Le blog de Dionnet

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Roman Graphique - 3ème partie
« Drawn and Quarterly » est un excellent éditeur canadien de Montréal qui publie (en anglais) entre autres la revue homonyme, une des meilleures d’aujourd’hui, autour de ce qu’on pourrait appeler la « world graphic litterature ».
C’est eux qui ont réédité « Southern Cross » de Laurence Hyde dont je vous parlais précédemment, préfacé par Rockwell Kent et dédié à Lynd Ward.
C’est un livre superbe auquel il manque seulement un insert (le livre a été édité en 1951), il était dû à Joseph Simon et représentait une coulée rouge sanglante, qui fut ajoutée après l’explosion de la bombe atomique à Hiroshima.
« Contes des Mers du Sud », comme aurait dit Stevenson. L’histoire des gens qui vivaient à Bikini quand la bombe atomique explosa. Bien sûr, c’est un rêve : on les avait tous emmenés ailleurs (Bikini, oui, comme le maillot de bain, un marchand de fringues malin ayant trouvé le nom formidable puisqu’il était à la une de tous les journaux).
Pour la petite histoire, Hyde qui vivait au Canada disparut ensuite des radars pour certains, puisqu’il se consacra essentiellement au dessin de timbres pour la poste canadienne, ce qui me donne à penser qu’il faudra bien un de ces jours, réétudier la philatélie à l’aune de l’art, car nombre d’œuvres superbes du passé furent des timbres et ces temps-ci dans quelques pays, en Amérique et en Espagne entre autres, c’est à nouveau un art considérable où l’on trouve nombre de chefs-d’œuvre dus à des artistes d’importance, ce que personne ne semble remarquer désormais.
Faisons comme avant-guerre dans « la revue filmée », relançons la critique philatélique artistique car pour que les timbres soient beaux, il faut bien que quelqu’un en parle à nouveau, surtout quand ils sont laids, afin de réveiller les décideurs qui désormais semblent avoir oublié que papier, monnaie et timbre pourraient comme de par le passé, être commandés aux plus grands : combien d’œuvres d’art ont une diffusion aussi considérable ?
Je n’ai pas oublié bien sûr la pièce de 5 francs de « l’abstrait lyrique » Mathieu qui était quand même gonflée. C’était sous Pompidou, je crois, j’en suis même quasi sûr.
Pompidou, le dernier président qui ait eu du goût en architecture, car c’est à lui qu’on doit entre autres Beaubourg qui maintenant fait partie des monuments de Paris.
Depuis, entre les édits de la ville de Paris et ceux du gouvernement, c’est la catastrophe, à part la Pyramide de Pei au Louvre : du monstrueux Opéra Bastille en passant par La Grande Bibliothèque et au saccage sans doute dû à la mairie d’alors qui consista à détruire ce qu’avait fait Guimard : toutes ces entrées de métro magnifiques remplacées par des horreurs absolues ou la disparition d’endroits magiques comme La Brasserie Pigalle où tout désormais vaudrait une fortune et qui a été remplacée par un lieu sans joie et sans odeurs. La Brasserie Pigalle était due à Georges Jouve en grande partie, les lampes étaient sublimes, les sièges étaient parfaits et regardez ce qu’est devenu Le Louxor, ce merveilleux cinéma arabe dans le style pharaonique dont Jack Lang avait classé la façade mais dont l’intérieur fut détruit.
Une histoire de fous : on y fit une boîte pour V.I.P. Passée l’inauguration (j’y étais) où les Rolls déversèrent de sublimes pétasses en vison, l’affaire tourna mal. Les clients se firent justement dépouiller, la provoc' a ses limites territoriales. Et maintenant le Louxor est à nouveau l’objet de travaux qui ne me disent rien de bon car une des façades a été malgré tout détruite pour occulter le night club.
Et je me dis que, oui, Paris est mal barrée car c’est du tourisme que nous allons vivre désormais, maintenant que nous sommes un pays du demi-monde plutôt que du tiers monde.
Comment j’en suis arrivé à parler de ça à propos des romans graphiques, je me le demande encore...
La suite demain.





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