Le blog de Dionnet

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MESSAGE DANS UNE BOUTEILLE (17)
Mon texte « Back to VHS » provoque des réactions après coup et je crois avoir déjà commenté la personne qui me signalait que les transparences passaient beaucoup plus mal en haute définition et dans certain cas, de mon point de vue, devenaient franchement ridicules : danger de la trop « grande qualité » du Blu-ray.
Et oui, pour répondre à Johan donc, je dirais qu’il y avait quelque chose de particulier et d’un peu pirate dans les vidéo clubs avec leur pièce X à côté, où on retrouvait d’ailleurs souvent des films qui n’étaient pas vraiment X et quelques X (Café Flesh) qui étaient de purs chef-d’œuvres d’avant-garde – ah ! la musique de Wall of Voodoo.
Oui je me souviens bien de « Télé Jaquettes », magazine qui était destiné à nous donner les jaquettes des films qu’on enregistrait à la télé : un autre temps, un autre monde.
Lupo Mnema m’a donné envie de lire Byatt sur lequel je ne sais rien. J’espère qu’il aura aussi donné envie à un éditeur qui nous lit, de se pencher sur son cas.
Sur « Trois Royaumes » version longue nous sommes assez d’accord, Pierre me dit que son film préféré en version longue est « Il était une fois en Amérique », que d’autres n’hésitent pas à me dire s’ils ont aussi subi cette étrange distorsion temporelle qui consistait à rentrer à deux heures et à sortir à sept, sans savoir où on en était avec d’autres films, ça m’intéresse.
Bruce, tu as bien fait de reprendre un bout de mon article de mon blog sur ton blog, c’est fait pour ça, et j’espère qu’ainsi ils iront voir ton blog.
Internet rétrécit l’espace.
Sur « Glénat Espagne » vos commentaires sont passionnants, à la fois sur l’éditeur et sur les autres éditeurs espagnols et sur l’état de l’édition en Espagne.
Et j’espère que j’ai donné à d’autres qu’à Pierre-Florian Aznar, l’envie de voir « The Unit ».
A Boutel je dirais que « La condition de l’Homme » de Masaki Kobayashi me semble un excellent exemple de film long qui paraît court, mais je ne connais pas, toujours de Kobayashi, « Tatsuya Nakadaï ». Rien qu’à l’idée qu’il dure neuf heures et demie, j’ai envie de le voir, pour distordre le temps, encore.
Mantichore et Zaitchick me parlent tous deux de « El agente X en accion » et me disent tous deux que cela inspira le curieux film de Walt Disney, pas mal du tout, « Condorman ».
Et Zaitchick a raison de me parler de Judex à propos de « The Shadow », d’autant qu’en ce temps là les films des frères Lumière s’exportaient aux Etats-Unis, que d’ailleurs le cinéma muet des origines s’exportait davantage car avec l’irruption du cinéma un peu partout on manquait de films et presque tous les pays allèrent chercher ailleurs afin de remplir leurs salles.
Je vous renvoie à nos amis de Rivière Blanche pour aller voir les couvertures en couleurs du magazine russe dont j’oublie le titre à la seconde et que j’ai cité, genre Sciences et Avenir :
Quant à Kieran, je ne suis pas d’accord. Je ne sais pas si une version de six heures était une bonne idée mais je sais que j’avais chronométré le scénario qui tenait formidablement debout et qui demandait au moins cinq heures, qui en aura fait un chef-d’œuvre absolu.
Quant à « Dune » de Lynch je ne suis pas d’accord du tout, il faut que tu lises les romans. C’était du « Lawrence d’Arabie » dans l’espace. Le « Dune » de Lynch me semble kitsch en diable mais partir d’un chef-d’œuvre romanesque aussi intense pour en tirer quelque chose d’aussi pompeux, me semble un peu idiot.
Non décidément, je déteste le « Dune » de Lynch que j’ai d’ailleurs revu en me disant qu’il s’était peut-être bonifié et je regretterais toujours de ne jamais pouvoir voir la version que devait faire Jodorowsky sur un story board de Moebius avec Gyger et Foss, tous ces dessinateurs s’étant retrouvés plus tard avec le scénariste de « Dune », O’Bannon, sur « Alien ».
C’est la vie.
MESSAGE DANS UNE BOUTEILLE (16)
Dans mon dernier « Message dans une Bouteille », j’ai oublié de saluer Tristan qui appelle Bob Oksner « Bob O. »
et de répondre à l’autre fan de Bob Oksner qui me demandait quels étaient les meilleurs magazines où l’on trouvait son œuvre :
« Jerry Lewis Magazine » bien sûr, mais aussi « Surboum », à cause du titre.
A noter qu’il y a dans le même genre un magazine que j’adore chez Artima dans un style très proche mais qui n’était pas de Bob Oksner mais de Mort Drucker qui dessinait bien mieux que dans sa période « Mad », et aussi bien que dans « Our Army at War » (qui deviendra « SGT Rock »).
Il s’agit des aventures de « Les nombreux Amours de Dobbie Gillis », je cite, l’attaque de couverture chez Artima « Les toutes dernières histoires de la vedette T.V », qui, pour mémoire n’est jamais arrivée chez nous.
Je me suis engagé à répondre plus vite, l’un de vous me reprochant gentiment d’attendre parfois des éons, à vos commentaires.
En même temps je vous ai prévenu que je ne répondrai plus à des gens comme « Xavier » ou « Xavier Lancel » qui me donnent des informations précieuses, puisque leurs commentaires sont autosuffisants.
Je dirais juste à Djigen que je ne suis pas d’accord avec lui.
J’adore Dick Sprang mais j’aime bien les Batman de Tim Burton, j’aime bien son Joker et surtout j’adore sa Catwoman qui m’a fait fantasmer.
A Peter je dirais que oui, comment se fait-il que j’adore Terpant et que j’oublie son « T ».
Et oui, le merveilleux film de Michael Mann s’appelle en VF « Le Solitaire », son meilleur peut-être, avec son premier « The Jericho Mile » qui était au départ un téléfilm, même s’il a fait de grandes choses ensuite.
Et pour que Peter n’ait pas besoin de me reprendre, j’ajouterais que « The Jericho Mile » est sorti en salles en France et s’appelait : « Comme un Homme Libre ».
FONTAINE JE BOIRAIS DE TON EAU

J’aurais dû vous parler davantage et plus tôt de Sylvie Fontaine, dessinatrice de bandes dessinées bien intéressante et diverse dont les deux ouvrages « Le Poulet du Dimanche » et son excroissance « Sous le Manteau » m’ont fascinés.
En effet c’est une enfant de Moebius, mais de l’intérieur, dans sa diversité et dans son envie d’explorer les chemins de traverse et aussi parfois dans l’accumulation.
Dans la préface du « Poulet du Dimanche », Moebius dit d'ailleurs qu’il a deux sortes d’enfants graphiques, lui, qui est déjà multiple, « homme divisé » et enfant de lui-même, ceux qui savent reprendre son style et qui généralement l’intéressent moins, et ceux qui naviguent dans un même univers changeant et sans cesse en métamorphose.
C’est sans doute pour cela qu’il a fait une préface fort élogieuse du « Poulet du Dimanche » que je vous laisse découvrir avec ce livre, jetez-vous là-dessus, c’est aux éditions Tanibis (éditions@tanibis.net).
PS : A noter que dans « Sous le Manteau », synchronicité, Sylvie Fontaine rejoint Moebius avec le premier volume de sa série « Arzac, destination Tassili » dans son premier tirage en gris déjà épuisé, en choisissant une narration décalée où d’un côté il y a les textes et de l’autre l’image.
Chez Moebius comme d’habitude c’est vicieux puisqu’il raconte à côté ce qui se passe dans chaque image et des dialogues qu’on ne verra pas en bulles.
C’est donc une bande dessinée muette parlante.
Dans le cas de Sylvie Fontaine, les textes ouvrent plutôt des portes sur ce que les images racontent.
Deux démarches singulières dans ce que l’on doit appeler, immense fourre-tout désormais, le roman graphique.
L'ENCYCLOPEDIE DU FANTASTIQUE
Encore un énorme pavé dont on se serait bien passé faute de place dans les rayonnages mais hélas quand j’ai plongé dans « l’Encyclopédie du Fantastique », je me suis aperçu qu’elle ne faisait pas double emploi avec les ouvrages de référence qui l’avaient précédés.
D’une part, du fait de la qualité des intervenants connus ou inconnus, d’autre part à cause de l’intelligence des entrées.
En effet Gustav Meyrink a sa place mais il est tout autant à sa place dans le long et bel article sur l’alchimie.
Ramener l’histoire du giallo à quelques pages, c’est risqué mais dans le cas précis, plutôt réussi.
Il y a des entrées pas évidentes comme « littérature et cinéma fantastique question d’optique » qui vous font rebondir à la fois sur ledit cinéma fantastique mais aussi par la manière dont il naquit en quelque sorte dans la littérature avant d’exister vraiment.
L’article est passionnant.
Passer de Georges Romero à Félicien Rops, comme c’est agréable, d’autant qu’on enchaînera avec la rose-croix et avec Roy Rowlande l’auteur des « 5000 Doigts du docteur T » sous la plume de Patrick Brion.
Quand on saura qu’il y a une belle bibliographie partielle des anthologies, une belle bibliographie générale qui donne envie de tout acheter et un index des entrées extrêmement bien fait :
on se dira que ce pavé pèse quelques kilos, qu'il va prendre beaucoup de place dans la bibliothèque mais qu’on risque d’y revenir souvent.
Sur une idée de Pierre Brunel, cet ouvrage a dû mettre des siècles à compiler mais ce qui m’a le plus étonné peut-être, c’est qu’à côté de gens que j’estimais déjà en tant que spécialistes incontournables comme Jacques Finné, Jean Marigny ou Louis Vax, bref des gens que je suis depuis toujours, il y en avait bien d’autres venus de tous les horizons qui m’ont abreuvé d’informations que je n’avais lu nulle part et il se pourrait bien que cet ouvrage soit l’un des plus importants jamais paru en France sur le fantastique.
C’est chez Ellipses.

L'IMAGE MYSTERE

Vous avez été deux à reconnaitre vite l’affiche polonaise de Waldemar Swierzy pour « Macadam Cow-boy ».
Elle fait partie des innombrables merveilles de l’affiche de cinéma polonaise des années 60-70 où systématiquement des artistes locaux trouvaient une manière simple, symbolique et parfois très abstraite de traiter des films en ne reprenant pratiquement jamais les affiches américaines.
« Macadam Cow-boy » est une des plus frappantes mais elle n’est pas la seule, voir l’affiche de Marek Freudenreich pour le film de Masaki Kobayashi « Harakiri », l’affiche de Wojciech Zamecznik pour le film de Gualtiero Jacopetti « Mondo Cane ».

Ils arrivaient même à faire quelque chose de graphique avec « L’Abominable Homme des Douanes » avec Darry Cowl.
Il y a aussi le grand animateur et illustrateur Jan Lenica, l’égal de Trinka qui faisait l’affiche de « Mamma Roma ».
En Pologne et grâce à Franciszek Starowieyski « La Mariée était en noir » de François Truffaut devenait un film gothique.
Je ne résiste pas à vous montrer l’affiche de Jan Mlodozeniec pour « Klute » le film de Alan J. Pakula et l’affiche de Franciszek Starowieyski pour « Una Farfalla con le ali insanguinate » que je n’ai pas pu et n’ayant plus ma documentation sur les giallos sous la main ces jours-ci, identifier et qui n’a sans doute pas grand chose à voir avec le film de Ducio Tessari.
Et l’on peut dire qu’à un moment précis les affiches de films polonaises étaient les plus belles graphiquement du monde.
Tout cela vous le retrouverez dans le livre « Ah ! Film Posters in Poland » à la librairie polonaise du boulevard Saint Germain entre autres et qui est une merveille.
BACK TO VHS
4ème Partie
Je tombe dans le numéro de juillet 2010 de « Rock & Folk », en dehors d’un excellent article sur « Rock & Foot », sur une interview de Geoff Emerick, ingénieur du son des Beatles au temps des studios EMI, qui parle bien des Fab Four et qui, à la fin, dit la phrase que je voulais entendre depuis longtemps sur le son numérique, lui qui est quand même de la partie.
A la question : « Etes-vous pour le retour du vinyle ?
Il répond : « De toute façon, je suis pour éviter le numérique. C’est une abomination. C’est une conversion de nombres digitaux, de un et de deux, et c’est un assaut pour le cerveau humain dont la première réaction, incrédule, est de lutter contre l’information numérique, qui ne lui est pas naturelle. Un disque analogique, en revanche, offre une reproduction du son immédiatement admise par le cerveau. D’où la sensation que l’écoute du CD est fatigante. Mais qu’y faire ? »
L'INDISPENSABLE "DICTIONNAIRE MONDIAL DE LA BD" de Patrick Gaumer

Je suis tout de suite allé voir à Jean-Pierre Dionnet, on est tous pareils, on regarde d’abord ce qui vous concerne dans le dictionnaire.
Merde je ne suis pas à jour et ils ont oublié ma collaboration sur la suite de « Exterminateur 17 » avec Baranko, ça sera pour l’édition suivante.

Mais je me suis cependant régalé car dans l’ensemble, non seulement Gaumer est à jour mais on y découvre des tonnes de merveilles dans le cahier couleurs « Chic Planète » où il parle des bandes dessinées africaines sur lesquelles j’avoue ne rien savoir, de celles du Maghreb ou de celles de Nouvelle Zélande à côté des coupables habituels.
Bon article là-dedans sur la bande dessinée chinoise où l’on rappelle qu’elle n’est pas née d’hier mais aussi sur la bande dessinée finlandaise, on est donc dans le pointu, ce qui m’a tout de suite fait penser à Stéphane Ross qui nous a quitté pour ces pays de froid. Et oui l’article est complet, on y parle bien de ses récents best-sellers finlandais puisqu’il est devenu là-bas un des auteurs les plus proéminents.


Une acquisition indispensable donc.
DANS LES GRIFFES DE LA HAMMER de Nicolas Stanzick
Réédition enfin de l’excellent livre « Dans les Griffes de la Hammer » de Nicolas Stanzick aux éditions Le Bord de l’Eau dans la collection Ciné-Mythologies dirigée par Vincent Lowy.
Quatre cent quatre-vingt-dix pages denses d’un essai sur le cinéma par un cinéphile de la nouvelle génération qui essaie de comprendre et qui apparemment a compris comment (parallèlement à ce qu’on pourrait appeler « l’école Cahiers du Cinéma » et d’autres revues de cinéma comme « Positif » ou dans des revues qui avaient une belle rubrique cinéma comme « Fiction » et dans les fanzines et l’admirable revue « Midi-Minuit »), comment progressivement la Hammer s’imposa malgré les cinéphiles classiques, prenant sa place dans l’imaginaire collectif, si bien que maintenant nous sommes arrivés dans un monde inversé où plus personne ne s’intéresse à Dreyer que je conspuais alors de mon côté histoire d’équilibrer les choses et qui maintenant mériterait bien une belle exhumation un jour,
« Dans les Griffes de Dreyer »,
à Léopoldo Torre-Nilson et à Yves Mirande, malgré quelques rééditions en DVD pour ce dernier – gloire soit rendue à René Château - nombreux sont désormais, injuste retour des choses, les cinéastes encensés hier et désormais oubliés.
Mon seul regret : l’absence de Jean Boullet qui aurait mérité plus de place.















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