Les Quatre John Difool
Dans le tome 5 de Avant l’Incal, John Difool, après avoir subi une opération du cerveau qui le plonge dans l’amnésie et l’inconscience, oublie tout ce qu’il a pu apprendre en tant que détective privé de classe R. Tout ce qui suit n’est donc que le produit fantasmatique de son pauvre cerveau torturé. Dans Final Incal, il retrouve la mémoire et se souvient peu à peu de sa véritable histoire. L’opération qui devait effacer la réalité a finalement échoué. Les commanditaires de l’amnésie de John Difool tentent aussitôt de le supprimer. Mais il s’échappe et retrouve les restes de son robot éducateur, le fameux Kolbo V.
Pendant ce temps, l’univers est en proie à un nouveau péril : un mystérieux virus métallique. Il se propage dans la population, s’attaquant à tous les organismes vivants et faisant de nombreuses victimes (elles se dissolvent progressivement jusqu’à ne laisser pour seul résidu qu’un petit tas de fer noirci.) L’indispensable John Difool se retrouve à nouveau investi malgré lui d’une mission qui le dépasse : le voilà chargé de sauver une fois encore le monde. On ne se refait pas !
Ce nouveau cycle contient lui aussi un message d’espoir et une leçon d’humanité sous sa fantaisie et sa noirceur apparentes. Le virus s’attaque aux êtres de chair et de sang, pour les détruire. En somme, c’est l’inversion des valeurs chrétiennes pour lesquelles au contraire, la chair c’est le mal. Ici, si le Mal est vaincu, c’est précisément parce qu’il trouve un adversaire fait de chair et de sang. C’est son humanité qui sauvera (du moins l’espère-t-on) le monde victime de la soif du pouvoir des machines. Et John Difool n’a encore jamais joué son rôle de héros de cette façon puisque dans cette histoire, il se multiplie, doué d’ubiquité, devenant quatre fois lui-même et arborant quatre aspects fort différents de sa personnalité.
