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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Du Space Opéra considéré comme la descendance du roman historique : "Immortel"

vendredi 16 avril 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

de Tracy S. Statton aux éditions l’Atalante

Je vous parlais il n’y a pas bien longtemps de l’anthologie sur le nouveau space opera chez Bragelonne où Serge Lehman faisait admirablement le point sur les connivences évidentes, du moins pour lui, du moins pour moi, entre le roman historique et le space opera : la description de civilisations passées et éteintes que l’on rend vivantes : la création de mondes autres passés ou futurs que l’on rend crédibles, n’est pas si différente au fond, la thématique est toujours la même : des individus qui peuvent changer le destin du monde, voire d’univers entiers, d’Alexandre Le Grand, héros véritable, à Alexandre Dumas qui a magnifiquement trahi l’histoire, au cycle « Fondation » de Asimov : tout se recoupe, tout se ressemble.

Et les intrigues à la cour de « Dune » ne sont pas éloignées de celles des Borgia. C’est pour cela que je vous conseille le très beau livre de Tracy S. Statton, « Immortel » aux éditions l’Atalante écrit par une américaine dont c’est le premier roman.

Qui fait mouche.

Elle raconte l’histoire d’un immortel qui s’appelle Luca et qui est à Florence autour du XIVème siècle, au moment où l’Inquisition arrive et où, querelles internes et affaiblissement des Médicis, la ville va perdre son hégémonie artistique et idéologique.

C’est un chef-d’œuvre, d’autant plus étonnant que l’auteur est américaine, pourtant l’on sent bien la chaleur de l’Italie et on a l’impression de respirer des odeurs de nourriture, d’huile et d’aïl. L’Italie quoi.

De plus, par rapport à tous les romans si nombreux sur les immortels, c’est un des plus malins quant aux difficultés qu’il y a à vivre plusieurs siècles, à survivre sans se faire repérer, à la souffrance qu’on a à voir autour de soi mourir tous ses amis, tous ses enfants et à devoir cependant continuer de vivre.

L’immortalité, si j’en crois tous les livres qui lui sont consacrés, serait un terrible fardeau.

Ceci dit, je ne serais pas contre.

PS : Joseph Altairac me signale une terrible « gaffe » historique : on mange des pommes de terre bien avant que Parmentier les ait importées des Amériques.

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