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L’écriture du scénario, première étape d’une bande dessinée, se divise en plusieurs phases : – l’écriture du synopsis. C’est un résumé de l’histoire dans ses grandes ligne avec l’enchaînement des actions, la progression dramatique dans son plus simple habillage. C’est à cette étape que se règle la plupart des problèmes qui peuvent surgir dans la mise en place de l’histoire : incohérences, personnages trop plats, manque d’action etc.
Voici le scénario découpé de la planche 39, écrit par Sylviane. |
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PLANCHE 39 CASE 1. Ibn al-Mutarif jette un grand voile sur Soledad. SOLEDAD J'appartiens à Hassan ! Il m'a achetée ! IBN AL-MUTARIF Hassan a acheté un jeune roumi, pas une femme ! Il n'a plus d'esclave. Envolé, l'esclave ! Disparu ! Enfui ! CASE 2. Le Sultan frappe dans ses mains. Une vieille Arabe et deux autres femmes plus jeunes et voilées entrent pour s'emparer de Soledad. IBN AL-MUTARIF Emportez cette jeune fille, lavez-la et préparez-la pour ma couche cette nuit ! Et débarrassez-moi de ces guenilles par terre ! CASE 3. La vieille gouvernante entraîne Soledad dans la salle de bain du harem. C'est une grande pièce carrelée de faïence, au décor raffiné. Au centre, se trouve un petit bassin. Des jeunes femmes qui étaient en train de se baigner sortent précipitamment de la pièce. LA VIEILLE GOUVERNANTE Allez, fichez-moi le camp ! Vous devriez déjà être prêtes. CASE 4. La vieille gouvernante et ses deux assistantes apprêtent Soledad. VOIX OFF " J'étais perdue. Je ne pensais plus qu'à une chose : trouver le moyen le plus simple et le plus efficace de me donner la mort avant que le Sultan ne pose la main sur moiŠ " |
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CASE 5. La vieille gouvernante finit d'apprêter Soledad qu'elle a habillée, parfumée et couverte de bijoux. Elle est toute joyeuse et satisfaite du résultat. Soledad, elle, garde un visage fermé, plein de colère, et ne fait aucun effort pour paraître séduisante. LA GOUVERNANTE Allez, fais-moi un joli sourire que je voie si tu es assez belle ! Avant la première nuit, vous faites toutes une tête d'enterrement, puis après, vous piaillez comme des pinsons. SOLEDAD Hé bien, moi, je mordrai comme un serpent et après, je me jetterai dans le vide. CASE 6. Soledad a été conduite sur une terrasse d'où la vue embrasse toute la ville de Marhaga. Une clarté dorée s'accroche encore au couchant, mais la nuit envahit peu à peu le paysage. Une grande lune rousse monte à l'horizon, au-dessus des plaines. Quelques petits tabourets ouvragés s'intercalent entre les plantes le long du balcon, ou servent de support à des corbeilles de fleurs. SOLEDAD Mon Dieu, donnez-moi la force de mourir ! CASE 7. Soledad se tient appuyée contre le balcon. Sous la terrasse, s'étend un grand jardin à la végétation luxuriante. Les branches d'un palmier ont poussé à la hauteur de la terrasse. Au souvenir de Jorge, des larmes coulent sur les joues de Soledad. Elle ne voit pas Ibn al-Mutarif, derrière elle, qui la regarde et l'écoute. SOLEDAD Jorge, mi hijo/Jorge, chiquijo/A este hijo espero/por él moriréŠ CASE 8. Ibn al-Mutarif vient derrière Soledad et essaye de l'embrasser dans la nuque. IBN AL-MUTARIF Quelle métamorphose ! Le vilain esclave est devenu la plus jolie perle de mon harem. CASE 9. Soledad, se retournant, repousse Ibn al-Mutarif de toutes ses forces. SOLEDAD Plutôt mourir ! |
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Sylviane : Cette planche est une articulation importante de l'histoire de Soledad car c'est le moment où elle est reconnue comme femme après avoir été ballottée comme une marchandise sous ses oripeaux d'esclave. Mais exister en tant que femme, pour elle, ne peut se faire que dans une opposition violente au monde qui l'entoure, et à Ibn Al Mutarif en particulier, sinon c'est l'enfermement définitif dans le harem, et donc sa disparition comme individu. L'alternative devient pour elle, à ce moment, la mort ou la fuite. Elle choisit pour la première fois de sa vie, alors que jusque-là, comme femme, fille de son père, épouse, mère ou esclave, elle subissait plutôt son destin.
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