Décastés

Le Blog des Humanos

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Des infos sur l'actualité des Humanoïdes Associés.

Liste des billets

Pour Noël, offrez-vous le meilleur des Humanos !


À l'approche de Noël, voici nos idées pour garnir le pied de vos sapins de Noël !


Nouveautés / bestsellers:

Méta-Baron T5

Contrôlant l'Épyphite, l'Empire Techno est plus puissant que jamais. Son ambition et sa cruauté s'étendent désormais à tout l'univers, mais il reste un obstacle : Le Méta-Baron




14,50 €


Carthago T6

Les ressources naturelles sont cherchées toujours plus loin, toujours plus profond. Au risque de libérer des monstres qu'on croyait depuis longtemps disparus…




14,50 €




Pour les plus jeunes :

Les Mondes Cachés - Coffret de Noël + Poster

Après Gargouilles, découvrez les nouvelles aventures de Grégoire.



24,95 €


Gargouilles - Coffret de Noël + Poster

Un jour, Grégoire découvre un médaillon caché dans la chambre de sa nouvelle demeure. L'étrange objet va lui ouvrir les portes d'un monde oublié de tous, où la magie règne encore…



24,95 €



Les beaux livres :

L'homme du Ciguri 30*40

Un des chefs-d'oeuvre de Moebius au plus fort de son art.





49,99 €


Intégrale Carthago pour les 10 ans

(Édition limitée - Tomes 1 à 5)

Les ressources naturelles sont cherchées toujours plus loin, toujours plus profond. Au risque de libérer des monstres qu'on croyait depuis longtemps disparus…



69,99 €




Les classiques en intégrale :

L'Incal - Intégrale sous coffret

Les tribulations du minable détective John Difool, lancé à la recherche du précieux et convoité Incal. Le chef d'œuvre de Moebius et Jodorowsky.




79,99 €


La Caste des Méta-Barons - Intégrale sous coffret

Cette grande saga space opera nous raconte, génération par génération, l'ascension d'une dynastie de guerriers dont descend le Méta-Baron, personnage mythique de l'Incal.




99,99 €


Castaka - Intégrale sous coffret

Avant les Méta-Barons, il y avait le clan des Castaka, des pirates sans foi ni loi. C'est leur histoire qui nous est ici contée.




19,99 €


La Légende des nuées écarlates - Intégrale sous coffret

Une saga placée sous le signe de la beauté et de la tragédie, traversée par la magie du Japon médiéval et des légendes nippones.



49,99 €


Les Epées de verre - Intégrale sous coffret

Quatre épées pour sauver le monde. Yama n'est qu'une fillette, mais il semble bien que l'épée l'ait élue…





39,95 €

L'Autoroute sauvage - Intégrale sous coffret

Pour survivre aux dangers de la France post-apocalyptique, Mo a fait le choix de voyager. Seul. Mais sa route croise celle d’Hélène, une jeune femme qui cherche à atteindre Paris…




39,95 €




Nouvelles séries :

Retour sur Belzagor T2

Ancienne colonie, la planète Belzagor a été rendue à ses deux espèces intelligentes. Des scientifiques décident d'assister à leur rituel secret, la cérémonie de la renaissance...




14,50 €

Les Décastés d'Orion T2

Kolhen a été trahi et décasté, il mène désormais une existence de fugitif et de paria. Mais sa rencontre avec une femme venue des étoiles bouleverse à nouveau sa vie.



14,20 €


Tags : Évènement

Interview de Mateo Guerrero pour la sortie du T3 de Dragonseed

vendredi 13 octobre 2017


Comment s’est déroulé cette 3ème collaboration avec Kurt McClung ? Pouvez-vous nous expliquer comment vous travaillez ensemble ?

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Ce fut un immense plaisir de replonger de nouveau dans le dessin des personnages de Dragonseed de l’univers de Kurt. En ce qui me concerne, Dragonseed a été mon premier travail sur le marché européen et je suis très satisfait d’avoir pu finir une histoire que j’ai commencé à dessiner il y a plus de 10 ans déjà.

Notre collaboration avec Kurt est simple dans la mesure où il me transmet le scénario complet du tome et nous échangeons plusieurs fois par vidéoconférences pour éclaircir certains détails de l’histoire. Tout s’est très bien passé pour ma part !

Quelles ont été vos sources d'inspirations pour créer l'univers de Krath et des différents créatures peuplant ce monde?

De nombreuses sources d’inspirations mais pour cette série en particulier, je me suis inspiré du cinéma fantastique de ces dernières années. J’ai principalement travaillé sur des livres fantastiques depuis le début de ma carrière. La difficulté a été de choisir les ingrédients appropriés pour la série Dragonseed !

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Quelles techniques de dessin avez-vous utilisées pour Dragonseed ? Qu’est ce qui a changé dans votre approche du dessin dans ce 3ème tome ? Dix ans après, on imagine que le dessin évolue…

Le principal changement technique a été que, dans les deux premiers livres, j'ai travaillé avec mon partenaire Aure Jimenez qui faisait l'encrage du livre et maintenant, dix ans après, nous avons appliqué directement la couleur sur le crayonné. J’ai utilisé cette technique dans mes douze derniers travaux. Je fais un crayonné fluide, en cherchant à ce que le trait ressemble à un coup de pinceau. Ensuite, avec la tablette graphique, je nettoie la planche scannée et j’ajoute les derniers détails nécessaires à l’ordinateur.

Je voudrais mettre l’accent sur le travail remarquable qu’a réalisé la coloriste Joëlle Comtois. Grâce à elle, le monde de Krath prend une toute autre dimension…. Je suis enchantée de son travail.

Justement, est ce qu’il n’a pas été trop difficile de se replonger dans le dessin d’une série publiée en 2006 ?

C’est vrai que cela a été étrange. Au début, c’était un peu comme remonter sur un vélo sans en avoir fait depuis un certain temps. Par la suite, les personnages ont recommencé à se sentir à l’aise entre mes mains et Adam a gagné en vivacité au fur et à mesure des pages.

La fait de donner vie aux personnages s’apparente à un tour de magie. Et, il est tout à fait merveilleux de voir à nouveau Adam Serre d’Ombre se battre, rire et pleurer dans ce dernier tome.

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Interview de Kurt McClung pour le T3 de Dragonseed

jeudi 12 octobre 2017


Comment s'est déroulé la réalisation de ce 3ème tome?

Une fois que ça a enfin démarré, c'était super fun. On s'entend bien maintenant avec Mateo et on a tous les deux beaucoup plus d'expérience. Je crois qu'on se respecte beaucoup et l'histoire est venue sans grande difficulté. Il faut dire aussi que l'équipe éditoriale des Humanos est très efficace. J'écris en anglais, Mateo est espagnol et a appris l'anglais et le français depuis qu'on a écrit les premiers deux tomes. Impressionnant !

Pourquoi avez-vous choisi un héros hybride, mi-homme, mi-dragon ou plus généralement un monde où ces deux espèces cohabitent en relative harmonie ?

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Ahh... Voilà mon secret le mieux gardé, car je ne le savais pas moi-même en commençant Dragonseed. Après avoir écrit trois tomes, j'ai enfin compris pourquoi. J'avais besoin de répondre à une question d'ordre existentiel et familial ! J'avais toujours senti un certain devoir de trouver le bonheur, car mes parents et grands-parents avaient sacrifié beaucoup de choses pour m'offrir un avenir. Je les voyais comme des super-héros, ou plutôt des dragons qui avaient réussi à bâtir mon village, mon Etat et mon pays. Le problème, c’est que je n'étais pas un dragon comme eux, j'étais plutôt un demi-dragon. Je crois qu'au fond, c'est la raison pour laquelle j'ai commencé l'histoire de Dragonseed. Si j’arrivais à trouver un chemin vers l'éveil et le bonheur pour Adam, alors peut-être qu’il y aurait là un chemin pour moi. Je sais que c'est bizarre, mais c'est ce que je pense. 

Il faut dire aussi que j'ai toujours adoré les dragons, qui me fascinent. Je suis un grand fan de Donjons & Dragons, Tolkien et Game of Thrones. J'avais acheté des tas de dragons pour mon fils, qui est à peine plus vieux que la série. Une des premières choses qu’il m’ait dite quand il a appris à parler (et surtout à parler des dragons) était que des dragons ne sont pas méchants... Ce sont les hommes qui les comprennent mal. Je pense que là j'ai eu le déclic. 


Que lisiez-vous enfant ? Êtes-vous un passionné de mythologie pour aujourd’hui écrire des histoires d’héroic-fantasy ?

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Mon livre pour enfants préféré est Max et les Maxi-monstres, de Maurice Sendak. Il m'avait fasciné. Après j'ai dévoré les livres de fantasy et science-fiction. Thomas Covenant l'incrédule de Stephen R. Donaldson, Les Chroniques d'Ambre de Zelazny, Xanth de Pierres Anthony, et les incontournables Tolkien, Herbert, Bradbury, Asimov... et plus tard Orson Scott Card, Dan Simmons, Barjavel, HG Wells et Jules Vernes. Ce n'est qu'une infime partie de ce que j'ai lu. Il y a trois œuvres importantes qu'il faut que je cite absolument : The Princess Bride (je parle bien du livre) m'avait vraiment touché ainsi que les nouvelles de O. Henry et Edgar Allan Poe. Elles me fascinaient, si courtes et si parfaites.

Pour la mythologie, ça m'a pris tard, vers l'âge de 25 ans... J'étais un érudit du Bestiaire des Donjons et Dragons par contre, depuis l'âge de 13 ans.

Pour quelles raisons la sortie de ce troisième tome se fait-elle 10 ans après le deuxième tome ? Le T3 était-il déjà écrit il y a 10 ans et/ou avez-vous dû apporter des modifications au scénario ?

C'était une aventure épique digne d'une BD à proprement parler ! J'ai écrit trois versions du tome 3, qui, dans ma tête, faisait partie d'une série de 4 tomes pour constituer un premier arc. Le premier synopsis a été accepté, mais on a dû repousser la sortie à cause d'un problème de planning. Ensuite Mateo n'avait plus le temps car il avait démarré une autre série, et ensuite moi je n'avais plus le temps car j'avais des jeux-vidéos à écrire à la pelle. Avant qu'on s’en rende compte, 7 ans avaient déjà passé.

C'est Mateo et Fabrice qui m'ont convaincu d'écrire le troisième tome comme clôture du premier arc. Je suis content maintenant, car je trouve que la série a trouvé son rythme. Mais c'était chaud. Je bossais avec la technique que j'appelle "Jodo", c’est-à-dire que je ne connaissais pas la fin de l'histoire quand je l'ai commencée, laissant les personnages me la dicter. Ça marchait bien au début, c’est un truc qui fonctionne en fantasy... C'était un peu comme écrire l'histoire d'un jeu de rôle sur papier. 

J'ai compris mon erreur dans un cours sur l'écriture de films donné par John Truby, quand il expliquait que tu ne peux pas faire ça quand tu écris une histoire policière ou un thriller, ce qu’est Dragonseed en fait. C'est de la fantasy mais la structure du récit est celle d'un roman policier. Si tu ne connais pas la fin, c'est très très dur d’écrire, car on mélange le vrai et le faux. Ça m'a pris deux ans pour écrire le tome 3, et j'ai été obligé de retracer chaque fil possible avant de trouver ce qui se tramait derrière la fumée des personnages. Je crois que j'ai réussi, mais maintenant je sais qu'il faut écrire la fin d’une histoire policière avant le début !

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Une fois la fin trouvée, il suffisait d’écrire le reste. C'était très amusant. J'ai fini le scénario à Singapour en avril 2015... et il a été retravaillé avec Fabrice, mon éditeur, pendant trois mois, avant d’aboutir au scénario définitif qu'on a présenté à Mateo. Il a dit « bien » et c'était parti !


 Est-ce que vous regardez la série Game of Thrones et que pensez-vous du traitement qui a été fait des dragons ?

WOW ! Je les adore. Ce n’est pas le même traitement que dans Dragonseed. Nos Dragons sont supra-intelligents... Ils voient l'avenir et tout. Mais dans Game of Thrones, ils sont majestueux et incarnent tout ce qui est magique. J'adore ça. Ce ne sont pas que des monstres... Ils ont une mère humaine. Je trouve ça super cool. Je me demande quels problèmes psychologiques et familiaux JRR Martin avait à régler avec son histoire ! Ça laisse pantois. Dans tous les cas... c'est un chef-d’œuvre.

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 Mon plus grand rêve serait qu'on ait assez de fans de Dragonseed pour continuer à développer l'univers et les personnages. On a beaucoup d'idées encore, mais là, je crois qu'on a déjà livré une belle histoire en trois tomes. Je suis fier de ce qu'on a réussi à faire. On n'aurait jamais réussi à faire le tome 3 sans tous les fans des premiers tomes qui nous ont encouragés à terminer l'arc. On a été tellement soutenu par les lecteurs sur les forums et par des mails et même dans des salons de jeu vidéo. Ça nous a pris du temps, mais on a réussi, grâce à eux. Je les remercie avec tout mon souffle de demi-dragon.


Tags : Interviews

Interview de Saverio Tenuta à l'occasion de la sortie du Masque de Fudo T2

mardi 20 juin 2017

L'univers des Nuées écarlates recèle encore bien des mystères. Projetez-vous d'en révéler d'autres à travers des spin-off comme celui de Fudo ?

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Certains, oui, mais pas tous, car il y a encore beaucoup à raconter. Du point de vue de la chronologie, la série Le Masque de Fudo est située peu de temps avant le début de La Légende des nuées écarlates, alors que la série Izunas se déroule plusieurs siècles avant.

Il serait plus exact de dire que ce sont des préquelles, plus que des spin-of, ce qui les rend compréhensibles en soi, sans avoir lu la série originale. Je ne veux pas que les lecteurs aient besoin de lire autre chose avant de commencer ces séries. Les préquelles sont parfaites parce qu'elles invitent les lecteurs à en lire plus sur l'univers, sans obligation.

Pour revenir à votre question, je peux dire une chose : La fin de Fudo révélera un mystère de La Légende dont on ne pensait même pas qu'il existait ! Ha ha ha! Vous voyez que j'entretiens le mystère !

Que vous disent vos lecteurs lors des séances de
dédicaces ? Quelle importance accordez-vous à ces rencontres ?

Recevoir en direct des lecteurs des commentaires, des questions et des remarques est fondamental dans mon travail. C'est vrai qu'on peut lire des critiques dans des magazines ou sur internet, mais elles visent surtout à informer les lecteurs ou futurs lecteurs. Les chiffres de vente que je reçois de la maison d'édition sont importants, bien sûr, mais ne vous disent rien sur la raison pour laquelle ces ventes ont eu lieu, ou n'ont pas eu lieu, ou sur ce qui dans l'histoire a trouvé un écho dans l'imaginaire des lecteurs. On ne peut qu'émettre des hypothèses. Peut-être que certains auteurs n'en ressentent pas la nécessité mais moi, j'ai besoin de comprendre.

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Les lecteurs se nourrissent de mes histoires mais je me nourris aussi de leurs avis, y compris ceux des lecteurs qui ne sont pas les plus fidèles ni les plus inconditionnels. Pour moi, faire de la bande dessinée consiste avant tout à créer ce lien et que la communication se fasse dans les deux sens.

Si je ne connaissais pas mes lecteurs, ce qui les touchent, ce qui ne leur plaît pas et surtout ce qui dans mes histoires ou mes dessins résonnent en eux, je ne saurais pas comment faire mon travail. Les rencontres que je fais au cours des dédicaces sont des moments importants. J'en reviens toujours avec un sentiment merveilleux.

Tags : Interviews

5 intégrales Humanos à prix sympa !

lundi 8 mai 2017

Mercredi 10 mai, retrouvez en librairie cinq de nos séries en édition intégrale et petit format (19x24cm) !

L'occasion de (re)découvrir ces classiques humanos à petit prix :

Sanctuaire  - 3 tomes - 19,99 € 

Quatrième pouvoir - 4 tomes - 24,95 € 

La folle du Sacré-Coeur - 3 tomes - 19,99 € 

Megalex  - 3 tomes - 19,99 € 

Koma  - 6 tomes - 29,95 € 

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Tags : Évènement

pascALEjandro : l’androgyne alchimique

vendredi 28 avril 2017

PascALEjandro, une signature commune et l'union de deux prénoms pour former une oeuvre artistique rendant hommage à l'amour, puissance suprême de ce monde. Alejandro Jodorowsky trace les lignes, Pascale Montandon-Jodorowsky les emplie de couleurs. L'un est cinéaste, poète, scénariste de bandes dessinées, inventeur de la psychomagie, l'autre est peintre, photographe, créatrice de costumes et de décors. Ensemble, ils créent une oeuvre existentielle pénétrée de références mystiques et racontant les obsessions et replis de l'âme humaine.

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Les peintures évoquent inévitablement des thèmes déjà abordés par Alejandro dans ses albums et ses films :

--> La figure Androgyne comme dans La Folle du Sacré coeur

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--> La Faune et la Flore extraterrestre évoquant l'univers de l'Incal ou de La Caste des Méta-Batons

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--> Les références au mondes hispanique, la corrida comme dans le film Santa Sangre

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--> Pierrot et la comedia del arte comme dans Pietrolino

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L'exposition est à découvrir jusqu'au 11 juin à la galerie Alaïa. Entrée libre et gratuite, tous les jours de 11h à 19h.


Tags : Évènement

Interview Laura Zuccheri pour Retour Sur Belzagor

mardi 4 avril 2017

Comment s'est déroulée l'adaptation de l'œuvre ?

J'ai lu l'œuvre originale avant de lire le scénario de Philippe Thirault et j'ai été complètement fascinée. C'était le premier roman de Robert Silverberg que je lisais. Les créatures et le monde de Silverberg ont commencé à se dessiner dans mon imagination. 

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Il a ensuite fallu trouver le bon équilibre entre les fantasmes de l'imaginaire et la réalité de la conception d'un univers cohérent de science-fiction. Ainsi, pour les décors, il fallait imaginer des bâtiments et des engins de transport dont les modules de base aient pu être transportées par vaisseau par les colons terriens. Leur forme, leur design devait refléter une logique de fonctionnalité, de simplicité, alors que mes premières recherches reflétaient plutôt mon goût pour des formes plus stylisées, qu'on peut trouver dans l'Art nouveau par exemple, période de l'histoire de l'Art que j'affectionne particulièrement. 

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Qu'est ce qui a finalement été le plus difficile à réaliser ?

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Je dirais qu'il s'agit de la conception graphique des Nildoror et des Sulidoror. Le défi était de taille : je devais devenir une vraie exo-biologiste ! Il fallait créer de nouvelles espèces ayant une physiologie qui reflète leur habitat, sans oublier qu'elles sont en plus intelligentes. Après de nombreuses études et discussions avec mon éditeur, je suis arrivée à une représentation cohérente. Les Nildoror, par exemple, ne devaient pas trop ressembler aux éléphants terrestres, ce qui aurait entraîné un effet comique. J'ai commencé par leur enlever leurs grandes oreilles, puis à les faire bouger, se comporter comme des hommes jusqu'à sentir leur présence, leur cohérence interne. Il a fallu aussi déterminer leur taille, leur couleur, comment se manifestait la différence mâle/femelle, jeune/âgé, s'ils portent des vêtements, ou pas, etc.

Que pouvez-vous nous dire sur vos recherches sur les personnages humains ?Pourquoi cette idée de vous inspirer de Robert Silverberg pour le personnage de Kurtz ?

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C'était un clin d'œil que j'ai bien aimé réaliser; Siverberg devait probablement ressembler au Kurtz de notre album lorsqu'il a écrit le roman en 1970. La caractérisation physique des personnages est tombée plutôt facilement, à l'exception peut-être de van Beneker qui a longtemps ressemblé à Steve Buscemi ! Le travail de recherche a surtout porté sur les vêtements, les accessoires, autant d'éléments de caractérisation qui devaient faire écho, comme pour les Nildoror et Sulidoror, à un habitat et un mode de vie. Ainsi les Wingate portent des vêtements high tech terriens quand Seena s'habille d'un tablier ou d'une robe-créature locale de Belzagor qui s'adapte à sa morphologie
.

Tags : Interviews

Interview de Philippe Thirault pour Retour sur Belzagor

mardi 4 avril 2017

Quelle logique avez-vous suivi pour adapter le roman, Les profondeurs de la terre (choix de garder ou non tel ou tel perso...) ?

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Silverberg est un des plus grands écrivains du genre et ses qualités littéraires d'ailleurs le propulsent bien au-delà de tout ghetto de genre. C'est un grand écrivain, point. Et son œuvre est très introspective, dans la lignée des écrivains mainstream depuis Faulkner. Du coup, très littéraire, son roman est
redoutablement difficile à adapter car il faut y injecter de l'action et du
visuel, et les richesses des significations de l'œuvre étant spécifiquement écrites, on est quasiment obligé de bousculer la forme, voire la galerie de personnages, pour rapprocher l'histoire des canons de la bande dessinée (au cinéma, ça serait la même chose). Plus une œuvre est géniale, plus elle est difficile à adapter car on ne peut se contenter de la transposer. Il faut la réinventer, la trahir au niveau des anecdotes, pour mieux la servir au final sur un nouveau support totalement visuel. C'est pour cela que tout en gardant l'essentiel de cet univers (également recréé graphiquement par Laura), j'ai choisi d'ajouter des personnages, modifier des péripéties, de proposer une fin alternative, etc. Au bout d'un moment, c'est la nouvelle histoire qui a suivi sa propre logique, les personnages qui ont entraîné le récit. On dit parfois que traduction égale trahison. 

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C'est encore plus vrai pour une adaptation, mais ici la trahison est totalement assumée. Mais paradoxalement, elle est parfaitement respectueuse.

Pourquoi avoir changé le titre?

Deux raisons (en accord avec l'éditeur). D'abord pour marquer que ce n'est pas le roman comme dit plus haut, afin que les adorateurs de Silverberg ne s'attendent pas à une transposition impossible, mais veuillent bien jouer le jeu avec nous de broder sur le magnifique univers, imaginé par Silverberg, et imagé par Laura, de la planète Belzagor, qui est un des personnages (on le verra encore mieux dans le tome 2) de l'histoire. 

Ensuite, il est apparu que le titre français est un contresens : le titre original est une citation de la Bible (les auteurs anglo-saxons adorent toujours citer deux sources : la Bible et Shakespeare) qui fait écho  pour les anglophones, mais traduit de façon platement littérale pour le public français, ça ne veut plus rien dire. Là encore, ça montre bien que trop de fidélité nuit! CQFD.

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Quelle différence avec le travail scénaristique d'une œuvre que vous imaginez vous-même ?

C'est beaucoup plus difficile, plus technique, il faut assimiler un univers qui n'est pas le sien et se poser des questions de pure logique, de construction, de méthode. Impossible de travailler à l'intuition et d'ailleurs les Humanoïdes m'ont vraiment fait suer, j'ai été plusieurs fois au bord de l'abandon. Mais au final, quand on dépasse ce stade très laborieux, ça veut dire qu'on s'est approprié l'univers et alors ça revient au même.

Contrairement au livre Les Profondeurs de la Terre qui pourrait évoquer la décolonisation britannique (bien que l'auteur ne le mentionne pas), l'album Retour sur Belzagor fait surgir les images de notre propre histoire, celles de l'Algérie. Est-ce quelque chose de volontaire ?

Nous sommes dans la science-fiction, c'est une allégorie de toutes les décolonisations ; les Anglais penseront à l'Empire Britannique, les Français à l'Algérie. Aucune référence directe à l'une ou à l'autre, mais plutôt la volonté comme dans le roman de toucher à l'universel, parler de l'Autre, de savoir lui reconnaître ses différences, ses particularités, l'accepter pour s'accepter soi-même (ce qui est le parcours de Gundersen dans cette histoire, le colonisateur à la mauvaise conscience en quête de rédemption).

Pourquoi avoir choisi de transformer le groupe de touristes en groupe de scientifiques ?

Pour des questions de dramaturgie. L'exploration de la planète permettait avec des personnages en quête de révélations scientifiques de traiter de l'écologie bien particulière de Belzagor. Les colons s'intéressaient aux richesses de la planète, au mépris de ses habitants avec cette idée vraiment géniale de Silverberg qui est que l'apparence animale des autochtones (les Nildoror évoquent des sortes d'éléphants, les Sulidoror des grands singes) empêche l'inconscient humain de leur prêter un statut d'espèces intelligentes égales aux Terriens. Les scientifiques dans notre histoire sont eux aussi indifférents aux habitants, ils ne voient que l'objet scientifique — mais cela les forcera, on le verra, à revenir aux habitants… Autre idée tout à fait novatrice à l'époque : il n'y a pas une, mais deux espèces intelligentes. En fait, on racontait mieux l'histoire de la planète avec des scientifiques.

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Ce roman date des années 70, est-ce qu'il a fallu moderniser certaines idées ? 

Les idées non, mais la modernisation est venue de l'esthétique de la dessinatrice, sa représentation des vaisseaux, des vêtements... Ce n'est clairement pas quelque chose qui aurait pu être dessiné comme ça dans les années 70. Le cinéma, le design actuel, sont passés par là.

Qu'est ce qui vous a donné le plus de fil à retordre ? Et au contraire ce qui allait de soi ?

La construction, le démarrage, tout mettre en place, prévoir tous les ingrédients, bref toute l'horlogerie du récit. Je n'avais jamais été aussi loin, poussé par l'éditeur qui semblait ne tenir aucun compte de la fragilité mentale d'un auteur. Et non, rien n'allait de soi.

Comment s'est déroulée votre collaboration avec Laura Zuccheri ?

Nous avons eu très peu d'interaction, l'éditeur insistait pour la maîtrise de l'histoire que tout soit écrit de bout en bout et jusqu'à la fin, avant que la dessinatrice ne commence son travail. Et d'ailleurs, pendant qu'elle réalisait les croquis de personnages, des créatures et les design, c'est d'abord un story-boarder, Jorge Miguel, qui s'est emparé du scénario. Nous avons travaillé en fait comme pour un petit film (au niveau de l'équipe car le résultat, je l'espère, dépasse toutes les superproductions du genre).

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Tags : Interviews