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La création de Milan K.

mardi 25 août 2009 par "Corentin "

Si chez Boucq tout tombe parfaitement sous son pinceau, moi je fais encore beaucoup d’étapes.

Le scénario m’était livré avec un découpage page par page, avec les dialogues, comme un script de cinéma. De là, j’ai travaillé en 4 étapes :

- D’abord je faisais un storyboard : je décidais le découpage case par case, comme ce dialogue-ci en case une, et je faisais toutes les cases sans penser à la page (par exemple, quand le personnage saute, ce serait mieux une case verticale). Et après seulement je réunissais les cases pour les agencer dans une page. Dans la BD, on a cette liberté de cadrage. Dans le même temps je faisais toute ma recherche de documentation.

- Ensuite je photocopiais la page en agrandissant d’un tiers, et je re-décalquais mes dessins en ajoutant des détails au crayon, sur un papier plus épais.

- Puis j’encrais la planche.

- Et enfin je la scannais et je la coloriais numériquement.

Pl50Story_defaultbody

Pl50Encrage_defaultbody

Pl50Coul_defaultbody

Pl50CoulTrait_defaultbody

Au final, une page c’est 4 jours de travail, un pour chaque étape : le board, le crayonné, l’encrage et les couleurs.

C’est dur de ne pas se laisser rattraper par le dessin, car on rentre dedans et on a envie de se faire plaisir. Or avant d’être beau, un dessin doit être efficace, au niveau de la narration. C’est la première règle.

Dans mon dessin, j’ai suivi l’ordre de l’histoire, mais j’ai coupé le travail en deux, au moment de l’arrivée de Micha et Igor à L.A. J’ai fait tout le crayon puis l’encrage des 23 premières planches, puis j’ai fait l’autre moitié. C’est important de faire beaucoup de pages d’un coup, pour les détails : si tu dessines un objet et que l’action se déroule au même endroit sur plusieurs pages, il ne faut pas oublier de le dessiner à chaque fois qu’il doit apparaître.

Pl27Story_defaultbody

Pl27Encrage_defaultbody

Pour les couleurs, je les faisais séquence par séquence : toutes les pages où l’action est à Moscou, puis toutes celles qui se passent en Suisse, pour être sur de retrouver les mêmes tons. Quand je travaillais pour mon père, je faisais par exemple 10 pages puis plus tard 10 autres. Pour Milan K. j’ai mis en couleurs les 54 pages d’une traite ; c’était très long.