Le blog de Dionnet

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Tous les libraires du monde
Contrairement à ce que l’on croit, il reste des tonnes de librairies géniales partout dans le monde et qui résistent.
Les plus impressionnantes : au Japon, « Mandarake » à Tokyo, pas celui de Shibuya mais celui de Nakano à quelques stations de métro du centre.
En Amérique, l’incroyable « Strand » sur Broadway, avec ses sacs publicitaires qui portent la mention « 8 miles of books» : 13 kilomètres, et qui vient maintenant de rajouter deux étages supplémentaires de livres précieux où l’on pourrait passer des années, que dis-je, une vie. Selon un principe simple qui leur permet de vendre et de débiter beaucoup, certains libraires comme eux appliquent, se créant des fidèles réguliers, un prix qui varie suivant le prix d’acquisition qu’il multiplie par deux. Ce qui fait que suivant les cas, vous pouvez payer le même livre 40$ ou 100$, suivant votre pot.
Je vais vous parler maintenant des librairies françaises car il faut les défendre.
Les vraies librairies, celles où il y a un regard cohérent, un choix qui tient la route, quel que soit la taille dudit lieu, car le libraire est aussi à sa manière un éditeur. Par exemple, à Belle-Ile ou à Biarritz, il y a deux librairies pas très grandes mais où l’on comprend parfaitement la cohérence des choix. Et puis il faut voir si le vendeur ou les vendeurs, car parfois ça change suivant l’un ou l’autre, sont compétents, s’ils savent trouver ce que vous cherchez et si en conséquence ils peuvent vous indiquer autre chose, que vous auriez ignorée.
Je dois dire que côté espace culturel, je suis un peu lassé par le regard zombifié de certains vendeurs, alors qu’il y en a d’autres qui sont épatants. Il y a des fous furieux qui vous branchent tout de suite sur ce qui leur semble vital et aussi quelques morts vivants qui, même en allant sur l’informatique, ne semblent pas trouver ce que vous cherchez et n’ont pas l’air d’avoir envie de trop se fouler.
Il y aussi, dans lesdits espaces culturels, des gens admirables, et je me souviens en musique d’un vendeur de la Fnac Opéra qui était un diable et qui m’a fait acheter à propos de musiques de films, certains CD des classiques de leurs inspirateurs me faisant faire des découvertes considérables.
Evidemment, vous devez toujours préférer toujours les libraires de proximité, c’est comme les boulangers, quand plus tard il faut faire deux kilomètres pour acheter de la baguette qui rassis tout de suite, on se dit qu’il aurait fallu les aider.
Ceci dit, je suis un peu pessimiste pour les grandes surfaces car il ne faudrait pas que ça finisse comme à Los Angeles où le grand et superbe Virgin a fermé, le loyer ayant doublé. Résultat, il a été remplacé par quatre boutiques destinées à des commerces divers qui n’ont pas trouvé preneur et l’on murmure des choses terribles sur la montée des prix de certaines grandes enseignes qui ne font ni fringues, ni présentations de voitures laides sur les Champs-Elysées.
Cela fait longtemps que je ne suis pas retourné au « Furet de Nord » (la plus grande librairie d’Europe), mais je vous dirais que par exemple un des endroits culturellement le plus extraordinaire du monde, c’est la rue Dante, à Paris, France. Ce ne sont pas les cercles de l’Enfer mais ceux du Paradis car il y a d’innombrables boutiques et si l’on fait le tour de la rue Dante, de sa proximité rue Cochin ou Boulevard Saint Germain, on trouve tout, du DVD à la BD ou au manga, des originaux de bandes dessinées à des Jules Verne tout neufs et on peut dépenser tous ses avoirs (on dépense beaucoup plus qu’on avait prévu), mais au moins on ne perd pas de temps et on trouve presque toujours ce que l’on cherche.
Pour moi les deux endroits les plus merveilleux du monde en ce moment sont : A Santa Monica, pas loin de Los Angeles où il n’y a plus grand-chose. Quand vous êtes sur Broadway (attention, Broadway à Santa Monica, pas Broadway à Los Angeles, pas Broadway à New York), à hauteur de la promenade de la troisième avenue, il y a là, dans cent mètres carrés : une des meilleures librairies d’art du monde, juste en face de l’autre côté de la rue une autre librairie d’art avec plus d’occasion, plus pointue, juste à côté un « Barnes & Noble » tout à fait correct avec les nouveautés et de belles soldes, et plus loin encore, à cent vingt mètres au moins, une merveilleuse boutique dont je rêve de voir un jour l’équivalent en France et qui serait un mélange de boutiques de livres d’art, de boutiques de bandes dessinées et en gros le choix d’un regard moderne avec une surface dix fois plus grande : ça s’appelle « Hi De Ho Comics », il n’y a pas là le racisme ordinaire des boutiques de BD françaises puisqu’il y a l’underground, les comic books, des bizarreries, les mangas, des livres sur les grands illustrateurs et des revues totalement jetées.
A Turin, il y a la boutique de « Little Nemo », et je vous parlerais bientôt de leur nouvelle boutique, quand j’y vais, je suis émerveillé par les livres qu’ils vendent, il y en a peu mais c’est le meilleur choix possible, pour l’Italie.
D’une part, il y a ceux édités par « Little Nemo » qui sont des merveilles, j’y reviendrais, et d’autre part parmi des dessins originaux qui sont aux murs, il n’y a pas non plus de racisme culturel :
vous pouvez croiser Rackham ou Barbier, Jacovetti ou Pratt, Moebius ou Druillet, mais aussi Eddy Legrand et Magnus, et surtout y découvrir tous ces admirables illustrateurs italiens pour la grande presse d’avant-guerre comme Boccasile, Achille Luciano Mauzan (il fit une partie de sa carrière en France mais il est bien italien), et on peut tomber sur l’original d’une affiche d’opéra avec La Callas, dûe à un des maîtres précités, ou à une couverture pour une bande dessinée pour adulte genre « Jungla » très sexy ou, ça a été mon cas récemment, sur une planche de « Genius » dûe à Manara première période, qui compte parmi les plus intéressantes de son œuvre.
Je rêve de trouver la même chose en France avec ce que tout le monde attend mais aussi des choses qu’on n’attend pas. D’un autre côté, en France nous avons un avantage, il y a des dizaines de boutiques un peu partout et parfois il suffit de ne pas être paresseux et de marcher, et aller à une seule boutique à la fois est souvent largement suffisant car c’est comme les musées, si on en voit trop, on ne voit plus rien.




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