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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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L’ART C’EST DU LARD

vendredi 2 juillet 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Décidément, j’aime bien « Le Magazine du Bibliophile » et dans ce numéro 84 particulièrement un article de Jacques Desse qui ne mâche pas ses mots  et qui me rappelle un article que j’ai commis il y a longtemps et qui me valut bien des ennuis : j’avais comparé le prix d’un dessin dans sa période réaliste de Paul Klee, magnifique, représentant une petite rue en escalier au Maroc et son prix, à mon sens ridiculement bas, et celui d’une gouache de Mézières pour Valérian, en disant qu’on pouvait s’acheter quatre Klee pour le prix d’un Mézières.

 

Plus tard j’en ai parlé avec Mézières que cela avait choqué et je me suis excusé d’être tombé sur lui : il ne tenait pas à vendre ses originaux et n’acceptait de les vendre que cher, d’où un effet contraire, ses originaux valaient cher. Je lui ai dit que cela n’avait rien de personnel, que j’avais toujours aimé son travail, que j’aimais toujours autant, mais que je l’avais choisi au hasard comme j’aurais pu choisir la plupart de ces contemporains, auteurs de bandes dessinées.

 

Et c’est exactement ce que dit Jacques Desse dans « Chers, les livres anciens ? », en disant, je cite : « pour le prix d’une planche originale de Tintin, on peut s’offrir un tableau d’un des plus subtils peintres français du XVIIème siècle ; pour le prix d’une figurine de BD en plastique, comme il s’en vend des millions chaque année, on peut posséder une petite pièce de l’antiquité romaine ou égyptienne, voire de la préhistoire… ».

 

Je ne peux évidemment qu’acquiescer.

 

Ce qui m’interpelle le plus, c’est aussi quand il parle du livre, en octobre c’est la période des beaux livres où paraissent des tonnes de livres impressionnants par leur poids, leur nombre de pages, leur grand format, plus ou moins intéressants, souvent fort cher et souvent aussi dix fois plus cher que des ouvrages magnifiques de la fin du XIXème ou du début du XXème, qui feraient, puisqu’il s’agit de présents, des cadeaux autrement somptueux.

 

Pour l’anniversaire d’un ami à qui je voulais offrir un truc pour son anniversaire, il y a quelques temps, il est photographe et je savais sa passion pour la marine, je n’ai eu qu’une hâte, retrouver l’exemplaire de « La France au travail » consacré à la marine.

 

Il n’a pas ouvert son paquet le soir même mais quatre jours après, m’a laissé un message ému. Ca valait le coup que je me casse la tête.

 

Si je n’avais su l’avoir de vers moi, je sais que je l’aurais cherché car je savais que ça lui plairait, il fallait aussi que ce soit un photographe très différent de son style à lui mais riche en enseignement. Et je n’aurais pas pu, pour raison de coût, acheter la collection complète que vendait il n’y a pas longtemps Denis Ozannes, mais pour les anniversaires prochains de mon camarade qui a un certain nombre de passions hors la photographie, je sais déjà quel volume suivant de « La France au Travail » j’offrirai.

 

Quand j’étais enfant, ils étaient dans la bibliothèque familiale, je ne les ai pas souvent feuilleté jeune car l’idée de travail ne me plaisait guère, c’était les années 60, on nous parlait d’efforts et ça nous ennuyait par avance, quand je l’ai retrouvé je me suis dit que j’allais le garder, et puis non, je ne l’ouvrais jamais, il valait mieux l’offrir à un ami qui lui l’ouvrira souvent.

 

Du destin des livres en somme autour de ce qui pourrait être une simple chronique mais qui est bien davantage, comme souvent avec « Le Magazine du Bibliophile », s’envoler autour d’une idée.

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