Méta-Baron T4

Le Blog des Humanos

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Des infos sur l'actualité des Humanoïdes Associés.

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Interview d'Aleksa Gajić sur Carthago Adventures T5 : Zana

mercredi 22 mars 2017

Aleksa Gajić a rejoint la team Carthago Adventures. Il nous livre ses impressions sur le 5e volet.

Comment s'est déroulé la réalisation du 5e tome de Carthago Adventures ? Quelles étaient vos instructions avant de commencer le travail ?

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C'est la première fois que je prends le relais sur une série en cours, et cela s'est passé sans problèmes. J'ai d'abord reçu tous les tomes précédents pour pouvoir m'immerger dans l'univers. Quand j'ai vu la diversité des styles sur le projet, les dessins de Drazen Kovacevic, Fafner et ceux de Milan Jovanovic sur la série mère, j'ai compris que je pourrais dessiner avec mon style également. Il n'y avait pas d'instructions particulières. Les éditeurs m'ont juste demandé « S'il vous plaît, ne soyez pas en retard » (rires) ! J'ai fait quelques planches et ils m'ont tout de suite dit « Super ! ».


L'univers Carthago a une forte identité. Quelles sont les difficultés quand on dessine un album dont les codes de la série sont déjà bien établis ?

La plus grande difficulté pour moi a été de dessiner le personnage principal, M. Feiersinger, jeune. L'intrigue se déroule dans les années 60 en URSS bien avant les albums précédents donc je n'avais aucun modèle sur lequel m'appuyer. Pour le reste, il y a bien sûr un certain niveau de réalisme à respecter. Comme il s'agit d'une histoire d'aventure inspirée d'un fait réel, Christophe m'a envoyé des dizaines de photos pour me guider. Le dessin devrait être précis, sobre mais rendre toute la tension palpable.

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Qu'est-ce qui vous a donné envie de rejoindre l'aventure ? 

J'avais entendu beaucoup de bien de Christophe, notamment par Valery Mangin et Denis Bajram. Et puis j'apprécie son travail, notamment sur sa série Sanctuaire. Par ailleurs, Christophe est un auteur connu, toujours performant dans son métier, qui a prouvé son talent à des nombreuses occasions. Je n'avais qu'à dire : Oui, allons-y ! Mais je n'ai pas lu le scénario auparavant. Je suis un de ces auteurs qui aime découvrir l'intrigue planche par planche.

Aviez-vous déjà entendu parler de l'Almasty ?

Oui, j'en avais entendu parler, mais le nom « Almasty » ne me disait rien. Lorsque Christophe m'a envoyé le scénario pour les premières planches, il a joint des nombreuses photos. Tout de suite j'ai compris ce qui m'attendait dans les prochains mois, et j'en étais très content : des montagnes, des arbres, des rochers enneigés… tout à fait mon truc ! Bien que je pense être doué en design et en architecture, avec le temps j'apprécie de plus en plus de dessiner la nature.

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Quel est votre rapport à la cryptozoologie ?

Honnêtement, le seul point commun entre moi et la cryptozoologie est le fait qu'il y a un L dans nos deux noms (rires) ! Je suis fasciné par beaucoup d'animaux et je les aime beaucoup, mais je ne voue pas une grande curiosité aux animaux fantastiques.

Tags : Interviews

Interview de Niko Henrichon sur Méta-Baron T4

mardi 28 février 2017

À l'occasion de la sortie du T4 de Méta-Baron, le dessinateur Niko Henrichon nous livre quelques secrets de fabrication.

Niko, vous avez travaillé sur le personnage du Simak, créature très intrigante, il s'agit d'un transhumain, quelles ont été vos inspirations ?

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Le personnage est super intéressant parce qu'il peut modifier son corps, c'est vrai que ça offre des défis ! Et c'est peut-être le personnage qui nous rappelle le plus l'univers précédent de Juan Gimenez, le dessinateur principal de La Caste des Méta-barons. Son travail est grandiose à plusieurs niveaux, donc c'était agréable d'avoir au moins un personnage qui rappelait cet univers-là. Ce côté bio-mécanique, c'est quelque chose qu'on voit beaucoup dans la Caste des Méta-Barons.

Dans ce 4e volet, vous déconstruisez le décor du Méta-Baron puisque tout est voué à la destruction ?

Oui j'ai bien aimé dessiner des décors délabrés ou des ruines plutôt que des bâtiments intacts ou des véhicules flambant neufs. Peut-être est-ce par facilité, car cela demande moins de rigueur dans le dessin pour construire la perspective. Mais peut-être aussi parce que les objets usés ou les débris sont chargés d'histoires, ils ont une âme et ils peuvent refléter aussi les fêlures des personnages qui peuplent ces décors. J'ai eu de belles occasions de dessiner aussi des décors de sites industriels.

Quels sont les clins d'oeil laissés dans cet album ?

Il y en a plusieurs !

D'abord tous les pansements qui recouvrent le Méta-Baron évoquent les stigmates de Marv dans Sin City. Travaillant régulièrement pour Marvel comics, je me suis amusé à faire ce petit clin d'oeil. Alors il y'en a beaucoup : 

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Le vaisseau p26 a été dessiné en pensant à ceux de Moebius et HR Giger.

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Aussi page 28 en dessinant la case 1 j'ai pensé à Jim Woodring. C'est un dessinateur qui s'inspire des dessins animés des années 1930 comme Betty Boop et qui a repris lui aussi l'aspect des dessins de Moebius en ce sens qu'il fait des formes très colorées et organiques. 

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Il y a aussi bien sûr des références à la Caste puisque je redessine des passages comme au moment de la destruction du Méta-Bunker où je représente quelques armes et armures qui apparaissent lors des différents épisodes.

Une anecdote ?

À la page 21 j'ai dû recommencer le dessin en modifiant le Méta-Baron pour qu'il tienne le cylindre avec le bras gauche au lieu du droit. Ici c'est primordial puisque le cylindre d'Othon se hérisse de pointes qui testent le sang du Méta-Baron. Or avec le bras artificiel, difficile pour le cylindre de tester le méta-Baron. 

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Tags : Interviews

Interview de Jerry Frissen à propos de Méta-Baron T4

jeudi 9 février 2017

Comment avez-vous imaginé le personnage fascinant du Simak, quelles ont été vos inspirations ?

J'aime les monstres, je l'ai déjà montré avec Wilhelm-100.
Pour le Simak, je ne pouvais pas aller plus loin, alors j'ai pris un chemin de
traverse. Je voulais qu'il n'ait pas l'air trop menaçant au premier abord. Mais
la base du Simak, c'est que c'est un homme modifié, une machine créée pour
obéir et ne pas avoir d'état d'âme. Ce sont pourtant ces états d'âme qui vont
émerger et en faire un vrai monstre. Car  ses sentiments lorsqu'ils sont trop humains, perturbent son fonctionnement... C'est un robot qui a été fabriqué pour être supérieur aux humains et il ne supporte plus l'idée de travailler pour eux. Sa frustration bout en lui et le motive. Tout supérieur qu'il est, il va se rabaisser bien plus bas que la majorité des humains. Pour son nom, j'ai pris celui d'un de mes écrivains favoris, Clifford D. Simak, qui était pourtant tout le contraire de la violence revancharde qui anime le personnage.

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Dans ce tome 4, vous allez jusqu'à donner une hypothèse sur l'apparition de la galaxie du Méta-Baron ?

Oui, une des explications les plus fréquemment avancées par les scientifiques pour expliquer la présence de la vie sur Terre est le rôle des comètes ou des astéroïdes qui en entrant dans l'atmosphère terrestre auraient apporté les briques fondamentales du vivant. On pensait jadis que la vie sur Terre était quelque chose de tellement hasardeux, impliquant la combinaison d'un nombre tellement élevés de facteurs, que la probabilité qu'elle soit présente ailleurs dans l'espace était proche de zéro. Mais aujourd'hui, on pense exactement le contraire, la vie est partout (ou presque !) dans l'univers. C'est cette image d'une vie effusive, qui ne demande que quelques briques très simples pour jaillir, que j'ai voulu donner à cet univers primitif, ancêtre de tous les univers.

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Où va-t-on retrouver le Méta-Baron après la destruction de son univers ?

Dans le 5e tome qui sera de nouveau dessiné par Valentin Sécher, on découvrira une nouvelle planète où l'épyphite coule à flot. D'ailleurs si vous prêter attention, dans le 4e volet, on a un aperçu du cadre du prochain cycle ! 


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Tags : Interviews

Jorge Miguel nous parle des Décastés d’Orion

jeudi 12 janvier 2017

Jorge Miguel, le dessinateur des Décastés d'Orion, nous raconte son expérience de la science-fiction, et nous parle de ses sources d'inspirations. 


Connaissiez-vous Julia Verlanger et son oeuvre ? 

A mon grand dam je n'avais jamais entendu parler de Julia Verlanger.
Bien sûr, je me suis informé sur internet j'ai découvert que c'était une auteure
 qui avait une œuvre assez vaste et  qu'il existait même un prix décerné á son nom. J'ai très peu lu de science-fiction: Ray Bradbury, Pierre Boulle, Silverberg et je crois que c'est tout. Autant pour moi. Par contre je suis accro au cinéma du genre. 


Avez-vous lu le roman ou avez-vous au contraire préférez suivre les indications du scénariste et chercher dans votre propre univers l'inspiration pour créer les décors, les costumes et animaux ? 

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Je regrette un peu de ne pas avoir lu le roman mais a vrai dire le scénario de Corbeyran était si convainquant que cela ne m'a pas paru nécessaire á l'époque. J'ai eu le sentiment au contraire que cela aurait pu gérer plus de confusion dans mon esprit. Peut-être le lirai-je quand j'aurai terminé l'album du 
second tome, quand je serai sûr que je ne pourrai plus rien modifier.


Qu'est-ce qui vous a donné le plus de fil à retordre lors du dessin ? L'alternance entre atmosphère moyenâgeuse et ultra-technologique n'a j'imagine pas été simple ?

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Au départ la direction que j'allais prendre pour dessiner cet univers d'un futur lointain était plutôt floue. C'est ma première incursion dans le monde de la science-fiction et je voulais sortir un peu des sentiers battus mais j'ai vite vu que c'était difficile vu la quantité d'œuvres, cinéma inclus, qui ont abordé cette alternance moyen-âge/ultra technologie. On croit avoir une idée nouvelle et on s'aperçois que c'est déjà celle de quelqu'un d'autre. La conséquence des tâtonnements du début a été que j'ai refait certaines parties des pages du début après avoir fini la dernière. Cela a été beaucoup plus fluide pour le second tome.

Quels sont les films et visuels qui vous ont inspiré pour créer l'univers des Décastés ?

Etrangement après la lecture du script, mon envie a été de revoir des vieux films sur les contes de 1001 nuits (Sinbad et compagnie), et des films de science-fiction des années 50 et 60, certains pas très bons du tout
mais qui m'ont inspiré pour aborder une approche différente. Comme je l'ai 
lu quelque part, certains films sont si mauvais qu'il en devient intéressant de les voir. J'ai aussi en tête quelques vieilles BD de Conan la barbare qui m'ont ouvert d'autres horizons.

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Vos personnages sont particulièrement expressifs, où allez -vous chercher l'inspiration ?

J'essaye d'utiliser des expressions et des mouvements le plus prêt possible de la réalité et du quotidien. Les personnages se grattent, boudent, sont irritables, etc.J'essaye de faire transparaitre leurs sentiments dans les visages et les mouvements. Je ne suis pas très adepte des super-posing héroïques, ni des expressions de marbre.

 Après l'humour déjanté de Z comme Zombie, le thriller historique Arène des Balkans, le drame aérien Seul Survivant, vous vous attaquez à la SF pur et dur dans Les Décastés d'Orion, est-ce votre genre de prédilection ? Que retenez-vous de ce projet?

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Je pense que c'est utile et intéressant pour un dessinateur de toucher un peu a tous les genres. C'est très motivant. Ce serait toujours une bonne option de rester sur la SF. Ou bien de faire autre chose de complètement différent. Ou le contraire. Que será,será.

Tags : Interviews

Corbeyran raconte l'écriture des Décastés d'Orion

mardi 3 janvier 2017

Corbeyran revient sur son processus d'adaptation de l'œuvre de Julia Verlanger, La Croix des décastés.

Connaissiez-vous Julia Verlanger et son oeuvre ? 

Absolument pas ! C'est une découverte totale ! Je suis un lecteur boulimique mais cette auteure m'avait complètement échappé, ainsi que l'adaptation BD : Horlemonde (que j'ai lu juste avant de commencer à travailler sur le sujet). Jusqu'ici j'ai plutôt pioché dans la littérature anglo-saxonne pour ce qui est de la science fiction et de la fantasy, avec une exception pour Serge Brussolo, dont je dévore les ouvrages depuis longtemps, quel que soit le genre qu'il aborde. J'ai beaucoup lu des auteurs comme Philip K. Dick ou Morcock et bien sûr Lovecraft, l'inclassable, mais dont les visions stellaires et abyssales ont un coté SF sous acide. Verlanger est une découverte intéressante car sous leur apparente simplicité, ses romans défrichent des thèmes qui sont chers à des séries tv comme Star Trek, sorties à peu près à la même époque.

Quelle logique avez-vous suivi pour adapter le roman, La Croix des décastés ?

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Pour cette adaptation, j'ai travaillé en étroite collaboration avec l'éditeur Bruno Lecigne qui connaît bien l'univers de Verlanger. Nous avons tenté de proposer un récit qui soit en cohérence avec ce qui avait déjà été publié aux Humanos (Horlemonde). J'ai travaillé par strate successive, m'éloignant peu à peu des péripéties du roman sans en renier la trame originale. J'ai nourri les personnages d'un background qui les affirme sans les encombrer. La grosse difficulté résidant dans le fait de parvenir à faire ressentir tout un univers avec sa culture, sa géographie et son histoire en moins de 100 pages (2 tomes de BD).

Était-ce le premier roman que vous adaptiez ? Quelle différence avec le travail scénaristique d'une oeuvre que vous imaginez vous-même ?

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Ma carrière est déjà longue et j'ai réalisé pas mal d'adaptations, les deux dernières en date étant parues récemment chez Marabulles : L'éloge de la faiblesse (avec Nicolas Tabary) et le 4e mur (avec Horne). J'ai également adapté des classiques (Le Scarabée d'or, La Métamorphose) et quelques auteurs contemporains comme Marc Lévy et Bernard Werber. Le point le plus positif d'une adaptation réside dans le fait que le récit n'a plus à faire ses preuves. Il a déjà conquis un public, il est validé par ses lecteurs. On est donc soulagé de ce côté-là. Le point le plus négatif est corollaire au point positif : les gens l'ont déjà lu et du coup, ils en ont déjà fait leur propre adaptation dans leur tête. L'originalité de l'adaptateur réside alors dans les choix qu'il fera pour mener la narration. C'est l'énorme avantage de l'oeuvre originale sur l'adaptation. Le récit ainsi que les choix narratifs vous appartiennent à 100%.

Ce roman date des années 70, est-ce qu'il a fallu moderniser certaines idées ?

Oui, c'est certain, il y a un petit côté suranné dans l'oeuvre de Verlanger, mais c'est ce qui en fait le charme à la lecture. En revanche, le lecteur moderne peut difficilement se contenter d'une sphère brillante comme moyen de locomotion ou d'un pistolet laser caché dans la cuisse d'un personnage comme coup de théâtre. Le public a vu des dizaines de films, lu des centaines de livres et de bandes dessinées, il a même joué à des tas de jeux vidéos qui l'ont habitué à un certain rythme, à une certaine densité et à une certaine crédibilité. Ce qui faisait peur ou rêver il y 40 ans passe difficilement aujourd'hui. Alors sans dénaturer le sujet ni révolutionner le genre, il faut donner un petit coup de collier technologique. Mais ce travail de "resserrage de vis" va de paire avec le dépoussiérage narratif. Ça fait complètement partie du jeu.

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Qu'est ce qui vous a donné le plus de fil à retordre ? Et au contraire ce qui allait de soi ?

Rien de va jamais de soi quand on écrit une histoire. Pour qu'elle paraisse limpide et coulant de source au lecteur, il faut se tordre les neurones dans tous les sens. Ce qu'il fallait éviter en priorité c'est de passer d'une action à une autre, en enchainant des péripéties qui n'ont aucun lien entre elles hormis la présence des personnages principaux. J'ai tenté de donner du lien entre les séquences, d'établir des causalités, d'éviter les séquences gratuites, de donner du sens à toutes les étapes de l'aventure des protagonistes.

Vous travaillez sur des genres très variés : le polar, l'aventure, l'humour... Est-ce que la SF est un genre de prédilection ? 

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Le fantastique est un territoire qui n'a de limite que votre propre imagination. 90% de ma production appartient au registre du fantastique. Dans cet ensemble, j'ai écrit quelques séries qu'on peut qualifier de SF, notamment Metronom' (avec Grun) et Uchronie(s) (avec Chabbert), et aussi Le régulateur (avec Moreno), mais pour ce dernier titre les puristes diront qu'il s'agit de steampunk (rires). C'est toujours un grand bonheur pour un scénariste de travailler sur des sujets d'anticipation car la vision des dessinateurs apportent énormément de profondeur et de crédibilité à son propos. 

Justement comment s'est déroulée votre collaboration avec Jorge Miguel ?

Jorge a un talent extraordinaire car il a une excellente compréhension de l'univers que je voulais mettre en place. Maintenant que la bande dessinée est terminée, j'ai hâte de le rencontrer (rires) !

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Interview de Saverio Tenuta, scénariste de la série Izunas

lundi 28 novembre 2016

À l'occasion de la sortie du troisième tome d'Izunas, le scénariste Saverio Tenuta  revient sur sa fascination pour le pays du soleil levant.

On avait déjà noté des références à Miyazaki dans les tomes précédents, c'est encore le cas ici. Quels sont les éléments qui vous inspirent le plus dans l'univers des studios Ghibli ?

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Je crois que l'univers de Miyazaki est une grande source d'inspiration pour beaucoup d'auteurs, pas seulement pour moi. Mais il est vrai que dans mon cas, la référence à Miyazaki est évidente. Il suffit de regarder l'allure des Izunas qui ressemblent beaucoup aux grands loups de Princesse Mononoke. Mais cette source d'inspiration a été surtout présente au début, quand j'ai réalisé La Légende des nuées écarlates. Aujourd'hui, je pense avoir suffisamment caractérisé ces personnages pour qu'ils se dissocient de la référence initiale. 

Actuellement, je m'inspire d'autres sources telles que l'écrivain Takashi Matsuoka, les films d'Akira Kurosawa, les légendes du folklore japonais et bien sûr aussi le Kojiki (le plus ancien document littéraire qui raconte les origines du Japon). On retrouve également ces références dans Princesse Mononoke ou Le Voyage de Chihiro, ce qui rend l'association entre mes livres et l'œuvre de Miyazaki inévitable.

On reconnaît de nombreuses références à la religion Shinto dans la Légende et Izunas. Quels éléments vous touchent particulièrement dans ce courant ? 

Comme je l'expliquais, le Kojiki est l'une de mes principales sources d'inspiration. C'est un texte à la base du shintoïsme, car il raconte les origines mythologiques du Japon et de ses divinités, les Kami, et en quoi elles sont liées à la lignée impériale.

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En deux mots, le Kojiki décrit l'origine divine de l'empereur, ce qui est déjà fascinant en soi car encore aujourd'hui l'empereur du Japon est pratiquement considéré comme un dieu. Le pouvoir du shōgun (le chef administratif - voir notre dossier sur la hiérarchie militaire) est de nature purement politico-militaire et son vieux conflit avec l'empereur est souvent utilisé pour symboliser le conflit entre les Kami (la nature) et les hommes. Un conflit dans lequel il n'y a pas de distinction nette entre le bien et le mal comme dans la vision classique occidentale à tendance catholique. C'est toute cette ambiguïté qui me fascine.

Lors de vos visites au Japon, avez-vous été marqué par certains lieux ?

Cela m'émeut toujours beaucoup d'aller au Japon et d'y admirer les temples et leurs sanctuaires, en particulier pendant les jours fériés où l'esprit shintoïste et la présence des Kami est presque tangible.

Ce n'est pas un délire né de mon imagination, ni même un scoop que de dire que dans le parc de la ville de Nara, qui abrite de nombreux temples, il y a des cerfs qui viennent vous demander un biscuit en vous saluant. Dans les journaux on lit des faits divers liés aux fantômes qui hantent encore les sanctuaires. Même une simple pierre ou un tronc d'arbre pourrait cacher la présence d'un esprit ou d'une divinité...


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Jerry Frissen nous parle de Méta-Baron T3

jeudi 17 novembre 2016

Vous démarrez un nouveau cycle avec Niko Henrichon, comment s'est déroulée votre collaboration, quel rôle avez-vous joué dans sa sélection ?


Ça a fait l'objet de longues discussions et Niko a été une de mes suggestions, j'aime vraiment beaucoup son travail, particulièrement l'énergie qu'il met dans chaque case et qui me rappelle le travail de Juan Gimenez. Notre collaboration se termine déjà, malheureusement, puisqu'il a presque fini son deuxième album. C'était tellement agréable que j'espère vraiment qu'on trouvera  un projet qui nous permettra de travailler encore ensemble.

Dans ce 3e tome, on découvre un Méta-Baron beaucoup plus intime et moins lisse, vous vouliez casser l'image du superhéros infaillible ?

C'est quelque chose que Jodorowsky a commencé à la fin de la Caste. Je n'ai fait que pousser plus loin. C'était d'ailleurs le seul moyen, je crois, de donner un intérêt au personnage. Il est arrivé au sommet. Soit il y reste et on s'emmerde, soit il redescend et l'histoire repart. Il doit avoir des doutes, des envies, des regrets, il doit souffrir. Ce sera son sort jusqu'à la fin des quatre cycles.

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Interview de Niko Henrichon : Anecdotes et personnages

mardi 1 novembre 2016

Niko Henrichon nous parle de Méta-Baron T3 et ses personnages





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