement en la popisant, la mystique dévoyée d’Aleister Crowley ne m’intéresse pas puisque tous les deux ont réussi à nous transmettre sa morale déviante.

Et surtout parce que tous les deux nous ont donné des chefs-d’œuvre sidérants et qui restent magiques.

S’ils ont influencé d’autres artistes, il sont quand même les pères fondateurs, les primitifs, leurs disciples ont parfois fait de belles choses mais n’ont plus la force explosive de la révélation.

Ils sont, ils seront, éternellement incontournables, avec au-dessus sur la première marche du podium, car pour moi si je dois faire un tiercé imbécile il y a une première marche du podium, les films des Eams qui étaient fait pour regarder pendant qu’on s’asseyait dans leur mobilier, ce qu’il y a de plus beau au monde dans l’avant-garde américaine.

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J.X. WILLIAMS RESSUCITE

lundi 6 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

2ème Partie

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Ce que j’ai dit je le maintiens, en partie, car si vous allez sur Wikipédia, pourquoi pas :

les articles sont de mieux en mieux, le seul problème est qu’il faut connaitre le sujet évoqué ce qui permet immédiatement de savoir si c’est « Bozzo le clown » qui a rédigé l’article ou le plus grand spécialiste au monde qui s’est fait un petit plaisir.

Avantages et défauts de Wikipédia donc.

Sa biographie laisse rêveur.

Mais là encore, je ne sais pas. Il m’est arrivé à différents moments de ma vie de croiser Kenneth Anger et de le prendre en flagrant délit de mensonge, mais en vérité c’était plutôt « à la baisse », il lui était arrivé des choses si incroyables qu’ayant l’habitude de ne pas être écouté ou entendu il changeait sa version la rendant plus raisonnable.

De mon côté je suis en train d’œuvrer sur une mini-autobiographie pour un ouvrage qui s’appellera « Mensonges » et qui contiendra bandes dessinées et « révélations » sur mon passé (oui, sans honte je fais ici un peu de publicité) et j’ai décidé de ne pas y inclure certains faits réels trop invraisemblables.

C’est en cela que le livre, le Scrap Book que vous allez lire me paraît utile : vous pouvez vous faire votre propre idée.

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Je vais maintenant faire un long détour, histoire de ne pas paraphraser l’ouvrage en question, comme trop de préfaciers que je ne lis plus, car ils viennent me dévoiler le pot aux roses et sans doute, si on leur demandait de préfacer un livre d’Agatha Christie vous diraient tout de suite si c’est le jardinier, le majordome ou le notaire qui ont tué la vieille.

Détour donc : il y a quelques années - c’était en 1998 – j’étais à Los Angeles je suis allé voir le premier, et hélas, le seul film américain de mon ami Kirk Wong : « The Big Hit » où il était allé chercher, c’est très chinois, le chanteur d’un Boy’s Band, Mark Wahlberg, pour en faire le héros de son histoire. A Hong-Kong, presque toutes les grandes stars des années 80-90, quand elles ne venaient pas de l’opéra de Pékin comme Jet Li, venaient de la pop.

Kirk, Tsui, John Woo et les autres pensaient qu’ils avaient déjà l’essentiel : la présence, l’attitude, ils savaient bouger et ils ne leur restaient plus qu’à apprendre à jouer.

Je vois donc « The Big Hit » et je remarque à un moment que Marc Wahlberg saute d’un immeuble pas très haut et chute jusqu’à la rue, et la chute semble être sans fin.

Le plan m’a marqué.

A la sortie, nous sommes allés boire un café avec Kirk dans un strip tease, celui si je me souviens bien où Nicholson emmenait toujours Guy Pellaert car cela le rassurait : les effeuilleuses n’avaient pas changé depuis trente ans.

Il m’explique : il avait filmé la chute elle était trop courte, alors il l’a redoublé et redoublé encore.

Et il m’a dit que cela venait de Kenneth Anger.

J’ai eu l’air un peu surpris sans doute et lui qui s’endort dès que je lui parle des metteurs en scène d’action qui sont ses rivaux, m’a parlé longuement de sa passion pour Anger.

La suite demain.

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J.X. WILLIAMS RESSUCITE

dimanche 5 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

1ère Partie

La nouvelle cinéphilie m’inquiète un peu car elle a tendance à devenir de plus en plus lacunaire.

Un amateur de Argento ne regardera jamais de films de Dreyer et un amateur de Tsui Hark n’ira jamais voir du côté de Kenneth Anger, c’est comme ça.

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N’empêche que les choses existent et que, grâce aux efforts d’un certain nombre de dingos comme Jean-Emmanuel Deluxe et de Noël Lawrence, on a maintenant un gros dossier qui s’appelle « J.X. Williams, les dossiers interdits » publié par « Camion Noir » et un DVD qui s’appelle « Peep Show » édité par Serious Publishing qui permet de faire le point sur ce météor qui justement est un cousin de Kenneth Anger.

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Mais je préfère vous renvoyer à la préface que j’ai faite pour le livre et qui suit ce texte afin que vous en sachiez davantage sur ce petit maître tout d’un coup ressuscité et qui plus est encensé, je le souligne dans mon texte, de son vivant, ce qui est bien.

Il n’y a rien de plus terrible que d’attendre que les gens soient morts pour parler d’eux et je me souviens d’un article dithyrambique sur Jean Yanne dans « Libération » le lendemain de sa mort, alors que le journal avait de son vivant toujours craché sur lui.

Je vous laisse avec mon intro.

Sachez d’abord que je vous ai menti.

Sur le DVD « J.X Williams, auteur, pornographe, racketteur ».

Edité par Serious publishing, je vous ai dit pour vous faire saliver :

Est-il un fou mythomane ?

Ou un visionnaire oublié qui inventa le « Nouvel Hollywood » et ses audaces sexués ?

Personnellement, je penche pour la première solution, mais Scorsese ou Bogdanovich pour la seconde. Qui croire : eux, bien sûr.

C’était pour vous attirer : j’avais créé ainsi une fausse polémique, d’abord parce qu’il y a plein d’autres admirateurs de J.X Williams et par exemple une influence évidente de son œuvre sur celle du Brian de Palma des débuts, et sans doute sur William Friedkin à qui il faudra que je pose la question un jour, surtout dans ses dernières œuvres où il ne s’embarrasse plus de respecter une narration qu’il connait mieux que personne et va vers des hallucinations très JXWilliamssiennes :

voir l’épisode 200 de « Les Experts ».

Mais il n’y a pas de fumée sans feu.

La suite demain.

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MEDINA "LES DRAX" de Dufaux et Elghorri

samedi 4 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

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Une histoire « à la Alien », un dessin vaguement otomesque, au départ je me méfiais de « Médina », premier volume d’une trilogie dûe à Dufaux et Elghorri, « Les Drax ».

J’avais tort, c’est très bien et j’attends avec impatience la suite.

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Est-ce que Médina succombera aux terribles Drax ?

J’avoue que voilà une trilogie qui me tient déjà en haleine.

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PRINCE VAILLANT FOREVER

vendredi 3 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Voici « The Definitive Prince Vaillant Companion »,

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le livre était déjà paru, il est ici complété et vient s’ajouter à la ressortie enfin chez Fantagraphics de l’intégrale de « Prince Vaillant » avec les « vraies couleurs » qui seraient, selon ce qu’on m’a dit, l’édition que nous avons toujours attendue.

Après la préface de Bradbury qui n’est jamais meilleure que quand il parle de ses nostalgies de jeunesse, tout est extraordinaire.

Depuis les essais refusés par Hal Foster pour ses continuateurs, de Wallace Wood, de Gray Morrow ou de Russ Maning (ils étaient trop illustratifs et pas assez raconteurs pour son goût), il choisit John Cullen Murphy, et il avait raison.

Il y a d’autres essais encore, ceux qui aboutirent plus tard à une œuvre que je ne discuterais pas ici car je la trouve infiniment discutable, le nouveau « Prince Vaillant » de Gary Gianni et de Schultz.

J’ai bien aimé l’essai de Vess et l’essai de cet inconnu, pour moi, qu’est Grindberg.

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Que dire de « Prince Vaillant » que je n’ai pas déjà dit? que d’autres n’ont pas déjà dit ?

Que c’est une des bandes dessinées les plus définitives du monde, une des seules, une des rares qu’on peut lire et relire sans cesse, qu’il y a un travail incroyable de la couleur car Foster, pour des tas de choses, comme les nuages, mais pas seulement, faisait directement à la couleur des choses qu’il n’esquissait pas au trait.

C’est pour cela qu’il faut lire absolument Le Prince et les couleurs telles qu’elles ont été prévues par Foster et non dans les innombrables rééditions recolorisées qui sont des monstruosités.

Oui, il vient de l’école de Brangwyn et de Howard Pyle surtout, oui il admirait James Branch Cabell et Lord Dunsany dont on retrouve un peu les émerveillements médiévaux dans son œuvre.

Oui le « Prince Vaillant » de Murphy, toujours inédit en France, vaut largement d’être lu à son tour, d’abord parce que Foster faisait les crayonnés, ensuite parce qu’il continuait à raconter la suite de l’histoire et qu’il y a par exemple l’incroyable texte dans une image qui apparaît sur la fin au bout de quarante ans et qui est signé « H.F. » (Hal Foster) pour la première fois, à propos d’une scène de ménage entre le héros et son épouse :
Aleta : « décidément « Prince Vaillant » ne comprendra jamais rien aux femmes ».

Ce n’est pas de la bande dessinée stricto sensu puisqu’il y a le texte sous l’image, d’autres ont essayé et parfois ont réussi depuis, comme Gillon ou Salinas, mais comme on veut des bulles désormais, ça n’a jamais marché, beaucoup de gens passent ainsi à côté de « Prince Vaillant », ils ont tort, c’est du grand romanesque.

C’est d’ailleurs plusieurs œuvres différentes qui se succèdent : ça commence comme une fresque médiévale épique à la Pyle, donc, avec des démons et des sortilèges, une histoire de Table Ronde et on évolue progressivement vers le « soap opera ».

Quand les enfants apparaissent, ce ne sont d’ailleurs plus parfois que des scènes domestiques où j’imagine plutôt que Robert Taylor, Rock Hudson et Doris Day.

Intéressant aussi les textes de et sur J. Cullen Murphy : le fait qu’il fut découvert par Norman Rockwell qui lui trouva parmi ses premiers travaux, et vous en verrez des images, une petite nouvelle à illustrer :

« Les Tueurs » dûe à Ernest Hemingway.

J’ai été content d’apprendre au passage que Matt Dillon est le descendant d’Alex Raymond. C’est aussi important pour moi que de savoir que Grace Kelly avait eu pour parrain Milton Caniff.

Et puis surtout on apprend des tonnes de choses sur Foster qui décidément n’était pas comme tout le monde.

S’il a choisi la bande dessinée, c’est parce qu’il aimait chasser et pêcher et toute sa vie il fit passer la pêche et la chasse bien avant la bande dessinée, n’hésitant pas à arrêter une planche pour partir traquer la palombe (ou l’équivalent local : je ne sais pas s’il y avait des palombes dans son coin).

Quand il parle, il parle surtout des odeurs, on comprend mieux que dans ses bandes dessinées quand ses héros déambulent, se promènent dans la nature, son obsession bucolique intimiste est de trouver un visuel qui fonctionne sans les parfums de la nature, car la bande dessinée n’a jamais été en Odorama, quoique, je me souviens d’une ou deux bandes dessinées en Odorama, plus tard, underground, de Jay Lynch entre autres je crois.

A noter pour la petite histoire, qu’il n’existe plus d’édition actuellement de l’autre chef-d’œuvre court de Foster, « La vie de Bernadette », écrite par le Prix Nobel de Littérature, auteur de science fiction précurseur, Franz Werfel, qui avait été enquêter sur Bernadette Soubirou sur place et qui est une bien belle chose.

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C’est chez Fantagraphics qui fait décidément en ce moment les plus beaux livres de bandes dessinées du monde.

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ULTIME RAZZIA

jeudi 2 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Le dernier catalogue « Ultime Razzia » est une merveille.

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On y découvre nombre de romans populaires dont personne sans doute n’a jamais entendu parlé depuis leur sortie comme « Le Bouton d’Email » de Léonce Prache, des tonnes de polars populaires d’aventures ou policiers voire fantastiques et sexy, et surtout il y a la reproduction d’un certain nombre de couvertures, pour la plupart dûes à des artistes totalement inconnus qui fleurent bon le pulp à la française.

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A cause des titres j’aimerais bien lire « Crime sous 4 volts » ou « Echec à la cocaïne ».

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