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Nuées écarlates

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Dans cette section vous pouvez découvrir ou approfondir vos connaissances sur l'univers des Nuées Écarlates : la Légende, Izunas et Fudo.

Aller plus loin

La Mythologie Japonaise


La mythologie japonaise est traversée de différents courants : shintoïsme, bouddhisme, croyances animistes... Un florilège de cultures donnant naissance à de nombreux mythes. L'univers des Nuées écarlates et d'Izunas repose entièrement sur ces croyances : kamis, dragon protecteurs, arbre-mère, tanukis, esprits de la forêt et démons. Autant d'éléments que les dessins de Saverio Tenuta et Carita Lupattelli font vivre au fil des planches.

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Les kamis

La mythologie japonaise se construit à partir de plusieurs religions : le bouddhisme et le shintoïsme en sont les principales pratiquées par les Japonais. Toutes deux respectant les esprits de la nature diffèrent sur la célébration des dieux. En effet, si le bouddhisme respecte une entité Bouddha, le shintoïsme prend racine dans le Kojiki (livre ancien détaillant la mythologie et création du Japon). Ce texte sacré relate la création de la terre par la déesse Amaterasu. Il raconte comment sa descendance a créé la terre, le ciel et le Japon.

Les kamis (litt. dieux) présents dans Izunas s'inspirent principalement du shintoïsme. Les nombreux yôkai (monstres, créatures) que l'on croise au long des tomes sont inspirés du folklore japonais.

Sous le terme « kami », les japonais désignent l'ensemble des déités et esprits vénérés dans la religion shintoïste. Principalement des éméments de la nature ou des animaux, les kamis sont des puissances créatrices et protectrices. Selon certaines croyances, les personnes décédées qui ont eut une vie vertueuse peuvent devenir des kamis après leur passage d'en l'Au-delà. Les empereurs et les grands chefs de clans étaient réputés pour descendre de la déesse Amaterasu et appelés à devenir des kamis après leur mort. Ils avaient donc une place importante au sein de la cosmogonie japonaise. Cette ascendance divine fut revendiquée par les empereurs jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, assurant leur légitimité à la tête du pays.

De nombreux kamis existent dans la mythologie japonaise et on distingue plusieurs niveaux de hiérarchie au sein de ceux-ci. Au commencement du monde, de nombreuses déités descendirent des « hauts cieux » afin de créer la Terre telle que nous la connaissons. De ces 27 dieux naquirent notamment Izanagi et Izanami, mari et femme, ayant présidé à la création du monde et du Japon. Selon le shintoïsme, il n'existe pas de dieu entièrement bon ou mauvais, chacun possède une part positive et une négative marquant les deux facettes de sa personnalité. Izamani, « celle qui invite » représente ainsi à la fois la déesse de la création et de la mort, marquant le cycle de la vie et l'équilibre. Elle a donné naissance au kami du feu, Kagutsuchi, qui la brûla vive. Fou de douleur, Izanagi entreprit un voyage vers les pays des morts, Yomi-no-kuni, afin de revoir son épouse. Celle-ci ne put revenir, ayant "déjà goûté à la nourriture de ce monde". Lorsqu'Izanagi aperçut sa femme, décomposée, il la répudie et tente de s'enfuir. Izanami le maudit et promit de tuer chaque jour un millier d'enfants de son peuple. Izanagi ordonna à son peuple de faire naître mille-cent enfants chaque jour pour contrer les plans de son épouse. Ainsi fut instauré le cycle de la vie et de la mort. De retour dans son monde, Izanagi décapita Kagutsuchi puis parti se purifier dans le fleuve de la vallée d'Akiwara. Ses ablutions donnèrent naissance à de nombreux kamis élémentaires, dont Amaterasu, la déesse du Soleil.

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Amaterasu, mère nourricière

Amaterasu occupe une place primordiale dans la religion shintoïste et serait l'ancêtre de tous les empereurs japonais. Elle porte souvent le nom d'Amaterasu-okami, « la grande déesse ». Son attribut solaire lui donne une importance considérable parmi les kamis, étant source de joie et de vie. On lui attribut ainsi les bienfaits de la vie, ce pourquoi les hommes louent Amaterasu dans Izunas pour leur avoir envoyé Aki . Dans Les Nuées écarlates, Ogi refuse que le général Kawakami pratique le rituel du seppuku afin de mourir dignement sous prétexte qu'Amaterasu refuserait ses entrailles impures. Bien que l'origine de cette pratique demeure vague, on retrouve une trace d'un événement similaire dans les mythes associés à la déesse solaire. Susano-o, dieu des tempêtes et de l'orage, outrepasse ses droits en amenant une carcasse de cheval dans la salle où Amaterasu et ses suivantes sont en train de tisser. L'une d'elles est prise d'une telle peur qu'elle s'ouvre le ventre à l'aide d'un fuseau, donnant sans doute naissance à ce rituel.

Esprits et créatures de la forêt : les Yôkai

Situés en dessous des dieux d'un point de vu hiérarchique, les yôkai ont une place importante dans les cultes japonais. Souvent rattachés à un animal, un végétal ou des objets, ils peuvent être les messagers des kamis, des esprits espiègles voire des monstres craints. Résidant dans un reflet de notre monde séparé par un voile avec celui-ci, les kamis ne peuvent interagir avec les humains, et les yôkai permettent de pallier ce problème. Dans l'univers d'Izunas, cette frontière entre les mondes est matérialisée par un voile, le Kamigakushi.

Le terme yôkai désigne l'ensemble des entités surnaturelles du folklore japonais, sans différenciation entre bon ou mauvais esprits. Les yôkai, aussi appelés mononoke, peuvent avoir différents comportements, de l'espièglerie à la malveillance en passant par la chance. Beaucoup possèdent des traits animaliers comme le kappa, qui arbore une apparence de tortue, le tengu, qui possède des ailes ou encore le tanuki.
Toutefois, certains ont une apparence humaine comme le oni, un ogre à la mâchoire béante descendant des montagnes. On dit qu'une émotion intense, comme la jalousie, peut transformer un être humain en yôkai. De même des objets peuvent se transformer en esprits lorsqu'ils sont très anciens.

Dans Izunas, Kitsune Hime est toujours accompagnée de plusieurs yôkai, notamment des tanukis, qui possédent également le pouvoir de se transformer. Souvent confondu avec le blaireau, le tanuki serait une sous-espèce de canidé ressemblant d'avantage à un raton-laveur qu'à un chien viverrin. Réputés pour changer de forme à volonté, les tanukis sont souvent représenté ornés de chapeaux de paille assortis d'une bouteille de saké. Dotés d'un ventre rebondi et d'une énorme paire de testicules, ils sont souvent considérés comme un symbole de bonne fortune au même titre que les kitsune.

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Kitsune-hime

Le personnage de Kitsune Hime, dans Izunas, est dérivé de l'esprit du renard, traditionnellement perçu comme le messager du kami Inari, gardien des maisons, dieu des céréales, des fonderies et du commerce. Il existe de nombreux types de kitsune : bons (les zenko, messagers d'Inari), espiègles (les yako) ou invisibles (ninko). Au fur et à mesure de leur existence, les kitsune gagnent des queues, une tous les cent ans, marquant leur sagesse et leur puissance. Lorsqu'ils obtiennent leur neuvième queue, leur fourrure devient blanche ou dorée, ils atteignent le rang de kyubi no kitsune (litt. renard à neuf queues), et deviennent capables de voir et d'entendre ce qui arrive n'importe où dans le monde. Ces esprits sont également polymorphes et peuvent prendre une forme humaine dès lors qu'ils atteignent l'âge de cent ans. Pour ce faire, la légende veut que les renards placent au préalable une large feuille ou un roseau sur leur tête. Ils peuvent prendre la forme de n'importe quel humain mais généralement se plaisent à prendre la forme de femmes attirantes. Seul problème : leur difficulté à dissimuler leur queue qu'ils conservent même sous forme humaine.

Dans Izunas, Kitsune Hime joue sur sa polymorphie afin de préserver les deux mondes : humaines au delà du Kamigakushi, renarde parmi les humains.

Le Munemori, l'arbre sacré

Dans la religion shintoïste, l'arbre tient un rôle particulier : symbole de grandeur, résistance et de longévité, l'arbre est souvent habité par un esprit voire un kami. Chaque temple possède ainsi un ou plusieurs arbres sacrés auxquels les japonais attachent des petites plaquettes de bois sur lesquelles des vœux sont inscrits. La croyance veut que les arbres portent ces prières aux kamis et permettent de les exaucer. Au sein des temples, les arbres sacrés habités par un kami sont signalés par une corde autour du tronc où des morceaux de papier pliés sont disposés. Chaque espèce possèderai ainsi son propre kami. On retrouve ainsi les kamis des chênes, des cèdres ou encore des cerisiers. L'arbre Sakaki a une signification particulière et une place plus importante dans le folklore car il aurait servi à suspendre le miroir dans lequel la déesse Amaterasu a aperçu pour la première fois son reflet, permettant de faire revenir le Soleil.

Dans Izunas, l'arbre Munemori est un symbole de vie et de renaissance. Chaque Izunas tombé au combat renaît entre ses branches sous la forme d'un nouveau-né. Les louves Onbas se charge alors de poursuivre leurs rôles en prenant soin des nouveaux venus. Préservant l'équilibre de la vie face aux Noggos, le Munémori est la cible prioritaire des démons : sans lui, les Izunas disparaîtront tandis que la barrière qui sépare le monde des esprits et celui des hommes s'effondrera...


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