Méta-Baron T4

Le Blog des Humanos

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Des infos sur l'actualité des Humanoïdes Associés.

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Interview de Robert Silverberg pour Retour sur Belzagor


Que pensez-vous de l'adaptation de votre roman Les Profondeurs de la Terre en bande dessinée ?

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J'aime beaucoup le résultat de cette adaptation. Le dessin y est puissant, subtilement érotique par endroit et la représentation de la planète Belzagor y est très riche. Le scénario prend forcément certaines libertés par rapport à mon livre, mais c'est bien normal car les récits en bandes dessinées, comme les films, ont leurs propres exigences.


Dans la bande dessinée, la dessinatrice a choisi de donner votre visage au personnage de Kurtz…

Oui c'est vrai, bien que j'espère ne rien avoir en commun avec Kurtz. De plus, ma barbe est blanche maintenant — j'ai plus de 80 ans !— et à moins de savoir à quoi je ressemblais plus jeune, on ne peut plus réellement déceler la ressemblance. Mais moi je l'ai repérée tout de suite et ça m'a bien fait rire !

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Les Profondeurs de la Terre parle des problèmes liés à la décolonisation. Quelle situation politique de votre époque vous a le plus inspiré ? Étiez-vous notamment touché par la guerre du Vietnam ?

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J'ai écrit Les Profondeurs de la Terre en 1969 quand les Etats-Unis étaient toujours en guerre au Vietnam et j'étais opposé à cette intervention. Mais le Vietnam n'a jamais été une colonie américaine. En revanche en 1968, mes voyages au Kenya et en Tanzanie m'ont donné matière à réfléchir. J'ai vu de très près les effets du départ d'une puissance coloniale d'une terre étrangère.


Tags : Interviews

5 intégrales Humanos à prix sympa !

mercredi 19 avril 2017

Mercredi 10 mai, retrouvez en librairie cinq de nos séries en édition intégrale et petit format (19x24cm) !

L'occasion de (re)découvrir ces classiques humanos à petit prix :

Sanctuaire  - 3 tomes - 19,99 € 

Quatrième pouvoir - 4 tomes - 24,95 € 

La folle du Sacré-Coeur - 3 tomes - 19,99 € 

Megalex  - 3 tomes - 19,99 € 

Koma  - 6 tomes - 29,95 € 

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Tags : Évènement

Interview Laura Zuccheri pour Retour Sur Belzagor

mardi 4 avril 2017

Comment s'est déroulée l'adaptation de l'œuvre ?

J'ai lu l'œuvre originale avant de lire le scénario de Philippe Thirault et j'ai été complètement fascinée. C'était le premier roman de Robert Silverberg que je lisais. Les créatures et le monde de Silverberg ont commencé à se dessiner dans mon imagination. 

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Il a ensuite fallu trouver le bon équilibre entre les fantasmes de l'imaginaire et la réalité de la conception d'un univers cohérent de science-fiction. Ainsi, pour les décors, il fallait imaginer des bâtiments et des engins de transport dont les modules de base aient pu être transportées par vaisseau par les colons terriens. Leur forme, leur design devait refléter une logique de fonctionnalité, de simplicité, alors que mes premières recherches reflétaient plutôt mon goût pour des formes plus stylisées, qu'on peut trouver dans l'Art nouveau par exemple, période de l'histoire de l'Art que j'affectionne particulièrement. 

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Qu'est ce qui a finalement été le plus difficile à réaliser ?

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Je dirais qu'il s'agit de la conception graphique des Nildoror et des Sulidoror. Le défi était de taille : je devais devenir une vraie exo-biologiste ! Il fallait créer de nouvelles espèces ayant une physiologie qui reflète leur habitat, sans oublier qu'elles sont en plus intelligentes. Après de nombreuses études et discussions avec mon éditeur, je suis arrivée à une représentation cohérente. Les Nildoror, par exemple, ne devaient pas trop ressembler aux éléphants terrestres, ce qui aurait entraîné un effet comique. J'ai commencé par leur enlever leurs grandes oreilles, puis à les faire bouger, se comporter comme des hommes jusqu'à sentir leur présence, leur cohérence interne. Il a fallu aussi déterminer leur taille, leur couleur, comment se manifestait la différence mâle/femelle, jeune/âgé, s'ils portent des vêtements, ou pas, etc.

Que pouvez-vous nous dire sur vos recherches sur les personnages humains ?Pourquoi cette idée de vous inspirer de Robert Silverberg pour le personnage de Kurtz ?

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C'était un clin d'œil que j'ai bien aimé réaliser; Siverberg devait probablement ressembler au Kurtz de notre album lorsqu'il a écrit le roman en 1970. La caractérisation physique des personnages est tombée plutôt facilement, à l'exception peut-être de van Beneker qui a longtemps ressemblé à Steve Buscemi ! Le travail de recherche a surtout porté sur les vêtements, les accessoires, autant d'éléments de caractérisation qui devaient faire écho, comme pour les Nildoror et Sulidoror, à un habitat et un mode de vie. Ainsi les Wingate portent des vêtements high tech terriens quand Seena s'habille d'un tablier ou d'une robe-créature locale de Belzagor qui s'adapte à sa morphologie
.

Tags : Interviews

Interview de Philippe Thirault pour Retour sur Belzagor

mardi 4 avril 2017

Quelle logique avez-vous suivi pour adapter le roman, Les profondeurs de la terre (choix de garder ou non tel ou tel perso...) ?

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Silverberg est un des plus grands écrivains du genre et ses qualités littéraires d'ailleurs le propulsent bien au-delà de tout ghetto de genre. C'est un grand écrivain, point. Et son œuvre est très introspective, dans la lignée des écrivains mainstream depuis Faulkner. Du coup, très littéraire, son roman est
redoutablement difficile à adapter car il faut y injecter de l'action et du
visuel, et les richesses des significations de l'œuvre étant spécifiquement écrites, on est quasiment obligé de bousculer la forme, voire la galerie de personnages, pour rapprocher l'histoire des canons de la bande dessinée (au cinéma, ça serait la même chose). Plus une œuvre est géniale, plus elle est difficile à adapter car on ne peut se contenter de la transposer. Il faut la réinventer, la trahir au niveau des anecdotes, pour mieux la servir au final sur un nouveau support totalement visuel. C'est pour cela que tout en gardant l'essentiel de cet univers (également recréé graphiquement par Laura), j'ai choisi d'ajouter des personnages, modifier des péripéties, de proposer une fin alternative, etc. Au bout d'un moment, c'est la nouvelle histoire qui a suivi sa propre logique, les personnages qui ont entraîné le récit. On dit parfois que traduction égale trahison. 

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C'est encore plus vrai pour une adaptation, mais ici la trahison est totalement assumée. Mais paradoxalement, elle est parfaitement respectueuse.

Pourquoi avoir changé le titre?

Deux raisons (en accord avec l'éditeur). D'abord pour marquer que ce n'est pas le roman comme dit plus haut, afin que les adorateurs de Silverberg ne s'attendent pas à une transposition impossible, mais veuillent bien jouer le jeu avec nous de broder sur le magnifique univers, imaginé par Silverberg, et imagé par Laura, de la planète Belzagor, qui est un des personnages (on le verra encore mieux dans le tome 2) de l'histoire. 

Ensuite, il est apparu que le titre français est un contresens : le titre original est une citation de la Bible (les auteurs anglo-saxons adorent toujours citer deux sources : la Bible et Shakespeare) qui fait écho  pour les anglophones, mais traduit de façon platement littérale pour le public français, ça ne veut plus rien dire. Là encore, ça montre bien que trop de fidélité nuit! CQFD.

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Quelle différence avec le travail scénaristique d'une œuvre que vous imaginez vous-même ?

C'est beaucoup plus difficile, plus technique, il faut assimiler un univers qui n'est pas le sien et se poser des questions de pure logique, de construction, de méthode. Impossible de travailler à l'intuition et d'ailleurs les Humanoïdes m'ont vraiment fait suer, j'ai été plusieurs fois au bord de l'abandon. Mais au final, quand on dépasse ce stade très laborieux, ça veut dire qu'on s'est approprié l'univers et alors ça revient au même.

Contrairement au livre Les Profondeurs de la Terre qui pourrait évoquer la décolonisation britannique (bien que l'auteur ne le mentionne pas), l'album Retour sur Belzagor fait surgir les images de notre propre histoire, celles de l'Algérie. Est-ce quelque chose de volontaire ?

Nous sommes dans la science-fiction, c'est une allégorie de toutes les décolonisations ; les Anglais penseront à l'Empire Britannique, les Français à l'Algérie. Aucune référence directe à l'une ou à l'autre, mais plutôt la volonté comme dans le roman de toucher à l'universel, parler de l'Autre, de savoir lui reconnaître ses différences, ses particularités, l'accepter pour s'accepter soi-même (ce qui est le parcours de Gundersen dans cette histoire, le colonisateur à la mauvaise conscience en quête de rédemption).

Pourquoi avoir choisi de transformer le groupe de touristes en groupe de scientifiques ?

Pour des questions de dramaturgie. L'exploration de la planète permettait avec des personnages en quête de révélations scientifiques de traiter de l'écologie bien particulière de Belzagor. Les colons s'intéressaient aux richesses de la planète, au mépris de ses habitants avec cette idée vraiment géniale de Silverberg qui est que l'apparence animale des autochtones (les Nildoror évoquent des sortes d'éléphants, les Sulidoror des grands singes) empêche l'inconscient humain de leur prêter un statut d'espèces intelligentes égales aux Terriens. Les scientifiques dans notre histoire sont eux aussi indifférents aux habitants, ils ne voient que l'objet scientifique — mais cela les forcera, on le verra, à revenir aux habitants… Autre idée tout à fait novatrice à l'époque : il n'y a pas une, mais deux espèces intelligentes. En fait, on racontait mieux l'histoire de la planète avec des scientifiques.

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Ce roman date des années 70, est-ce qu'il a fallu moderniser certaines idées ? 

Les idées non, mais la modernisation est venue de l'esthétique de la dessinatrice, sa représentation des vaisseaux, des vêtements... Ce n'est clairement pas quelque chose qui aurait pu être dessiné comme ça dans les années 70. Le cinéma, le design actuel, sont passés par là.

Qu'est ce qui vous a donné le plus de fil à retordre ? Et au contraire ce qui allait de soi ?

La construction, le démarrage, tout mettre en place, prévoir tous les ingrédients, bref toute l'horlogerie du récit. Je n'avais jamais été aussi loin, poussé par l'éditeur qui semblait ne tenir aucun compte de la fragilité mentale d'un auteur. Et non, rien n'allait de soi.

Comment s'est déroulée votre collaboration avec Laura Zuccheri ?

Nous avons eu très peu d'interaction, l'éditeur insistait pour la maîtrise de l'histoire que tout soit écrit de bout en bout et jusqu'à la fin, avant que la dessinatrice ne commence son travail. Et d'ailleurs, pendant qu'elle réalisait les croquis de personnages, des créatures et les design, c'est d'abord un story-boarder, Jorge Miguel, qui s'est emparé du scénario. Nous avons travaillé en fait comme pour un petit film (au niveau de l'équipe car le résultat, je l'espère, dépasse toutes les superproductions du genre).

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Tags : Interviews

Dédicaces de Laura Zuccheri

lundi 3 avril 2017

Laura Zuccheri dédicacera Retour sur Belzagor T1 à partir de mai. À vos agendas !

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En Mai

°Jeudi 11 de 15h à 19h à l'Olybrius à Belfort

°Vendredi 12 de 15h à 19h à Tribulles à Mulhouse

° Samedi 13 et dimanche 14 au Festival Le Rayon Vert à Metz

En Juin

° Vendredi 23 de 15h à 19h à Ca va buller à Strasbourg

° Samedi 24 et dimanche 25 au Festiv'Nation à Paris



Tags : dédicace

L'Incal sur le marché hispanophone

mercredi 29 mars 2017

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L'éditeur espagnol Penguin Random House vient de rééditer L'Incal, l'oeuvre culte d'Alejandro Jodorowsky et Moebius. Tiré cette fois à 11 000 exemplaires, l'ouvrage bénéficie d'une nouvelle traduction et sera distribué en Espagne mais aussi au Mexique, en Colombie, en Argentine et au Chili, pays natal d'Alejandro.

Premier éditeur de livre de poche en Espagne, Penguin Random House publie également une dizaine de romans graphiques étrangers par an et avec cette réédition de l'Incal, la maison réalise son plus grand tirage sur une bande dessinée.

Tags : Parutions

"Révolution bande dessinée: Métal Hurlant et (À SUIVRE)"

mercredi 22 mars 2017

L'exposition "Révolution bande dessinée: Métal Hurlant et (À SUIVRE)" vient d'ouvrir ses portes au musée de la Boverie à Liège, en Belgique !

A lieu en ce moment à Liège une exposition sur les deux revues qui ont révolutionné la Bande-dessinée : Métal-Hurlant et (A SUIVRE).

Y sont présentées 350 planches originales d'auteurs tels que Moebius, Pratt, Comès, Bilal, Boucq, Druillet, Manara ou encore Yves Chaland !

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Tags : exposition

Partenariat éditorial avec Critic

mercredi 22 mars 2017

Les Humanoïdes Associés et Critic s'associent pour adapter des romans en bande dessinée sous leur double label, au service d'une science-fiction toujours plus innovante !

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Critic et Les Humanoïdes Associés ont souhaité unir leurs savoir-faire pour offrir de nouvelles histoires, ambitieuses, modernes, ravivant l'esprit de Métal Hurlant. 

Si elles se différencient par leurs domaines de publication, bande dessinée pour Les Humanoïdes Associés et littérature pour Les Éditions Critic, les deux maisons se retrouvent dans leurs univers, portés sur l'imaginaire et l'aventure. 

Le partenariat apportera donc de nouveaux projets où les romanciers s'essayeront au jeu du découpage et où les scénaristes de bande dessinée plongeront dans les univers romanesques des auteurs français contemporains.

Pour Bruno Lecigne, éditeur chez Les Humanoïdes Associés : « Outre ceux du catalogue des Humanoïdes Associés, les meilleurs dessinateurs du moment seront, on l'espère, attirés par cette aventure à la fois ludique et expérimentale, deux points communs aux politiques éditoriales de Critic et des Humanoïdes. »

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Éric Marcelin, responsable des éditions Critic, prend la direction de la collection du même nom au sein des Humanoïdes Associés. Trois projets d'adaptation sont déjà annoncés :

° Arca, un voyage interstellaire de Romain Benassaya.

° Point Zéro,  un thriller d'Antoine Tracqui.

° Les Peaux-Épaisses, de Laurent Genefort, maintes fois primé. Ce titre, adapté par Serge Le Tendre et prévu pour 2018, sera le premier diptyque à aboutir à travers ce partenariat. 


Tags : Évènement