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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Valéry aux pays des merveilles

vendredi 18 décembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

L’extraordinaire Françis Valery (francis.valery@mail.be) continue ses micro éditions qui passent en-dessous du radar de tout le monde et les améliore à chaque fois puisqu’il publie des chefs-d’œuvre en noir et blanc et les annonce pour bientôt en couleurs. J’y reviendrai.

Il publie aussi un bulletin formidable de science-fiction et un autre de jardinage, des recueils de nouvelles oubliées d’auteurs magnifiques qui sont parfois de simples plaquettes, parfois de gros volumes.

La plus belle réalisation récente étant dûe à O. Lebeck qui aurait, selon Françis Valéry et c’est bien possible, découvert Walt Kelly dont il a effectivement publié quand il était éditeur de comic books, les premiers fascicules, bien avant Pogo.

Quant à Alden McWilliams, c’est un dessinateur qui m’est cher. Un anonyme souvent, puisqu’il a travaillé avec Williamson, Prentice et les autres, sur ses séries sans fin toujours admirables, que furent « Rip Kirby » de Prentice, « X9 » période Williamson ou « Star Wars » période Williamson.

Il nous a donné, seul, quelques très jolies histoires dans « Creepy » ou « Eerie » chez Warren, a un peu travaillé pour le comic classics, la seule œuvre marquante étant la suite de « Black Hood » de Alex Toth dont il repris la suite (l’autre ayant comme d’habitude lâché la série après son premier numéro).

Et on lui doit, au format de poche, un formidable « Dracula » paru dans les années 60/70 qui se révéla être une des adaptations les plus fidèles de Stoker.

Quant à « Terres Jumelles », c’est un beau space opéra sixties qui parut en France ( à peu près en même temps ou juste avant ou juste après, je ne sais plus, que les « Sky Masters » de Kirby et Wood dans « Hurrah » dans les années 60), une histoire de station orbitale qui me fait penser au merveilleux space opéra français de Zwoboda
« Croisières Sidérales » où l’intérieur de la fusée ressemblait à un night club art déco.

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Ici, c’est la station de l’espace avec piscine, solarium et petites tenues pour l’Amérique (rhabillée pour la France avec des jupes longues et des pulls à cols roulés qui n’étaient pas si mal faits ma foi et avec des seins proéminents qui étaient ramenés à une taille moins suggestive).

Ca a été aussi réédité en Amérique mais comme il est parti de « Hurrah », Francis Valery nous montre les planches en couleurs, du dimanche donc, sur presque deux ans, à partir de 1953. Vous verrez que les couleurs sont tout à fait charmantes, merveilleusement datées, puis il passe au noir et blanc pour celles qui ne sont pas parues chez nous et dans le format oblong qui était l’habitude sur cette série, où l’on éliminait une image quand on passait à la verticale, image forcément moins utile que les autres au niveau narratif, mais astuce de récit oulipienne qui a toujours fait mon ravissement. Son édition d’ailleurs est supérieure à l’édition américaine parue il y a quelques temps puisqu’il a retrouvé une planche de 1953 qui manquait.

On attend la suite, vous verrez, c’est magnifique.

C’est tiré à 99 exemplaires alors il faut se dépêcher.

Il a aussi publié il y a quelques temps la plus belle bande dessinée de science fiction des années 50/60, « Le Musée de l’Espace » (« Space Museum ») de Carmine Infantino, grand dessinateur qui était souvent gâché par ses encreurs un peu mous, même si ils avaient du talent (voir Murphy Anderson) et qui procédait parfois à des dessins secs, élégants, comme des croquis d’architectes.

Il se considérait d’ailleurs plus comme designer que comme dessinateur et pour certaines histoires de « Coco le singe qui parle » et pour presque tous ses Musées de l’Espace (il signait alors Cinfa), il faisait lui-même un encrage très simple qui ne venait pas embellir inutilement ses crayonnés, du post Frank Lloyd Wright en somme. Il devrait nous redonner tout ça bientôt, patience, en couleurs.

Je reviendrai sur ses autres parutions bientôt en espérant, vu lesdits tirages, que ce ne sera pas uniquement des ouvrages épuisés mais alors bien fait pour vous, cela vous obligerait désormais à les lui acheter quand ils sortent.

Je me souviens, n’ayant pas été assez vigilant, d’avoir raté certaines rééditions qu’il avait faites à 20 exemplaires !

En plus, contrairement à beaucoup de « professionnels », notre ami Valéry ne dit presque jamais de bêtises. Il connaît bien la science fiction et travaille d’ailleurs avec La Maison d’Ailleurs à Yvernon et fait partie donc des pointilleux fous comme Pierre Versins et comme Gyger, le conservateur actuel, qui a su magnifiquement reprendre le flambeau dudit établissement.

Mais j’arrête pour aujourd’hui à propos de Valéry qui n’est pas à ma connaissance parent avec le poète un peu oublié du millénaire dernier.

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