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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Après trop de space opérettes un retour au space opéra ! - 6ème partie

lundi 8 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Il ne faut jamais oublier que la crise de 1929 fit surgir des joyaux absolus dans le monde de l’imaginaire, au cinéma surtout, avec tous les grands films de Universal, « Frankenstein » en tête, mais aussi dans la science fiction dite de « l’Age d’Or ».

Face à un avenir immédiat sombre, on inventait des surlendemains forcément exaltants, même si lointains, faisant rêver, faisant oublier la misère.

Je m’aperçois d’ailleurs, je fais encore ici un détour, que dans mon parcours un peu prédateur où j’allais chercher partout et dans tous les domaines (et à un moment au cinéma) ce qui se passait de plus intéressant,

écumant pays à pays, j’ai toujours surfé sur ces moments de crise : le Japon où venait d’éclater la bulle économique et qui se renouvela soudain au cinéma, voir Kitano ou Miyazaki, la Corée du Sud qui avait peur hier mais qui a encore peur aujourd’hui, d’une annexion possible par la Corée du Nord, la Thaïlande en pleine mutation, et encore et surtout, juste avant, Hong-Kong, où dès les années 70 le compte à rebours était commencé : les metteurs en scène que j’aimais, et que j’avais rencontrés débutants, savaient que bientôt ils seraient chinois, ils pensaient qu’ils ne pourraient pas continuer à réaliser avec la même liberté.

Ils se sont d’ailleurs trompés en partie mais cela a donné un cinéma magnifique.

Les crises étant donc idéales pour la création artistique, nous devrions avoir une belle embellie pour bientôt.

PS : Paru aux éditions Calmann Levy, « La louve et le Démon » est le second tome de la série « Arthor », après « Le Dragon et la Licorne » d’Alfred Angelo Attanasio, sous une couverture qui ferait vomir un rat et qui repoussera les gens qui cherchent des livres ambitieux, c’est Alain Brion pour une fois peu inspiré.

Cette série (on attend la suite), est pour l’instant magique.

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C’est le cycle d’Arthur donc, des milliards de fois adapté mais cette fois-ci à l’aune de la physique quantique et des variations infinies provoquées par les photons fantômes, provoquant d’innombrables possibles dans le multiverse.

A.A. Attanasio retrouve ici la magie de son chef-d’œuvre de science fiction « Radix ».

Sa description d’un univers de fées, de sorciers, créatures de lumière, de licorne et d’arbre monde, est d’une violence visuelle rare et en même temps suave : on dirait des statues en verre filées comme ce que faisait Venini à Venise dans les années 70, du technicolor pour daltoniens, de la peinture sur velours fluorescente.

C’est de la fantasy et en même temps cela fait penser aux grands space opéra flamboyants, tombeau du genre dans les années 70, que furent « Babel 17 » ou « Nova » de Samuel Delany.

PS 2 : Ca y est, j’ai compris de quoi parle « Elantris », mais aussi « Brasyl » de Ian McDonald que je viens de finir.

Du fait qu’il faut accepter, comme fait accompli, la fin du monde, que nous vivons au jour le jour, en voulant l’ignorer, sous peine de ne pas comprendre qu’ensuite peut-être un autre monde surgira.

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