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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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L'EMPIRE ULTIME "Fils des Brumes" de Brandon Sanderson

samedi 13 novembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

« L’Empire Ultime » confirme tout le bien que je pensais déjà de Brandon Sanderson après avoir lu les deux tomes de « Elantris ».

C’est un beau space opera, une histoire de cité tenue par un maître invincible, des aristocrates frivoles et cruels et des sous-hommes qui acceptent leur terrible destin.

Mais il y a Kelsier, le plus célèbre voleur de l’Empire qui a un rêve fou, renverser l’Empire, et l’adolescente Vin qui va croiser son chemin.

On pratique « l’allomancie », la magie des métaux qui permet d’acquérir des pouvoirs particuliers, il y a des Inquisiteurs particulièrement inquiétants et un nombre invraisemblable de combats magiques formidablement décrits.

Je ne vous en dirais pas plus sinon que, sur une trame classique dans un univers classique et sans essayer de bouleverser la science fiction, Brandon Sanderson réussit ce qui est rare ces temps-ci dans le genre : un livre qu’on ne peut pas lâcher avant la fin.

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Erratum

mercredi 10 novembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Récemment, donc, je vous parlais de la librairie niçaise et ses magnifiques catalogues.

Or, ladite libraire niçaise, tombant sur mon blog, me fait savoir – et cela me semblait impossible – que ce n’était pas le Trémois académicien au trait très académique que tout le monde connaît, du moins de nom, qui était l’auteur du merveilleux dessin dont je parlais à la manière de Klinger, ce qui m’avait surpris.

Non, le dessin n’était pas de Trémois, qui est donc toujours pour moi un artiste à proscrire, mais bien de Max Jacob lui-même qui décidément pouvait dessiner presque comme Klinger.

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SHIELD

mardi 5 octobre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

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« Shield » paru chez Marvel a fait sensation puisque dans cette période les comic books se vendent de moins en moins et où les tirages ne font que s’amoindrir, il a été épuisé en deux jours.

 

Bientôt le comic book mourra et il n’y aura plus que des « trades », des recueils. C’est comme ça.

 

Mais d’un autre côté un grand nombre de comic books paraît désormais simultanément,  remaniés, sur internet, sur votre iPhone, sur votre iPad, ou sur votre ordinateur.

 

Cela n’a absolument rien à voir avec Nick Fury et ses commandos hurleurs du début, ça n’a pas grand chose à voir avec la grande époque de Steranko ni avec sa suite dégénérée.

 

C’est une fresque historique qui traverse le temps et le multivers, de l’Asie à l’Occident et vice versa, avec comme héros central, genre de « Iron Man » médiéval, Leonardo da Vinci.

 

Il est toujours facile d’expliquer après coup sur un succès soudain. Disons simplement qu’ici Jonathan Hickman et Dustin Weaver ont mis tout leur cœur et un procédé à accumulation graphique et narrative surprenante qui va dans d’innombrables directions et qui donne envie de lire la suite, ce que j’ai fait, le deux est bien, j’attends maintenant le trade, comme tout le monde.

 

Ce qui m’a fasciné, c’est la couverture que je vous montre et qui, il y a quelques années encore, aurait été considérée comme totalement anti-commerciale, là-bas. Imaginez un enfant de Schuiten qui se contente de représenter en couverture une Rome savamment architecturée avec dans le ciel deux super héros, l’un à peine visible, l’autre très présent mais venant dans le fond, superposé au titre : Galactus. On aurait forcément dit si cela n’avait pas marché, que cela ne faisait pas américain, pas comic book, mais puisque cela marche cela veut décidément dire que la bande dessinée est maintenant un grand melting-pot mondialiste :

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C’est un comic book donc, mais il y a à deux ou trois endroits une influence du manga et dirais-je même du manhua, à d’autres une très évidente influence de la bande dessinée européenne, française ou italienne, mais c’est cependant un comic book avec quelque chose du « Planetary » de Warren Ellis dans la mégalomanie.

 

En tout cas le résultat est là et pour quelques mois encore le comic book respire à nouveau, puisqu’il a eu tout d’un coup un best seller au moment où il ne s’y attendait plus.

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TIENS, T’AURAS DU BOUDIN

lundi 4 octobre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

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« L’Homme de la Légion » de Battaglia paru il y a longtemps dans une collection inégale chez Dargaud, qui faisait la part belle à l’héroïsme, est une merveille qui sent bon le sable chaud. Une histoire de légionnaires dus à un Battaglia remarquablement économe, dont je vous montre quelques images.

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Je me demande toujours ce qui nous fascine tant dans la Légion puisque nous savons, la légende, que tout ça c’est délinquants et compagnie, réprouvés et bandits. N’empêche que quand ils défilent le 14 juillet, tout le monde applaudit, et que dans les pays étrangers qui souvent ont subi les coups de la Légion, on l’admire autant.

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A noter qu’en France on a des idées mais une mémoire courte, car nous avons eu un évènement largement aussi considérable que « Alamo », c’était « Cameron », où quelques légionnaires français résistèrent assiégés par l’armée mexicaine et s’en sortirent mieux que la poignée des braves de l’Alamo, pourtant il n’y a jamais eu de film là-dessus. C’est pourtant un sujet magnifique comme par exemple et pour parler d’autre chose, l’histoire du père Charles de Foucauld qui choisit d’abord « la voie d’en bas » : les bordels et les stups, avant de prendre « la voie d’en haut » et de devenir un saint et en plus un designer  magnifique car son logo, croix plantée dans un cœur sur fond rouge était digne de Saul Bass.
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GLENAT ? OUI, MAIS GLENAT Espagne (13)

vendredi 1 octobre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

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« La magia de Maga : Desde la nostalgia » de Paco Baena qui est né la même année que  moi il y a longtemps, m’a ému et remué.

 

Il a le même âge que moi donc et nous avons en gros la même culture puisqu’il a essentiellement écrit des livres sur le cinéma et ici sur Maga, maison d’édition qui pendant longtemps fit de Valencia (Valence) un des centres de la bande dessinée populaire espagnols.

 

Je me souviens que j’allais en camping du côté de Sitges, l’Espagne n’était pas chère pour les petits français alors, il suffisait de travailler un mois chez Kodak à la chaine (et de se couper la main sur les pellicules qu’il fallait trier, mettre dans des petites poubelles, puis les petites poubelles dans des moyennes et les moyennes dans des grandes) pour se payer un mois super.

 

Pendant ces vacances ou à un autre moment, peut-être était-ce avec Robert Roquemartine, j’ai rendu visite à un petit libraire de Valence qui s’appelait Antonio Riera et que je n’ai jamais revu.

 

Et j’ai découvert chez lui des tonnes de fascicules populaires dont je ne savais rien et qui ressemblaient beaucoup à nos fascicules populaires à nous : dessins approximatifs souvent copiés sur les grands maîtres américains, impression grisâtre, format à l’italienne, des tonnes de merveilles où tous les genres étaient représentés.

 

Et c’est cette nostalgie là que nous raconte avec ce beau livre en couleurs, Paco.

 

Je ne savais pas alors, Maga c’était comme en France Artima de Tourcoing, que ce petit éditeur publiait avec « El Capitan Trueno » et « El Jabaro » les grands héros de l’Espagne d’alors destinés à la jeunesse.

 

Pendant longtemps, j’ai haï ou méprisé ces amateurs de bande dessinée qui voulaient que retrouver leur jeunesse et leur enfance car souvent ils étaient un peu aveugles sur ce qui se passait depuis.  Ils voulaient juste retrouver leurs dix ans.

 

Avec le temps j’ai compris que cela n’avait rien de grave, que c’était une manière de voyager dans le temps, et cela l’auteur le fait bien, à côté de sa photo il y a une image du premier comics qu’il a acheté (là-bas ça s’appelle Tebeo) : « Aventuras de boro-kay » dont le héros absurde a un côté absurde, c’est un petit garçon en short avec une chemise rouge, un flingue et des lunettes qui se bat contre des méchants gangsters.  C’est ainsi que j’ai été content de découvrir la première rencontre entre Jorge, le héros de « Pantera Negra » et sa panthère Isabellita !

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Il y avait des histoires de vikings, de footballeurs, des histoires policières, vaguement inspirées par Alex Raymond et son « Rip Kirby » comme « Hombres de Ley » (« Hommes de loi »), des histoires moyenâgeuses avec des costumes étrangement sciencefictionnesques comme « El Guerrero del Antifaz » et des mises en pages audacieuses qui faisaient un peu penser aux premiers comic books, comme « Rebelion » où le titre venant bousculer les personnages qui se battent, ressemble à du Eisner.

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Il y a des contes de fée, avec des rois forcément maudits, des histoires d’indiens qui s’appelaient tout simplement « apaches », des histoires exotiques qui s’appelaient « bengala » et des dessins affreux mais qui donnaient envie comme « Piel de Lobo » avec des géants qui attrapaient les héros dans leurs mains pour mieux les écraser.

 

C’est un livre qu’on peut lire mais on n’est pas obligé, on peut regarder simplement les images et rêver sur « El acrobata terremoto » où les trapézistes du cirque s’accrochent à des parapluies, « Audaces legionarios » : la mythologie de la légion dans l’Espagne franquiste, était à la mode comme en France, avec ces « salopards » auxquels on ne demandait pas leur passé mais simplement dans l’avenir d’obéir et de se battre, s’inventant une vie nouvelle.

 

Il y avait les histoires de Californie, de la Californie de langue espagnole bien sûr, un cousin de « Hercule » dessiné par Lopez Bianco, qui s’appelait tout simplement « Colosso » et qui faisait bien son travail : taper les méchants et les jeter au loin, des histoires liées à l’histoire espagnole et des héros aussi que nous vimes aussi comme chez nous comme « Don Z » qui était, paraît-il, le fils de Zorro, et des histoires plutôt bien dessinées comme « El Espia » (« L’Espion ») dûes à des auteurs dont la carrière dura plus longtemps comme José Ortiz ou Eustaquio Segrelles qui n’a rien à voir avec le grand illustrateur des « 1001 Noches », ni avec le dessinateur du « Mercenaire » plus tard.

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Il y a eu « Huracan », une espèce de Flash Gordon local qui se bat contre des hommes fourmis dans un monde de space opera : une colonie pénitencière sur la lune et « Pantera Negra », un Tarzan local, la moitié plagiée sur Foster, la moitié plagiée sur Hogarth.

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Et on découvre quelques imports comme « Le Chevalier Blanc » de Funcken qui apparemment dura pas mal là-bas. Les fascicules étaient minces et le héros avait à peine le temps de rencontrer les méchants qu’il devait déjà les défaire et passer à l’aventure suivante. C’était bien, et ce qui est bien surtout c’est la manière maniaque et extrêmement sérieuse dont Paco décrit ces personnages et leurs aventures comme s’il s’agissait d’œuvres importantes. 

 

Après tout elles le sont pour lui et comme il sait les raconter, elles le deviennent pour nous.

 

 

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GLENAT ? OUI, MAIS GLENAT Espagne (12)

jeudi 30 septembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

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Toujours chez Glénat Espagne, un livre indispensable, volume 1 du « Patrimonio de la historieta », consacré à Angel Puigmiquel.

 

Totalement inconnu en France, Angel Puigmiquel est un extraordinaire dessinateur espagnol que je découvre d’un coup.

 

En gros tout ce qu’il a fait en bandes dessinées, publié entre 1941 et 1949, dans un magazine qui s’appelait « Gilsa ».

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C’était des histoires à idiotes comme les indiquent le titre que je traduis littéralement, dans le magnifique recueil qui s’appelle « El Ladron de Pesadillas y otras storias », les titres sont donc « SOS au musée diabolique », « Les Crimes du Gramophone » ou traduction du titre de l’ouvrage « Le voleur de cauchemars ». Ensuite avec sa femme architecte Cristina, il partira vers d’autres domaines et d’autres pays, il ira à Caracas, il fera de l’animation et des photos, selon Antonio Martin, passionnantes. Il sera compagnon de route des grands animateurs de l’époque comme John Hubley, il reviendra en Espagne et repartira, vu le climat politique, au Vénézuela, puis décidera de revenir en Espagne où il fera de l’animation pour la publicité puis se retirera. Il a donc eu une carrière mouvementée et c’est tout jeune, il a dix neuf ans, qu’il réalise les merveilles graphiques incroyables dont je vais vous montrer quelques bouts.

 

Imaginez quelqu’un qui ait la magie visuelle d’un Little Nemo revisité « fifties », du Jacovitti première période, des planches du dimanche de Gasoline Alley, du meilleur de Bottaro et quelque chose déjà de ce que sera un peu plus tard le magnifique « Gordo », de l’américain né au Mexique, Gus Ariola. Et bien c’est de cela qu’il s’agit.

 

Je découvre ainsi une courte et étonnante carrière pleine de merveilles, terriblement dans l’air du temps d’aujourd’hui, il y a encore quelques décors, quelques arbres, qui font penser à l’avant-guerre, il y a déjà quelques décors minimalistes qui font penser à ce que lui et d’autres feront en animation dans la période « Gérald McBoing » ou « Mister Magoo », il y a des arbres contournés, des bandits costauds avec des mitraillettes, des géants, beaucoup d’enfants, pour cette histoire pour enfants, un gramophone qui pleure son titre au travers de son pavillon, des trappes et des pièges comme chez le « Dr Seuss », des accumulations à la Dubout parfois et un usage de la couleur tout à fait étonnant, souvent des quasi monochromies qui changent totalement d’une case à l’autre. Et déjà dans certaines images du « Voleur de cauchemars », on projette sur un écran des films d’animation, ceux qu’il réalisera plus tard.

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Le livre est complété par quelques images en noir et blanc, reproductions d’originaux tout à fait passionnantes car on réalise aussi sec l’importance qu’il a porté à la couleur quasi expressionniste et qui change totalement le sens de son dessin.

 

On voit qu’il travaillait vraiment pour la couleur, un peu comme pour Roy Crane et son « Wash Tubs » pour les planches du dimanche.

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Pour moi ce n’est pas une découverte, c’est mieux que cela, une révélation.

 

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GLENAT ? OUI, MAIS GLENAT Espagne (11)

mercredi 29 septembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

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Ensuite Fernando devient technique. Il parle de dessin, de l’arrivée du rock avec Presley bien sûr mais aussi Franky Laine et les espagnols comme Mariano Mores qui, sur une photo, fait penser aux chanteurs italiens de l’époque.

 

Il explique qu’à l’époque il n’y avait pas beaucoup de livres pour apprendre le dessin. Un de Emilio Freixas et un autre publié en Argentine par Enrique Lipzic et deux autres dûs à des professeurs de la « Escuela Panamericana del Arte » qui apprenaient à dessiner au travers des leçons des plus grands argentins, de Breccia à Pratt, à Salinas en passant par l’humour (quino) et en expliquant les méthodes de travail de Caniff, de Foster ou de Robbins.

 

Apparemment pour lui le livre qui fit date fut « Técnica della historieta » et aussi « 150 famosos artistas » où on découvrait les grands illustrateurs d’Amérique du Nord mais aussi d’Argentine et quelques dessinateurs de bande dessinée.

 

Il parle du lavis, cette encre de Chine mêlée d’eau, que quelques français utilisèrent avec succès comme Poivet en France et surtout des grands italiens comme Molino ou Ferrari.

 

Il parle du scénario, de la couleur, et de toute l’épicerie qui fait le métier de dessinateur.

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Et bien sûr, il cite l’américain Andrew Loomis dont les cours de dessin sont définitivement les plus beaux qui soient pour ce qui est du XXème siècle.

 

Et l’on voit des exemples de tous les livres précités, et quelques croquis d’animaux, de Salinas apparemment pris sur le vif ou la manière d’utiliser une photo selon Breccia.

 

Il parle ensuite de tous ses amis, dessinateurs, à commencer par Toutain qui habitait en face de la Pédrera, la magnifique maison en forme de vagues de Antonio Gaudi.

 

On aperçoit Rafael Martinez avec un sac de hippie, il est encore chef des ventes de « Selectiones Illustradas » et pas encore éditeur pour son propre compte. On découvre à l’occasion des dessinateurs moins connus comme Francisco Cueto dont le dessin a quelque chose de l’économie de Breccia.

 

Ca donne envie.

 

Il parle ensuite des scénaristes dont un seul hélas est connu chez nous, le regretté Victor Mora, des illustrateurs comme Vincente Segrelles qui deviendra dessinateur de bande dessinée avec « Le Mercenaire », il y a une planche sublime de Salinas pour son adaptation du « Dernier des Mohicans », aussi belle que du Foster, et aussi élégante que du Alex Raymond.

 

Il finit en épilogue sur ses amis, éditeurs et auteurs, et du docteur Marius Petit, à Barcelone, qui l’opéra après sa crise cardiaque et lui sauva la vie.

 

C’est ensuite sans doute qu’il décida de mettre tout cela par écrit pendant qu’il était encore temps.

 

Et il finit sur une biographie qui ressemble à un curriculum vitae, comme si demain il devait proposer son travail à nouveau, à un nouvel éditeur, et comme si à nouveau il avait vingt ans et le monde devant lui. Et l’on finit ou presque sur une belle photo de groupe où ils sont presque tous là : le monde alors allait leur appartenir.

 

Puis il cite comme si ce n’était pas lui, quelques articles à son propos, élogieux, dont un de Fellini qui ne ratait rien et qui au moment où il travailla pour les « Fumetti per adulti » italiens sur « Zora », beau vampire dénudée, disait : « j’ai une grande admiration pour les arabesques créatives et oniriques de Fernando Fernandez sur « Zora » ».

 

Sur le dernier rabat du livre, il y a un cachet, celui de « Selectiones Illustradas », l’agence, à une époque ils avaient une boite postale ou un bureau peut-être à Londres, avec au-dessus sa référence : Fernando : 8M.

 

Il faudrait un éditeur fou en France pour traduire ce livre, non pas comme un ouvrage d’un dessinateur qu’on connait mal chez nous mais sur la bande dessinée, quelqu’un qui comprendrait qu’avec sa manière de ressusciter le temps, d’accumuler des détails, de parler de choses qui ont disparues, Fernando Fernandez est l’héritier de Georges Perec et un merveilleux raconteur des fabuleuses années 60 dans une Espagne en train de changer et dans un monde qui disparaît et comme un autre exaltant, du moins ce qu’on pouvait croire, va venir.

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GLENAT ? OUI, MAIS GLENAT Espagne (10)

mardi 28 septembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Fernandez on le voit beaucoup à cheval, imitant un rodéo sur un tabouret, montant soit des alezans espagnols, soit des criolos argentins.

 
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Et il part sur les dessinateurs de chevaux, d’autres maîtres du cheval en bande dessinée, discipline difficile s’il en est et où l’immense Salinas fut le maître, il nous en montre plein par plein de dessinateurs. Ceux merveilleux de l’argentin Arturo del Castillo et de son « Rendall » qu’on trouve en France quelquefois dans les petits fascicules, ceux de Freixas, symboliques, à peine esquissés, mais tout en mouvement.

 

Ceux, superbes, portugais, de Coelho pour Chicos. A l’époque il dessinait déjà sous le nom de Martin Sièvre dans « Vaillant » d’autres chevaux de Salinas, croquis rapides qui semblent surgis du XIXème siècle et des gravures de Daniel Vierge qui, pour les pays hispaniques, fut un peu leur Gustave Doré, ceux magnifiques surtout de son ami Carlos Roumé qu’il n’hésitait pas à comparer et il a sans doute raison avec ceux de Remington.

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Puis il y a quelques photos de modèles, connaissances et amies qu’il a fait poser. Elles sont belles, et les photos sont belles.

 

On voit les copains faire du judo sur la plage, pour simuler une scène de mouvements qu’il reprendra en bande dessinée, ou faire de la barque pour le plaisir.

 

Carlos Gimenez pose, la main tendue, allongé, pour essayer d’attraper son colt. A côté de lui, José Gonzalez pose avec une carabine Winchester et Esteban Maroto avec une carabine, la même que celle de Steve McQueen, ils sont dans les rochers et on se croirait dans un western espagnol ou dans un western italien tourné en Espagne comme c’était souvent le cas d’ailleurs.

 

Il parle des acteurs dont il copie les gestes, de James Dean mais surtout de Rock Hudson et de Robert Taylor et de Tyron Power, des acteurs à posture donc, reconnaissables même de loin par leur manière particulière de se tenir. Il parle des réunions de travail où seule l’apparence est bohème : tous travaillent comme des bêtes. Il y a même un chef de studio, histoire de maintenir la cadence. Il y aura même un comité autour de Toutain qui essaye de trouver des solutions pour délivrer aux clients éventuels, éditeurs étrangers souvent, des produits conformes à leur attente, que Toutain ensuite allait négocier. En jouant sur le change autant que faire se peut.

 

A un moment ils produiront des romans photos pour la collection Corin Telado donc et on en voit quelques images, où les dessinateurs de BD deviennent acteurs, des histoires de blousons noirs, des polars, des westerns.

 

Et il dit encore une fois son amour de Toutain, frère de cœur, pas le Toutain que j’ai connu, celui avec qui j’étais en compétition, mais un autre, qui apparemment fit à un moment précis, de Barcelone, une des capitales internationales de la bande dessinée, tout comme il y en avait eu une juste avant en Argentine, mais avec plus de succès et pour plus longtemps car le monde s’ouvrait soudain, vaste, devant eux.

 

La suite demain.

 

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