L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Cowboy Angels, 3ème partie

jeudi 30 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Avec « Cowboy Angels », Paul McAuley a donc choisi le mélange des genres. Il y a deux voies :
celle de Dan Simmons qui est passé de l’horreur à la SF et au polar, avec un talent qui pour l’instant ne m’a pas convaincu pour le polar et il y a McAuley qui défait les genres puisqu’il y avait du Lawrence d’Arabie dans « Glyphes » et à l’intérieur du carcan, sans doute plus vendeur pour lui, de science fiction.

Quand on fait des livres qui n’appartiennent à aucun genre défini, on tombe souvent comme la poussière entre les lames du parquet, n’étant vu de personne, c’est le cas de l’immense écrivain qu’est Lucius Shepard dont je vous parle tout le temps et qui est un des plus grands écrivains américains tout court.

Dans ce thriller, genre forces spéciales contre Gouvernement,
avec traîtres apparents qui sont en fait taupes pour le Gouvernement, les scissions au sein du Gouvernement. Nous sommes dans une Amérique parallèle qui ressemble beaucoup à la nôtre, on a découvert grâce à des « portes de Turing »,
(Ah Turing ! que de merveilles a-t-on commis en ton nom),
qu’il y avait d’innombrables Amérique parallèles et que tout était possible dans des univers différents, ce à quoi je crois assez étant devenu plutôt cantique.

A noter que les prémices de sa série sont à peu près les mêmes que celles de « Authority », la magnifique série écrite par Warren Ellis, et pourtant le cheminement et le résultat sont absolument différents.

L’histoire se passe en gros entre Richard Nixon le belliqueux et Jimmy Carter dit « le mou » et raconte comment les agents spéciaux « Cowboy Angels » qui naviguaient d’un univers parallèle à l’autre, furent démantelés jusqu’à ce qu’on rappelle le vétéran Adams Stone dans la compagnie.
En effet, son meilleur ami, un autre vétéran, a déjà tué six fois dans six univers parallèles, la même mathématicienne spécialisée dans lesdites portes de Turing. Pourquoi ?

Le reste du livre est un régal, assez réaliste pour rester un roman d’espionnage, assez feuilletonesque pour utiliser quelques retournements inattendus et à partir de la moitié, on se retrouve piégé dans un de ces bons gros romans populaires, qui fait qu’on va passer une nuit blanche, comme tous bons romans d’espionnage « light » (la différence entre Ludlum que je lirais toute la nuit et Robert Little qui nous revient et où je peux mettre des mois, comme avec Le Carré ou comme avec Len Deighton avant, tant ils sont riches), mais également comme tous bons romans de science fiction paranoïaques des années 60/70.

Mais c’est cependant un livre d’aujourd’hui. Il y en a donc quelques-uns, comme le mélange de science fiction adolescente et de manga de la trilogie éblouissante de Scott Westerfeld : « Uglies », « Pretties », « Specials », le point commun qui renouvelle le genre, c’est l’impureté de leur démarche.

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Cowboy Angels, 2ème partie

mercredi 29 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

C’est donc dans l’impureté et dans le mélange des genres que ça se passe désormais pour la science fiction, dans ce qu’elle a de meilleur, loin des systèmes qu’ils soient « Cyberpunk » ou « Steampunk », où il y a toujours un ou deux révélateurs puis quelques petits maîtres que cela réveille un moment, et d’autres qui hélas se formatent pour rentrer dans le mouvement avant de trouver leur voix véritable.

Ici, il n’y a pas de groupes, de groupements ou de complots collectifs et les livres sont donc individuels.

« Eifelheim » est un grand roman historique et de science fiction. « Cowboy Angels » de Paul McAuley pourrait être un mélange de Philip K. Dick, première période, et de Robert Ludlum dans son côté turn pager ce qui évidemment est un compliment.
D’ailleurs McAuley et ses différents romans qui vont dans tous les sens me plaisent bien, j’ai adoré ses « Diables Blancs » qu’il faut lire absolument, autre roman historique, et surtout « Glyphes » où je sais qu’il y a une part de vérité.

J’ai toujours cru, comme certains kabbalistes et certains judaïstes, qu’il y a des lettres qui ont un sens autre que celui que nous leur donnons et qui peuvent réveiller en nous des choses qui sommeillent de notre mémoire ancestrale.
Je crois à la valeur des glyphes, j’ai donc pris ce livre au sérieux.
Mais vous allez me dire : quand commencera-t-il enfin à parler de « Cowboy Angels » ? Et bien, ce sera demain.

Cowboy Angels, 1ère partie

mardi 28 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

De Paul McAuley aux éditions Robert Laffont.

Il me semble vous l’avoir déjà dit à propos de « Eifelheim » de Michael Flynn, mais sinon je vous le redis, l’éditeur qui a le mieux compris ce qu’il fallait faire pour les lecteurs de science fiction et pour maintenir la science fiction en vie, en ne rééditant pas sans cesse des « Space Opera » que nous avons déjà lus, et qui a le mieux accepté l’évolution du genre vers une certaine impureté, signe des temps, et cacochyme comme moi, c’est Gérard Klein, et de plus il a eu la sagesse de revenir aux couvertures d’origine, toutes argentées, un peu psyché, un peu 70, sans les dessins affreux qu’on trouve partout et que lui-même a, à un moment, utilisés.
Salut Gérard Klein et merci de me rappeler que la science fiction est vivante.

En effet, je me réunis souvent, en un club assez fermé de deux avec Moebius, pour parler des livres que nous avons lus et que nous échangeons. Or, depuis bien longtemps, nous nous conseillons essentiellement des livres policiers. Moebius ne lit plus de science fiction et chaque fois que je lui en ai donné, ça lui est tombé des mains. Il me conseille presque toujours des polars, toujours à bon escient. Et moi, ayant presque abandonné de lui proposer de la science fiction, maintenant que je lui ai parlé de «Eifelheim » et j’attends sa réaction, et je peux lui parler de « Comboy Angels », je me dis que le combat n’est peut-être pas perdu.

Mais il est vrai que quand il me parlait avec nostalgie (il lisait la science fiction de l’Age d’Or avant moi et a connu l’éclosion des grands maîtres en France), je n’ai trouvé qu’un cycle obligatoire, alors qu’il y en a des milliers, à lui conseiller, c’était celui de « Ender » de Orson Scott Card.

S’il a décroché de la science fiction, il a peut-être aussi d’autres raisons valables, quand on en écrit on n’a pas forcément envie d’en lire, et moi qui reviens à la bande dessinée de science fiction justement, j’évite l’anticipation afin de ne pas être influencé consciemment ou inconsciemment.

Mais j’étais là pour vous parler de « Cowboy Angels », abandonnons les considérations générales, on y revient demain.

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Message Dans Une Bouteille (1)

lundi 27 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Avant quand on était sur une île déserte, on remplissait une ou plusieurs bouteilles avec un message disant qu’on était perdu au fond de l’océan indien, à peu près à tel endroit et on attendait que quelqu’un la trouve un jour. Avec internet c’est mieux et vous avez été nombreux à répondre.

Je ne répondrais pas à tout le monde ni à ceux qui me disent d’aller voir sur leur blog, j’irais un de ces jours, ni à ceux qui me disent juste merci même si ça me fait très plaisir.

Content de voir que vous êtes nombreux à aimer le livre de Terpant et que donc vous l’aviez déjà découvert, content de voir que vous êtes nombreux à aimer à la fois la bande dessinée, le cinéma de quartier, les films asiatiques et Mario Bava. Bref, que nous avons la même culture et j’espère que je vous en ai fait hériter comme d’autres avant moi (Jean Boullet avant tout m’ont donné le même héritage). Et ce sera à votre tour un de ces jours de passer le bâton.

Vous en savez plus que moi sur le film « METAL HURLANT ». Sera-t-il en 3D comme le suggère Jérome qui est allé voir sur : http://www.shocktillyoudrop.com/news/topnews.php?id=10155, sera-t-il comme le disent Peter07 et dipi.net dû à David Fincher, Kevin Eastman, Peter Chung, Gore Verbinski, Zack Znyder et Rob Zombie ? Quelle drôle d’idée de prendre Kevin Eastman qui a massacré « HEAVY METAL » en Amérique. Est-ce que ce sera de l’animation en 3D, j’espère qu’à ce moment là ça ne ressemblera pas à la plupart des œuvres du genre qui sont tout bonnement répugnantes visuellement et plutôt aux merveilles comme « Wonderful Days » ou comme les œuvres de Peter Chung justement, j’attends ça avec impatience.

Et oui, cher ohem, c’est vrai que le film « METAL HURLANT » s’est bonifié avec le temps mais c’est vrai aussi de l’ensemble du cinéma des années 80 à l’aune du formatage moderne.

Et quand à kelsolaar, je ne peux pas répondre sur le film des années 80 dont il me parle. Mais si bien sûr ! Ca y est, ça me revient, c’est « Docteur Folamour » de Kubrick avec Peter Sellers, à moins que je mélange avec un autre car il y en avait un autre avec Peter Sellers également, car ton résumé ne correspond pas tout à fait à mon souvenir.

Cher blackjuju, les compils de chroniques de Warren Ellis ont commencé par la plus grosse qui date de 1999 « Come In Alone » mais tu trouveras le reste sur internet, ont été éditées par la maison AIT / Planet Lar à San Francisco. Je ne vois pas de site ce qui est un comble. Il y a plusieurs volumes et ça se trouve sur internet. A partir de « Come In Alone », tu devrais trouver les autres

Les années Creepy, 3è partie

dimanche 26 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Dans le tome 2 (numéros 6 à 10 de Creepy), il y a des couvertures de Frazetta encore, Roy Krenkel avec une ou deux planches justement : quelle perte pour la bande dessinée qu’il n’en ait pas fait plus, mais apparemment l’éditeur des EC Comics, William Gaines, ne savait même pas qu’il existait, ce qu’il a dit il n’y a pas si longtemps dans des interviews tardives.

Un autre qu’on avait aperçu dans les EC mais qui entre temps avait pris son envol, c’est l’immense formaliste Alex Toth,
et John Severin lui aussi maître des EC surtout dans les récits historiques et de guerre et qui continue à œuvrer malgré son grand âge puisqu’il vient de faire un « Bat Lash » dont je vous parlerais une autre fois : il est aujourd’hui le meilleur dessinateur de westerns du monde avec Gir.

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Il y a même quelques pages signées Jay Taycee. Les officionado que nous sommes reconnaitront sous ce pseudonyme mon dessinateur préféré des EC justement, qui avait pris ce pseudo je ne sais pour quelle raison, Johnny Craig, et Walace Wood qui nous refit en gros son chef-d’œuvre absolu pour les EC « My World » sous un autre titre et avec une autre fin, ça s’appelait « Overworked », deux autobiographies étranges.

Et progressivement, on vit apparaître des dessinateurs des générations suivantes comme le maître de « Dardevil » le très bousculé et bousculant Gene Colan et l’immense Steve Ditko, le créateur de « Spiderman » et « Docteur Strange » qui se mit tout à coup au lavis avec son talent étrange et si particulier, aboutissant à une imagerie que je ne n’oublierai jamais.
Je viens de relire toutes ces histoires et la bonne nouvelle c’est qu’elles tiennent la route et qu’elles sont toujours magnifiques.

La mauvaise c’est que cela me donne la nostalgie et je ne suis pas le seul, du temps où, grâce aux magazines, les dessinateurs pouvaient faire des histoires courtes, choses qui ont pratiquement disparues avec les magazines puisque nous sommes constamment confrontés désormais aux albums de 48 à 64 pages alors même que la distance courte est idéale pour certains créateurs et pour certaines histoires.

J’en ai parlé avec pas mal de dessinateurs lors d’un festival à Aubenas où Claude Moliterni que j’aime bien citer pour le faire revivre à chaque fois, m’avait invité. C’était avec Annie Goetzinger et Michel Blanc-Dumont et tous les deux regrettaient ce temps pas si lointain où on pouvait faire des histoires courtes.

La bonne nouvelle donc c’est que vous pouvez, même si vous n’êtes pas de la génération « Creepy », découvrir tout cela aujourd’hui.

C’est de là que vient avec les EC toute une imagerie d’horreur, relayée par Stephen King, Wes Craven, Romero et les autres, qui font désormais notre manne quotidienne : il est nécessaire parfois de revenir aux origines.

PS : Au fait, je ne vous ai pas dit, si vous ne connaissez ni les EC Comics, ni « Creepy », ni son cousin « Eerie », de quoi il s’agit vraiment : d’histoires d’horreur très noires qui, à l’exemple de celles d’Edgar Poe ou de Bradbury, choisissent une chute parfois drôle si l’on aime l’humour noir, toujours sanglante et soudaine au bout de 8 pages.

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Les années Creepy, 2è partie

vendredi 24 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Le volume 1 (numéros 1 à 5 de Creepy) avec le mythique numéro 1 et sa couverture de Jack Davis, un transfuge des EC Comics justement, et les suivants presque toujours avec des couvertures de Frazetta dont je me suis lassé depuis mais qui à l’époque me firent forte impression.

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Je ne voudrais pas être injuste avec Frank Frazetta dont j’ai même, tant était grande mon admiration, imité la manière de faire les « T » et les « F » dans ma signature. Cela m’est resté. Simplement au fil du temps, je trouvais qu’on parlait trop de lui et pas assez des autres. Qu’il était un immense dessinateur de bandes dessinées, voir « Johnny Comet », sublime comic strip sur la course automobile dessiné d’une manière frénétique qui était un peu l’équivalent au cinéma de Douglas Sirk montrant des avions dans « La Ronde de l’Aube », mais quand on voit « Lil' Abner » récemment réédité avec la mention – Al Capp doit se retourner dans sa tombe – « Les planches du dimanche » de Frazetta, puisqu’il aidait le maître…On a oublié que Al Capp fut un moment le dessinateur de bandes dessinées le plus cèlèbre du monde et pour vendre ses livres désormais, on met sur la couverture le nom de son assistant.
Vous savez sans doute déjà que « Creepy » était édité par un nommé James Warren qui voulut refaire en gros, après « Famous Monsters of Filmland », des EC Comics avec au départ les mêmes auteurs.

Et dans ces histoires où quelques scénaristes débutèrent, il y eu surtout Archie Goodwin, formidable scénariste à la fois classique et moderne qui nous a quitté trop tôt et tous les grands noms des EC justement : Orlando, Williamson qui hésitaient constamment entre deux traités : un très Prentice « à la Rip Kirby » et un autre plus floral « à la EC », avec l’aide parfois de Roy Krenkel, mystérieux dessinateur admirable qui n’a jamais produit de bandes dessinées au sens propre mais qui a rendu sublime quelques œuvres de Williamson justement ou de Frazetta et de quelques autres en rajoutant des architectures merveilleuses directement issues de Franklin Booth, sans jamais faire autre chose que de les aider et deux ou trois proches de BD ici ou là.

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Il y avait aussi Reed Crandall, grand maître de l’aventure, chez DC d’abord, avec « Blackhawk », puis maître des EC Comics avec ses petites hachures maniaques et qui au moment de Warren, va nous donner quelques chefs-d’œuvre encore, avant hélas que son trait ne commence à se maniérer, à s’arrondir et à s’autoparodier.
Lui aussi était de l’école « Booth » mais matinée de Joseph Clement Coll et de Gibson avec des petites hachures qui seyaient merveilleusement par exemple à ses adaptations de contes d’Edgar Poe.
Il y eut Frazetta donc, qui fit là l’une de ses rares bandes dessinées tardives, Gray Morrow, illustrateur de science fiction, apparu trop tard pour être dans les EC mais digne d’eux, Angelo Torres qui aidait Williamson depuis quelques temps sur « X9 » mais dont on découvrit ici – tous les deux venant d’Amérique du Sud – qu’il était aussi fort et aussi passionnant dans cette école interchangeable qui ressemblait un peu à la famille tuyau-de- poil et où quand Georges Evans, un autre maître des EC qu’on ne retrouvera pas ici, remplaçait Caniff sur la bande dessinée quotidienne de « Steve Canyon », pendant que Williamson remplaçait Prentice sur « Rip Kirby » et pendant qu’il se faisait lui-même remplacer sur « X9 » par Angelo Torres, etc, etc, etc….

On aperçoit aussi dans ce premier volume Alden McWilliams, dessinateur de « Terres jumelles » et d’un magnifique « Dracula » en pocket book, et Bob Lubbers, très mauvais dessinateur de « Tarzan » mais excellent dessinateur de Pins-Up avec la sublime série « Robin Malone ».

La suite demain à propos du tome 2.

Ceux qui ont la carte

jeudi 23 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Dans le jargon du cinéma, on dit qu’un metteur en scène a la carte quand il profite du triangle d’or critique formé en gros par « Le Monde », « Les Inrockuptibles » et « Les Cahiers du cinéma » auxquels on peut ajouter quelques « Technikart ».
Des metteurs en scène qui, quoiqu’ils fassent, sont toujours révérés.

L’idée en fut créée dans « Les Cahiers du cinéma » et il est vrai qu’en revoyant les premiers films de Richard Fleischer, très bien présentés, et j’en parlerais ailleurs, par Tavernier, Corneau et Nicolas Saada, je me suis dit qu’il y avait peu de choses à jeter chez le Fleischer. Ils avaient raison même si les studios leur imposaient les sujets, les metteurs en scène de Hollywood étaient bien des auteurs à la création d’auteurs qui n’en sont pas ou à peine, ou plutôt en surface surtout.

Et les successeurs aux « Cahiers du Cinéma » et dans la grande presse des « Cahiers du Cinéma » (j’ai toujours profité positif qui en dépit de son bordel et de ses véhémences a été plus fidèle même si souvent moins fulgurant dans ses choix, aux bons metteurs en scène malgré quelques erreurs : c’est normal. C’était la guerre entre les deux), les critiques qui ont succédé à cette génération sont naïfs.

C’est pareil, j’ai assisté à des tournages où le metteur en scène était totalement absent et remplacé par un autre qui n’avait pas signé.

Vous aimeriez bien savoir de quels films je parle ?

Je n’ai pas encore retrouver mes griffes et je ne vous le dirais pas aujourd’hui.

La critique paresseuse encense systématiquement certains et en ignore d’autres, ne voyant souvent pas les films jusqu’au bout :
ah ! combien j’en ai vu se lever en projection de presse au bout d’une demie heure et raconter ensuite que le film ne tenait pas la route jusqu’à la fin. Les spectateurs, eux, qui payent leur place et qui restent jusqu’au bout sont comme moi, parfois déçus par un metteur en scène qu’ils avaient adoré jusqu’alors, comme je le suis parfois par certains auteurs de bandes dessinées, par certains auteurs de romans et je vous dirais ailleurs tout le mal que je pense du dernier livre de Mo Hayder, auteur de polars que par ailleurs j’adore.

Je ne suis pas allé voir en salles le dernier David Lynch, je l’ai vu après en DVD, j’ai été content de plein de choses mais la fin qui n’en finissait pas m’a horriblement déçue.

Je ne suis pas allé voir en salles le dernier Tim Burton, je l’ai vu en DVD depuis, mais là j’ai l’impression que j’aurais pu m’en passer, totalement.

Attention, il ne faut pas non plus faire le contraire des autres systématiquement et il y a des metteurs en scène survivalistes extraordinaires que j’ai négligé un moment car j’avais l’impression qu’ils avaient fini leur oeuvre,
comme Almodovar ou Woody Allen, et qui après un ou deux films que je regarde quand même un jour ou l’autre, à la télé ou en DVD, arrivent toujours à refaire surface avec un film qui me sidère et me fait penser que décidément, ils sont toujours « là ».

Voir l’exemple des derniers Woody où il aborde des sujets nouveaux avec une sécheresse de narration et un côté béhavioriste, laissant plus d’équivoque dans ses personnages et abordant d’autres sujets : on dirait un jeune metteur en scène.

Cela me ramène d’ailleurs à avant hier, quand je vous parlais des experts Friedkin car cela dégonfle aussi quelques baudruches, nombre de grands metteurs en scène que j’aime se sont retrouvés à faire des séries télé, Walter Hill m’a refait en gros en un ou deux épisodes télé, des films qu’il m’avait déjà donnés, et Tarantino qui ne me dira peut-être plus « bonjour » s’il lit cette rubrique, a fait deux épisodes des « Experts » un peu paresseux, genre « L’Enterré vivant », charmants mais pas nécessaires.

Et si vous me dites maintenant que vous n’aimez pas « Les Experts », que vous voulez le Friedkin isolé (ce que d’ailleurs l’éditeur vous donnera sans doute), je vous dirais que vous avez tort car toute la série est excellente, surtout « Les Experts à Las Vegas » donc, mais n’empêche qu’après l’épisode de Friedkin, l’histoire et particulièrement le personnage de Gary Dourdan, a un peu de mal à retomber sur ses pieds après, car quand on atteint le ciel ou plutôt l’enfer et qu’on retourne sur terre ensuite, on est toujours déçu.

PS : Immense est mon regret d’avoir fait un peu trop tôt avec Carazet, l’émission « Destination séries » où au bout de quelques temps, nous n’avions plus grand-chose à dire, devant sans cesse à en revenir à quelques classiques et,
Pouah !,
souvent à « Star Trek ».
Ah ! si nous avions tenu quelques années de plus et si la personne qui avait succédée à Michel Toulouze avait eu un peu plus de lucidité ou de nez, nous serions encore là aujourd’hui pour vous parler chaque semaine d’une série extraordinaire diffusée en France ou crime abject, qui ne l’est pas, car c’est dans les séries télé désormais que la plupart du temps cela se passe.

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Les années Creepy, 1ère partie

jeudi 23 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Je vais vous parler d’un passé très lointain : « les merveilleuses années 70 » comme on les appelle aujourd’hui, qui ne nous semblaient pas si merveilleuses alors.
Moi, je fais partie de la génération « Creepy ».

Un magazine de bandes dessinées d’horreur américain.

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En Amérique, la même génération ou presque, parfois légèrement plus âgée, avait découvert la chose véritable dont ils s’inspirèrent : les EC Comics. Il y eu donc plutôt là-bas une génération EC, voir Bernie Wrightson, Stephen King, Wes Craven et les autres.

En France d’ailleurs, j’ai eu la chance de découvrir les EC assez tôt grâce à deux merveilleux petits recueils en pocket book parus chez Ballantine, en même temps qu’un autre consacré à « Mad » et les planches étaient remontées pour cause de formats différents et ces deux petits fascicules qui adaptaient entre autre de manière admirable des récits de Bradbury, restèrent confidentiels.

Tandis que « Creepy », le cousin « Eerie », la cousine « Vampirella » et l’oncle « Blazing Combat » consacré aux bandes dessinées de guerre, nous les avons eu en France grâce à Publicness et à Joël Laroche.
J’ai même œuvré à un dictionnaire du cinéma, avorté, dans « Vampirella » je crois, en compagnie d’autres grands anciens.

« Creepy » en anglais, avant qu’il arrive en français, on le trouvait essentiellement chez « Brentano’s », la librairie franco-américaine, où il y avait également des comic books et je vous parlerais un jour du plus grand moment de ma vie, celui où j’ai découvert la bande dessinée une fois pour toute comme un des plus grands arts du monde, autour de deux fascicules dessinés par Jack Kirby et pour Marvel, que j’ai retrouvés récemment et que j’avais imprimés dans ma tête au point près de la trame, y compris une page qui était légèrement décalée dans les rouges.
En ce temps-là j’avais une mémoire photographique.
Je m’en rends compte maintenant.

« Creepy » donc, et c’est une très bonne idée, car mes fascicules commençent à tomber en poussière : mauvais papier et temps qui passe, est enfin réédité parfaitement en «Dark Horse Archives », dans l’ordre, et derrière on attend « Eerie » et « Blazing Combat ».

De « Creepy », il y a déjà eu deux volumes : la suite demain

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