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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Après trop de space opérettes un retour au space opéra ! - 5ème partie

vendredi 5 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

En fait, le retour du space opéra c’est le retour au grand récit mensonger et magnifique, aux romans historiques au XIXème siècle, que ce soit le libidineux Michelet, dans ses livres dits d’histoires qui étaient avant tout de belles histoires de passion et surtout de l’immense Alexandre Dumas qu’on a fini par croire davantage que l’histoire véritable.

Ce que déjà Dumas nous racontait, c’est que contrairement à tout ce qu’on nous dit désormais, il n’y a pas de destin des nations, il suffit de quelques individus quelque part, pour changer l’histoire à tout bout de champs. Nous ne sommes pas un grand troupeau : il suffit de quelques troublions pour que quelque chose soudain se passe.

Je vous ferais court par contre sur le livre lui-même, même si j’ai un faible pour la nouvelle de Kage Baker (une histoire d’imbécile heureux sur Mars, entre Sheckley et Bradbury), pour l’histoire de Tony Daniel (des Roméos et Juliettes dont les contacts sont rendus difficiles par un éco système particulier qui les sépare), pour Gregory Benford et son récit d’humour quantique, pour la belle histoire de Nancy Kress qui parle des convergences et des divergences entre l’art et la guerre.

Mais j’ai surtout aimé deux nouvelles, extraordinaires toutes les deux : une de Dan Simmons, auteur irrégulier mais immense quand il le veut bien, qui brode ici autour du  théâtre de Shakespeare et d’une réprésentation d’une de ses pièces, dans le futur, qui peut changer le destin de l’univers entier et où les comédiens doivent éviter un xénocide, si vous ne comprenez pas ce que je veux dire, c’est que vous n’avez pas lu « Ender » : regardez dans votre dictionnaire…

Dan Simmons fait accessoirement une des analyses les plus passionnantes que j’ai lues de Shakespeare et de ses incohérences qui sont justement ce qui le rend fascinant : il n’a pas de soucis de vraisemblance, préférant fouiller droit au cœur.

Mais plus encore que Dan Simmons, ce qui m’a ravi et touché c’est que l’auteur le plus novateur, le plus passionnant, le plus jeune en quelque sorte de tous ces écrivains du nouveau space opéra, est un grand ancien de la vague précédente, un peu comme dans les années 70 quand on avait rangé Heinlein dans les maîtres du passé, lorsqu’il nous donna tout d’un coup « En terre étrangère », devenant le gourou de toute une génération y compris, tant pis, de Charles Manson.

Ici, le maître ancien c’est Robert Silverberg, avec une fable qui pourrait être du Cordwainer Smith ou faire partie des 1001 nuits, et un de ces textes qu’on n’oublie pas une fois qu’on les a lus.

Je suis donc venu vous dire que malgré son titre, « N.S.O. » est  un formidable ouvrage qui donne beaucoup d’espoir dans le space opéra nouveau avec des gens que vous allez découvrir et que l’époque se prête diablement à une résurgence du genre, puisque nous sommes au milieu d’une crise.

 

La suite demain.

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