INSCRIVEZ VOUS !
L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

Liste des billets

La bibliothèque de Bebel - 12ème partie

mercredi 17 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Dans une vieille chemise, format 30 x 40, rouge vif à l’origine sans doute, maintenant solarisée et devenue un peu orangée, j’ai retrouvé, puisque je découpais systématiquement dans le journal Vaillant dont j’achetais des grosses reliures soldées pour presque rien, tout ce que je voulais garder expressément, terrible sacrilège que je ne regrette pas vraiment, quelques planches de Le Guen que j’avais oubliées.

C’est ainsi que j’avais contrecollé tous « Les Pionniers de l’Espérance » et tout le reste de ce qu’avait fait Poïvet, sur de grands cartons noirs, c’est ainsi que j’avais découpé tout « Le Concombre Masqué » de Mandryka qui paraissait dans un format à l’italienne, et aussi donc quelques histoires complètes de Le Guen, l’auteur du premier héros « intégré » de la bande dessinée française, « Nasdine Hodja », avec au dos des bouts de planches d’une histoire de vikings dûe à Cohelo devenu en France Martin Sièvre, qui étaient des merveilles et que j’aurais dû garder.

20100316110210_00001_462x462

Rome, ma ville n'est plus

Ces quelques histoires brèves de Le Guen ont été d’étranges madeleines Proustiennes, comme l’histoire en deux pages (c’est un peu rapide), « Rome, ma ville n’est plus », où l'on assiste d’abord à un incendie qui détruit Rome puis à la disparition de Pompéi, en quatre pages, un peu comme « La vie de Lénine » de Poïvet, une jolie histoire appelée « Les Vingt Trois » qui n’était rien moins que le récit des combats héroïques du groupe Manouchian, de ces 23 immigrés qui s’engagèrent au côté des français et contre les allemands et qui furent condamnés à mort.

20100316120159_00002_462x462

Le groupe Manouchian

Le texte est extrêmement fouillé, il rappelle que, contrairement à la légende, dans les 23 il y avait 3 français de souche, comme on dit aujourd’hui et une femme Golda Bancic qui fut décapitée à la hache et que Misaac Manouchian, le chef, était poète de profession.

Mais ce qui m’a le plus étonné, c’est de retrouver une vieille légende russe mille fois contée, l’aventure de Ilia Mouromets, Bogatyr de Kiev écrite par Alain Van Crugten et dessinée par Le Guen qui raconte cette merveilleuse histoire féérique qui fut par ailleurs l’objet d’un très beau film dû à Alexandre Ptouchko.

C’est du grand Le Guen, plus baroque et décoratif que d’habitude, avec des géants et des tritons et c’est magnifique et trop bref.

Une belle redécouverte envoyée à travers le temps par Jean-Pierre Dionnet, quinze ans, à Jean-Pierre Dionnet, soixante deux ans.

20100316110149_00001_462x462

Ilia Mourometz

Commentaires (1)

Partager