Le blog de Dionnet

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Après trop de space opérettes un retour au space opéra ! - 4ème partie
Pour faire le point donc, j’espère que vous n’avez pas manqué pas la magnifique anthologie publiée l’an dernier par Bragelonne qui s’appelait « N.S.O », ah ! cette espèce de règlementation démodée qui nous donna « T3 » pour « Terminator 3 » et qui en fait encore des petits, hélas. Heureusement, c’est sous-titré pour ceux qui n’auraient pas compris et dont je fais partie, volontairement, « Le Nouveau Space Opera »
C’est Gardner Dozois et Jonathan Strahan qui s’y collent et ils font admirablement en préface le tour de ce retour du space opera qui, comme je l’ai dit auparavant, est souvent déguisé sous des couvertures et parfois une appellation fantasy, histoire d’attirer l’amateur de Hobbits et de Mary Gentle.
Le nouveau space opéra, je l’ai d’abord voué aux gémonies, dans les années 70, à cause surtout de « Star Wars », dont on savait qu’il allait provoquer une régression considérable dans l’imaginaire de la science fiction qui à ce moment là atteignait un apogée, je dirais que, passée la désertification écologique de la science fiction et surtout de la spéculative fiction du vide qui s’est créé est peut-être en train de sortir quelque chose.
Et que la confusion des genres désormais entre fantasy et science fiction ne me gêne plus du tout,
peut-être parce que j’ai été éclairé par le bel ouvrage de Jacques Baudou, puisque l’autre livre qui m’a exalté récemment et sur lequel je reviendrai une autre fois, est une série consacrée à « Merlin l’Enchanteur » dont je parle en PS.
Dozois et Strahan font bien le tour du genre et rappellent la manière dont la renaissance se fit autour de « Ender » et de quelques autres auteurs, qu’ils comptabilisent.
Ils rappellent, en flash back, les premiers temps du genre, de Jack Williamson à Edmond Hamilton, les pères fondateurs, ils nous rappellent aussi la magnificence de Leigh Brackett et la génération suivante avec ses maîtres absolus :
Poul Anderson, Charles Harness et le plus grand, Alfred Bester.
L’époque flamboyante où l’on ne pouvait s’empêcher d’attendre tous les trois mois le nouveau volume du cycle des « Dorsai » de Gordon R. Dickson et où on se brûlait aux feux barriolés de Delany ou de Zelazny.
Ils n’oublient pas de rappeler l’immensité de Cordwainer Smith, le plus grand peut-être, même si je ne considère plus Cordwainer Smith comme du space opéra mais comme un grand inventeur de mythologie de la fin du dernier millénaire, à l’égal de Mervyn Peake, avec son cycle de « l’instrumentalité », qui devrait bien un jour être réédité autrement que sous l’étiquette science fiction.
On y verrait que ce singulier personnage, inventeur dans une première vie, de la guerre psychologique, ennemi de Mao et compagnon de route de Tchang Kaï-Chek, fit sur le tard une des œuvres les plus importantes, tous genres confondus, de la littérature mondiale de la fin du siècle dernier.
Les auteurs, pour reparler des années 70, n’oublient pas Iain Banks et son « Cycle de la culture », et plus tard de fortes personnalités comme Dan Simmons.
Et soudain, il apparaît comme évident qu’en fait ce retour du space opéra est fort différent de la naissance du genre où l’on songeait encore à la conquête de l’espace prochaine et où l’on croyait encore que nous n’étions pas seuls, désormais cela ne nous préoccupe plus semble-t-il.
La suite demain.





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