Autoroute Sauvage T3

Dossier Mœbius

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Bienvenue sur notre blog consacré au dessinateur Mœbius, focus sur sa vie, ses envies créatrices, ses inspirations...

Le Cinéma

Une collaboration ponctuelle avec le milieu du cinéma


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Le début de la carrière de Mœbius au cinéma est paradoxalement marqué par un échec. En 1973, Alejandro Jodorowsky qui à l'époque est déjà connu pour ses films, rencontre Giraud dont il apprécie le travail dans Blueberry. Il lui propose de collaborer sur l'adaptation de Dune, un roman de science-fiction de Frank Herbert. La création du story-board est un travail monumental d'une durée de neuf mois, mais malheureusement les efforts ne portent pas leurs fruits. Les producteurs ne peuvent pas répondre aux exigences de la distribution hollywoodienne. Le projet est donc abandonné.

Toutefois, la carrière cinématographique de Mœbius ne s'arrête pas là. Le nom du dessinateur circule dans le milieu et un certain Ridley Scott va s'intéresser au travail de l'équipe Dune. Le réalisateur propose à H.R. Giger et Mœbius de collaborer sur son prochain film : Alien. H.R. Giger invente et dessine la créature tandis que Mœbius conçoit les costumes. Mœbius ironise sur ce projet : « quinze jours de travail et des années de retombées médiatiques et publicitaires ».[1]

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Le dessinateur participe également au film d'animation Les Maîtres du temps, réalisé par René Laloux et adapté du roman L'Orphelin de Perdide de Stefan Wul, qui sort en 1982 et rencontre peu de succès en France. Mœbius travaille sur le story-board et participe à la création des costumes et des décors de Tron réalisé par Steven Lisberger. Il contribue également aux designs des films Abyss, Willow et le Cinquième Élément de Luc Besson. Mœbius réalise aussi certaines affiches de films, dont Spys sorti en 1974.

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Le cinéma a beaucoup inspiré la création et le développement du personnage de Blueberry. Pour l'anecdote, le Lieutenant Blueberry porte les traits de l'acteurs Jean-Paul Belmondo.

L'artiste affirme que le cinéma possède un niveau de magie que la bande dessinée ne peut pas atteindre. Le dessinateur créée tout à partir d'une feuille de papier et d'un crayon, tandis que le metteur en scène va puiser dans les ressorts de l'humain, de ses acteurs pour créer tout un imaginaire.

Cependant, s'il aurait aimé faire plus de cinéma, Mœbius ne témoigne d'aucun regret. Dans une interview accordée à Télérama en 2010, il confie « J'aurais bien aimé aussi être danseur ou grand musicien, mais je n'ai qu'une vie et, dans ces arts, l'engagement doit être total. [...] Faire un film m'angoisserait : trop de gens, trop de choses à gérer, la crainte aussi de perdre le contrôle, de voir mon projet initial se diluer dans le talent des autres. »

[1] Numa Sadoul, Docteur Mœbius et Mister Gir, Casterman, 2015, p. 106