Le blog de Dionnet

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Lapin n°37, L'Association
« Lapin » revient, il était temps, car c’est un bon baromètre.
Sache cher Jean-Christophe Menu, que je n’ai pas la collection complète de « Métal Hurlant » et que ça m’énerve puisque je n’ai pas certains numéros de la revue correspondant à l’époque où je l’avais quittée. Je regrette ces trois ou quatre numéros car, au travers de l’ensemble qui n’est pas une pile bien haute en vérité, j’ai une bonne vision de l’air du temps avec les grands numéros, ceux totalement foirés et ceux qui hésitaient entre deux chaises.
Un jour, quand tu auras mon âge avancé, tu seras bien content de relire ta collection de « Lapin ».
Ce numéro 37 est très bien, y compris ton édito (aie pitié de mes vieux yeux qui ont du mal à le décrypter).
Ma petite préférence va à « la petite chronique de la dédicace » de Simon Hureau consacré à Albert Weinberg qui me fit penser à une convention de San Diego (c’était l’an dernier ou il y a deux ans). A une petite table donnée gratuitement, il y avait Ramona Fradon, dessinatrice de « The Aquaman » dont je n’ai jamais rien eu à foutre mais aussi d’une bande dessinée sidérante et quasi surréaliste : « Metamorpho, the Element Man ».
J’ai eu un comportement imbécile, lui demandant si elle avait des planches de « Metamorpho » à vendre puisqu’elle vendait des dessins.
Elle m’a dit qu’elle n’en avait pas, elle m’a montré ce qui lui restait... Pas grand-chose.
Je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas engagé la conversation, je le regretterai toujours, car j’ai toujours autant d’admiration pour elle. Mais c’était tellement triste de la voir dans ce petit coin, toute seule, que je me suis enfui comme un lâche.
PS : Depuis, un marchand de bandes dessinées m’a dit qu’effectivement, elle avait vendu, pas cher, toutes ses couvertures de « Metamorpho » et qu’un ou deux marchands s’étaient précipités dessus. Je suis donc arrivé après la bataille car j’aurais bien aimé en acheter une : elle est un de mes dix derniers dessinateurs préférés de tous les temps et dès lors, sans doute, lui aurais-je parlé.
J’étais jetlagué, abruti par le bruit et les milliers de fans rôdants à la recherche de dédicaces mais peut-être aussi que plus le temps avance, plus je peux retomber en enfance face à des auteurs qui ont enchanté ma jeunesse, redevenant l’ado pataud paralysé par l’admiration, se comportant comme un rustre.





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