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Au nord nord ouest d'Eden de gabriel Kopp
vendredi 10 juillet 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "
Je ne pense pas que l’auteur ait lu les grands maîtres de la science fiction théologique de l’Age d’Or. Il ne connaît certainement pas l’incroyable nouvelle de Lester del Rey, « Car je suis un dieu jaloux », ni « Les neuf milliards de noms de
dieu » de Arthur C. Clarke, ni même peut-être « Un cantique pour Leibowitz » de Walter Miller, mais n’empêche qu’il les rejoint et est à leur niveau.
D’abord, c’est une histoire de fin du monde, de la fin du monde telle que nous le connaissons. On va retrouver un corps quasi humain miraculeusement préservé, datant d’une période extraordinairement lointaine et inconcevable par rapport à nos connaissances actuelles. On va arriver à le faire parler, ou plutôt à le traduire, ce qui provoquera une mise en abîme théologique.
Il y a du Chesterton chez Gabriel Eugène Kopp qui connaît bien la religion et la renverse cul par-dessus tête.
Cette novella * est admirable et terrifiante. J’espère qu’elle sera traduite un jour pour nos amis américains. Je dis cela au cas où un éditeur américain me lirait, car elle est vraiment du niveau des grandes nouvelles américaines des années 60 : de l’Age d’Or, donc.
Ma seule réticence, je le dis à l’éditeur plus qu’à l’auteur, est que les deux annexes sont intéressantes mais je les aurais, quant à moi, supprimées. Elles explicitent ce qui s’est dit avant mais viennent un peu déliter le coup de foudre qu’est le texte lui-même.
En tout cas, voici un livre indispensable sous une couverture qui fait ce qu’elle peut mais qui ne donne pas vraiment envie, c’est dommage.

* Une novella est un court roman, trop long pour être une nouvelle, trop court pour être qualifié de roman et, curieusement, nous n’avons pas de mot français équivalent, ce qui veut forcément dire quelque chose.
Il y a, malgré plusieurs tentatives qui toutes échouèrent jusqu’à présent, assez peu de marchés en France pour la novella. Ainsi d’ailleurs, pour être franc, à part quelques maîtres pour les recueils de nouvelles et c’est bien dommage.



