A zapper vite fait ?
Je rebondis sur le commentaire de Pierre-Paul fait dans mon dernier post. Je suggère à ceux que les aspects économiques ennuient, de zapper vite fait ce qui suit.
Les Humanos et leurs soucis financiers de ces dernières années sont symptomatiques d’un malaise qui dépasse largement leur cas.
Je ne pense pas que l’on puisse dire par exemple que l’arrêt brutal d’Albin Michel Bande Dessinée récemment soit un exemple de la restructuration d’une “microstructure”. C’est bien plus que cela ; l’aveu du désintérêt pour le marché de la bande dessinée de gens réputés être avisés en matière d’édition.
Avec le recul, on peut même interpréter des événements vieux de plusieurs années comme les signes annonciateurs des difficultés d’aujourd’hui. Par exemple la faillite du groupe Casterman, ou après cela, la vente de Dupuis à Media-Participation par la CNP (du très avisé Albert Frère, gérée par Gilles Samyn qui est tout sauf un incompétent). J’imagine que l’analyste financier qu’est Pierre-Paul s’était en son temps penché sur les comptes de Dupuis. Il a donc probablement constaté que sa rentabilité était devenue très faible, et en tous les cas visiblement trop faible et avec des perspectives trop peu réjouissantes pour que la CNP souhaite garder cette participation.
Quelles sont les causes de ces problèmes ? J’en vois une importante : l’effritement (l’effondrement ?) du réassort, qui a sérieusement entamé la rentabilité de maisons dont la vente de réassort faisait la moitié de leur chiffre d’affaires.
Le reste est un emballement presque logique; pour compenser la baisse des réassorts (ou l’absence de catalogue), on augmente le nombre de nouveautés. De l’augmentation du nombre de nouveautés découlent l’augmentation des retours d’invendus et la baisse des ventes moyennes, qui à leur tour obèrent la rentabilité de l’éditeur. Certains (les éditeurs petits et moyens, comme les Humanos), pour compenser cela, peuvent être tentés de produire encore plus (le phénomène de la fuite en avant), au risque bien entendu de faire du mal à l’ensemble du marché. D’autres (les plus gros), vont rechercher l’économie d’échelle. On rassemble, optimise différentes structures, pour en réduire les coûts (et dans ce sens de nombreuses restructurations sont déjà intervenues ces derniers temps, sans que l’on en entende vraiment parler).
Et les Humanos dans cette peinture optimiste du marché, demandez-vous ?
Les Humanos sont engagés dans un processus de mutation.
D’abord, les fondamentaux :
- un programme stabilisé depuis plusieurs mois, avec de bons titres que notre diffuseur Delsol défend bien,
- des libraires qui retrouvent confiance dans notre production. Libraires envers qui - aussitôt la dernière étape de la restructuration achevée - nous nous engagerons bien davantage, tant nous savons qu’ils sont notre base solide.
Mais aussi :
- un changement dans la façon de développer les titres, dans le cadre d’une structure plus légère, plus ouverte, plus internationale et donnant une part plus large aux exploitations autres, en particulier audiovisuelles. Pour des raisons liées à leur histoire, les Humanos sont aujourd’hui l’éditeur européen le plus connu à l’international, et sans conteste le mieux implanté par exemple dans le monde anglophone. C’est aussi l’éditeur qui a le plus cherché dans les exploitations numériques et qui, en terme d’expérience, a quelques longueurs d’avance. Autant d’atouts qui au final feront la différence.
A zapper vite fait, les Humanos ? Certainement pas.
Ce que j’aime bien chez vous c’est votre franchise, ce message est très intéressant. L’aspect “réassort” du problème recoupe bien un propos de Jean Van Hamme qui a avoué à BoDoi que les ventes du fonds de la plupart de ses séries s’étaient éffondrées.
Si les marges des éditeurs sont de plus en plus faibles, les maisons d’édition de taille restreinte ont-elles encore une raison d’être ? Un des actionnaires belges de Media Participations, la Sofina, a vendu ses parts (4% je crois) il y a 2-3 ans (je dois vérifier la date) parce que cela ne leur rapportait plus d’argent. Pareil pour Unibra, l’autre belge de service, qui avait une petite participation dans MP. Cette désaffection des holdings d’inevstissement est confirmée par la revente par la CNP (merci de ne pas douter de la compétence de Gilles Samyn, je l’ai rencontré dans le passé et je puis vous assurer que c’est un homme brillantissime) de Dupuis, à la différence près que ils l’ont fait au prix fort, sur une base saine. Vu de l’extérieur (hélas peu de chiffres sont disponibles), il semble que l’industrie de la bd et probablement du livre en général a vu sa situation se détériorer nettement ces 2-3 dernières années. Cela ne peut que mener à des regroupements ou alors à la filialisation de maisons moyennes dans des groupes d’édition généralistes pour répartir le risque financier sur un plus grand nombre de produits (sic ! désolé pour le mot) avec des croissances différentes et donc des rentabilités différentes. Il y a des exceptions, comme les véritables microstructures (L’Asso, Cornelius, La Boite à Bulle, etc) qui bénéficient de subsides et ont une base de coûts très différente de mastodontes comme Glénat ou MP.
J’aimerais avoir plus d’information financière pour comprendre les dessous de chacune des maisons d’édition, grandes ou petites, je déplore que les données utiles ne soient pas disponible.
Merci pour ces éclaircissements et pour votre capacité à ne pas éluder les questions les plus gênantes.
salut
J’aurai juste 2 questions (si vous souhaitez vous pouvez me répondre par email).
La “restructuration” des humanos aura-t-elle une incidence sur Shogun ?
Les publications liées à Shogun seront-elles supprimées, retardées, etc ?
En tout cas, je vous souhaite toutes les réussites possibles et je suis de tout cœur avec les humanos, en espérant que tout cela se passe au mieux pour vous ;).
Merci pour votre message de soutien.
La restructuration des Humanos a bien etendu un impact sur Shogun, mais je le pense positif. Quelques titres supprimés, d’autres repositionnés, mais en définitive des décisions qui auraient été prises, restructuration ou non.
Ce qu’il faut savoir sur Shogun, c’est que pour les Humanos c’est avant tout une formidable expérience sur une façon de développer des récits de bande dessinée autrement. Bien entendu, il peut y avoir des ratages, mais je vois déjà que la refondation des Humanoïdes Associés à laquelle nous travaillons intègre certains aspects de celle-ci.
bonjour, je viens de relire mon commentaire et je constate que j’ai oublié de vous signaler que en fait de faillite de Casterman vous confondez les editions Casterman (groupe Flammarion / Rizzoli) et l’imprimerie Casterman qui a en effet été en faillite, ou en concordat je ne sais plus.
C’est techniquement correct, mais relatif car il était de notoriété publique que la cession de la branche édition de Casterman était faite pour éviter la faillite. Je me souviens d’ailleurs que cette cession partielle du fond de commerce de Casterman à l’époque m’avait surpris, en particulier du point de vue juridique.
Bonjour, monsieur Giger.
Je m’intéresse à l’histoire des maisons d’éditions et notamment à celle d’Alpen plubisher. J’aimerai obtenir des informations sur la genèse de ce label.
Cette maison d’édition est née en 1988 avec l’album Kriegsspiel de Arno (tirage limité de 2500 ex.?) et de Pytagore (Derib et Job) et a été créée pour cibler un public d’adolescent, était-ce pour se démarquer des Humanos plus ciblés adulte (sous-question pourquoi Alpen comme nom) ?
2.En 1990, vous reprenez 3 séries du catalogue de l’éditeur Namurois Miroir (Mauro Caldi; François Julien; Alexe) de Bayard (Beaudragon) des Archers (Durango) et de Dupuis (Alceister Crowley); sur quelle critère se sont basés ces choix ?
3.On retrouve dans votre catalogue plusieurs séries de J-M Charlier (Barbe rouge, les gringos, Blueberry et toutes ses déclinaisons, Ron clake), comment s’est effectué le passage de ces séries chez Alpen et aussi avec les ayants droit ? Pour Barbe rouge et les chevaliers du ciel (projet non abouti) je crois savoir que les héritiers de Jijé détenaient 50 % des droits est-ce correct ?
4.Pour les Gringos, une série créée pour le magazine Super as en 1979, c’est surprenant de la retrouver chez vous, était-ce du à une demande de Philippe Charlier ou de Guy Vidal de les rescuciter ?
5.Dans votre maison d’édition on retouve énormément de série western (Durango, Jerry Spring, Blueberry, Gringos), la crème du genre mais pas de Jim Cutlas (la seule série qui était déjà présente dans le catalogue Humano et qui était signé Charlier et dont vous repreniez plusieurs
séries et de Giraud qui était un des fondateurs des Humano et qui était aussi présent chez Alpen avec Blueberry), pourquoi a-t-elle continué chez Casterman et pas chez vous ?
6.On retrouve aussi Jerry Spring, une des plus belle série Westen, je suppose que c’est du à un coup de coeur,comment c’est effectué le choix de Franz comme dessinateur et aussi l’arrivé de Spring a-t-elle permis le passage des séries de Charlier dessinées par Jijé (Barbe Rouge, Tanguy et laverdure) ou est ce l’inverse?
7.Qui a eu l’idée de créer une troisième version de Blueberry (Marshal Blueberry) et d’y associer Vance ?
8.On retrouve aussi dans votre catalogue la série Leonard, Pourquoi a-t-elle trouvé place dans un nouveau label (Appro) et non chez Alpen, était-ce du à l’absence de série humoristique chez Alpen ?
9.J’ai lu que vous espéreriez relancer Johan et Pirlouit, Blake et Mortimer (vous avez expliqué pourquoi cela ne s’est pas réalisé dans le livre de Thierry Bellefroid sur les éditeurs), mais aussi Lucky luke jusqu’où les tractations ont été mené concernant cette dernière série ?
10.On trouve très peu de nouvelle série réalisé par des auteurs confirmés excepté Dany (Equator), est-ce difficile de signer des pointures quand on se positionne dans le même créneau que les Dargaud,Lombard, Dupuis, n’ont-il pas essayé de vous mettre des bâtons dans les roues ?
Je vous remercie d’avance d’avoir prêté attention à mon courriel et j’espère que vous répondrez à certaines de mes questions.
Salutations distinguées.
John
Wow ! Que de souvenirs, et pour certains, je devais avoir dans les 21 - 22 ans. J’ai beau prendre régulièrement mon Omega 3, certains détails se sont estompés. Je vais essayer de répondre à vos questions, mais il va me falloir le faire par petits bouts et dans le temps.
Pour faciliter votre lecture, je reprendrai la question en italique en début de commentaire.
Cette maison d’édition est née en 1988 avec l’album Kriegsspiel de Arno (tirage limité de 2500 ex.?) et de Pytagore (Derib et Job) et a été créée pour cibler un public d’adolescent, était-ce pour se démarquer des Humanos plus ciblés adulte (sous-question pourquoi Alpen comme nom) ?
Alpen Publishers a été créée avant même que nous ne reprenions les Humanoïdes Associés avec mes compères d’alors (l’équipe des Editions Gilou). C’est à la suite du rachat des Humanos que nous avons voulu en faire, en effet, une entité dont la cible était essentiellement les 10-16 ans.
Le parisianisme de l’époque et une vision assez prétentieuse de ce que représentaient les Humanos nous empêchaient d’imaginer faire se cotoyer Léonard et Le Garage Hermétique sous une même marque.
Bien entendu, il y avait également là-derrière une vraie réfexion et un bon sens du point de vue du marketing, mais d’une certaine façon, nous sommes restés prisonniers de ce que représentaient les Humanos. J’ai le sentiment que ce n’est que maintenant que nous sortons de cette époque. Vingt ans plus tard.
Pourquoi Alpen ? Je suis né à Genève, entouré de montagnes…
La suite au prochain épisode.
La question : En 1990, vous reprenez 3 séries du catalogue de l’éditeur Namurois Miroir (Mauro Caldi; François Julien; Alexe) de Bayard (Beaudragon) des Archers (Durango) et de Dupuis (Alceister Crowley); sur quelle critère se sont basés ces choix ?
En réalité, c’est tout le catalogue Miroir que nous avions repris, avec pour objectif de renforcer le programme Alpen, centré sur les 10-16 ans.
Leonid Beaudragon est arrivé chez nous pour les mêmes raisons, après la volonté de Bayard de se désengager de la collection gérée par Forest et du fait de notre relation avec Forest (nous avons aussi publié Barbarella).
Durango a été repris à Dargaud (et non à son premier éditeur, les Archers), en prenant quasiment le même bateau que les auteurs du fonds “adulte” de Dargaud (baptisé Images Passion).
Les Gorilles de l’Apocalypse, n’était pas un rachat; c’était une création de Cossu faite à la demande de Jean Léturgie, l’un des directeur de collection de Alpen de l’époque.
La question : On retrouve dans votre catalogue plusieurs séries de J-M Charlier (Barbe rouge, les gringos, Blueberry et toutes ses déclinaisons, Ron clake), comment s’est effectué le passage de ces séries chez Alpen et aussi avec les ayants droit ? Pour Barbe rouge et les chevaliers du ciel (projet non abouti) je crois savoir que les héritiers de Jijé détenaient 50 % des droits est-ce correct ?
J’ai eu la chance de travailler avec Jean-Michel Charlier, dans les toutes dernières années de sa vie. Avant même que nous ne reprenions les Humanos.
Cela s’est fait autour d’un projet que Daniel Ceppi devait dessiner (je dois toujours avoir quelque part des copies de quelques planches).
Après le décès de Jean-Michel, un projet est né entre son fils, Philippe, sa maman, et nous (dont Martine Jean) : créer un structure dédiée à la poursuite des séries co-créées par Charlier, JMC Aventures. Nous en étions actionnaires avec la famille Charlier.
Ca a été une sacrée entreprise, car il a fallu en effet clarifier les questions de propriété des personnages.
De mémoire, les droits de Tanguy & Laverdure et Barbe Rouge, selon un accord signé entre les parties étaient en effet détenus pour moitié par Annie Gillain, veuve de Jijé. Nous lui avons racheté lesdits droits ; ce qui n’a pas empêché l’héritière de Victor Hubinon de contester la chose et d’obtenir au final gain de cause. Pour Tanguy & Laverdure, ça a été plus simple. Nous avions cependant bien entendu demandé à Albert Uderzo, créateur de la partie graphique des personnages, sa bénédiction pour le rachat (je me souviens d’un déjeuner avec lui et Philippe Charlier, à l’occasion duquel j’ai eu le droit au récit d’incroyables anecdotes de la vie professionnelle commune Charlier/Uderzo ; de vrais morceaux d’anthologie).
Plusieurs années de négociations, litiges, etc. ont été nécessaires pour clarifier tout cela. La carrière de Charlier avait été tellement prolifique, et souvent ses co-auteurs étaient aussi des amis.
Je pense qu’à aucun moment ces auteurs n’ont pu imaginer à quel point un document égaré, une phrase peu claire dans une lettre, provoquerait pour leurs héritiers un sacré casse-tête.
Avec le temps, tout a été clarifié, et l’entreprise JMC Aventures vraisemblablement assez attractive pour sucsiter des offres, dont une intéressante de Dargaud.
L’ambiance a toujours été très sympathique, et je conserve de très bons souvenirs de cette (JMC) aventure.
Durango a été repris à Dargaud (et non à son premier éditeur, les Archers), en prenant quasiment le même bateau que les auteurs du fonds “adulte” de Dargaud (baptisé Images Passion).
Les Gorilles de l’Apocalypse, n’était pas un rachat; c’était une création de Cossu faite à la demande de Jean Léturgie, l’un des directeur de collection de Alpen de l’époque.
Oui, c’est juste Durango était chez Dargaud en 1990, mais pourquoi avoir justement repris cette série qui n’était présent que depuis un an dans le catalogue Dargaud ?
De même pour les éditions du Miroir, sur quoi vous êtes vous basé pour le choix des series car par exemple il y avait une très belle série sur la guerre de sécession Melly Brown de Dufaux et Musquera qui aurait eu sa place à côté des autres séries western de votre catalogue.
http://www.bedetheque.com/serie-3029-BD-Melly-Brown.html
Pour la série Alceister Crowley, Cossu l’avait bien commencé en 1985 chez Dupuis et l’avait continué chez vous avec Savary en 1990.
http://www.bedetheque.com/serie-2699-BD-Alceister-Crowley.html
Combien y-avaient-ils de directeur de collection (parce-que vous en parlez aux pluriels) , quand on parle de directeur de collection c’est qu’on a un catalogue qui est riche de divers genre et destiné à différent public, ici le public ciblé était les ados dont il n’aurait du avoir qu’un directeur de collection pour le peu de série que vous avez édité (j’en ai recensé 26) ?
Pour répondre à votre premier point et également à vos questions 4, 5 6 et 7, on peut en effet dire qu’il y a eu une vraie volonté de développer un pôle western chez nous dans les années 90. J’ai toujours aimé cela; bien entendu d’abord au cinéma avec Ford, Peckinpah et les autres. En bande dessinée, ce n’est finalement qu’il y a peu d’années que j’ai eu le sentiment d’avoir trouvé ce que je recherchais en matière de western en bande dessinée. Avec la série Bouncer, qui m’épate tant elle parvient à allier classicisme et thèmes résolument nouveaux dans la version papier du genre.
Pour Cossu et son Alceister Crowley, je ne disais pas que le personnage n’existait pas avant, mais simplement que nous ne l’avions pas racheté à Dupuis. Les Gorilles de l’Apocalypse était bien une création maison.
Pour ce qui concerne les directeurs de collections, si on parle de ces années 90, on peut citer Bruno Lecigne (dont on ne se lasse pas), José-Louis Boquet (Jerry Spring avec Franz, c’était lui), Jean Léturgie (Alceister Crowley), Bob de Groot, Guy Vidal. Quand j’y repense, je me dis que j’aimerais bien revoir cela, revivre ces situations, avec mes yeux d’aujourd’hui…
Pour Alpen, les directeurs de collection étaient Léturgie et de Groot.
En ce qui concerne J-M Charlier, vous parliez d’un projet avec Ceppi, était-ce une commande pour les Humanos (car Ceppi travaillait pour les Humanos à cette période) et quelle en était le pitch ?
A la fin des années 80, les séries de Charlier se trouvaient dans le catalogue Novedi, comment s’est passé la reprise de ce catalogue alors que par exemple Blueberry trouva refuge chez vous en 90 tandis que la jeunesse de Blueberry il faudra attendre 1993.
Est-ce que vous comptiez aussi reprendre toutes les séries que Charlier avaient créée pour la World Press (Kim devil avec Forton, Marc Dacier avec Paape, Thierry le chevalier sans nom avec Carlos Laffond et surtout la plus connue Buck Danny) ?
Pour la question concernant les droits, Uderzo n’avait donc plus qu’un droit moral sur les chevaliers du ciel et les droits patrimoniaux étaient détenu par la veuve de Jijé, pour Barbe rouge si Hubinon avait aussi vendu ses droits, son héritière n’avait donc plus qu’un droit moral sur la série comme uderzo, non ?
Houla, n’en jetez plus ! Trop et trop vite, je ne vais pas pouvoir suivre à ce train-là.
Une réponse vite fait avant de décrocher : pour Ceppi/Charlier, c’était avant les Humanos et à ce moment-là, Ceppi était édité par Casterman.
Pour Blueberry, Jean Giraud avait tout de suite accepté de passer chez JMC Aventures, alors que La Jeunesse de Blueberry était publiée par Dupuis. C’est ce qui explique la différence.
L’idée était de rassembler les principales séries de Charlier dans la même entité. Sauf erreur, il avait sur Buck Danny un problème relatif aux droits patrimoniaux, qui a bloqué les choses très longtemps.
Oui, Uderzo n’avait plus qu’un droit moral sur les Chevaliers du Ciel et cela devait être en principe la même chose pour Barbe Rouge par rapport aux héritiers Hubinon. Mais ils ne l’ont pas entendu de cette oreille…
En fait, je n’ai pas de sentiment sur la question ; c’est de l’histoire vraiment ancienne, non ?
Pour Blueberry, Jean Giraud avait tout de suite accepté de passer chez JMC Aventures, alors que La Jeunesse de Blueberry était publiée par Dupuis. C’est ce qui explique la différence.
L’idée était de rassembler les principales séries de Charlier dans la même entité. Sauf erreur, il avait sur Buck Danny un problème relatif aux droits patrimoniaux, qui a bloqué les choses très longtemps.
Dupuis a repris le catalogue Novedi mais après 1993; dans les années 1980 Blueberry comme la jeunesse était chez Novedi donc je ne vois pas pourquoi la série mère passe chez vous et pas la spin-off ?
Pour Buck Danny, c’est exact qu’il a eu un procès opposant Georges Troisfontaines (Patron de la World Press et créateur des 10 premières planches des Japs attaquent de Buck Danny) au fils de J-M Charlier, le procès s’est cloturé par la vitoire du fils de J-M Charlier qui gardait les droits patrimoniaux de la série tandis que Troisfontaines avait lui un droit moral.
En fait, Charlier n’avait pas signé pour Arizona Love chez Novedi ; ce titre était libre, et nous l’avons signé chez JMC Aventures.
Mais tout cela est un peu technique et assez barbant, non ?
Mais tout cela est un peu technique et assez barbant, non ?
Non, je ne crois pas, c’est plutôt intéressant d’apprendre comment se sont déroulé les discutions concernant les reprises des séries aussi connues que celles de J-M Charlier de plus je suis un grand amateur de son oeuvre et comme il n’existe pas d’ouvrage de référence le
concernant j’essaye de grapiller des informations à gauche et à droite pour faire ma petite biographie.
Cela me permet aussi de comprendre le fonctionnement d’une > comme Alpen, car à la différence des Humanos vous avez collaboré à la création de ce label depuis le début et cela nous permet de mieux assimiler les rouages de l’élaboration d’une maison d’édition depuis
ses prémices.
C’est rare de trouver sur la blogosphère, une personne parlant aussi librement du monde de l’édition, quelqu’un qui a voulu lancer un label destiné aux ados dans une période (fin des années 80) où tout n’était que remise en question dans le monde de l’édition, ne mérite que le respect.
je suis aussi comme tous les passionnés quand un sujet les intéresse, ils sont peut-être un peu trop > donc si vous ne répondez plus à mes questions ce que je comprendrais, je vous remercie d’avance d’avoir répondu à certaines sinon vous avez tout votre temps je ne suis pas pressé. Merci.
pas barbant du tout, moi cela me passionne et il est dommage que toutes ces histoires sur les dessous des maisons d’édition ne fasse pas l’objet d’un livre.
A noter que sur daniel Ceppi, il est amusant que il ait commencé aux Humanos et que dès le 4e album de Stephane il soit passé chez Casterman. Les albums publiés aux Humanos ont ensuite été redessinés (et honnêtement ce n’était pas du luxe ! De nos jours on ne publierait jamais un tel dessin !) pour casterman. Avant dernier épisode, retour de la série aux Humanos (je présume que c’est vous qui l’avez rappatrié), et enfin arrêt final pour cause de nouvelle série au Lombard. J’adore le personnage de Stéphane Clément !!!
Mais tout cela est un peu technique et assez barbant, non ?
Non, je ne crois pas, c’est plutôt intéressant d’apprendre comment se sont déroulé les discussions concernant les reprises des séries aussi connues que celles de J-M Charlier de plus je suis un grand amateur de son oeuvre et comme il n’existe pas d’ouvrage de référence le concernant j’essaye de grapiller des informations à gauche et à droite pour faire ma petite biographie.
Cela me permet aussi de comprendre le fonctionnement d’une petite structure comme Alpen, car à la différence des Humanos vous avez collaboré à la création de ce label depuis le début et cela nous permet de mieux assimiler les rouages de l’élaboration d’une maison d’édition depuis ses prémices.
C’est rare de trouver sur la blogosphère, une personne parlant aussi librement du monde de l’édition, quelqu’un qui a voulu lancer un label destiné aux ados dans une période (fin des années 80) où tout n’était que remise en question dans le monde de l’édition, ne mérite que le respect.
je suis aussi comme tous les passionnés quand un sujet les intéresse, ils sont peut-être un peu trop > donc si vous ne répondez plus à mes questions ce que je comprendrais, je vous remercie d’avance d’avoir répondu à certaines sinon vous avez tout votre temps je ne suis pas pressé.