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Le Blog des Humanos

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Des infos sur l'actualité des Humanoïdes Associés.

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Jorge Miguel nous parle des Décastés d’Orion

jeudi 12 janvier 2017

Jorge Miguel, le dessinateur des Décastés d'Orion, nous raconte son expérience de la science-fiction, et nous parle de ses sources d'inspirations. 


Connaissiez-vous Julia Verlanger et son oeuvre ? 

A mon grand dam je n'avais jamais entendu parler de Julia Verlanger.
Bien sûr, je me suis informé sur internet j'ai découvert que c'était une auteure
 qui avait une œuvre assez vaste et  qu'il existait même un prix décerné á son nom. J'ai très peu lu de science-fiction: Ray Bradbury, Pierre Boulle, Silverberg et je crois que c'est tout. Autant pour moi. Par contre je suis accro au cinéma du genre. 


Avez-vous lu le roman ou avez-vous au contraire préférez suivre les indications du scénariste et chercher dans votre propre univers l'inspiration pour créer les décors, les costumes et animaux ? 

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Je regrette un peu de ne pas avoir lu le roman mais a vrai dire le scénario de Corbeyran était si convainquant que cela ne m'a pas paru nécessaire á l'époque. J'ai eu le sentiment au contraire que cela aurait pu gérer plus de confusion dans mon esprit. Peut-être le lirai-je quand j'aurai terminé l'album du 
second tome, quand je serai sûr que je ne pourrai plus rien modifier.


Qu'est-ce qui vous a donné le plus de fil à retordre lors du dessin ? L'alternance entre atmosphère moyenâgeuse et ultra-technologique n'a j'imagine pas été simple ?

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Au départ la direction que j'allais prendre pour dessiner cet univers d'un futur lointain était plutôt floue. C'est ma première incursion dans le monde de la science-fiction et je voulais sortir un peu des sentiers battus mais j'ai vite vu que c'était difficile vu la quantité d'œuvres, cinéma inclus, qui ont abordé cette alternance moyen-âge/ultra technologie. On croit avoir une idée nouvelle et on s'aperçois que c'est déjà celle de quelqu'un d'autre. La conséquence des tâtonnements du début a été que j'ai refait certaines parties des pages du début après avoir fini la dernière. Cela a été beaucoup plus fluide pour le second tome.

Quels sont les films et visuels qui vous ont inspiré pour créer l'univers des Décastés ?

Etrangement après la lecture du script, mon envie a été de revoir des vieux films sur les contes de 1001 nuits (Sinbad et compagnie), et des films de science-fiction des années 50 et 60, certains pas très bons du tout
mais qui m'ont inspiré pour aborder une approche différente. Comme je l'ai 
lu quelque part, certains films sont si mauvais qu'il en devient intéressant de les voir. J'ai aussi en tête quelques vieilles BD de Conan la barbare qui m'ont ouvert d'autres horizons.

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Vos personnages sont particulièrement expressifs, où allez -vous chercher l'inspiration ?

J'essaye d'utiliser des expressions et des mouvements le plus prêt possible de la réalité et du quotidien. Les personnages se grattent, boudent, sont irritables, etc.J'essaye de faire transparaitre leurs sentiments dans les visages et les mouvements. Je ne suis pas très adepte des super-posing héroïques, ni des expressions de marbre.

 Après l'humour déjanté de Z comme Zombie, le thriller historique Arène des Balkans, le drame aérien Seul Survivant, vous vous attaquez à la SF pur et dur dans Les Décastés d'Orion, est-ce votre genre de prédilection ? Que retenez-vous de ce projet?

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Je pense que c'est utile et intéressant pour un dessinateur de toucher un peu a tous les genres. C'est très motivant. Ce serait toujours une bonne option de rester sur la SF. Ou bien de faire autre chose de complètement différent. Ou le contraire. Que será,será.

Tags : Interviews

Corbeyran raconte l'écriture des Décastés d'Orion

mardi 3 janvier 2017

Corbeyran revient sur son processus d'adaptation de l'œuvre de Julia Verlanger, La Croix des décastés.

Connaissiez-vous Julia Verlanger et son oeuvre ? 

Absolument pas ! C'est une découverte totale ! Je suis un lecteur boulimique mais cette auteure m'avait complètement échappé, ainsi que l'adaptation BD : Horlemonde (que j'ai lu juste avant de commencer à travailler sur le sujet). Jusqu'ici j'ai plutôt pioché dans la littérature anglo-saxonne pour ce qui est de la science fiction et de la fantasy, avec une exception pour Serge Brussolo, dont je dévore les ouvrages depuis longtemps, quel que soit le genre qu'il aborde. J'ai beaucoup lu des auteurs comme Philip K. Dick ou Morcock et bien sûr Lovecraft, l'inclassable, mais dont les visions stellaires et abyssales ont un coté SF sous acide. Verlanger est une découverte intéressante car sous leur apparente simplicité, ses romans défrichent des thèmes qui sont chers à des séries tv comme Star Trek, sorties à peu près à la même époque.

Quelle logique avez-vous suivi pour adapter le roman, La Croix des décastés ?

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Pour cette adaptation, j'ai travaillé en étroite collaboration avec l'éditeur Bruno Lecigne qui connaît bien l'univers de Verlanger. Nous avons tenté de proposer un récit qui soit en cohérence avec ce qui avait déjà été publié aux Humanos (Horlemonde). J'ai travaillé par strate successive, m'éloignant peu à peu des péripéties du roman sans en renier la trame originale. J'ai nourri les personnages d'un background qui les affirme sans les encombrer. La grosse difficulté résidant dans le fait de parvenir à faire ressentir tout un univers avec sa culture, sa géographie et son histoire en moins de 100 pages (2 tomes de BD).

Était-ce le premier roman que vous adaptiez ? Quelle différence avec le travail scénaristique d'une oeuvre que vous imaginez vous-même ?

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Ma carrière est déjà longue et j'ai réalisé pas mal d'adaptations, les deux dernières en date étant parues récemment chez Marabulles : L'éloge de la faiblesse (avec Nicolas Tabary) et le 4e mur (avec Horne). J'ai également adapté des classiques (Le Scarabée d'or, La Métamorphose) et quelques auteurs contemporains comme Marc Lévy et Bernard Werber. Le point le plus positif d'une adaptation réside dans le fait que le récit n'a plus à faire ses preuves. Il a déjà conquis un public, il est validé par ses lecteurs. On est donc soulagé de ce côté-là. Le point le plus négatif est corollaire au point positif : les gens l'ont déjà lu et du coup, ils en ont déjà fait leur propre adaptation dans leur tête. L'originalité de l'adaptateur réside alors dans les choix qu'il fera pour mener la narration. C'est l'énorme avantage de l'oeuvre originale sur l'adaptation. Le récit ainsi que les choix narratifs vous appartiennent à 100%.

Ce roman date des années 70, est-ce qu'il a fallu moderniser certaines idées ?

Oui, c'est certain, il y a un petit côté suranné dans l'oeuvre de Verlanger, mais c'est ce qui en fait le charme à la lecture. En revanche, le lecteur moderne peut difficilement se contenter d'une sphère brillante comme moyen de locomotion ou d'un pistolet laser caché dans la cuisse d'un personnage comme coup de théâtre. Le public a vu des dizaines de films, lu des centaines de livres et de bandes dessinées, il a même joué à des tas de jeux vidéos qui l'ont habitué à un certain rythme, à une certaine densité et à une certaine crédibilité. Ce qui faisait peur ou rêver il y 40 ans passe difficilement aujourd'hui. Alors sans dénaturer le sujet ni révolutionner le genre, il faut donner un petit coup de collier technologique. Mais ce travail de "resserrage de vis" va de paire avec le dépoussiérage narratif. Ça fait complètement partie du jeu.

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Qu'est ce qui vous a donné le plus de fil à retordre ? Et au contraire ce qui allait de soi ?

Rien de va jamais de soi quand on écrit une histoire. Pour qu'elle paraisse limpide et coulant de source au lecteur, il faut se tordre les neurones dans tous les sens. Ce qu'il fallait éviter en priorité c'est de passer d'une action à une autre, en enchainant des péripéties qui n'ont aucun lien entre elles hormis la présence des personnages principaux. J'ai tenté de donner du lien entre les séquences, d'établir des causalités, d'éviter les séquences gratuites, de donner du sens à toutes les étapes de l'aventure des protagonistes.

Vous travaillez sur des genres très variés : le polar, l'aventure, l'humour... Est-ce que la SF est un genre de prédilection ? 

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Le fantastique est un territoire qui n'a de limite que votre propre imagination. 90% de ma production appartient au registre du fantastique. Dans cet ensemble, j'ai écrit quelques séries qu'on peut qualifier de SF, notamment Metronom' (avec Grun) et Uchronie(s) (avec Chabbert), et aussi Le régulateur (avec Moreno), mais pour ce dernier titre les puristes diront qu'il s'agit de steampunk (rires). C'est toujours un grand bonheur pour un scénariste de travailler sur des sujets d'anticipation car la vision des dessinateurs apportent énormément de profondeur et de crédibilité à son propos. 

Justement comment s'est déroulée votre collaboration avec Jorge Miguel ?

Jorge a un talent extraordinaire car il a une excellente compréhension de l'univers que je voulais mettre en place. Maintenant que la bande dessinée est terminée, j'ai hâte de le rencontrer (rires) !

Tags : Interviews

Interview de Saverio Tenuta, scénariste de la série Izunas

lundi 28 novembre 2016

À l'occasion de la sortie du troisième tome d'Izunas, le scénariste Saverio Tenuta  revient sur sa fascination pour le pays du soleil levant.

On avait déjà noté des références à Miyazaki dans les tomes précédents, c'est encore le cas ici. Quels sont les éléments qui vous inspirent le plus dans l'univers des studios Ghibli ?

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Je crois que l'univers de Miyazaki est une grande source d'inspiration pour beaucoup d'auteurs, pas seulement pour moi. Mais il est vrai que dans mon cas, la référence à Miyazaki est évidente. Il suffit de regarder l'allure des Izunas qui ressemblent beaucoup aux grands loups de Princesse Mononoke. Mais cette source d'inspiration a été surtout présente au début, quand j'ai réalisé La Légende des nuées écarlates. Aujourd'hui, je pense avoir suffisamment caractérisé ces personnages pour qu'ils se dissocient de la référence initiale. 

Actuellement, je m'inspire d'autres sources telles que l'écrivain Takashi Matsuoka, les films d'Akira Kurosawa, les légendes du folklore japonais et bien sûr aussi le Kojiki (le plus ancien document littéraire qui raconte les origines du Japon). On retrouve également ces références dans Princesse Mononoke ou Le Voyage de Chihiro, ce qui rend l'association entre mes livres et l'œuvre de Miyazaki inévitable.

On reconnaît de nombreuses références à la religion Shinto dans la Légende et Izunas. Quels éléments vous touchent particulièrement dans ce courant ? 

Comme je l'expliquais, le Kojiki est l'une de mes principales sources d'inspiration. C'est un texte à la base du shintoïsme, car il raconte les origines mythologiques du Japon et de ses divinités, les Kami, et en quoi elles sont liées à la lignée impériale.

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En deux mots, le Kojiki décrit l'origine divine de l'empereur, ce qui est déjà fascinant en soi car encore aujourd'hui l'empereur du Japon est pratiquement considéré comme un dieu. Le pouvoir du shōgun (le chef administratif - voir notre dossier sur la hiérarchie militaire) est de nature purement politico-militaire et son vieux conflit avec l'empereur est souvent utilisé pour symboliser le conflit entre les Kami (la nature) et les hommes. Un conflit dans lequel il n'y a pas de distinction nette entre le bien et le mal comme dans la vision classique occidentale à tendance catholique. C'est toute cette ambiguïté qui me fascine.

Lors de vos visites au Japon, avez-vous été marqué par certains lieux ?

Cela m'émeut toujours beaucoup d'aller au Japon et d'y admirer les temples et leurs sanctuaires, en particulier pendant les jours fériés où l'esprit shintoïste et la présence des Kami est presque tangible.

Ce n'est pas un délire né de mon imagination, ni même un scoop que de dire que dans le parc de la ville de Nara, qui abrite de nombreux temples, il y a des cerfs qui viennent vous demander un biscuit en vous saluant. Dans les journaux on lit des faits divers liés aux fantômes qui hantent encore les sanctuaires. Même une simple pierre ou un tronc d'arbre pourrait cacher la présence d'un esprit ou d'une divinité...


Tags : Interviews

Jerry Frissen nous parle de Méta-Baron T3

jeudi 17 novembre 2016

Vous démarrez un nouveau cycle avec Niko Henrichon, comment s'est déroulée votre collaboration, quel rôle avez-vous joué dans sa sélection ?


Ça a fait l'objet de longues discussions et Niko a été une de mes suggestions, j'aime vraiment beaucoup son travail, particulièrement l'énergie qu'il met dans chaque case et qui me rappelle le travail de Juan Gimenez. Notre collaboration se termine déjà, malheureusement, puisqu'il a presque fini son deuxième album. C'était tellement agréable que j'espère vraiment qu'on trouvera  un projet qui nous permettra de travailler encore ensemble.

Dans ce 3e tome, on découvre un Méta-Baron beaucoup plus intime et moins lisse, vous vouliez casser l'image du superhéros infaillible ?

C'est quelque chose que Jodorowsky a commencé à la fin de la Caste. Je n'ai fait que pousser plus loin. C'était d'ailleurs le seul moyen, je crois, de donner un intérêt au personnage. Il est arrivé au sommet. Soit il y reste et on s'emmerde, soit il redescend et l'histoire repart. Il doit avoir des doutes, des envies, des regrets, il doit souffrir. Ce sera son sort jusqu'à la fin des quatre cycles.

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Tags : Interviews

Interview de Niko Henrichon : Anecdotes et personnages

mardi 1 novembre 2016

Niko Henrichon nous parle de Méta-Baron T3 et ses personnages





Tags : Interviews - Méta-Baron

Interview Silvio Camboni pour Les Mondes Cachés T2

jeudi 27 octobre 2016

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De quoi vous êtes vous inspirés pour dessiner les costumes de la Confrérie ?

Il y a plein de référence de ce genre, à partir de Neo dans Matrix, juste pour faire un exemple plus ou moins moderne. Mais l'archétype de l'"homme noir", mystérieux et méchant, est tellement diffusé qu'il fallait juste regarder dans mes peurs et souvenirs d'enfance...


Beaucoup de scènes ont lieu dans Paris et dans des musées parisiens. Comment vous êtes vous documenté pour faire les décors de ces scènes? 

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J'aime bien les musées parisiens, je les visite à chaque fois que je vais à paris. Mais là, je dois avouer que je n'avais jamais visité ni le Quai Branly, ni le Musée d'Histoire naturelle: j'ai donc utilisé une merveille de la modernité, je ne sais pas si vous la connaissez: Google! En fait, avec google c'est tellement facile de trouver des images et documentation sur n'importe quel sujet, que je n'arrive même pas à imaginer de pouvoir faire sans… pour être totalement honnête, je me souviens très bien de l'époque où personne n'avait internet: c'était l'enfer, mais on y arrivait quand même.

Quel plaisir avez-vous tiré du dessin de ces lieux ?

C'est toujours un défi et un plaisir devoir dessiner un lieu existant et connu: il faut être cohérent avec notre univers graphique, mais il faut aussi être capable de rendre reconnaissable et intéressant le lieu. Donc c'est difficile, et quand on y arrive c'est un plaisir.

Existe-t-il une créature fantastique de Gargouilles ou des Mondes cachés que vous préférez dessiner ?
Toutes, ou presque. Mais j'ai adoré Peur, la créature fantastique qu'on a dans le Tome 1, L'arbre-forêt : il est terrifiant, élégant, beau, magnifique. Et c'est pour ça que à été super compliqué de l'inventer et de le dessiner.

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Ecoutez-vous de la musique en dessinant cet album? Si oui, quel genre?

Ça dépend : pendant la création, donc les story-boards, je ne peux rien écouter car je dois être concentré à fond sur mon travail ; après, dans la mise au propre et toute la partie "technique" de la réalisation du livre, j'écoute tout simplement la radio : musique, news, et tout ça. Je n'écoute presque jamais ma musique pendant le travail parce que, comme je l'aime beaucoup, je la trouve distrayante...

Tags : Interviews

Interview de Denis-Pierre Filippi

mercredi 26 octobre 2016

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Vous imaginez des endroits oniriques cachés en plein Paris, vous inspirez-vous de lieux existants ? 

L'idée, à chaque fois avec ces petits recoins cachés, c'est d'aborder le monde comme s'il était encore plein de surprises et de secrets, de zones qui restent à découvrir, surprenantes et décalées. Je crée ce décalage pour surprendre et que la curiosité et l'émerveillement puissent naître. Le but est d'essayer de donner une originalité à un décor que tout le monde peut sembler connaître pour révéler que ce n'est pas le cas, en tous cas dans notre histoire.

Comment faites-vous pour vous tenir à la page des mots utilisés par les adolescents (référence à "bolos" au début de l'album) ?

Là, j'avoue que l'outil internet est parfait pour ce genre de choses. Je n'ai pas fait d'immersion dans des bandes de jeunes, juste fait une recherche pour donner un peu plus de couleur au langage de certains élèves que Grégoire a à ses côtés. Ainsi on marque un peu mieux certains caractères, mais si j'avais du utiliser ce personnage sur de plus longues scènes, il aurait parlé au plus que parfait et pas de cette façon, ça m'amuse plus...

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Comment vous est venue l'idée de cette mystérieuse confrérie ?

Après pas mal d'idées brassées et mélangées, le principe de la confrérie secrète est venu naturellement comme élément mystérieux et énigmatique créant une menace vis -à-vis de Grégoire. Je voulais développer une autre approche de l'envers du décor, de la dissimulation, dont fait preuve Grégoire en étant mage sans que personne ou presque ne le sache. Surtout, cette confrérie a permis de donner un peu plus de cohérence à tout cet univers qui tourne autour de la magie et de son retour dans notre monde. 
En effet, l'un des buts des Mondes cachés, est de rattacher ce que vit Grégoire dans ces aventures indépendantes avec ce qu'il a vécu dans l'histoire à suivre de Gargouilles. Sans tout dévoiler, disons que la confrérie a permis d'aborder certains principes autour de ce retour de la magie et de la capacité de certaines personnes à y être sensibles...

Enfant, quels dessins animés aimiez-vous regarder ?

J'aimais beaucoup Albator, Goldorak, Ulysse 31, Capitaine Flamme... 

Entre Itsuki et Émeline, le cœur de Grégoire balance, saura-t-on dans un prochain album laquelle de ces deux demoiselles le fera chavirer ?

Là encore va se jouer un délicat équilibre entre l'idée d'avoir à chaque fois des histoires indépendantes et celle de suivre malgré tout Grégoire dans ce qu'il vit d'important et qui fait sa personnalité et qu'on s'attache à lui. Je ne peux pas encore vous dire ce qu'il ressentira, ni pour qui, car ce tome 3 n'est pas encore écrit, mais j'ai bien quelques idées à ce sujets...

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Tags : Interviews

Dans l'univers de Jerry Frissen

lundi 10 octobre 2016

Scénariste d'Exo et Méta-Baron, Jerry Frissen déborde d'idées et de projets. Il nous parle de ses sources d'inspiration.

Vous scénarisez à la fois le Méta-Baron et Exo, quelles sont vos inspirations pour chacune de ces deux séries ?

L'inspiration de base du Méta-Baron, c'est bien sûr la Caste des Méta-Barons. Il y a de temps en temps des clins d'oeil au dessinateur Mœbius ou aux écrivains Ray Bradbury et Philip Dick. Quand il a fallu revisiter des scènes de La Caste pour les besoins du tome 3 de Méta-Baron, j'ai relu une partie de Chacun son tour de Philip José Farmer pour voir comment il réinterprétait les scènes du Tour du monde en 80 jours de Jules Verne. J'ai cherché un moment "caché" dans le premier volume de la Caste où je pouvais alors greffer mes idées sans dénaturer le travail de Jodorowsky et Gimenez.

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La Caste des Méta-Barons réinterprété par Niko Henrichon dans Méta-Baron T3

Pour Exo, les inspirations sont très différentes. Je me suis pris de passion pour les recherches sur les parasites et leur fonctionnement. Certains parasites sont capables d'influencer l'organisme hôte à commettre un suicide par noyade pour pouvoir se libérer et continuer sa vie dans l'eau. Pour Exo, j'avais pensé à ça et à un souvenir de  la première grossesse de ma femme. J'étais jeune et je pensais qu'avoir un enfant était un truc absolument exceptionnel. Et puis, on s'est retrouvé pour une séance d'information à l'hôpital avec 50 autres couples dont je suis sûr qu'ils pensaient tous comme moi qu'ils faisaient quelque chose d'exceptionnel. Ce jour là, je me suis dit qu'on avait beau avoir un libre arbitre, certaines décisions n'étaient peut-être pas de notre ressort. C'est cette idée qui est à la base de la bactérie/parasite d'Exo.

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La découverte du "Parasite" dans Exo T2 dessiné par Philippe Scoffoni

Tout ce que je fais dans ma vie, que ce soit professionnellement ou de manière privé sont profondément liés. Exo et le Méta-Baron sont très différents mais c'est simplement parce que j'y mets des parties différentes de moi-même. Au début de ma carrière, je mettais tout ensemble dans un grand mélange et ça a donné Lucha Libre par exemple. Maintenant, j'ai appris à me concentrer sur des choses plus spécifiques. Mais quelle que soit la série, j'essaye de trouver un sujet que je juge intéressant et dans lequel je peux y mettre une part de moi-même, quelque chose de vraiment personnel. Avec le Méta-Baron, ça a pris plus de temps, parce que je devais d'abord entrer dans un univers qui ne m'appartenait pas. Mais, mystérieusement, c'est dans cette série que j'ai mis les choses les plus personnelles, particulièrement dans le dernier cycle. 


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Aussi bien dans Méta-Baron que dans Exo, l'homme semble être sa principale menace dans l'univers, quelle regard personnel portez-vous sur l'espèce humaine ?

Je suis un optimiste mais dans Exo je voulais malgré tout aborder cette question parce que j'ai toujours détesté cette culpabilité qu'on se trimballe trop souvent sur nos épaules. Je suis fatigué de lire des considérations sur notre propension à faire le "mal" et à tout détruire. C'est grotesque et je déteste cette philosophie geignarde. Dans Exo, c'est un des thèmes, mais je voulais lui botter le cul, le retourner. Je pense que la vie est extraordinaire et l'espèce humaine est absolument merveilleuse. Que ceux qui pensent le contraire mettent un peu plus de sexe dans leur vie, ça les aidera peut-être à faire passer leurs sinistres pensées !

Le 15 mai 2015, le radiotélescope Ratan 600 observe les étoiles et enregistre un étrange signal provenant de HD 164595, une étoile située à 95 années-lumières de la terre. Le bruit est très fort et les probabilités qu'il s'agisse d'une interférence sont très faibles... Une civilisation potentiellement à l'origine de ce son serait beaucoup plus évoluée que l'espèce humaine. On aura plus d'informations d'ici quelques mois. Ce genre de révélation est passionnante. Vous appuyez-vous sur ce genre d'événement pour imaginer vos histoires ?

L'histoire s'est –malheureusement– déjà dégonflée, mais sinon oui, c'est le genre de trucs que je trouve particulièrement excitant. Tout peut servir d'inspiration. Dans un cas comme celui d'Exo, qui se veut pourtant une série réaliste, je me suis même inspiré de certaines histoires de conspiration, comme les mystères de la lune que la Nasa nous "cache" paraît-il.
Selon certains, il y a pas mal de structures là-haut, des restes de vaisseaux spatiaux, un pont, une ville, une cathédrale, etc.

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