Le blog de Dionnet

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Sans dessus-dessous The Upside Downs - 2ème partie
C’est le cas de Peter Maresca qui, après une petite période d’oubli relatif, a remis « Little Nemo » à l’honneur avec maintenant 2 volumes géants et c’est le cas de Maresca encore et toujours avec sa maison d’édition Sunday Press qui republie en un grand format oblong magnifique « The Upside-Down World » qui contient toutes les planches du dimanche de Gustave Verbeek parues entre 1903 et 1905, c’est-à-dire l’intégralité de son court séjour dans la bande dessinée américaine.
Le livre est sublime et se passe d’explications puisque la présentation fait bien le tour.
On y voit les débuts de Verbeek, en France, dans « Le Chat Noir », et grâce à Martin Gardner, on le compare avec tous les maîtres de ce qu’on appelait les « Upside Down » et que j’appelle les « Sans dessus-dessous », c’est-à-dire toutes ces œuvres faites pour être lues à l’endroit puis à l’envers. A commencer par le grand illustrateur de livres pour enfants Peter Newell qui n’hésita pas à faire par exemple un livre en pente au sens propre, et qui est bien difficile à ranger dans une bibliothèque, ou un livre avec un trou au milieu : une météorite traversant toutes les pages et provoquant à chacune de celles-ci des dégâts considérables et qui fit un « sans dessus-dessous » intitulé « The Naps of Polly Sleephead ».
Il parle aussi de tous ces exemples au XVIIIème et au XIXème siècle, de caricatures et de portraits chargés sans dessus-dessous, ou d’autres illustrateurs, comme le très distingué Rex Whistler qui était un prince du bois gravé et du Upside Down, pour en arriver enfin à Verbeek qui travailla pour le New York Herald à la période où, coïncidence, Peter Newell s’y essaya aussi, le temps d’une saison.
Gustave Verbeek était hollandais. Hearst, faisant son tour de la terre, l’avait peut-être trouvé sur le chemin de l’Allemagne où il alla chercher Feininger et il essaya semble-t-il de conquérir d’autres maîtres du dessin français : ce en quoi il échut, c’est peut-être dommage mais les français à ce moment là, n’avaient aucune raison de s’expatrier.
Les peintres, les dessinateurs qui s’expatrient, c’est une autre histoire et les raisons en sont souvent financières car certains viennent de pays où ils ne gagnent pas leur vie et découvraient l’Amérique avec émerveillement, tout comme le formidable Igor Kordey qui doit être très content d’être devenu, en bande dessinée, un des auteurs phares en ce moment en France.
Et je me souviens de mes difficultés à mes tous débuts, quand la Cartoon Editor de
« Playboy », Michelle Urry, qui nous a quittée récemment, essaya de trouver des dessinateurs français qui voulurent bien travailler à « Playboy » pour des salaires très conséquents.
Et seuls, deux ou trois dessinateurs qui travaillaient en France pour la presse de charme comme Loup, acceptèrent.
Michelle Urry subit d’autres difficultés, elle adorait le travail de Mandryka mais ne réussi pas à l’imposer et quand elle rencontra Jean-Claude Forest et quelques autres, le fait que le copyright appartiendrait à « Playboy » d’une part (ce qui n’était pas si grave car « Playboy » faisait de beaux livres), mais surtout le fait qu’ils ne reverraient jamais leurs originaux, les fit refuser ce qui était normal.
(Je ne savais pas que cela aurait pu s’arranger et elle ne m’en avisa point, puisque certains illustrateurs dudit « Playboy » comme Gahan Wilson avaient obtenu dans leur contrat, la restitution de leurs originaux).
Demain, c’est juré, on arrête de disserter et on parle de Verbeek pour de bon.








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