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Carthago 6

Le Blog des Humanos

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Des infos sur l'actualité des Humanoïdes Associés.

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Interview de David Muñoz pour La Terre des Vampires T2 (partie 2)

mardi 25 mars 2014

Voici la suite de l'interview de David Muñoz, le scénariste de La Terre des Vampires. Pour lire la première partie, rendez-vous ici.

Le ton est très dur et adulte dans la Terre des Vampires. Pourtant l’on suit l’aventure d’un groupe d’enfants. Pourquoi ce choix particulier ? On retrouvait déjà ce thème dans le Manoir des Murmures, où des enfants étaient confrontés à un univers particulièrement sombre.

Eh bien ... ça va encore être une bien longue réponse ! J'étais brutalisé à l'école, je sais donc que l'enfance n'est pas forcément synonyme de bonheur insouciant. J'étais heureux à la maison, et j'ai eu la chance d'avoir des parents aimants qui m'ont aidé du mieux qu'ils pouvaient mais chaque jour, une fois la porte de l'école franchie ... c'était l'enfer. Je me retrouve donc toujours à raconter des histoires d'enfants qui vont vivre un enfer. Ce n'est pas quelque chose que je veux, ce n'est pas un choix, c'est juste ce que je fais.

L’enfance est la période de la vie durant laquelle on se sent le plus impuissant.Si j'ai un problème avec quelqu'un aujourd'hui, il suffit de ne pas lui parler. Même si vous êtes martyrisé au travail (et je sais que cette situation est affreuse, un bon ami a subi une telle épreuve il y a quelques mois), vous pouvez partir. Ce n'est pas facile, mais vous pouvez le faire. Mais quand enfant vous êtes un souffre-douleur, vous ne pouvez pas choisir : l'école devient votre prison. Une prison très dangereuse, où vous pouvez être battu chaque fois que vous allez dans la cour. Vous ne pouvez pas partir, car vos parents refusent de croire que vous vivez un enfer. Ils interprètent votre souffrance comme des petits tracas d'enfant, et même s’ils vous écoutent, ils vous suggèrent seulement de répondre par la violence. Mais vous ne pouvez pas répondre. Vous n'êtes pas un combattant d'ailleurs, c'est pour cette raison que vous êtes victimes des brutes ! Heureusement, les temps ont changé, et les parents sont plus à l'écoute de ces problèmes de nos jours. Mais dans les années 70, "victimiser" n'était pas un mot commun, simplement la vie quotidienne de certains gamins à l'école. Et s'en plaindre était perçu comme un signe de faiblesse.

Et quelque chose d'autre m'est arrivée à cette époque. À douze ans, un prof, Don Augustin, m'a donné à lire Sa Majesté des Mouches de William Golding. Ce livre a changé ma vie, et m'a beaucoup aidé. Il m'a fait comprendre que je n'étais pas seul, que ce qui m'arrivait n'était pas ma faute. Comme l'a dit le célèbre écrivain espagnol Arturo Pérez-Reverte, ce que tu écris est un mélange de la vie que tu as vécu et des livres que tu as lu. Bien sûr, mon processus créatif est bien plus instinctif. Je ne pense à ces choses que lorsque l'on m'en parle en interview !

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Aura-t-on dans les tomes suivants plus de précisions quant au cataclysme ayant installé une nuit perpétuelle sur la Terre ou souhaitez-vous laisser une ouverture pour les théories des lecteurs ?

Eh bien, j'en ai beaucoup discuté avec Bruno, mon éditeur, et nous avons finalement décidé d'expliquer ce qu'il s'est passé, la raison pour laquelle le soleil s'est éteint, à la fin du troisième volume. J'ai toujours connu la raison, mais je me suis longtemps demandé si je devais l'expliquer dans les livres ou non. Je voulais concentrer mon histoire sur le panel de personnages, sur le voyage émotionnel d'Elena et des enfants, pendant leur survie dans ce monde apocalyptique, sur le conflit opposant Nil et son vieil ami, leader des rebelles vampires. Mais Bruno pensait que nous pouvions donner l'explication, et je savais qu'il avait raison. Beaucoup de lecteurs vont vouloir savoir ce qu'il s'est passé, et seront déçus si cela n'est pas expliqué. Je me rappelle à quel point j'étais déçu devant le final de la série Lost. Donc voila, après quelques essais, je pense avoir trouvé un moyen d'intégrer l'origine du cataclysme au point culminant de l'histoire, en résonnance avec les personnages, intégrée dans leurs résolutions. J'espère que ça va marcher ! Nous le saurons l'an prochain. Si vous êtes satisfaits, c'est Bruno qu'il faudra remercier !

Avez-vous d'autres projets en cours, parallèlement à La Terre des Vampires ?

Je travaille actuellement sur quelques projets de bandes-dessinées que j'aimerais scénariser, mais j'ai été très pris l'an dernier par l'écriture d'une série télévisée en Espagne (Alatriste, une coproduction française, que vous pourrez donc voir !) et d'un script pour le cinéma. Je n'ai donc pas eu le temps de développer concrètement ces projets de BD. J'ai écrit des notes, un synopsis, etc., mais il me reste encore pas mal de travail avant de pouvoir montrer tout ça à un éditeur. Mais tout ce que je sais c'est que j'adore écrire des bandes-dessinées : c'est mon média favori. Et ça l'a toujours été, depuis que je mon enfance.

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Tags : Interviews

Interview de Jerry Frissen pour Z comme Zombies

mardi 18 mars 2014

Nous avons rencontré Jerry Frissen, scénariste de Z comme Zombies, pour qu'il nous parle un peu de sa nouvelle série remplie d'humour et de zombies. Une interview qui fleure bon la friterie belge, les chairs pourrissantes et la poudre à canon.

Ils parlent et agissent comme des humains, ils ne mordent pas… Vos zombies sont bien loin du zombie classique, ceux de Romero dans la Nuit des Morts Vivants par exemple. Pourquoi ce choix ?

Parce que si pour une raison ou une autre, il y avait un jour une invasion de zombies, il n’y a aucune raison pour qu’ils soient plus méchants que les humains. Ils sont froids, ils sont morts, pourquoi auraient-ils besoin de manger –crû en plus. Je crois que mes zombies sont plus logiques, plus normaux. Ils sont revenus, ne savent pas pourquoi et trainent dans les rues comme des clochards.

Freddy Merckx est, comme vous, un Belge qui part vivre en Amérique. Quels sont vos autres points communs avec ce héros haut-en-couleur ?

J’ai mis beaucoup de moi dans Freddy, ou plus précisément de la vision fantasmée que j’ai de moi-même. J’adorerais être tout le temps simple et premier degré. J’avais aussi envie de faire de Freddy une nouvelle version du belge, loin des clichés habituels. Je l’ai présenté comme venant d’un pays qui a à peine évolué depuis les Gaulois. Les Belges sont rustres, violents, simples, mangent avec les doigts et foutent des baffes à ceux dont la tête ne leur revient pas.

Comment parvenez vous à travailler avec votre dessinateur malgré la distance ? (Nous rappellons au lecteur que Jerry vit et travaille aux États-Unis, alors que son collaborateur Jorge Miguel réside au Portugal)

Skype, principalement. Mais de toute façon, je travaille avec des gens en qui j’ai confiance. Après quelques pages, j’ai bien vu que Jorge Miguel n’avait pas besoin de directive. Il dessine bien et raconte bien.

En terme de Zombies, quelles sont vos références (autant au cinéma qu'à la télé, dans la BD ou la littérature) ?

Les Romero, forcément, surtout Dawn Of The Dead qui est une pure merveille. J’aime beaucoup Return Of The Living Dead de Dan O’Bannon qui reste une référence dans les comédies d’horreur. J’adore aussi le Zombie Flesh Eaters de Lucio Fulci ou le Dead And Buried de Gary Sherman.

Nombreux sont les clins d'œil disséminés dans Z comme Zombies. D’où vous viennent toutes ces références ? Était-ce important pour vous de réaliser un album avec deux niveaux de lecture ?

Non, ce n’est pas très important, c’est juste un plaisir personnel. J’aime bien faire des clins d’œil à des tas de choses que j’aime –ou que je déteste. J’y met aussi pas mal de références à ma vie privée.

Quelle serait la playlist à écouter en lisant cet album ?

Peace de Vista Chino, en boucle.

Décrivez nous votre plan de survie en cas d'attaque de Zombies.

C’est très simple. N’importe qui, qui a survécu à un trajet de métro aux heures de pointes ou à un shopping de Noel le 23 décembre pourra sans problème survivre à une attaque de zombies. Les personnes qui ont vécu ce genre d’expérience –à peu près tout le monde– savent que les zombies sont déjà parmi nous.

Tags : Interviews

Un préquel pour Sanctuaire !

mardi 18 mars 2014

Sanctuaire, le best-seller de Dorison et Bec, va avoir son préquel ! Le projet s'intitulera Sanctuaire Genesis, et s'étendra sur deux tomes scénarisés par Christophe Bec et Philippe Thirault (Miss, Mandalay, Mille Visages ...) et dessinés par Stefano Raffaele (Sarah, Loving Dead ...).

Sanctuaire Genesis n'a pas encore de date de sortie prévue, nous vous laissons patienter avec quelques extraits des premières planches de Raffaele. Voila un projet qui s'annonce prometteur !

Cliquez sur les images pour les afficher en grand.

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Tags : Making of

Teaser pour Métal Hurlant Chronicles saison 2

lundi 17 mars 2014

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La deuxième saison de la série Métal Hurlant Chronicles, c'est pour bientôt ! On vous laisse patienter avec ce teaser pour l'épisode 2, Whisky in the jar.


Tags : métal hurlant

Interview de David Muñoz pour la Terre des Vampires T2 (partie 1)

mercredi 12 mars 2014

À l'occasion de la parution de Requiem, le second tome de La Terre des Vampires, nous avons posé quelques questions à son scénariste David Muñoz.

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Les vampires de La Terre des Vampires sont loin de l'image traditionnelle des vampires. Quelles ont été vos influences, tant littéraires que cinématographiques ?

Mon film de vampire préféré est Aux Frontières de l'Aube, réalisé par Kathryn Bigelow et co-écrit par Bigelow et l'un de mes scénaristes favoris, Eric Red (il a également écrit un autre film dans les années 80 qui a aussi eu une grosse influence sur mon travail et mon approche de l'écriture : Hitcher). Les vampires de Aux Frontières de l'Aube ne sont pas du tout glamours, ils n'habitent pas de château en Roumanie mais des motels au bord des routes, s'habillent de fripes sales et sont toujours en cavale, tels des hors-la-loi dans un western. Ils sont puissants, mais à la fois très fragiles, avec des pouvoirs de vampires loin de ceux que l'on retrouve dans les histoires classiques. Ils ne peuvent pas se changer en chauves-souris, disparaître ou voler. Ils sont juste très forts, et très rapides. Ils n'ont pas de plan pour asservir le monde : ils veulent juste survivre, et vivre un autre jour (ou nuit !).

J'aime aussi un autre film de vampire de cette époque : Génération Perdue, par Joel Schumacher sur un script d'un autre scénariste génial : Jeffrey Boam. Dans un sens c'est presqu'un film d'humour noir, mais les vampires de Génération Perdue sont également cruels et vicieux et, bien qu'ils puissent voler, ils sont très similaires à ceux de Aux Frontières de l'Aube. Je pense que ces deux films sont mes deux influences les plus présentes dans ma vision des vampires.

Mais j'aime aussi de nombreux autres films de vampires ! Je pense qu'Entretien avec un Vampire est super, par exemple. Et j'ai beaucoup apprécié le Dracula de Francis Ford Coppola. Je ne l'ai pas vu depuis longtemps, je redoute donc qu'il ait un peu vieilli, mais quand je l'avais vu au cinéma, je l'avais adoré. Pas forcément pour l'histoire, totalement différente de celle du roman de Stoker, mais plus pour toute l'esthétique du film, sa direction artistique, sa photo, la musique, les costumes ... Mais je ne pense pas que ces films ont influencé mon travail : ils sont trop stylisés. Et je ne suis pas convaincu par ces vampires romantiques.

Concernant la littérature, je ne suis pas un grand fan des livres de vampires. J'ai aimé Riverdream de George R.R. Martin et j'ai passé un bon moment en lisant les livres de Kim Newman, à propos d'une réalité alternative où les vampires contrôlent la Terre. Je recommanderai le premier de la série, Anno Dracula, à quiconque s'intéresse aux vampires. Plus récemment, j'ai apprécié la série Joe Pitt de Charles Huston, un mélange peu commun de thriller, de polar et d'histoires de vampire. Mais malheureusement, la plupart des livres sur les vampires sont de genre romantique et gothique, genres que je trouve indigestes. Et même si j'aime bien les romances, les histoires d'amour ... quand ça touche aux vampires, je veux qu'ils soient dangereux, des créatures nocturnes, d'un autre monde, et pas des ados gothiques en proie à un amour impossible.

Vous écrivez des histoires de monstres et avez participé, entre autres, à l'écriture du scénario de l'Échine du Diable de Del Toro... Vous êtes donc un des premiers témoins du renouveau de l'horreur en Espagne (je pense notamment à (REC), Les Autres, 28 Semaines Plus Tard...). Comment expliquez-vous ce certain regain d'intérêt pour ce genre d’histoires en Espagne ?

Je ne pense pas avoir de bonne réponse à cette question ! Peut être que les réalisateurs et scénaristes d'Espagne ont toujours été très intéressés par les films d'horreur et le fantastique. Pendant un long moment, le problème résidait dans le fait que les producteurs ne croyaient pas au caractère lucratif de ce genre de films. Et plus particulièrement les chaînes de télévision, qui ne les appuyaient pas (et en Espagne, n'espérez pas financer ne serait-ce qu'un moyen métrage sans l'aide de la télévision).

Je me souviens que, dans les années quatre-vingt-dix, un producteur m'a dit que personne ne voulait voir du fantastique et de l'horreur dans le cinéma espagnol, ça n'intéressait personne. J'ai écrit un script fantastique pour lui, et après deux ans de travail acharné il m'a dit que le script était bon, mais qu'il n'allait pas le produire car il était sûr qu'il allait se plomber au box-office. Et puis Les Autres est sorti, suivi de (Rec), et les choses ont commencé à changer.

Je ne sais pas pourquoi il y a tant de réalisateur de films de genre ici, en Espagne. Mais le Sitges Film Festival, spécialisé dans l'horreur et le fantastique, a toujours été un gros truc ici. Paradoxalement, nous rencontrons parfois plus de succès à l'étranger. The Returned, le dernier grand film d'horreur espagnol, n'a pas été un succès ici, les critiques le qualifiant de simplement "passable". Mais les critiques américaines, où il vient de sortir, sont incroyables.

La narration de la Terre des Vampires est singulière : vous utilisez beaucoup de flash-back, vous préférez multiplier les vignettes que les grands dessins. Est-ce un parti pris de votre dessinateur, ou un choix commun ?

C'est quelque chose que nous avions tous deux voulu. Nous voulions donner au lecteur une expérience de lecture très dense, ou au moins le plus dense que nous le pouvions, selon le format que nous utilisions. Parfois, je lis des bande-dessinées et je trouve le scénario trop superficiel. Je n'apprécie pas seulement les beaux livres, mais aussi les livres qui me plongent dans un nouveau monde fascinant. Concernant les flash-backs, nous sommes dans la même stratégie. Je voulais que les lecteurs comprennent pourquoi les personnages agissent de telle manière dans le présent, non seulement le comprendre logiquement mais aussi émotionnellement. Et pour "ressentir" l'histoire, vous devez la voir dramatisée. Une histoire simplement racontée, ce n'est pas assez.

Ne ratez pas la seconde partie de l'interview qui arrive bientôt !


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Tags : Interviews

Les sorties du mois de mars

mercredi 12 mars 2014

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Mars, c'est le mois du printemps. Le retour des beaux jours, la nature en éveil …

Chez les Humanos, on a décidé de fêter ça autrement.

Les symboles du Printemps Humano, ce ne sont ni les fleurs qui éclosent, ni les oiseaux qui gazouillent, mais plutôt des pieux dans le cœur, des crânes qui explosent et des coups d'épée. Mère Nature n'a qu'à bien se tenir.

Voici d'abord le second tome de La Terre des Vampires : Requiem. Nil et ses compagnons vont se retrouver aux prises avec des mercenaires peu scrupuleux. Amis ou ennemis ? Notez que le premier tome est en lecture libre sur le site, où est aussi organisé un concours pour tenter de remporter ces albums.

Partez ensuite à la rencontre de Freddy Merckx, héros déjanté de la nouvelle série Z comme Zombies. Dans un monde où vivants et morts-vivants se côtoient, Freddy part en croisade vengeresse contre ces satanés zombies qui s'en sont pris à sa famille, et pire, à son argent. Fallait pas énerver Freddy.

Les amateurs de fantasy ne seront pas en reste car arrive enfin le troisième tome de Jaemon, La Corde d'Or. L'orphelin d'Antarcie est bel et bien décidé à faire valoir le droit du sang, et à en faire couler le plus possible. Le premier tome de Jaemon est actuellement en consultation gratuite sur notre site.

Du côté des rééditions, vous pourrez (re)découvrir Freddy Lombard : F.52, une intégrale des deux premiers tomes de La Caste des Méta-Barons et un beau coffret Moebius regroupant Arzach et Les Vacances du Major.

Bonne lecture !

Commentaires (1) Tags : Parutions

Ça swing chez le Méta-Baron

mardi 11 mars 2014

Fabrice Martinez est un jeune trompettiste et compositeur parmi les nouveaux talents marquants de la scène française du jazz et il ne manque pas d'humour ... et de bonnes réfèrences.

Il a récemment sorti son premier disque solo intitulé Chut! qui contient une piste intitulée "Metabaron".

Un joli hommage musical au guerrier le plus puissant de l'univers !

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Tags : hommage

Interview de Fafner pour Chipekwe

mercredi 5 mars 2014

À l'occasion de la sortie de Carthago Adventures - Chipekwe, nous avons posé quelques questions à son dessinateur, Fafner, qui nous parle de ses recherches, de son travail et de ses envies !

- Quel effet cela fait-il de travailler sur un one-shot prenant place dans un univers bien développé ?

J'ai trouvé que c'était un travail très responsabilisant et c'était pour moi très gratifiant. Éric Henninot avait mis la barre très haut en ce qui concerne le dessin et la qualité des images. J'ai passé presque un mois entier la tête plongée dans les dessins d'Éric, essayant de m'y infiltrer, d'établir le "patron" de la narration de Carthago. J'ai aussi éprouvé de la gratitude d'avoir été choisi pour faire partie d'une telle aventure.

- Dans quelles mesures avez-vous adapté les personnages de Carthago Adventures à votre style graphique, ou au contraire adapté votre style à l’univers ?

Après un mois passé à analyser Carthago, je me suis senti en confiance et me suis laissé emporter par le flot de l'histoire. J'ai arrêté de me creuser la tête et j'ai commencé à m'éclater au dessin et à la peinture... Le travail que je préfère ! De temps en temps, je retournais aux planches d'Éric pour vérifier que je restais proche de son univers. Constamment, j'essayais d'adopter le même rythme, la même structure narrative... Je n'y étais pas forcé, mais je me suis senti obligé de le faire par respect pour la réputation du projet et pour les fans de Carthago.

- La série Carthago Adventures vous a amené à dessiner des animaux et des paysages peu banals, voire même mythiques. Comment se sont passées vos recherches ?

Je fais toujours des recherches intenses. Je m'y investis tellement que parfois je me sens comme une personne souffrant de TOC.... Mais j'adore mettre de ma personne dans une histoire, et aider à "insuffler la vie" à la vision du scénariste. De nos jours, les lecteurs sont très renseignés et veulent de la haute définition... Mon rôle est donc de leur fournir des matériaux crédibles, et en HD !

- Quelle part de liberté vous a laissé le scénariste dans la représentation des créatures ?

Je m'attendais à beaucoup de pression de la part du scénariste et de l'éditeur, mais finalement ils m'ont laissé assez libre. Je me suis dit que c'était des personnes expérimentées, qui savaient mieux que moi ce dont j'avais besoin : de la liberté dans la création.

- La série changeant de dessinateur à chaque tome, vous ne dessinerez pas le prochain. Avez-vous des projets en cours ?

Le concept est intéressant, j'ai hâte de découvrir les prochains Carthago Adventures. J'aime l'idée de voir mon travail à côté de celui de mes collègues pour pouvoir comparer les techniques, les qualités ... C'est une opportunité unique pour me mesurer aux plus talentueux artistes. Concernant mon futur, j'aimerai beaucoup continuer à travailler dans les genres Action et Aventure, avec des créatures et paysages exotiques mais... Je n'ai pas encore décidé quoi faire !

Tags : Interviews