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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Les Photographes italiens - Federico Garolla

mercredi 9 décembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Chez SilvanaEditoriale encore, un autre photographe à l’honneur, à l’occasion d’une exposition à Caraglio. C’est « Federico Garolla – L’occhio del tempo – Fotografie dal 1948 al 1968 ».

Il est tout à fait passionnant puisque Garolla est, on peut le dire, de la génération suivante. Ce n’est pas pour rien qu’il rejoint parfois, comme avec son portrait de Lea Massari, ce que se fit au cinéma alors, Lelouch puis Sautet, visages entrevus en reflets dans une vitrine et certains photographes anglais des années 60/70. Et l’on retrouve Rossano Brazzi qui était jeune et superbe chez Ghergo et qui ici, est toujours superbe, plus vieux, devenu prince du mélodrame.

Il photographie en situation, des metteurs en scène, comme Pietro Germi qui a l’air ici de vouloir voler une bicyclette, des mineurs, des collections de mode dans la rue, des défilés dans des palazzi, des pêcheurs, des manifestations, des gens du monde, des gens de la rue, Luchino Visconti montre à un acteur le geste qu’il doit faire, Audrey Hepburn réfléchit devant son miroir, Gassman s’envole comme un danseur de ballet, Lattuada fait une sieste dans l’herbe la tête posée sur un journal, des enfants naissent dans une maternité, un homme attend dans une gare assis, sur un diable, des orphelins au garde à vous attendent dans un escalier interminable, sous le regard d’un prêtre figé, Chirico s’ennuie dans un festival, Claudia Cardinale ne se rend pas bien compte qu’en prenant ses notes, elle nous dévoile, jambes pourtant presque fermés, un peu de son intimité.

Encore un livre merveilleux sur un photographe merveilleux que nous ne connaissions pas et où ma photo préférée peut-être, est celle de Vittorio De Sica descendu de voiture, dans l’embouteillage d’un tunnel, pour aller allumer une cigarette ou une anticipation des photos de Jean-Paul Goude en 1963, comme Garolla photographie en ombres chinoises le show d’une émission de télé pour Studio Uno.

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Décidément, dans le monde de la photographie, il y a des continents perdus, et je me souviens d’un photographe anglais plutôt spécialisé dans le Swinging London qui fit comme par erreur une image qu’on attribuerait sans aucun doute à ce que fit Helmut Newton un peu plus tard et que Newton n’a sans doute jamais vu : synchronicité.

J’ai parlé de la Chine et de la Russie mais il reste toute l’Asie, et tous ses pays qui furent longtemps « russifiés » et il y eut d’immenses photographes en Amérique du Sud, particulièrement en Argentine et au Mexique, dont j’ai vu des photos et dont souvent j’ignore le nom.

A quand une grande expo un jour où tous les photographes du monde viendraient se donner la main et où nous découvrirons avec étonnement, qu’un peu partout, la même année ou presque, parfois à la même seconde, d’innombrables photographes ont vu la même chose de manière semblable ou la même chose encore de manière totalement différente, et aussi des choses impossibles ailleurs qui n’existaient que là-bas.

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