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Humbug, enfin - suite
jeudi 28 janvier 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "
Ils étaient devenus comme un vieux couple, d’accord sur tout au fil du temps, ils pensaient tous avoir raison, ensemble, contre le monde entier.
Ils
voulaient faire quelque chose de plus sophistiqué que Mad et même que Trump, retrouver quelque chose de l’humour intellectuel qu’il y
avait dans les « Colleges Magazine », en
gros dans le Harvard Lampoon qui
allait devenir le National Lampoon.
Mais
ils arrivèrent encore trop tôt.
Arnold Roth était devenu l’autre chef avec Harvey et ce dès Trump.
Ils bouffaient ensemble, rigolaient ensemble, vivaient presque ensemble. Ils étaient revenus au format comic book de Mad.
Ils
vendaient Trump pour un prix ridicule, quinze
cents, alors
que la plupart des magazines était à vingt-cinq cents, (les
seuls qui pouvaient se permettre de vendre pour un prix aussi bas étaient ceux
qui vendaient des tonnes et
qui avaient de la pub, comme Life). Même
« Playboy » coûtait beaucoup plus cher.
Ils
étaient presque au prix d’un comic book ordinaire, qui
à l’époque coûtait dix cents.
Alors
il se passa quelque chose qui s’est passé un grand nombre de fois en ce qui
concerne de nouveaux magazines pas conformes à la norme : les
distributeurs ne surent pas quoi en faire. Ce
n’était pas un comics malgré son format, ce
n’était pas un magazine à cause de son format.
Ca
ne marcha pas.
Ce qu’il y avait de bien dans Mad, c’était les parodies systématiques qui faisaient toujours entre six et huit pages et ce qu’il y avait de nouveau dans Humbug, c’est que tout était possible, comme dans un vrai magazine.
Comme ils n’avaient pas de budget pour la couleur, ils choisirent la bichromie qui était fort à la mode (c’était le temps de « Selection du Reader’s Digest » où les plus grands illustrateurs américains qui travaillaient aussi pour le Saturday Evening Post en couleurs, faisaient de la bichromie : « Selection » vendait cinq millions d’exemplaires en Amérique).
Leur utilisation de la bichro était magnifique mais elle dûe éloigner par son minimalisme ceux qui étaient habitués aux magazines et aux comics en couleurs.
Et au lieu d’en rester à la parodie des genres populaires comme dans Mad, ils s’attaquèrent à la politique, ou aux classiques de la littérature.
Ce
fut aussi un magazine qui, avant tous les autres, critiqua « l’american
way of life » avec un brio inégalable.
Mais
là aussi il venait trop tôt.
Dès le 1 de Humbug, le voyant d’alarme s’alluma.
La suite demain.




