Le blog de Dionnet

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Scott Westerfeld : la tétralogie SF junior.
Je vous rebats sans cesse les oreilles de mon obsession sur la laideur des couvertures des livres de science fiction et de fantasy, n’ayant d’ailleurs à ce jour pas trouvé de solution définitive car en Amérique ces temps-ci, c’est pareil. Or l’Amérique au niveau des pockets a toujours eu dix temps d’avance depuis l’époque bénie où nous étions les meilleurs, nous les franco-belges, avec Dities puis J’ai Lu, Le livre de Poche et Marabout dans les années 60/70.
Mais des couvertures plus « mainstream » risqueraient d’être rejetées par les fans de base qui se sont habitués aux horribles couvertures habituelles plus ou moins directement héritées de l’iconographie des années 70 mais il n’est pas dit que les couvertures plus littéraires feraient lire par exemple le formidable Lucius Shepard par « les vrais gens » ni par « les vraies critiques ».
J’ai un bout de solution, en dehors de Beb Deum dont je vous parle ailleurs, il y a aussi quelques exemples d’illustrateurs dont un qui connaît ses classiques puisqu’il signe Howard Pyle, comme le plus grand illustrateur à l’origine de l’illustration américaine et dont les héritiers divers furent la belle dynastie des Wyeth, grand-père, père et petit-fils, tous formidables, commençant à la fin du XIXème siècle avec le grand-père et finissant avec des portraits posés de copains de Warhol à la Factory dûs au petit-fils, ils étaient eux-mêmes des élèves de Howard Pyle et de l’école de Brangwyn.
Le dénommé Howard Pyle que j’appelerais Howard Pyle 2, vient de nous donner quatre couvertures admirables pour une série de Scott Westerfeld, un auteur de science fiction pour adultes jusqu’à présent, qui se révèle tout à coup comme un génie de la série de science fiction adolescente avec une trilogie vitale :
« Uglies », des gens sales qui vivent dans des banlieues du tiers monde,
« Pretties » où ils se trouvent projetés dans une ville qui n’est peuplée que de fashion victimes conditionnées pour devenir des consommateurs parfaits,
« Specials » où l’on retrouve des espèces d’humains matinés de fauve qui font la police entre les deux et qu’il ne faut pas prendre avec des pincettes.
Evidemment, il y a un héros ou plutôt une héroine, une ancienne Ugly qui deviendra une Pretty puis une Special. On surfe dans l’espace, on y fréquente des adolescents rigolos et moins rigolos qui ne pensent plus que fêtes et dernier sac à mains à la mode,
au moment où les Specials arrivent, tout ce joli monde éclate.
C’est une merveille pour les adolescents puisque cela parle de choses qui les concernent.
Je suis moins convaincu par le quatrième volume « Extras » qui me donne un peu l’impression que la série continue malgré elle.
Ce n’est pas l’opinion de l’auteur qui dit ne pas avoir voulu se détacher de sa création, attendons les volumes suivants pour savoir si ça tient la route.
En tout cas, j’insiste pour que vous vous jetiez dessus :
c’est une excellente surprise, une série de science fiction pour ados, meilleure que la majorité des séries pour adultes, et puis il y a les fameuses couvertures que je ne peux m’empêcher de reproduire.






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