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Un polar sombre et haletant par le scénariste de "Méta-Baron"

Scénario : Jerry Frissen
Dessin : Jean-Michel Ponzio

science-fiction
1 volume paru
série en 2 volume(s)

Lune d’Hesperia. Phoenix, policier surdoué mais amnésique, assiste au meurtre de son coéquipier. Son enquête l’entraîne sur Solar Corona, ville-planète de toutes les débauches, où il croise la piste de simaks, des transhumains conçus pour la prostitution et censés avoir été éradiqués par suite de bugs répétés. Au cœur de cet univers violent et corrompu, sa soif de justice mènera Phoenix sur les traces de ses origines.

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Bande-annonce Simak T1 Traque sur Solar Corona


L'Interview Jean-Michel Ponzio - Épisode 1 : Une technique unique

L'Interview Jean-Michel Ponzio - Épisode 2 : La séance photo

L'Interview Jean-Michel Ponzio - Épisode 3 : Les modèles

L'Interview Jean-Michel Ponzio - Épisode 4 : Aliens et robots

L'Interview Jean-Michel Ponzio - Épisode 5 : Costumes et accessoires

Dans le blog

“J’adorerais faire l’amour avec un extraterrestre.” Interview de Jerry Frissen pour la sortie de Simak T1

mercredi 16 mai 2018

Pourquoi avoir repris le concept du Simak originellement apparu dans Méta-Baron ?

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Le Simak de Méta-Baron est un transhumain, un homme tellement modifié qu’il n’a d’humain que l’aspect, et encore, il peut en changer presque à volonté. C’est un personnage que j’avais en tête depuis bien longtemps et qui me tenait à cœur. Il existait quelque part en moi avant même qu’il ne fasse son apparition dans Méta-Baron. Mais le personnage de cette nouvelle série n’est pas exactement le même. 
L’histoire se passe quelques siècles plus tôt et cet « ancien » Simak fait partie de la toute première génération de ces hommes modifiés. C’est un prototype en quelque sorte et il est encore loin d’avoir les capacités qu’aura le Simak de Méta-Baron. Il est plein de défauts dont celui de tout ignorer de ses origines.



Quelles ont été vos inspirations pour créer cette histoire ? Depuis combien de temps mûrissez-vous le projet ?

J’ai quelques obsessions qui trainent en moi depuis longtemps. Celle du transhumanisme en est une. Mais je voulais prendre le sujet d’un côté plus personnel et parler de la chair plus qu’autre chose. Mon intérêt pour le transhumanisme est plus psychologique que scientifique ou philosophique. 

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Comment existe-t-on quand on a été modifié au point de n'avoir que peu de liens avec ce qu’on appelle "humain" ? Quel rapport a-t-on avec un corps qui est capable de se transformer de façon radicale ? Dans Méta-Baron et dans Simak, les transhumains – les Simaks – ont été modifiés dans un but purement sexuel. Ce sont des poupées qui n’existent que pour donner du plaisir à leurs clients – ce qui ne leur plait d’ailleurs pas du tout. Ce sont des prostitués involontaires, des esclaves sexuels. Mais au-delà du problème moral, ce qui me plaisait dans ce sujet, c’était de parler de leur corps qui est un terrain de jeu pour les expériences charnelles les plus extrêmes. Je voulais ainsi imaginer la naissance d’une nouvelle humanité et me demander comment ces créatures allaient exister, développer leur culture, leurs désirs, leurs frustrations, etc. Ce que je raconte dans Méta-Baron et Simak sont des histoires parallèles qui traitent de ce même thème. 
Ce sera plus poussé dans cette nouvelle série puisqu’un de ces Simaks en est le personnage principal. Sinon, il y a une influence « satellitaire » importante, le sublime Délirius de Philippe Druillet et Jacques Lob auquel la planète Solar Corona, théâtre de cette première enquête, est un hommage.

Lisez-vous du polar ? 

Pas énormément mais j’ai toujours été amateur de Jim Thompson, James Ellroy, Edouard Bunker et surtout Harry Crews, dont Body restera pour toujours un de mes livres favoris. Il y a aussi The Caves of Steel d’Asimov qui est un merveilleux polar de SF. D’une manière générale, j’aime bien les histoires de « flics de l’espace » comme dans Blade Runner ou Outland au cinéma.

Pourquoi avoir choisi le dessinateur Jean-Michel Ponzio pour dessiner votre histoire ? Comment s'est déroulée votre collaboration ?

C’est une proposition des Humanos qui me convenait bien. Je le trouve très fort pour faire exister cette planète de l’excès. Il a tout de suite fait des propositions pour rendre cet univers crédible et j’ai adoré ça. À ce stade, c’était ma préoccupation principale. 
Cette planète devait ressembler à un Las Vegas du futur et sa vision a tout de suite été la bonne. Il a une façon de travailler particulière, il sélectionne des acteurs, fabrique des costumes, des objets, des armes et crée le reste en digital. C’est plutôt excitant comme système de travail. Il m’a montré chaque étape. Le travail de scénariste oblige à se faire discret à un moment, pour que le dessinateur puisse apporter sa propre façon de voir les choses

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Dans un univers aussi barré, on a l’impression que tout est possible (transformation, mutation). Est-ce qu’il y a des choses que vous vous interdisez ?

Non, je ne m’interdis rien, au contraire même, j’essaye de pousser au maximum et Bruno Lecigne, mon éditeur, m’encourage à aller dans ce sens. Mais fondamentalement, écrire est une exploration et j’essaye d’aller chaque fois un peu plus loin avec chaque nouveau projet. Chaque histoire apporte quelque chose qui sert à construire la suivante. C’est une évolution constante. J’essaye de ne pas avoir de pudeur et de parler de tout ce dont j’ai envie de parler. 

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Pas besoin de perdre son temps à se demander si on peut ou pas aborder tel ou tel sujet. Il y a cependant des sujets, des idées que je ne sais pas comment traiter, je les repousse de mois en mois, d’année en année, en me disant que je trouverais bien le bon moment et la bonne façon de les aborder. Il y a par exemple une histoire que je retarde depuis longtemps. Après chaque livre, je m’y remets et chaque fois j’abandonne après quelques jours. C’est une histoire trop dure, trop déprimante et elle me donne envie de pleurer. Pourtant je l’aime bien, mais elle me force à aller quelque part en moi où je n’ai pas envie d’aller. En tout cas, pas pour le moment.



Entre Blade Runner 2049 et Altered Carbon, la SF actuelle s’intéresse beaucoup aux corps modifiés ou augmentés, aux androïdes… Comment vous positionnez-vous par rapport à ce sujet et ces œuvres ?

Comme je le disais plus haut, c’est le côté charnel qui m’intéresse principalement. J’ai souvent envie de parler de sexe – sans pour ça avoir la moindre envie de faire de la bande dessinée porno – et le transhumanisme était une porte d’entrée parfaite pour effleurer le sujet. C’est un sujet passionnant mais il me faudra beaucoup de travail pour arriver à dire ce que j’ai envie de dire. Ça va sans doute se distiller en petites quantités, de livre en livre. 

J’écris pour le moment une histoire d’amour entre un homme et un extraterrestre – d’ailleurs j’adorerais faire l’amour avec un extraterrestre. Dans Simak, et plus particulièrement dans le deuxième tome, je me suis posé la question de savoir ce que serait une relation sexuelle quand on peut se transformer suffisamment pour caresser le cœur ou le cerveau de son partenaire.

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Avec Exo, vous avez fait de la hard science, avec Méta-Baron du space opéra, ici plutôt du polar intergalactique. Comment jonglez-vous entre ces styles ? Quelles sont les contraintes d'écriture ? 

Je ne pense jamais vraiment à ça. Ce sont toujours des histoires de personnages avec leurs motivations. Je vois en fait quelque chose qui est en train de se « dessiner » entre toutes mes séries et que je n’ai pas fait consciemment. Les personnages forment une espèce de famille et se répondent les uns les autres. Je ne suis pas à la recherche de ce genre de choses, mais ça s’impose malgré moi. Alors je laisse faire. 

En ce qui concerne Simak, je n’ai pas commencé la série en me disant que j’allais entrer dans telle ou telle catégorie. Même si je ne nie pas bien sûr que tout cela existe et qu’effectivement je vais dans des directions différentes. Il y a sans doute quelque chose de très excitant à changer de genre. C’est une sorte de récréation. Je peux oublier toutes les questions que je me posais sur le livre précédent et qui me faisaient mal au cerveau. Du coup, je m’en pose d’autres et les douleurs reprennent… Une des particularités de Simak était que je voulais faire quelque chose de très excessif, qui se passe dans un monde extrême et outrancier, avec une tension qui ne s’arrête pas avant la dernière page. Je voulais aussi qu’il y ait une idée par page et c’est quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant.

Avez-vous en projet d'autres séries agrandissant le “Méta-univers Humano” ? 

Oui, certainement d’autres projets de séries. Il y a par exemple dans Méta-Baron, deux personnages qui apparaissent dans le tome 7 que je ne pourrais jamais abandonner. Il faut que j’en fasse quelque chose d’une façon ou d'une autre.