L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Ravalec et les mickeys

jeudi 29 octobre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Mon petit doigt m’a dit que Vincent Ravalec allait se mettre à la bande dessinée, c’est une bonne idée, car il a très évidemment un sens de l’image, ça se voit dans ses livres, et j’attends beaucoup de lui dans le domaine. Il pourrait bien être un des scénaristes conséquents des prochaines années.

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Terry Southern enfin révélé

mercredi 28 octobre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Ca fait longtemps que j’attendais qu’un éditeur édite enfin Terry Southern, ce génie trop dispersé qui écrivit aussi bien « Dr Folamour » que l’incroyable film « The Magic Christian » avec Peter Sellers et Ringo Starr, sublime allégorie, qui est un des films préférés de Alan Moore (pour une fois je suis d’accord avec lui).

C’est aussi à lui qu’on doit l’extraordinaire roman « Candy » qui deviendra un film aberrant avec Brando en gourou auquel il participa mais il a aussi, toujours pour le cinéma, écrit les dialogues de « The Loved One » (« Ce cher Disparu »), magnifique comédie, première du genre dans le milieu des pompes funèbres.

On lui doit les scénarios aussi, de films aussi marquants, à des titres différents, certains sont des chefs-d’œuvre et certains ont pris un coup de vieux, que
« L’Obsédé » de William Willer, « Le Kid de Cincinnati » avec je le rappelle Steve McQueen, le délirant « Casino Royal » et « Barbarella ». Il a même co-écrit « Easy Rider ».

Mais il a tout fait puisque dans la beat generation, on peut dire qu’il est le père fondateur. C’est lui qui mettra le pied à l’étrier, en lui trouvant un éditeur, à William Burroughs et qui imposera à Maurice Girodias « Festin Nu ».

Le livre « Texas Marijuana » publié par Gallmeister qui fait un formidable travail dans sa collection Américana en ce moment, contient d’ailleurs une excellente et trop courte biographie de Terry Southern.

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Le livre m’a déçu car il commence par des nouvelles, presque toujours formidables, mais qu’on a l’impression pour certaines d’avoir déjà lues quelque part, puisqu’il s’attaquait à un genre jusqu’alors largement balisé. Mais dès la seconde partie avec une histoire mexicaine et un très joli échange d’appartement entre le docteur Freud et Franz Kafka, ça s’améliore.

Et sur la fin, on part dans le réel même si ce sont des fictions, avec toutes les dérives possibles et ça devient génial depuis l’envie d’écrire un livre sur les majorettes en passant par une interview impromptue d’un ancien mercenaire qui a été de tous les conflits sales où l’Amérique envoyait ses gars.

Il y a aussi une rencontre, racontée sans doute, véridique ou peut-être enjolivée, de cet extraordinaire écrivain de polars nietzschéens Mickey Spillane au moment où il décide de jouer « Mike Hammer » au cinéma puisque « Mike Hammer » c’est lui, qui m’a fait penser je ne sais pourquoi à la nouvelle de Capote qui avait tant irrité Brando « The King in his domain » : peut-être parce que Capote justement l’avait parfaitement capté.

Et d’autres textes encore qui nous rappellent soudain que son écriture là justement fut aux sources d’un renouveau soudain de l’écriture en Amérique et que c’est chez lui que Tom Wolfe, Norman Mailer quand il a voulu devenir reporter, et surtout Hunter S. Thompson, trouvèrent les sources de ce que l’on va appeler un peu plus tard « Le nouveau Journaliste ».

Bien sûr il était ami avec les personnages les plus « groovy » de son temps, de Charlie Parker à Thelonious Monk en passant par Anthony Burgess, Jane Fonda ou Allen Ginsberg, sans oublier bien sûr Jackson Pollock, Robert Franck ou Dennis Hopper. Mais il ne faut pas s’étonner de trouver aussi parmi ses proches T.S. Eliot ou Samuel Beckett.

En fait, c’est un livre indispensable, simplement je vous conseillerais de le lire à l’envers en commençant par sa biographie puis les textes de la fin et en remontant jusqu’aux premières nouvelles qui sont, comme je l’ai dit, très bien, mais sans le génie qu’on trouvera dans les textes suivants.

Une lecture totalement indispensable (info@gallmeister.fr).

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Questionnaire de Dionnet adressé aux libraires du monde entier

mardi 27 octobre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Comment êtes-vous devenu libraire, il y a combien de temps et est-ce que ça vous amuse toujours  et quel est votre spécificité, l’orgueil n’étant pas interdit ?

Quel est le client ou le livre ou l’anecdote le/la plus extraordinaire qui vous soit
arrivé ?

Y-a-t-il des livres que vous vendez énormément et en dehors de l’aspect pécuniaire, que vous le regrettiez, et des  livres que vous  ne vendez pas assez à votre grand dan ?

Sur une île déserte, quel livre emporteriez-vous, tous domaines confondus, pour l’éternité y compris le rapport qualité / prix / performance ?

Quel est pour vous le livre de l’année passée et le livre de l’année à venir que vous attendez ?

En dehors de votre domaine de compétences particulier, qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans le reste de la culture ?

Est-ce que vous croyez que le livre va mourir  et si oui, est-ce que ça vous fait de la peine ?

Accessoirement, êtes-vous pour ou contre l’e-book et tout ce qui surgira dans ce genre et que pensez-vous de l’avenir côté objet / livre et côté contenu ?

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Métal Esquisses et Le Diable

lundi 26 octobre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Métal Esquisses, de Philippe Druillet
Le Diable, de Jean-Michel Nicollet
aux éditions Zanpano

Le livre « Métal Esquisses » de Philipe Druillet aux éditions Zanpano, à propos d’une expo qui lui était consacrée et que hélas j’ai ratée, m’a touché à plus d’un titre : la synchronicité, puisque lorsque je parle tout le temps pour qu’il reste vivant, de Moliterni, Druillet fait de même en exergue, Nicollet, lui, a fait une jolie préface et comme moi, synchronicité encore, se réfère à la rubrique de sélection « L’homme le plus extraordinaire que j’ai rencontré » et sait bien parler de Druillet : sa vision de Dru-Dru est exactement la même, à part le côté fleur bleue qu’il ignore peut-être volontairement, cela ferait désordre, il y a certes du Conan chez Druillet, mais il a aussi la fragilité de Howard, c’est ce qui le rend humain et de cela, de son côté bourru et pagnolesque, Jean-Baptiste Barbier parle fort bien dans la postface.

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Et les dessins ?

Tous ces dieux d’acier et de chair, souvent imités depuis, jamais égalés, nous ramènent toujours à « Lovecraft » qui avait su imaginer des êtres autres, les dieux anciens, les seuls peut-être véritables car innommables et incernables jusque dans leurs pensées mais le maître de providence les décrivait de manière floue, laissant place à l’imagination, sachant qu’il n’était pas possible de les représenter.

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Toute sa vie durant, Druillet continue d’essayer pourtant de nous les montrer. Evidemment la tâche est impossible car comme le disent si bien les musulmans : on ne peut pas représenter le visage de Dieu. Pourtant à des moments, il y a quelques images ici qui donnent à penser qu’il y arrive, presque.

Nous avons si bien cartographié le ciel que nous en avons fini par croire que nous n’aurions plus de surprises. Heureusement nous nous trompons sûrement.

Depuis ses débuts, il a représenté des centaines et des centaines de ces visages autres, de ces visages divins, et je me demande si selon la tradition tibétaine, puisqu’il y a mille milliards de noms de dieux, s’il a pas peut-être l’obligation de dessiner mille milliards de dieux pour que l’un d’entre eux qu’il a peut-être dessiné déjà ou qu’il dessinera un jour, soit son visage véritable qu’évidemment, nous risquons de ne pas reconnaître.

Et Druillet, athée, deviendra alors, de fait, le plus grand peintre religieux de tous les temps.

A noter, chez le même éditeur, en petit format certes mais parfaitement reproduit, un Nicollet, « Le Diable », c’est d’ailleurs Druillet qui préface en disant que la beauté du diable est certainement plus séduisante que celle de l’Autre.

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Le livre n’a rien perdu de son charme, ni le trait de sa perfection, comme aurait dit Gaston Leroux et je me souviens d’un déjeuner où je suis arrivé en retard et au dessert, avec les deux susnommés, le Nicollet et le Druillet, m’étant trompé de route ou ayant oublié, je ne sais plus.

Nous avons eu le temps de bavarder quand même, assez longuement, le café s’éternisant, et comme je demandais à Nicollet pourquoi cette obsession du diable et des diableries, il m’a rappelé un peu outré que c’est moi qui l’ai orienté, lui qui était encore potentiellement un grand illustrateur de livres d’enfants propres sur eux, vers le diable et ses diableries.

Je ne regrette rien et je suis même ravi car la postface de Nicollet qui renvoie d’ailleurs à son texte sur Druillet, où il dit son désir de matérialiser l’informulable, de montrer l’invisible en somme, me rassure sur l’état de ses recherches.

Bien sûr, il n’aboutira peut-être pas, Druillet non plus, car cela fait partie du dogme, la recherche du dieu ou du diable peut durer toute la vie mais si elle ne doit pas aboutir, c’est encore plus beau.

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Lui aussi est athée si je me souviens bien (je ne lui ai pas reposé la question), lui aussi, et c’est peut-être pour cela qu’il est copain avec Druillet, fait une peinture profondément religieuse.

Ceci dans ma bouche bien sûr, est un compliment.

PS 1 : Ceux qui avaient déjà « Le Diable », en grand format et aux Humanoïdes Associés, en seront pour leurs frais à nouveau car ils sont forcés d’acheter ce livre qui contient une couverture inédite.

Mauvaise nouvelle : c’est le meilleur dessin du recueil justement, car pendant que Druillet s’approche du visage de dieu, qui est peut-être celui du diable, Nicollet lui, nous donne ici une des incarnations du diable, grotesque et sans doute proche de sa photo d’identité.

Du diable qui est peut-être aussi dieu.

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Novice

vendredi 23 octobre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

De Octavia E. Butler aux éditions Au Diable Vauvert

Le livre « Novice » de Octavia E. Butler, dernier livre publié un an avant sa mort après sept ans de silence, est un chef-d’œuvre : un roman de vampires banal.

Encore une théorie sur les vampires et leur réalité physique mais elle est tout à coup presque évidente : si les vampires existaient, ils ressembleraient sans doute à ça, et au travers de l’histoire d’une petite fille qui en réalité est une vieille dame qui a perdu la mémoire, voici une histoire de communautés barges isolées dans quelques villes américaines, sauf que ce sont des communautés de vampires et de leurs proches, isolées du monde extérieur depuis toujours.

Il y a forcément des rivalités entre lesdites communautés comme entre toutes les communautés, un peu intégrées et intégristes d’ailleurs, et ça finit par un long procès à la Bochco, genre « La loi de Los Angeles », mais entre vampires.

Je vous l’ai dit, c’est un livre banal.

C’est ce qui le rend fort car tout à coup, cette grande histoire prise par le petit bout de la lorgnette fait qu’on a envie d’y croire, et qu’on passe un moment délicieux avec un des romans les plus légers, un des moins ambitieux, en apparence, mais aussi l’un des plus riches d’Octavia E. Butler puisqu’elle parle de l’Amérique en somme, de l’exclusion, du racisme et de toutes ces sortes de choses, mais de manière naturelle en replaçant les problèmes cette fois-ci non du côté des humains, mais du côté de ces créatures de la nuit peut-être venues il y a dix mille ans à bord d’un vaisseau spatial, peut-être nées dans les Carpates, qu’on appelle d’habitude les vampires et qui ici sont humains, trop humains.

Un très beau livre publié « Au Diable Vauvert ».

Mario Bava for ever

jeudi 22 octobre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

J’ai oublié de vous dire que j’ai participé à une réédition chez l’excellente maison
« Carlotta » de trois films de Mario Bava qui sont enfin tels qu’ils devraient être.

Je dis ça car pas mal de Bava sont sortis il y a trois ou quatre ans et il faut les fuir en attendant mieux : ces grands classiques étaient italiens, parfois italo-français comme « Le Masque du Démon » et un éditeur pas trop regardant dont je tairais le nom, a acheté les droits américains. Résultat, le montage est légèrement différent et surtout les musiques sont complètement dénaturées, étranges et les films (copies médiocres).

Par contre, ceux de Carlotta sont parfaits, depuis « Les Vampires » de Riccardo Freda qui abandonna en route, l’homme était un génie caractériel, c’est un film sidérant qui se passe dans un Paris fantastique reconstitué en Italie, avec la belle Gianna Maria Canale, femme de Freda, et avec une transformation devant la caméra de femme jeune en femme vieille (la vampire) grâce à un effet spécial déjà utilisé avant-guerre pour « Dr Jekyll et Mr Hyde » de Rouben Mamoulian, dont il explique ici, pour une émission de la Rai, les secrets.

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Il y a aussi « La Baie Sanglante », film merveilleux avec treize meurtres successifs, délirants et extraordinairement inventifs qui inspira pour le meilleur et pour le pire
« Vendredi 13 » et toutes ses suites.

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Et il y a enfin « Duel au Couteau », sublime remake de « L’homme des Vallées Perdues » (« Shane »). Voilà un sujet qui a été repris cent fois, la femme qui vit seule, un aventurier qui vient, devient pour l’enfant le père de remplacement qui le rendra adulte avant de s’en retourner.

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C’est un chef-d’œuvre tourné en quelques jours comme tous les Bava, avec une prestation éblouissante de Cameron Mitchell qui fit peu de films intéressants en Italie mais qui était toujours très bien, mais je ne veux pas vous en dire plus car sur tous ces films, j’ai commis de longs suppléments qui vous en diront davantage.

Jetez-vous dessus.

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Le cinéma policier scandinave : le plus intéressant aujourd'hui?

mercredi 21 octobre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

On le sait depuis des années, contrairement aux polars où « Millénium » a provoqué d’innombrables livres dont nombres d’ailleurs ne sont pas très intéressants, le cinéma scandinave s’est fait une belle spécialité en cinéma policier.

On n’a pas oublié bien sûr l’extraordinaire trilogie « Pusher », on n’a pas oublié non plus la sublime trilogie sur l’irruption de la mafia russe en Suède « Johan Falk » et surtout on n’a pas oublié que le genre démarra avec « Insomnia », l’original est bien supérieur au remake avec Al Pacino.

Le dernier film du genre s’appelle « Exit », il est dû à Peter Lindmark, sorti au Studio Canal et c’est un chef-d’œuvre, sur le monde de la fusion dans les grandes sociétés, sur les attaches voilées entre le gangstérisme et le milieu des affaires, mais surtout c’est un film diabolique puisqu’au départ tout est clair, avec le pauvre héros incarné ici par Mads Mikkelsen qu’on a vu dans « Pusher » bien sûr mais aussi dans « Casino Royal », qui a une gueule extraordinaire et qui doit comme le juste lutter contre les méchants, mais tout se révèlera bien sûr plus compliqué qu’il était prévu.

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Un film haletant mais aussi passionnant au niveau social : ici, la haute société financière j’espère ne deviendra pas à son tour un remake américain sans odeur.

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Tom Clancy, Tempête rouge et usage des livres d’espionnage comme livres des révélations - 2ème partie

mardi 20 octobre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

En exergue de « Tempête Rouge », une citation (page 11) de Edward L. Beach extraite de son livre « Keepers of the Sea » qui tout à coup, après l’avoir lue, m’est parue comme évidente :

« Depuis des temps immémoriaux, la marine a influé sur les affaires de la terre et parfois en a décidé. Il en était ainsi chez les Grecs de l’Antiquité, chez les Romains qui ont créé une marine pour vaincre Carthage, chez les Espagnols dont l’Armada essaya en vain de conquérir l’Angleterre et, plus encore, dans l’Atlantique et le Pacifique au cours des deux guerres mondiales. La mer a toujours offert à l’homme un moyen de transport peu coûteux et une facilité de communication à longue distance. Elle a fourni un moyen de dissimulation car être au-delà de l’horizon, c’était être hors de vue et, par conséquent, hors de portée. Tout au long de l’histoire de l’Occident, la mer a apporté la mobilité, l’ouverture et le soutien, et ceux qui échouaient dans la bataille de la puissance navale – notamment Alexandre, Napoléon et Hitler – ont également échoué à l’épreuve de la
durée »

Un de ces jours, j’aimerais bien faire ainsi un recueil de citations essentielles où il n’y aurait ni Platon, ni Aristote, ni Borges, ce vieux malin qui disait quelque part que quand il fait une citation vitale, il l’attribue donc à Platon ou à Aristote, pour qu’on la prenne au sérieuse car son nom ne suffirait pas.

J’irais voir chez Frank Herbert, Orson Scott Card, Dick, Ambler (qui a toujours eu trente ans d’avance sur la politique mondiale), ou plus récemment Kent Anderson ou Trevanian (dont certains livres sont à moitié faits de digressions philosophiques qui pourtant n’entravent pas l’action), ou dans les écrivains français actuels, les deux seuls qui me semblent dire en ce moment des choses absolument essentielles : Jean Echenoz et Michel Houellebecq.

Et puis, remontant le temps, j’irais forcément voir chez Vialatte (effondré, après avoir traduit Kafka, qu’on le prenne tant au sérieux car il avait croisé l’homme et il savait qu’il avait de l’humour : le mot « kafkaïen » lui semblait une aberration, pire une mode), j’irais aussi chercher chez Marcel Aymé, Chaval, Moebius, Hardellet ou Manchette.

Et chez tous ces poètes anglais de la fin du XIXème siècle et début du XXème qui, contrairement à la poésie intimiste française, ne suggéraient pas des ambiances mais disaient des choses, ces philosophes véritables que sont Keats, Eliot et Yeats. C’est souvent chez eux que j’ai trouvé des révélations sur des problèmes qui me taraudaient si fort, que je n’en avais pas pris conscience, ne voulant me pas poser la question, ayant peur de ne pas trouver la réponse.

J’irais aussi chercher quelques chanteurs, pas de français ou presque, car ils m’embêtent un peu : leur réponse souvent précède la question mal posée, mais il y a tout ceux qui savent au détour d’une phrase poser les bonnes questions, ils ne sont pas si nombreux : Trenet, son disciple Gainsbourg ou les Rita Mitsouko, en Amérique ou en Angleterre, il y en a beaucoup plus, Ricky Nelson, tout au long de sa carrière et surtout à la fin quand il est dépressif, Willie Nelson, Harry Nilsson, Paul McCartney surtout quand il écrit pour d’autres comme Ringo Starr, car il fait bien attention à donner à d’autres ses textes noirs ou nihilistes pour ne pas brouiller son image, et parmi  les duos magiques, Hal David et Bacharach, Doc Pomus et Mort Shuman.

Et les Stranglers bien sûr et Ray Davis bien sûr qui ont à la fois toutes les bonnes questions et les réponses.