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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Tous Ces Mots A Jamais Egarés (1ère partie)

mercredi 3 juin 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Vous remarquerez que dans ce blog, sciemment d’ailleurs, mais parfois simplement parce que je viens d’un autre temps, j’utilise des mots peu usités, vous obligeant peut-être à marcher jusqu’à votre dictionnaire.

Car chaque fois qu’un mot se perd, chaque fois qu’un mot disparaît, une idée précise disparaît qu’on ne pourra plus exprimer exactement autrement. Je me souviens d’une productrice de télé, dite intellectuelle, lors d’un très bref passage sur TF1 dans une émission de cinéma, qui m’avait dit que j’employais parfois des mots trop compliqués. Les gens n’ayant qu’un vocabulaire réduit, il fallait - même si nous en savions davantage - utiliser moins de mots. En gros, elle me demandait de réduire le vocabulaire des gens qui déjà en manquait, sans leur demander leur avis d’ailleurs.

J’ai pris l’habitude et je l’ai transmise à mes enfants, d’ouvrir le dictionnaire au hasard, comme quand j’étais petit et que mes parents me le faisaient faire, pour apprendre un mot que je ne connais pas.

D’autre part, la littérature actuelle est coupable puisqu’elle a choisi par démagogie et soi-disant pour créer un style vivant (j’appellerais plutôt ça un style mort surtout quand il est commun à plusieurs auteurs), un vocabulaire réduit ou ce trop fameux vocabulaire commun.

Et c’est désormais dans les ouvrages historiques, dans les grosses thèses poussiéreuses et dans les ouvrages théoriques où l'on est quand même forcé - si on fait son travail - d’utiliser le mot juste, que je trouve parfois des mots superbes, jamais utilisés.

Mais le peuple dont on veut le bien malgré lui, heureusement, continue à créer un langage vivant.

Il y a toujours dans certains cafés la culture gouailleuse issue des années 50, proche de Michel Audiard et de Maurice Tillieux, qui réinvente l’argot et il y a dans le nouvel argot des rappeurs - Ah ! le génie de NTM – des inventions verbales éblouissantes.
Car pour qu’une langue vive, il faut certes qu’elle conserve son passé mais aussi qu’elle invente son avenir et sa métamorphose (j’emmerde les académiciens français et les dictionnaires les plus huppés qui refusent certains anglicismes), mais j’en veux surtout à tous les dictionnaires révisionnistes, ce à quoi je viendrai demain.

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