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Le Blog des Humanos

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Interview de Kurt McClung pour le T3 de Dragonseed

jeudi 12 octobre 2017


Comment s'est déroulé la réalisation de ce 3ème tome?

Une fois que ça a enfin démarré, c'était super fun. On s'entend bien maintenant avec Mateo et on a tous les deux beaucoup plus d'expérience. Je crois qu'on se respecte beaucoup et l'histoire est venue sans grande difficulté. Il faut dire aussi que l'équipe éditoriale des Humanos est très efficace. J'écris en anglais, Mateo est espagnol et a appris l'anglais et le français depuis qu'on a écrit les premiers deux tomes. Impressionnant !

Pourquoi avez-vous choisi un héros hybride, mi-homme, mi-dragon ou plus généralement un monde où ces deux espèces cohabitent en relative harmonie ?

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Ahh... Voilà mon secret le mieux gardé, car je ne le savais pas moi-même en commençant Dragonseed. Après avoir écrit trois tomes, j'ai enfin compris pourquoi. J'avais besoin de répondre à une question d'ordre existentiel et familial ! J'avais toujours senti un certain devoir de trouver le bonheur, car mes parents et grands-parents avaient sacrifié beaucoup de choses pour m'offrir un avenir. Je les voyais comme des super-héros, ou plutôt des dragons qui avaient réussi à bâtir mon village, mon Etat et mon pays. Le problème, c’est que je n'étais pas un dragon comme eux, j'étais plutôt un demi-dragon. Je crois qu'au fond, c'est la raison pour laquelle j'ai commencé l'histoire de Dragonseed. Si j’arrivais à trouver un chemin vers l'éveil et le bonheur pour Adam, alors peut-être qu’il y aurait là un chemin pour moi. Je sais que c'est bizarre, mais c'est ce que je pense. 

Il faut dire aussi que j'ai toujours adoré les dragons, qui me fascinent. Je suis un grand fan de Donjons & Dragons, Tolkien et Game of Thrones. J'avais acheté des tas de dragons pour mon fils, qui est à peine plus vieux que la série. Une des premières choses qu’il m’ait dite quand il a appris à parler (et surtout à parler des dragons) était que des dragons ne sont pas méchants... Ce sont les hommes qui les comprennent mal. Je pense que là j'ai eu le déclic. 


Que lisiez-vous enfant ? Êtes-vous un passionné de mythologie pour aujourd’hui écrire des histoires d’héroic-fantasy ?

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Mon livre pour enfants préféré est Max et les Maxi-monstres, de Maurice Sendak. Il m'avait fasciné. Après j'ai dévoré les livres de fantasy et science-fiction. Thomas Covenant l'incrédule de Stephen R. Donaldson, Les Chroniques d'Ambre de Zelazny, Xanth de Pierres Anthony, et les incontournables Tolkien, Herbert, Bradbury, Asimov... et plus tard Orson Scott Card, Dan Simmons, Barjavel, HG Wells et Jules Vernes. Ce n'est qu'une infime partie de ce que j'ai lu. Il y a trois œuvres importantes qu'il faut que je cite absolument : The Princess Bride (je parle bien du livre) m'avait vraiment touché ainsi que les nouvelles de O. Henry et Edgar Allan Poe. Elles me fascinaient, si courtes et si parfaites.

Pour la mythologie, ça m'a pris tard, vers l'âge de 25 ans... J'étais un érudit du Bestiaire des Donjons et Dragons par contre, depuis l'âge de 13 ans.

Pour quelles raisons la sortie de ce troisième tome se fait-elle 10 ans après le deuxième tome ? Le T3 était-il déjà écrit il y a 10 ans et/ou avez-vous dû apporter des modifications au scénario ?

C'était une aventure épique digne d'une BD à proprement parler ! J'ai écrit trois versions du tome 3, qui, dans ma tête, faisait partie d'une série de 4 tomes pour constituer un premier arc. Le premier synopsis a été accepté, mais on a dû repousser la sortie à cause d'un problème de planning. Ensuite Mateo n'avait plus le temps car il avait démarré une autre série, et ensuite moi je n'avais plus le temps car j'avais des jeux-vidéos à écrire à la pelle. Avant qu'on s’en rende compte, 7 ans avaient déjà passé.

C'est Mateo et Fabrice qui m'ont convaincu d'écrire le troisième tome comme clôture du premier arc. Je suis content maintenant, car je trouve que la série a trouvé son rythme. Mais c'était chaud. Je bossais avec la technique que j'appelle "Jodo", c’est-à-dire que je ne connaissais pas la fin de l'histoire quand je l'ai commencée, laissant les personnages me la dicter. Ça marchait bien au début, c’est un truc qui fonctionne en fantasy... C'était un peu comme écrire l'histoire d'un jeu de rôle sur papier. 

J'ai compris mon erreur dans un cours sur l'écriture de films donné par John Truby, quand il expliquait que tu ne peux pas faire ça quand tu écris une histoire policière ou un thriller, ce qu’est Dragonseed en fait. C'est de la fantasy mais la structure du récit est celle d'un roman policier. Si tu ne connais pas la fin, c'est très très dur d’écrire, car on mélange le vrai et le faux. Ça m'a pris deux ans pour écrire le tome 3, et j'ai été obligé de retracer chaque fil possible avant de trouver ce qui se tramait derrière la fumée des personnages. Je crois que j'ai réussi, mais maintenant je sais qu'il faut écrire la fin d’une histoire policière avant le début !

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Une fois la fin trouvée, il suffisait d’écrire le reste. C'était très amusant. J'ai fini le scénario à Singapour en avril 2015... et il a été retravaillé avec Fabrice, mon éditeur, pendant trois mois, avant d’aboutir au scénario définitif qu'on a présenté à Mateo. Il a dit « bien » et c'était parti !


 Est-ce que vous regardez la série Game of Thrones et que pensez-vous du traitement qui a été fait des dragons ?

WOW ! Je les adore. Ce n’est pas le même traitement que dans Dragonseed. Nos Dragons sont supra-intelligents... Ils voient l'avenir et tout. Mais dans Game of Thrones, ils sont majestueux et incarnent tout ce qui est magique. J'adore ça. Ce ne sont pas que des monstres... Ils ont une mère humaine. Je trouve ça super cool. Je me demande quels problèmes psychologiques et familiaux JRR Martin avait à régler avec son histoire ! Ça laisse pantois. Dans tous les cas... c'est un chef-d’œuvre.

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 Mon plus grand rêve serait qu'on ait assez de fans de Dragonseed pour continuer à développer l'univers et les personnages. On a beaucoup d'idées encore, mais là, je crois qu'on a déjà livré une belle histoire en trois tomes. Je suis fier de ce qu'on a réussi à faire. On n'aurait jamais réussi à faire le tome 3 sans tous les fans des premiers tomes qui nous ont encouragés à terminer l'arc. On a été tellement soutenu par les lecteurs sur les forums et par des mails et même dans des salons de jeu vidéo. Ça nous a pris du temps, mais on a réussi, grâce à eux. Je les remercie avec tout mon souffle de demi-dragon.


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