Le blog de Dionnet

Liste des billets
Derniers billets
Archives
Liste des billets
Roman Graphique - 2ème partie
Le seul manque important dans le livre sur le roman graphique « Le Roman Graphique. Des origines aux années 50 » de David A. Beronä, paru aux éditions La Martinière, est le considérable auteur espagnol Helios Gomez, artiste magnifique qui participa à la guerre civile espagnole côté républicain, s’exila ensuite en France où il fut enfermé en 1939 puis emprisonné à nouveau à Marseille quand Pétain prit le pouvoir, avec 1500 autres espagnols qui avaient choisi la liberté en même temps que lui.
Il se retrouva ensuite aux travaux forcés en Algérie à Bou-Saada, avant d’être libéré par le Consul d’Espagne en 1941 et après quelques allers et retours rocambolesques entre l’Espagne et la France, il fonda l’Organisation de Résistance LNR (Libéracion Nacional Republicana) en 1944, fut à nouveau emprisonné en 1945 et enfin libéré en 1946. Il manifesta en 1947 pour le mariage des ecclésiastiques, fonda la « Casa de Andalucia », Organisation séparatiste qui fut dissoute puis reconnue en 1948. Il fut l’objet d’une grande exposition à Barcelone chez le marchand d’art Rosello mais pendant ce temps, il était incarcéré à nouveau et ce jusqu’en 1949, le Gouverneur des militaires des Baléares lui reprochant d’avoir tenté d’imposer une domination marxiste à Ibiza. Il fut libéré de manière provisoire en 1950 sans être innocenté, réemprisonné en 1954 comme membre du parti communiste puis miraculeusement libéré suite aux attendus, enfin, du procès de 1949 qui soudain l’innocenta totalement, ce qui ne l’empêcha pas jusqu’à sa mort en 1956, de continuer à faire de la politique, se réunissant avec quelques anciens de la guerre civile dans un café du commerce, refaisant le monde dans l’espoir toujours de le changer, jusqu’à ce qu’un problème rénal et hépatique provoque sa mort en 1956.
Personnage extraordinaire, beau comme un dieu (il avait un côté Dominguin, le torero), il fut un artiste magnifique, auteur de nombreuses couvertures et illustrations de livres, entre autres sur la révolution d’octobre. Il illustra en France et en Belgique nombre d’auteurs de gauche de premier plan comme Max Deauville et à Berlin en 1930, préfacé par Romain Rolland, il publia son chef-d’œuvre « Dias de Ira » (Jour de Colère en français), formidable graphic novel dont les textes de propagande sous l’image en font aussi un pamphlet, puis le graphic novel « Revolucion espanola », images sans textes, publié à Moscou en 1933, qui racontait sa guerre d’Espagne.
Il se rendit ensuite à Bruxelles pour publier un autre livre sur la révolution espagnole, « Viva Octubre », auquel succèdera « La fuite de Sangurgo » publié à Bruxelles, qui raconte son évasion d’une prison flottante dans le port de Barcelone en 1933 et ce pour ne parler que de ses romans graphiques, puisqu’il fut constamment actif dans la presse militante jusqu’à sa mort et même parfois depuis sa prison.
Je m’empresse d’ajouter que, comme les grands metteurs en scène russes du temps de Lénine et même de Staline (pour ceux qui arrivèrent à travailler encore), il transcende constamment la simple propagande pour aller vers la vie et que j’espère que la nouvelle édition de l’ouvrage que je vous ai cité hier fera un jour état de cet auteur absolument considérable sur lequel heureusement il existe un livre : « Helios Gomez », publié par Ivam Centre Julio Gonzalez et financé par la Généralitat Valenciana que vous pouvez sans doute trouver sur internet.
La suite demain.






Partager