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Le Blog des Humanos

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Des infos sur l'actualité des Humanoïdes Associés.

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Interview d'Enea Riboldi, dessinateur de L'Aigle des Mers

mercredi 23 mai 2018

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Dans Cap Horn déjà, vous représentiez d’anciens navires à voile. Est-ce quelque chose qu'il vous tient à coeur de dessiner ?

En effet, je trouve que les voiliers sont l'une des meilleures inventions de l'homme pour partir à la conquête de la mer. Ils sont chargés de sagesse et d'élégance.

L’histoire est inspirée de faits réels, plus précisément du comte Felix Von Luckner. Comment avez-vous entendu parler de cette histoire ?

La littérature maritime m'a toujours fasciné, grâce à des auteurs comme Conrad, Melville et bien d'autres. Un jour, je suis tombé sur ce vieux livre intitulé The World War Pirate de Felix Von Luckner  et j'ai été immédiatement intrigué. Tous les éléments étaient là : la mer, les derniers voiliers, une époque sur le déclin et l'orée d'une nouvelle ère.

Que connaissiez-vous du comte Felix Von Luckner ? 

J'ai lu sa biographie, et j'ai été frappé par la façon dont cet officier de marine, amoureux des derniers géants de la voile, se devait de les couler et donc de décréter la fin de ce monde qu'il aimait tant.

Qu’est ce qui a été le plus compliqué pour la création de cette histoire ?

Pour moi, c'est toujours le temps de m'adapter au contexte de mon histoire, on n'en sait jamais assez, donc je lis, je m'informe, je me documente, j'attends puis soudain tout devient clair, je me sens prêt. C'est seulement à ce moment là que je peux commencer.

Quelles relations entretenez-vous avec le monde maritime ?

Je suis un marin passionné et l'heureux propriétaire d'un vieux et petit cutter que j'entretiens avec soin. Tous les étés, je fais de longues croisières et, parfois, pendant que je navigue, les vagues et l'horizon ne forment qu'une seule et unique ligne bleue. J'ai l'impression de vivre un moment de perfection, suspendu dans le temps.

Tags : Interviews

“J’adorerais faire l’amour avec un extraterrestre.” Interview de Jerry Frissen pour la sortie de Simak T1

mercredi 16 mai 2018

Pourquoi avoir repris le concept du Simak originellement apparu dans Méta-Baron ?

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Le Simak de Méta-Baron est un transhumain, un homme tellement modifié qu’il n’a d’humain que l’aspect, et encore, il peut en changer presque à volonté. C’est un personnage que j’avais en tête depuis bien longtemps et qui me tenait à cœur. Il existait quelque part en moi avant même qu’il ne fasse son apparition dans Méta-Baron. Mais le personnage de cette nouvelle série n’est pas exactement le même. 
L’histoire se passe quelques siècles plus tôt et cet « ancien » Simak fait partie de la toute première génération de ces hommes modifiés. C’est un prototype en quelque sorte et il est encore loin d’avoir les capacités qu’aura le Simak de Méta-Baron. Il est plein de défauts dont celui de tout ignorer de ses origines.



Quelles ont été vos inspirations pour créer cette histoire ? Depuis combien de temps mûrissez-vous le projet ?

J’ai quelques obsessions qui trainent en moi depuis longtemps. Celle du transhumanisme en est une. Mais je voulais prendre le sujet d’un côté plus personnel et parler de la chair plus qu’autre chose. Mon intérêt pour le transhumanisme est plus psychologique que scientifique ou philosophique. 

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Comment existe-t-on quand on a été modifié au point de n'avoir que peu de liens avec ce qu’on appelle "humain" ? Quel rapport a-t-on avec un corps qui est capable de se transformer de façon radicale ? Dans Méta-Baron et dans Simak, les transhumains – les Simaks – ont été modifiés dans un but purement sexuel. Ce sont des poupées qui n’existent que pour donner du plaisir à leurs clients – ce qui ne leur plait d’ailleurs pas du tout. Ce sont des prostitués involontaires, des esclaves sexuels. Mais au-delà du problème moral, ce qui me plaisait dans ce sujet, c’était de parler de leur corps qui est un terrain de jeu pour les expériences charnelles les plus extrêmes. Je voulais ainsi imaginer la naissance d’une nouvelle humanité et me demander comment ces créatures allaient exister, développer leur culture, leurs désirs, leurs frustrations, etc. Ce que je raconte dans Méta-Baron et Simak sont des histoires parallèles qui traitent de ce même thème. 
Ce sera plus poussé dans cette nouvelle série puisqu’un de ces Simaks en est le personnage principal. Sinon, il y a une influence « satellitaire » importante, le sublime Délirius de Philippe Druillet et Jacques Lob auquel la planète Solar Corona, théâtre de cette première enquête, est un hommage.

Lisez-vous du polar ? 

Pas énormément mais j’ai toujours été amateur de Jim Thompson, James Ellroy, Edouard Bunker et surtout Harry Crews, dont Body restera pour toujours un de mes livres favoris. Il y a aussi The Caves of Steel d’Asimov qui est un merveilleux polar de SF. D’une manière générale, j’aime bien les histoires de « flics de l’espace » comme dans Blade Runner ou Outland au cinéma.

Pourquoi avoir choisi le dessinateur Jean-Michel Ponzio pour dessiner votre histoire ? Comment s'est déroulée votre collaboration ?

C’est une proposition des Humanos qui me convenait bien. Je le trouve très fort pour faire exister cette planète de l’excès. Il a tout de suite fait des propositions pour rendre cet univers crédible et j’ai adoré ça. À ce stade, c’était ma préoccupation principale. 
Cette planète devait ressembler à un Las Vegas du futur et sa vision a tout de suite été la bonne. Il a une façon de travailler particulière, il sélectionne des acteurs, fabrique des costumes, des objets, des armes et crée le reste en digital. C’est plutôt excitant comme système de travail. Il m’a montré chaque étape. Le travail de scénariste oblige à se faire discret à un moment, pour que le dessinateur puisse apporter sa propre façon de voir les choses

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Dans un univers aussi barré, on a l’impression que tout est possible (transformation, mutation). Est-ce qu’il y a des choses que vous vous interdisez ?

Non, je ne m’interdis rien, au contraire même, j’essaye de pousser au maximum et Bruno Lecigne, mon éditeur, m’encourage à aller dans ce sens. Mais fondamentalement, écrire est une exploration et j’essaye d’aller chaque fois un peu plus loin avec chaque nouveau projet. Chaque histoire apporte quelque chose qui sert à construire la suivante. C’est une évolution constante. J’essaye de ne pas avoir de pudeur et de parler de tout ce dont j’ai envie de parler. 

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Pas besoin de perdre son temps à se demander si on peut ou pas aborder tel ou tel sujet. Il y a cependant des sujets, des idées que je ne sais pas comment traiter, je les repousse de mois en mois, d’année en année, en me disant que je trouverais bien le bon moment et la bonne façon de les aborder. Il y a par exemple une histoire que je retarde depuis longtemps. Après chaque livre, je m’y remets et chaque fois j’abandonne après quelques jours. C’est une histoire trop dure, trop déprimante et elle me donne envie de pleurer. Pourtant je l’aime bien, mais elle me force à aller quelque part en moi où je n’ai pas envie d’aller. En tout cas, pas pour le moment.



Entre Blade Runner 2049 et Altered Carbon, la SF actuelle s’intéresse beaucoup aux corps modifiés ou augmentés, aux androïdes… Comment vous positionnez-vous par rapport à ce sujet et ces œuvres ?

Comme je le disais plus haut, c’est le côté charnel qui m’intéresse principalement. J’ai souvent envie de parler de sexe – sans pour ça avoir la moindre envie de faire de la bande dessinée porno – et le transhumanisme était une porte d’entrée parfaite pour effleurer le sujet. C’est un sujet passionnant mais il me faudra beaucoup de travail pour arriver à dire ce que j’ai envie de dire. Ça va sans doute se distiller en petites quantités, de livre en livre. 

J’écris pour le moment une histoire d’amour entre un homme et un extraterrestre – d’ailleurs j’adorerais faire l’amour avec un extraterrestre. Dans Simak, et plus particulièrement dans le deuxième tome, je me suis posé la question de savoir ce que serait une relation sexuelle quand on peut se transformer suffisamment pour caresser le cœur ou le cerveau de son partenaire.

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Avec Exo, vous avez fait de la hard science, avec Méta-Baron du space opéra, ici plutôt du polar intergalactique. Comment jonglez-vous entre ces styles ? Quelles sont les contraintes d'écriture ? 

Je ne pense jamais vraiment à ça. Ce sont toujours des histoires de personnages avec leurs motivations. Je vois en fait quelque chose qui est en train de se « dessiner » entre toutes mes séries et que je n’ai pas fait consciemment. Les personnages forment une espèce de famille et se répondent les uns les autres. Je ne suis pas à la recherche de ce genre de choses, mais ça s’impose malgré moi. Alors je laisse faire. 

En ce qui concerne Simak, je n’ai pas commencé la série en me disant que j’allais entrer dans telle ou telle catégorie. Même si je ne nie pas bien sûr que tout cela existe et qu’effectivement je vais dans des directions différentes. Il y a sans doute quelque chose de très excitant à changer de genre. C’est une sorte de récréation. Je peux oublier toutes les questions que je me posais sur le livre précédent et qui me faisaient mal au cerveau. Du coup, je m’en pose d’autres et les douleurs reprennent… Une des particularités de Simak était que je voulais faire quelque chose de très excessif, qui se passe dans un monde extrême et outrancier, avec une tension qui ne s’arrête pas avant la dernière page. Je voulais aussi qu’il y ait une idée par page et c’est quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant.

Avez-vous en projet d'autres séries agrandissant le “Méta-univers Humano” ? 

Oui, certainement d’autres projets de séries. Il y a par exemple dans Méta-Baron, deux personnages qui apparaissent dans le tome 7 que je ne pourrais jamais abandonner. Il faut que j’en fasse quelque chose d’une façon ou d'une autre.

Tags : Interviews

Interview de Daniel Pizzoli, auteur d'essais sur la bande dessinée

lundi 16 avril 2018

Comme beaucoup d'enfants des seventies, Daniel Pizzoli découvre les premières pages de Blueberry dans la revue Pilote. Quelques années plus tard, l'étudiant aux Beaux-Arts et à l'école des Arts décoratifs, passionné de western, décide de consacrer sa thèse à ce personnage mythique. Ancien roughman et storyboarder dans la publicité, Daniel Pizzoli réalise plusieurs ouvrages sur le dessin de Jean Giraud dont Il était une fois Blueberry publié chez Dargaud et Mœbius ou Les Errances du trait chez PLG éditions. Pour Les Humanoïdes Associés, il signe la postface de l'édition anniversaire Arzach & Le Garage hermétique. 

Comment un passionné de Blueberry, une série où Giraud poursuit un style académique, en vient à s’intéresser aux dessins de Mœbius  ?

Si l'inspiration et l’esprit de Mœbius sont novateurs, le dessin reste intrinsèquement classique, voire académique, même quand il verse dans l’abstrait. Cette cohabitation étrange, qui paraît pourtant aller de soi chez ce dessinateur, conjuguée à mon intérêt pour le dessin expliquent pourquoi l’œuvre de Mœbius exerce une telle attraction sur moi.

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En quoi la technique de Mœbius se démarque-t-elle de celle des autres auteurs que vous avez pu observer ?

Ce qui le caractérise est son attachement aux matières et à la lumière. Ce sont des choses que l’on retrouve également chez Hermann. Mais, plus profondément, au-delà du dessin et de la maîtrise technique, le « style Mœbius », c'est la grâce aérienne du trait, sa fluidité unique. Aucun des nombreux faux qui circulent désormais sur la toile, ou parfois dans les galeries ou des salles de ventes prestigieuses, ne parvient à reproduire ce trait magique et habité.


Dans la postface de Arzach & Le Garage hermétique vous soulignez la fluidité de Mœbius pour les plans et découpages mais finalement vous démontrez que cette apparente facilité résulte de « savants calculs » ?

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Je ne parlerais pas de calculs mais de réflexion. Toute création aboutie procède d’une réflexion. À partir du moment où Mœbius avait intériorisé les règles de la narration graphique, de la composition et des techniques du dessin classique, c’était devenu pour lui une seconde nature de jouer avec. Comme le fait n’importe quel artiste parvenu à maturité dans sa discipline. Il y a une intelligence du dessin. Elle se manifeste avant et pendant l’acte de dessiner, c’est là que réside l’intimité de la relation que l’artiste entretient avec ses outils et sa création.


Justement, vous semblez très bien connaître ses techniques et outils ! Avez-vous eu l’occasion de le rencontrer et d’échanger avec lui ?

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Mœbius utilisait des techniques classiques de dessin. Celles que tout étudiant en art expérimente au cours de son cursus. J’ai lu ses entretiens et beaucoup observé ses œuvres et ses originaux chaque fois que c’était possible. Grâce aux photos et aux vidéos où on le voit dessiner, j’ai pu reconnaître le matériel qu’il utilisait et la façon dont il s’en servait. J’en ai parfois discuté avec lui lors de rencontres occasionnelles. Il était toujours partant pour parler de dessin, pour peu qu’on lui en donne l’occasion. Je me souviens d’une amusante conversation à propos des mérites comparés de deux marques de rapidographes.


Ici vous livrez des techniques précises, notamment celle des pointillés pour représenter les ombres des visages sans avoir à faire de contour. Ce sont des astuces qui peuvent servir à des étudiants en dessin finalement ?

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En fait, je ne révèle rien aux étudiants et professionnels qu’ils ne sachent déjà. Ce sont des bases que l’on apprend dans les écoles d’art : comment rendre une ombre, une lumière, une matière de diverses manières. Les possibilités sont infinies. Mœbius, par exemple, a connu plusieurs périodes pointillistes, de celle des années 1970 qui paraît aujourd’hui datée, jusqu’à celle des années 2000. Observer et s’imprégner des œuvres qui l’ont précédé fait partie de la formation d’un artiste. Ainsi Mœbius a emprunté cette technique à l’illustrateur Virgil Finlay.


Pourquoi avoir choisi de ne présenter que l’aspect graphique du travail de Mœbius ?

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J’estime que la plupart des essais et articles qui paraissent sur la bande dessinée n’abordent pas l’aspect formel ou alors de manière très superficielle. On finit par oublier que la bande dessinée c’est avant tout du dessin, tout au moins pour les artistes attachés au mode de représentation réaliste (« l’aristocratie du dessin » comme disait Mœbius) et au travail considérable qu’il implique.  À mon échelle très modeste, j’essaie d’apporter un regard différent et faire œuvre de pédagogie. Je tente très prosaïquement de montrer la somme de travail, de connaissances, de sensibilité et de savoir-faire techniques nécessaires pour créer une image. Ce que tous les dessinateurs savent, mais ce dont le grand public n’a qu’une très vague idée. On ne nous apprend pas à regarder, tout juste à voir. Or, développer l’acuité du regard dans un monde désormais dominé par l’image et la vitesse me semble plus que jamais indispensable. Regarder demande du temps et de la concentration.


Je lis ou entends souvent dire qu’analyser une œuvre est un acte purement intellectuel qui tue l’émotion. En réalité, c’est exactement le contraire qui se produit. Plus on entre dans l’intimité d’un dessin ou d’une création, plus on est touché par elle. On y découvre des richesses cachées exaltantes. J’essaie de transmettre à mes lecteurs ce plaisir de la découverte en espérant, qu’à leur tour, ils se lanceront dans cette chasse au trésor.  




Tags : Interviews

Interview de Carita Lupattelli, dessinatrice d'Izunas T4

jeudi 29 mars 2018

Carita Lupattelli nous parle d'Izunas, de son enfance,et de ses idées pour de futurs scénarios.

Quelles différences dans votre méthode de travail entre le premier cycle et celui-ci ?

Dans ce nouveau cycle, j'ai utilisé davantage l'ordinateur pour accélérer le processus de création. Les crayonnés et une partie de l'encrage sont réalisés à la Cintiq. Cela m'évite d'avoir à scanner et nettoyer les crayonnés. Sur un album de 46 planches, cela fait la différence.

Dans le tome précédent, vous faisiez des références à Miazaki. Est-ce toujours le cas dans ce tome ci ? 

En réalité, je m'inspire surtout de photographies. J'essaye de ne pas trop m'inspirer de Miyazaki parce que son imaginaire est très reconnaissable. Le maître Miyazaki fait souvent référence à la mythologie japonaise, référence qu'on retrouve aussi dans Izunas. La mythologie japonaise est ce qui permet le plus de s'approcher de l'essence même du Japon.

Plus jeune, que lisiez-vous ?

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Quand j'étais petite, je ne lisais que des mangas, exclusivement, puis en grandissant, j'ai commencé à lire d'autres choses. Petit à petit, j'ai découvert de très belles œuvres dans les comics américains ou anglais, comme Sandman de Neil Gaiman, mais aussi des bandes dessinées comme L'Incal.

Vous aviez évoqué précédemment votre désir de travailler sur une saga nordique. Ce projet vous tient-il toujours à cœur ? A-t-il avancé ?

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C'est sans aucun doute un projet qui me tient encore à cœur, même si malheureusement je suis loin de sa réalisation. J'aimerais en écrire l'histoire, et qu'elle soit bonne, mais pour cela, je dois encore étudier l'écriture de scénario.
Les récits de neige et de marins m'ont toujours fascinée. Dernièrement j'ai justement lu un très beau livre sur une histoire vraie, celle de l'expédition Endurance en 1914, un récit extraordinaire sur la force humaine et l'instinct de survie, vraiment frappant. On retrouve la même force et ténacité chez les peuples nordiques.

Que vous disent vos lecteurs lors des séances de dédicaces ? Quelle importance accordez-vous à ces rencontres ?

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Comme malheureusement je ne parle pas bien français, les échanges sont limités. Une fois, pendant un festival, j'ai eu la chance d'avoir une fois une traductrice à mes côtés. C'était formidable de pouvoir interagir librement avec les lecteurs et de pouvoir leur expliquer en détails ce que je fais. 
En général, ils sont très curieux de l'aspect technique du travail et des délais de réalisation, mais au fil de la conversation, on arrive à parler de tout.
En tant que dessinatrice, je suis souvent seule quand je travaille, ce qui fait perdre un peu le contact avec la réalité. Il est donc vraiment important pour moi de rencontrer les lecteurs. Ils me font sortir de ma planche de bande dessinée et rendent mon travail plus réel et tangible.

Tags : Interviews

Interview de Mateo Guerrero pour la sortie du T3 de Dragonseed

vendredi 13 octobre 2017


Comment s’est déroulé cette 3ème collaboration avec Kurt McClung ? Pouvez-vous nous expliquer comment vous travaillez ensemble ?

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Ce fut un immense plaisir de replonger de nouveau dans le dessin des personnages de Dragonseed de l’univers de Kurt. En ce qui me concerne, Dragonseed a été mon premier travail sur le marché européen et je suis très satisfait d’avoir pu finir une histoire que j’ai commencé à dessiner il y a plus de 10 ans déjà.

Notre collaboration avec Kurt est simple dans la mesure où il me transmet le scénario complet du tome et nous échangeons plusieurs fois par vidéoconférences pour éclaircir certains détails de l’histoire. Tout s’est très bien passé pour ma part !

Quelles ont été vos sources d'inspirations pour créer l'univers de Krath et des différents créatures peuplant ce monde?

De nombreuses sources d’inspirations mais pour cette série en particulier, je me suis inspiré du cinéma fantastique de ces dernières années. J’ai principalement travaillé sur des livres fantastiques depuis le début de ma carrière. La difficulté a été de choisir les ingrédients appropriés pour la série Dragonseed !

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Quelles techniques de dessin avez-vous utilisées pour Dragonseed ? Qu’est ce qui a changé dans votre approche du dessin dans ce 3ème tome ? Dix ans après, on imagine que le dessin évolue…

Le principal changement technique a été que, dans les deux premiers livres, j'ai travaillé avec mon partenaire Aure Jimenez qui faisait l'encrage du livre et maintenant, dix ans après, nous avons appliqué directement la couleur sur le crayonné. J’ai utilisé cette technique dans mes douze derniers travaux. Je fais un crayonné fluide, en cherchant à ce que le trait ressemble à un coup de pinceau. Ensuite, avec la tablette graphique, je nettoie la planche scannée et j’ajoute les derniers détails nécessaires à l’ordinateur.

Je voudrais mettre l’accent sur le travail remarquable qu’a réalisé la coloriste Joëlle Comtois. Grâce à elle, le monde de Krath prend une toute autre dimension…. Je suis enchantée de son travail.

Justement, est ce qu’il n’a pas été trop difficile de se replonger dans le dessin d’une série publiée en 2006 ?

C’est vrai que cela a été étrange. Au début, c’était un peu comme remonter sur un vélo sans en avoir fait depuis un certain temps. Par la suite, les personnages ont recommencé à se sentir à l’aise entre mes mains et Adam a gagné en vivacité au fur et à mesure des pages.

La fait de donner vie aux personnages s’apparente à un tour de magie. Et, il est tout à fait merveilleux de voir à nouveau Adam Serre d’Ombre se battre, rire et pleurer dans ce dernier tome.

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Tags : Interviews

Interview de Kurt McClung pour le T3 de Dragonseed

jeudi 12 octobre 2017


Comment s'est déroulé la réalisation de ce 3ème tome?

Une fois que ça a enfin démarré, c'était super fun. On s'entend bien maintenant avec Mateo et on a tous les deux beaucoup plus d'expérience. Je crois qu'on se respecte beaucoup et l'histoire est venue sans grande difficulté. Il faut dire aussi que l'équipe éditoriale des Humanos est très efficace. J'écris en anglais, Mateo est espagnol et a appris l'anglais et le français depuis qu'on a écrit les premiers deux tomes. Impressionnant !

Pourquoi avez-vous choisi un héros hybride, mi-homme, mi-dragon ou plus généralement un monde où ces deux espèces cohabitent en relative harmonie ?

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Ahh... Voilà mon secret le mieux gardé, car je ne le savais pas moi-même en commençant Dragonseed. Après avoir écrit trois tomes, j'ai enfin compris pourquoi. J'avais besoin de répondre à une question d'ordre existentiel et familial ! J'avais toujours senti un certain devoir de trouver le bonheur, car mes parents et grands-parents avaient sacrifié beaucoup de choses pour m'offrir un avenir. Je les voyais comme des super-héros, ou plutôt des dragons qui avaient réussi à bâtir mon village, mon Etat et mon pays. Le problème, c’est que je n'étais pas un dragon comme eux, j'étais plutôt un demi-dragon. Je crois qu'au fond, c'est la raison pour laquelle j'ai commencé l'histoire de Dragonseed. Si j’arrivais à trouver un chemin vers l'éveil et le bonheur pour Adam, alors peut-être qu’il y aurait là un chemin pour moi. Je sais que c'est bizarre, mais c'est ce que je pense. 

Il faut dire aussi que j'ai toujours adoré les dragons, qui me fascinent. Je suis un grand fan de Donjons & Dragons, Tolkien et Game of Thrones. J'avais acheté des tas de dragons pour mon fils, qui est à peine plus vieux que la série. Une des premières choses qu’il m’ait dite quand il a appris à parler (et surtout à parler des dragons) était que des dragons ne sont pas méchants... Ce sont les hommes qui les comprennent mal. Je pense que là j'ai eu le déclic. 


Que lisiez-vous enfant ? Êtes-vous un passionné de mythologie pour aujourd’hui écrire des histoires d’héroic-fantasy ?

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Mon livre pour enfants préféré est Max et les Maxi-monstres, de Maurice Sendak. Il m'avait fasciné. Après j'ai dévoré les livres de fantasy et science-fiction. Thomas Covenant l'incrédule de Stephen R. Donaldson, Les Chroniques d'Ambre de Zelazny, Xanth de Pierres Anthony, et les incontournables Tolkien, Herbert, Bradbury, Asimov... et plus tard Orson Scott Card, Dan Simmons, Barjavel, HG Wells et Jules Vernes. Ce n'est qu'une infime partie de ce que j'ai lu. Il y a trois œuvres importantes qu'il faut que je cite absolument : The Princess Bride (je parle bien du livre) m'avait vraiment touché ainsi que les nouvelles de O. Henry et Edgar Allan Poe. Elles me fascinaient, si courtes et si parfaites.

Pour la mythologie, ça m'a pris tard, vers l'âge de 25 ans... J'étais un érudit du Bestiaire des Donjons et Dragons par contre, depuis l'âge de 13 ans.

Pour quelles raisons la sortie de ce troisième tome se fait-elle 10 ans après le deuxième tome ? Le T3 était-il déjà écrit il y a 10 ans et/ou avez-vous dû apporter des modifications au scénario ?

C'était une aventure épique digne d'une BD à proprement parler ! J'ai écrit trois versions du tome 3, qui, dans ma tête, faisait partie d'une série de 4 tomes pour constituer un premier arc. Le premier synopsis a été accepté, mais on a dû repousser la sortie à cause d'un problème de planning. Ensuite Mateo n'avait plus le temps car il avait démarré une autre série, et ensuite moi je n'avais plus le temps car j'avais des jeux-vidéos à écrire à la pelle. Avant qu'on s’en rende compte, 7 ans avaient déjà passé.

C'est Mateo et Fabrice qui m'ont convaincu d'écrire le troisième tome comme clôture du premier arc. Je suis content maintenant, car je trouve que la série a trouvé son rythme. Mais c'était chaud. Je bossais avec la technique que j'appelle "Jodo", c’est-à-dire que je ne connaissais pas la fin de l'histoire quand je l'ai commencée, laissant les personnages me la dicter. Ça marchait bien au début, c’est un truc qui fonctionne en fantasy... C'était un peu comme écrire l'histoire d'un jeu de rôle sur papier. 

J'ai compris mon erreur dans un cours sur l'écriture de films donné par John Truby, quand il expliquait que tu ne peux pas faire ça quand tu écris une histoire policière ou un thriller, ce qu’est Dragonseed en fait. C'est de la fantasy mais la structure du récit est celle d'un roman policier. Si tu ne connais pas la fin, c'est très très dur d’écrire, car on mélange le vrai et le faux. Ça m'a pris deux ans pour écrire le tome 3, et j'ai été obligé de retracer chaque fil possible avant de trouver ce qui se tramait derrière la fumée des personnages. Je crois que j'ai réussi, mais maintenant je sais qu'il faut écrire la fin d’une histoire policière avant le début !

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Une fois la fin trouvée, il suffisait d’écrire le reste. C'était très amusant. J'ai fini le scénario à Singapour en avril 2015... et il a été retravaillé avec Fabrice, mon éditeur, pendant trois mois, avant d’aboutir au scénario définitif qu'on a présenté à Mateo. Il a dit « bien » et c'était parti !


 Est-ce que vous regardez la série Game of Thrones et que pensez-vous du traitement qui a été fait des dragons ?

WOW ! Je les adore. Ce n’est pas le même traitement que dans Dragonseed. Nos Dragons sont supra-intelligents... Ils voient l'avenir et tout. Mais dans Game of Thrones, ils sont majestueux et incarnent tout ce qui est magique. J'adore ça. Ce ne sont pas que des monstres... Ils ont une mère humaine. Je trouve ça super cool. Je me demande quels problèmes psychologiques et familiaux JRR Martin avait à régler avec son histoire ! Ça laisse pantois. Dans tous les cas... c'est un chef-d’œuvre.

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 Mon plus grand rêve serait qu'on ait assez de fans de Dragonseed pour continuer à développer l'univers et les personnages. On a beaucoup d'idées encore, mais là, je crois qu'on a déjà livré une belle histoire en trois tomes. Je suis fier de ce qu'on a réussi à faire. On n'aurait jamais réussi à faire le tome 3 sans tous les fans des premiers tomes qui nous ont encouragés à terminer l'arc. On a été tellement soutenu par les lecteurs sur les forums et par des mails et même dans des salons de jeu vidéo. Ça nous a pris du temps, mais on a réussi, grâce à eux. Je les remercie avec tout mon souffle de demi-dragon.


Tags : Interviews

Interview de Saverio Tenuta à l'occasion de la sortie du Masque de Fudo T2

mardi 20 juin 2017

L'univers des Nuées écarlates recèle encore bien des mystères. Projetez-vous d'en révéler d'autres à travers des spin-off comme celui de Fudo ?

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Certains, oui, mais pas tous, car il y a encore beaucoup à raconter. Du point de vue de la chronologie, la série Le Masque de Fudo est située peu de temps avant le début de La Légende des nuées écarlates, alors que la série Izunas se déroule plusieurs siècles avant.

Il serait plus exact de dire que ce sont des préquelles, plus que des spin-of, ce qui les rend compréhensibles en soi, sans avoir lu la série originale. Je ne veux pas que les lecteurs aient besoin de lire autre chose avant de commencer ces séries. Les préquelles sont parfaites parce qu'elles invitent les lecteurs à en lire plus sur l'univers, sans obligation.

Pour revenir à votre question, je peux dire une chose : La fin de Fudo révélera un mystère de La Légende dont on ne pensait même pas qu'il existait ! Ha ha ha! Vous voyez que j'entretiens le mystère !

Que vous disent vos lecteurs lors des séances de
dédicaces ? Quelle importance accordez-vous à ces rencontres ?

Recevoir en direct des lecteurs des commentaires, des questions et des remarques est fondamental dans mon travail. C'est vrai qu'on peut lire des critiques dans des magazines ou sur internet, mais elles visent surtout à informer les lecteurs ou futurs lecteurs. Les chiffres de vente que je reçois de la maison d'édition sont importants, bien sûr, mais ne vous disent rien sur la raison pour laquelle ces ventes ont eu lieu, ou n'ont pas eu lieu, ou sur ce qui dans l'histoire a trouvé un écho dans l'imaginaire des lecteurs. On ne peut qu'émettre des hypothèses. Peut-être que certains auteurs n'en ressentent pas la nécessité mais moi, j'ai besoin de comprendre.

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Les lecteurs se nourrissent de mes histoires mais je me nourris aussi de leurs avis, y compris ceux des lecteurs qui ne sont pas les plus fidèles ni les plus inconditionnels. Pour moi, faire de la bande dessinée consiste avant tout à créer ce lien et que la communication se fasse dans les deux sens.

Si je ne connaissais pas mes lecteurs, ce qui les touchent, ce qui ne leur plaît pas et surtout ce qui dans mes histoires ou mes dessins résonnent en eux, je ne saurais pas comment faire mon travail. Les rencontres que je fais au cours des dédicaces sont des moments importants. J'en reviens toujours avec un sentiment merveilleux.

Tags : Interviews

5 intégrales Humanos à prix sympa !

lundi 8 mai 2017

Mercredi 10 mai, retrouvez en librairie cinq de nos séries en édition intégrale et petit format (19x24cm) !

L'occasion de (re)découvrir ces classiques humanos à petit prix :

Sanctuaire  - 3 tomes - 19,99 € 

Quatrième pouvoir - 4 tomes - 24,95 € 

La folle du Sacré-Coeur - 3 tomes - 19,99 € 

Megalex  - 3 tomes - 19,99 € 

Koma  - 6 tomes - 29,95 € 

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