INSCRIVEZ VOUS !
L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

Liste des billets

La bibliothèque de Bebel - 6ème partie

mercredi 10 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Il y a tous ces dessinateurs que nous ne connaissons pas et à propos desquels nous avons bien tort.

En fouillant mes caisses, je retrouve des bandes dessinées dont j’ignore tout et où je me dis que décidément nous n’avons pas encore fini le tour du monde.
Ainsi, de l’étonnante revue italienne « Skorpio » qui mélangeait rééditions et œuvres originales, avec des trucs assez classiques mais surprenants comme « Gli Avventurieri » dessiné avec compétence par Gomez Sierra et écrit par Robin Wood.
C’est là aussi qu’on a découvert Enrique Breccia bien avant la France, mais j’ai un faible pour la belle histoire « La Caccia » écrit par Ricardo Ferrari et dessinée par Oscar Capristo, en noir et blanc, qui anticipe sur les expériences d’Eduardo Risso et qui est une merveille : indiens shamans et oiseaux qui voient tout.
Je me demande ce qu’est devenu l’auteur.

Biblio-Bebel6_462x462

Dans un autre album retrouvé chez Xenia Edizioni, « Capolavori del Terrore », il y a une adaptation d’Edgar Poe et de « La Chute de la Maison Usher », dessinée par Luca Rossi qui s’avère, davantage que Enrique Breccia, être le vrai disciple d’Alberto Breccia.

20100215114826_00001_462x462

Et enfin venons-en à une série plus récente, dont j’ai retrouvé la collection, « Brendon », elle fait partie des séries sans fin, éditée par « La » Bonelli, la belle maison d’édition de Sergio Bonelli. En France nous avons des albums que personne ne lit mais que les italiens nous envient, car ils sont grands et en couleurs, et moi j’envie les italiens qui ont des magazines comme « Nathan Never », « Tex » ou « Dylan Dog », qui permettent à des dessinateurs de se faire la main puis de dessiner de grandes séries, avec parfois l’inconvénient de l’avantage : l’obligation de fournir beaucoup de planches leur procure une grande habileté mais fait parfois que leur trait se ferme et ils cessent d’évoluer, problème de la surproduction.
C’est chez Bonelli que l’on trouve désormais certains dessinateurs qui eurent leur heure de gloire dans la bande dessinée classique comme Esteban Maroto qui a plutôt bien évolué, et c’est surtout chez Bonelli qu’on retrouve Giuseppe Franzella qui travaille sur « Brendon », qui est jeune, puisqu’il est né en 1972 à Palerme.

20100215114753_00001_462x462

20100215114720_00001_462x462

Il a un beau dessin, gothique, mais qui en même temps va à l’essentiel, un peu comme Frank Robbins avec lequel il n’a rien à voir.
Presque tout ce que j’ai lu de lui valait le jus.

Je me permets de vous montrer une page très évidemment inspirée par « Elektra », période Frank Miller, je trouve sa fausse « Elektra » à la fois plus sexy et en même temps plus dangereuse que celle des américains, et beaucoup plus convaincante.

20100215114650_00001_462x462


Voilà l’avantage qu’il y a à fouiller dans des caisses sans fin pour redécouvrir un jour, comme si c’était un cadeau qu’on s’était envoyé à soi-même par-delà le temps, des choses qu’on a ignorées en les accumulant et qui tout d’un coup sont révélations.

D’autant que j’oublie à la seconde un ou deux autres dessinateurs extraordinaires qui ont travaillés pour Bonelli, entre autres pour « Dylan Dog » ou « Nathan Never », et qui depuis ont disparus des radars, peut-être parce qu’ils ne produisaient pas assez vite et que je n’ai pas vu ressurgir ailleurs.

On y reviendra.

Biblio-bebel6-2_462x462
Biblio-Bebel-6-1_462x462
Commentaires (4)

Partager