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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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LES FRUITS SANGLANTS

mercredi 1 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

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Tout Junji Ito est paru chez Tonkam et vous devez vous jeter dessus même (et surtout) si vous n’aimez pas le manga car le dessin ultra classique, joli, romantique et assez occidentalisé de Ito fait merveille sur des histoires d’horreur atroces.

Dans les générations actuelles, avec le provocateur Maruo, il fait partie de ceux que je conseille toujours aux gens qui n’aiment pas le manga.

Il est à part.

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L’histoire principale, «Les Fruits Sanglants », qui donne son titre au volume raconte des adolescents qui ont un accident de voiture lors d'une virée à la campagne et l’histoire atroce qui suit, avec ces enfants monstrueux et ces fruits rouges est horrible parce que le dessin de Ito est joli, il est même par moment mièvre, ce qui augmente curieusement l’horreur du propos dans des proportions exponentielles.

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Lisez ce recueil de nouvelles si vous ne connaissez pas Ito et forcément vous aurez envie ensuite de tout lire, ma série préférée étant l’incontournable histoire de chevelure devenue folle et d’enfants escargot qui s’appelle « Spirale ».

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LES MEILLEURES REVUES LITTERAIRES SONT PARFOIS DES CATALOGUES DE LIBRAIRES (5)

mardi 30 novembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

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Le catalogue de la librairie « La Nef des Fous » du jour (juillet 2010) contient comme d’habitude des merveilles et des merveilles, dans le style comme on dit de la haute librairie mais aussi parfois de la basse (le XXème siècle et quelques populaires), où j’ai noté par exemple le numéro 30 qui vaut un peu de sous de Jean Valverde « L’anatomie du corps humain » édité à Venise en 1608 et qui contient entre autres un homme écorché vif « scalpel à la main et portant sa dépouille sur l’épaule ». Mais il y en a d’autres sur l’urbanisme au XIXème siècle, les sciences naturelles, la gastronomie en passant par le régionalisme, les beaux arts et les voyages.

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Il y est même fait écho du livre sublime des fables choisies de Florian illustrées par des artistes japonais sous la direction de P. Barboutau (numéro 71), édité à la fois à Tokyo et à Paris par Marpon et Flammarion en 1898 car Barboutau eut l’excellente idée de demander à quelques grands « estampistes » japonais d’illustrer en couleurs bien sûr les fables de Florian.

C’est un livre merveilleux.
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A noter qu’il est en vente aussi, moins cher, à la librairie « Le Petit Roi » (39 Passage Jouffroy 75009 Paris), foncez sur l’un ou foncez sur l’autre, mais je remarque tout d’un coup en littérature aussi, juste derrière, le numéro 72, « Les Papillons – Métamorphoses terrestres des peuples de l’air » de Amédée Varin et Eugène Nus qui, on le sait, furent des cousins graphiques de Grandville, et en Piazza je découvre un grand illustrateur russe, c’est le numéro 76, Boris Godounov, et c’est bien beau.

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Et suivent derrière mais je ne les citerai pas en détails, un certain nombre de romans de Rosny Aîné dont une très belle couverture pour « La Guerre du Feu ».

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UN MAX OPHULS PERDU?

lundi 29 novembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

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« Les Désemparés » alias « The Reckless moment », tiré d’un roman d’abord paru en feuilleton dans un grand magazine populaire américain (dont j’oublie à la seconde le nom) d’Elisabeth Sanxay Holding, cette merveilleuse auteur de la « Série Bleme » qui s’appelait « The Blank Wall », en français « Au pied du Mur » et qui devint par un coup de baguette magique « The Reckless Moment » qui est une merveille.

Peut-être le film le plus passionnant de Max Ophüls dans sa période américaine.

Tout est dit dans les suppléments par Lutz Bacher qui raconte qu’à ce moment là, Ophüls faisait déjà des aller-retour entre Hollywood et la France (où il allait désormais finir sa carrière) et qu’après quelques déconvenues, il regretta le système américain. Car même si son producteur Walter Wanger dû, à la demande des instances supérieures, lui demander quelques modifications, le film se fit à partir du moment où se fut décidé, alors qu’en France désormais il était libre mais il fallait trouver l’argent, par petit bout.

Et il regretta Hollywood.

Il y a aussi un joli supplément de Todd Haynes qui parle très bien du film et aussi de son « Far Side of Paradise » dans lequel j’avais vu une parodie intelligente mais appliquée de Douglas Sirk et qui apparemment avait tout autant cité « The Reckless Moment », y reprenant même certains noms d’héroïnes et certaines situations.

Le film sur cette mère de famille qui se trouve face à des gangsters (c’était le titre en Série Bleme « Au Pied du Mur ») et qui ne veut pas déranger son mari qui est parti à la guerre et qui deviendra en quelque sorte une vamp, c’est Joan Bennett habituée plutôt aux rôles de filles faciles et qui est formidable en mère de famille, qui fera tomber dans ses filets le maître-chanteur James Mason, bouleversant.

Il fut remaké plus tard, dans les années 90, sous le même titre, mais avec ajout alambiqué en plus de la fille qui tombait amoureuse du gangster, un fils homosexuel, ce qui n’était pas utile.

Le vrai remake c’est le très joli film de Richard Marquand qui nous a quitté trop tôt, « L’Arme à l’œil », avec Donald Sutherland, extraordinaire, d’après le roman de Ken Follett dont on ne saura jamais s'il s’était inspiré de E. S. Holding ou s'il a réinventé à peu près la même histoire.

C’est un chef-d’œuvre absolu, je n’aurais qu’une chose à dire à Todd Haynes, c'est qu’il se trompe en disant que c’était le film d’Ophüls disparu car pour les fouilles-merde dont je fais partie, on en trouvait déjà une édition, que j’ai achetée il y a une dizaine d’années en DVD au Japon en anglais sous-titrée japonais.

C’est donc « Les Désemparés » chez Carlotta.

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MESSAGE DANS UNE BOUTEILLE (19)

samedi 27 novembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

A Nicolas, je dirais bien sûr je suis content que vous ayez rencontré grâce à moi, si on peut dire, Tsukamoto.

A Odkin, je dirais que le manga est le seul endroit où les dessinateurs changeant de style si nécessaire ne se posent pas le problème de savoir s’ils font dans le noble ou dans le vulgaire.

Mais aussi chez certains éditeurs comme Soleil Productions qui réservent parfois d’excellentes surprises de gens qui n’ont pas d’ambition artistique trop affichée.

Il ne faut pas mépriser cet éditeur, au contraire, car j’y ai souvent d’excellentes surprises.

A serial, je dirais que je sais, mais il faudrait demander à HK, qu’ils ont acheté des « Pinky Violence » et les ont d’ailleurs déjà sortis mais qu’ont-ils en stock ?

Et quant à « Sister Streetfighter », écrivez-leur pour qu’ils pensent à vous.

Quant à DColt, son commentaire très intéressant se passe de commentaires.

A JDB, je dirais que apparemment le film « Dazzler » n’est pas à l’ordre du jour mais qui sait ?

A sigismund, je dirais que si Marvel ou DC faisaient appel à moi un jour pour relancer un héros oublié, ce serait bien sûr « Dazzler » que je choisirais pour le relancer avec purisme.

Et à fridobec :

Oui je suis un idiot, c’est bien du bruit et de la sono qui se transforment pour elle en lumière que Dazzler tire ses pouvoirs et non de la lumière elle-même.

Quel âne ce Dionnet.

A sigismund encore, je dirais que ton blog m’a donné envie de lire « Cosmos Incorporated », le nouveau Dantec et bien sûr que tu peux mettre mon blog dans tes liens.

A Juju Collector, je dirais que le danger est grand dans sa pratique qui est aussi la mienne, d’accélérer sur les films qui ne me paraissent pas bien, car une ou deux fois j’ai râté ainsi des choses que j’ai revues un jour à la télé et où, étant de mauvaise humeur peut-être, j’avais pensé que les scènes n’étaient pas intéressantes.

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SILVERBERG FOREVER

vendredi 26 novembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Décidément Robert Silverberg est un des plus grands écrivains tout court et accessoirement le plus grand écrivain de la science fiction vivant.

Belle idée, ce que souligne Gérard Klein, grand éditeur de Silverberg, que d’avoir édité la nouvelle « Les Vestiges de l’Automne » qui fait partie d’un roman qui ne paru jamais et qui vient s’intercaler entre « A la fin de l’hiver » et « La Reine du printemps ».

Avec en supplément à la fin le synopsis du livre qui ne paru jamais tel qu’il aurait pu être s’il n’y avait pas eu un désaccord entre Silverberg et l’éditeur.

Deux cent ans après le nouveau printemps le peuple a rebâti une civilisation précaire dans un recoin de la grande planète et l’on va partir pour un long voyage, vers d’autres rivages et découvrir que dans ce monde où il ne restait apparemment rien ou presque du passé, il existe des survivants.

Comme la planète est immense, il en existe peut-être d’autres ailleurs.

La magie c’est que si on a lu « A la fin de l’hiver » et « La Reine du printemps », le fait qu’on ait ici juste une novella et un synopsis, qu’on est dans l’inachevé en somme, rendent les choses encore plus précieuses, un peu comme un fragment d’un passé ou d’un futur encore ignorés de nous, qu’on aurait retrouvé quelque part à côté des manuscrits de la Mer Morte.

C’est chez ActuSF.

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MESSAGE DANS UNE BOUTEILLE (18)

jeudi 25 novembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

A Pierre je dirais que le décès de Harvey Pekar m’a rendu triste bien sûr car il avait réussi quelque chose de singulier, faire une autobiographie dessinée qui n’était pas dessinée par lui.

Les bons côtés : c’était génial quand c’était Crumb,

les mauvais : moins quand c’était d’autres et je ne me sens pas trop d’en parler.

A Kaze qui se pose des questions, étant étudiant, sur mon temps libre : j’en ai une mauvaise, avec le temps il n’y a plus de temps libre et de plus les années passant, ça s’accèlère. Ca ne veut pas dire qu’un de ces jours on n’aura pas l’occasion de communiquer à un moment de rémission.

Boutel a raison, il faudrait une encyclopaedia universalis du mauvais genre, ce serait bien utile et il explique bien pourquoi.

C’est ainsi que vient de paraître une très étonnante encyclopédie du fantastique aux éditions Ellipses dont j'ai parlé la semaine dernière. Il y a une soixantaine d’auteurs mais qui couvrent bien les champs de tous les possibles dans le domaine du fantastique.

J’ai commencé par vérifier pour mes auteurs préférés et ils étaient là et bien là. Mais attention il faut toujours aussi que ce soit le meilleur sur chaque sujet qui s’y colle comme ici Patrick Brion sur Albert Lewin ou Jacques Finet sur Carl Jacobi.

Mais voilà que je recommence un article s’en m’en rendre compte.

Je suis moins démoralisé que Jay Wicky qui répond avec intelligence, continuant mon article « Back to VHS » en rappelant que les VHS se détériorent plus lentement que les DVD, ce qui n’est pas sans intérêt.

Il y a des VHS de trente ans que je peux encore revoir et des DVD de quinze ans qui sont totalement vierges désormais, si l’on peut dire, mais sur sa théorie sur l’iPad je ne suis pas d’accord :

tout nouveau support amène de nouveaux défauts mais aussi une nouvelle génération qui apprend à utiliser l’outil comme premier outil et qui en tire des choses nouvelles,

c’est la vie.

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FREESIA, LE PETIT THEATRE DE LA CRUAUTE

mercredi 24 novembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

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« Pour investir toutes les forces armées dont il dispose dans la guerre qu’il est en train de mener, le gouvernement japonais passe une loi qui autorise et encadre la vengeance personnelle.

Hiroshi un jeune garçon extrêmement dérangé parvient à trouver du travail dans une agence qui tue sur demande.

« Freesia » c’est tout à fait ça, avec un dessin assez classique, descriptif, dans un Tokyo survolé par les corbeaux, un homme va trouver un travail :

il va tuer sur demande des gens qui ont obtenu l’autorisation de se venger d’un crime atroce où la justice ordinaire ne leur a pas suffit.

Il faut maintenant que le coupable paye.

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Commençant et finissant sur un viol, l’histoire se déroule tout simplement entre la séance d’embauche, un premier boulot réussi et quelques heures supplémentaires. Et c’est un petit chef-d’œuvre d’atrocité rendu encore plus atroce par la banalité des propos des victimes et des exécuteurs.

Dans un Tokyo presque normal (et on attend la suite), tout le monde semble trouver ordinaire qu’on exécute des gens en pleine rue, en les prévenant à l’avance car la loi doit être respectée.

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Un très joli manga absolument glauque où on s’attache très vite au héros qui lui-même est un peu perdu :

c’est le seul travail qu’il ait trouvé.

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LITTLE NEMO TOUJOURS

mercredi 24 novembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

La boutique de bandes dessinées et d’art « Little Nemo » organise encore une vente assez gigantesque d’ailleurs, les vendredis 26 et samedi 27 novembre 2010.

Sous une belle couverture de Baldazzini représentant Louise Brooks à Turin.

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Il y a de tout : des livres illustrés et pour prendre les « B », cela va de Beardsley à Bilibin suivis dans les « C » par Léon Carré et son admirable « Jardin des Caresses ».
Moi ce qui m’intéresse plus dans l’enfantinat ce sont les italiens comme Rubino ou Sto (Sergio Tofano).

J’adore « Les Méduses » de Luigi Veronesi que je ne connaissais pas, il y a du Disney et du Popeye et tous les petits maîtres de l’illustration de livres de poche et de fumetti per adulti comme Jacono.

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Il y a du Pinter, comme d’habitude incontournable dans les originaux, dans les dessins originaux du Rubino encore, une illustration de Karel Thole pour « Pussy Cola » : c’est de la science fiction, « Pussy Cola » n’existe pas.

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Il y a des cellos de films, de jolies illustrations de Patrizio Evangelisti, du Liberatore et du Jacovitti, du Magnus et du Manara et du Moebius, du Pratt et de très jolies images de Sergio Zaniboni pour « Diabolik », une sublime illustration de Chic Young pour « Blondie », plein d’originaux pour la maison Bonelli, des originaux d’histoires complètes de cet incroyable dessinateur argentin qu’est Enrique Alcatena qui est peu publié en France et c’est dommage car il a fait bien des chefs-d’œuvre dans un style gothique flamboyant, il y a l’inévitable Mario Caria qui illustrait à sa manière les couvertures pour « Spada », de « Flash Gordon », de « Prince Vaillant » ou du « Fantôme ».

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Little Nemo Casa d’Aste

Via Montebello 2/d – 10124 Torino

Email : casadaste@littlenemo.it

Catalogue en ligne : www.littlenemo.it

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