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Dossier Mœbius

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Bienvenue sur notre blog consacré au dessinateur Mœbius, focus sur sa vie, ses envies créatrices, ses inspirations...

Le Dessin

Giraud VS Mœbius


Jean Giraud, c'est deux mondes et deux esprits distincts : Gir et Mœbius.

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Le début de la carrière de Jean Giraud est enraciné dans le western américain. Il est marqué par la série Blueberry qu'il conçoit en tant que Gir avec le scénariste Jean-Michel Charlier, et pour laquelle il dessine pendant quarante ans. Pour Blueberry dont le première épisode paraît en 1963, Gir travaille
dans un cadre réaliste et rigoureux qui ne lui permet pas toutes les fantaisies auxquelles il aspire.

Mœbius est un tout autre jeu. Pour son second pseudonyme, Jean Giraud s'est inspiré du « ruban de Mœbius », une forme géométrique tri-dimensionnelle évoquant l'infini. Mœbius est le dessinateur qui brise les cadres et qui ne se limite pas au réalisme. La liberté créatrice le conduit vers la science-fiction et les profondeurs de l'existence humaine. Il justifie son approche en considérant deux mondes distincts : « Celui de l'enfant et celui des adultes, et nous appartenons également aux deux, passant de l'un à l'autre pratiquement sans nous en rendre compte. C'est mon explication de la double face Gir-Mœbius. ».[1]

Entre Gir et Mœbius, il n'y a donc pas seulement un changement de genre, mais également de langage et de style. Le dessin de Mœbius n'arrête pas d'évoluer et varie avec l'esprit de l'auteur. Bien que son trait reste contrôlé, son travail est improvisé. Contrairement à Gir qui privilégie le pinceau, Mœbius préfère la plume et ose la coloration directe. Par exemple, dans L'Homme est-il bon ?, le dessinateur n'utilise pas le bleu et colorise directement à l'aquarelle. Pour Mœbius, il ne peut y avoir de « fautes » dans son dessin car il se fixe lui-même les règles. A contrario de Blueberry où l'auteur doit respecter une certaine homogénéité de couleurs et de cadrage.

Mais Gir et Mœbius arrivent parfois à se rencontrer. Le désert incarne un de ces carrefours. On retrouve cet environnement mythique à la fois dans Blueberry, le western et sur d'autres planètes que dépeint Mœbius dans ses récits de SF. L'auteur voit dans l'exploration des environnements arides une portée symbolique. « Je sais par ailleurs que le désert est le lieu rituel de la méditation biblique. Je pense que le but du méditant est de tenter de réduire la réalité ordinaire dans laquelle nous baignons tous, en un désert virtuel d'où pourra jaillir la vision »[2] Pour lui, le désert représente la liberté de l'imagination.

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[1] Numa Sadoul, Docteur Moebius et Mister Gir, Casterman, 2015, p. 124

[2] www.lintermede.com/dossier-sf-moebius-fondation-ca...