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Carthago

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  • 9 Fabrice Giger dimanche 25 mai 2008

    La question : On retrouve dans votre catalogue plusieurs séries de J-M Charlier (Barbe rouge, les gringos, Blueberry et toutes ses déclinaisons, Ron clake), comment s’est effectué le passage de ces séries chez Alpen et aussi avec les ayants droit ? Pour Barbe rouge et les chevaliers du ciel (projet non abouti) je crois savoir que les héritiers de Jijé détenaient 50 % des droits est-ce correct ?


    J’ai eu la chance de travailler avec Jean-Michel Charlier, dans les toutes dernières années de sa vie. Avant même que nous ne reprenions les Humanos.


    Cela s’est fait autour d’un projet que Daniel Ceppi devait dessiner (je dois toujours avoir quelque part des copies de quelques planches).


    Après le décès de Jean-Michel, un projet est né entre son fils, Philippe, sa maman, et nous (dont Martine Jean) : créer un structure dédiée à la poursuite des séries co-créées par Charlier, JMC Aventures. Nous en étions actionnaires avec la famille Charlier.


    Ca a été une sacrée entreprise, car il a fallu en effet clarifier les questions de propriété des personnages.


    De mémoire, les droits de Tanguy & Laverdure et Barbe Rouge, selon un accord signé entre les parties étaient en effet détenus pour moitié par Annie Gillain, veuve de Jijé. Nous lui avons racheté lesdits droits ; ce qui n’a pas empêché l’héritière de Victor Hubinon de contester la chose et d’obtenir au final gain de cause. Pour Tanguy & Laverdure, ça a été plus simple. Nous avions cependant bien entendu demandé à Albert Uderzo, créateur de la partie graphique des personnages, sa bénédiction pour le rachat (je me souviens d’un déjeuner avec lui et Philippe Charlier, à l’occasion duquel j’ai eu le droit au récit d’incroyables anecdotes de la vie professionnelle commune Charlier/Uderzo ; de vrais morceaux d’anthologie).


    Plusieurs années de négociations, litiges, etc. ont été nécessaires pour clarifier tout cela. La carrière de Charlier avait été tellement prolifique, et souvent ses co-auteurs étaient aussi des amis.


    Je pense qu’à aucun moment ces auteurs n’ont pu imaginer à quel point un document égaré, une phrase peu claire dans une lettre, provoquerait pour leurs héritiers un sacré casse-tête.


    Avec le temps, tout a été clarifié, et l’entreprise JMC Aventures vraisemblablement assez attractive pour sucsiter des offres, dont une intéressante de Dargaud.


    L’ambiance a toujours été très sympathique, et je conserve de très bons souvenirs de cette (JMC) aventure.


  • 10 john lundi 26 mai 2008

    Durango a été repris à Dargaud (et non à son premier éditeur, les Archers), en prenant quasiment le même bateau que les auteurs du fonds “adulte” de Dargaud (baptisé Images Passion).


    Les Gorilles de l’Apocalypse, n’était pas un rachat; c’était une création de Cossu faite à la demande de Jean Léturgie, l’un des directeur de collection de Alpen de l’époque.


    Oui, c’est juste Durango était chez Dargaud en 1990, mais pourquoi avoir justement repris cette série qui n’était présent que depuis un an dans le catalogue Dargaud ?

    De même pour les éditions du Miroir, sur quoi vous êtes vous basé pour le choix des series car par exemple il y avait une très belle série sur la guerre de sécession Melly Brown de Dufaux et Musquera qui aurait eu sa place à côté des autres séries western de votre catalogue.

    http://www.bedetheque.com/serie-3029-BD-Melly-Brown.html

    Pour la série Alceister Crowley, Cossu l’avait bien commencé en 1985 chez Dupuis et l’avait continué chez vous avec Savary en 1990.

    http://www.bedetheque.com/serie-2699-BD-Alceister-Crowley.html

    Combien y-avaient-ils de directeur de collection (parce-que vous en parlez aux pluriels) , quand on parle de directeur de collection c’est qu’on a un catalogue qui est riche de divers genre et destiné à différent public, ici le public ciblé était les ados dont il n’aurait du avoir qu’un directeur de collection pour le peu de série que vous avez édité (j’en ai recensé 26) ?


  • 11 Fabrice Giger lundi 26 mai 2008

    Pour répondre à votre premier point et également à vos questions 4, 5 6 et 7, on peut en effet dire qu’il y a eu une vraie volonté de développer un pôle western chez nous dans les années 90. J’ai toujours aimé cela; bien entendu d’abord au cinéma avec Ford, Peckinpah et les autres. En bande dessinée, ce n’est finalement qu’il y a peu d’années que j’ai eu le sentiment d’avoir trouvé ce que je recherchais en matière de western en bande dessinée. Avec la série Bouncer, qui m’épate tant elle parvient à allier classicisme et thèmes résolument nouveaux dans la version papier du genre.


    Pour Cossu et son Alceister Crowley, je ne disais pas que le personnage n’existait pas avant, mais simplement que nous ne l’avions pas racheté à Dupuis. Les Gorilles de l’Apocalypse était bien une création maison.


    Pour ce qui concerne les directeurs de collections, si on parle de ces années 90, on peut citer Bruno Lecigne (dont on ne se lasse pas), José-Louis Boquet (Jerry Spring avec Franz, c’était lui), Jean Léturgie (Alceister Crowley), Bob de Groot, Guy Vidal. Quand j’y repense, je me dis que j’aimerais bien revoir cela, revivre ces situations, avec mes yeux d’aujourd’hui…


    Pour Alpen, les directeurs de collection étaient Léturgie et de Groot.


  • 12 john lundi 26 mai 2008

    En ce qui concerne J-M Charlier, vous parliez d’un projet avec Ceppi, était-ce une commande pour les Humanos (car Ceppi travaillait pour les Humanos à cette période) et quelle en était le pitch ?

    A la fin des années 80, les séries de Charlier se trouvaient dans le catalogue Novedi, comment s’est passé la reprise de ce catalogue alors que par exemple Blueberry trouva refuge chez vous en 90 tandis que la jeunesse de Blueberry il faudra attendre 1993.

    Est-ce que vous comptiez aussi reprendre toutes les séries que Charlier avaient créée pour la World Press (Kim devil avec Forton, Marc Dacier avec Paape, Thierry le chevalier sans nom avec Carlos Laffond et surtout la plus connue Buck Danny) ?

    Pour la question concernant les droits, Uderzo n’avait donc plus qu’un droit moral sur les chevaliers du ciel et les droits patrimoniaux étaient détenu par la veuve de Jijé, pour Barbe rouge si Hubinon avait aussi vendu ses droits, son héritière n’avait donc plus qu’un droit moral sur la série comme uderzo, non ?


  • 13 Fabrice Giger lundi 26 mai 2008

    Houla, n’en jetez plus ! Trop et trop vite, je ne vais pas pouvoir suivre à ce train-là.


    Une réponse vite fait avant de décrocher : pour Ceppi/Charlier, c’était avant les Humanos et à ce moment-là, Ceppi était édité par Casterman.


    Pour Blueberry, Jean Giraud avait tout de suite accepté de passer chez JMC Aventures, alors que La Jeunesse de Blueberry était publiée par Dupuis. C’est ce qui explique la différence.


    L’idée était de rassembler les principales séries de Charlier dans la même entité. Sauf erreur, il avait sur Buck Danny un problème relatif aux droits patrimoniaux, qui a bloqué les choses très longtemps.


    Oui, Uderzo n’avait plus qu’un droit moral sur les Chevaliers du Ciel et cela devait être en principe la même chose pour Barbe Rouge par rapport aux héritiers Hubinon. Mais ils ne l’ont pas entendu de cette oreille…


    En fait, je n’ai pas de sentiment sur la question ; c’est de l’histoire vraiment ancienne, non ?


  • 14 john lundi 26 mai 2008

    Pour Blueberry, Jean Giraud avait tout de suite accepté de passer chez JMC Aventures, alors que La Jeunesse de Blueberry était publiée par Dupuis. C’est ce qui explique la différence.


    L’idée était de rassembler les principales séries de Charlier dans la même entité. Sauf erreur, il avait sur Buck Danny un problème relatif aux droits patrimoniaux, qui a bloqué les choses très longtemps.


    Dupuis a repris le catalogue Novedi mais après 1993; dans les années 1980 Blueberry comme la jeunesse était chez Novedi donc je ne vois pas pourquoi la série mère passe chez vous et pas la spin-off ?

    Pour Buck Danny, c’est exact qu’il a eu un procès opposant Georges Troisfontaines (Patron de la World Press et créateur des 10 premières planches des Japs attaquent de Buck Danny) au fils de J-M Charlier, le procès s’est cloturé par la vitoire du fils de J-M Charlier qui gardait les droits patrimoniaux de la série tandis que Troisfontaines avait lui un droit moral.


  • 15 Fabrice Giger lundi 26 mai 2008

    En fait, Charlier n’avait pas signé pour Arizona Love chez Novedi ; ce titre était libre, et nous l’avons signé chez JMC Aventures.


    Mais tout cela est un peu technique et assez barbant, non ?


  • 16 john mardi 27 mai 2008

    Mais tout cela est un peu technique et assez barbant, non ?


    Non, je ne crois pas, c’est plutôt intéressant d’apprendre comment se sont déroulé les discutions concernant les reprises des séries aussi connues que celles de J-M Charlier de plus je suis un grand amateur de son oeuvre et comme il n’existe pas d’ouvrage de référence le

    concernant j’essaye de grapiller des informations à gauche et à droite pour faire ma petite biographie.

    Cela me permet aussi de comprendre le fonctionnement d’une > comme Alpen, car à la différence des Humanos vous avez collaboré à la création de ce label depuis le début et cela nous permet de mieux assimiler les rouages de l’élaboration d’une maison d’édition depuis

    ses prémices.

    C’est rare de trouver sur la blogosphère, une personne parlant aussi librement du monde de l’édition, quelqu’un qui a voulu lancer un label destiné aux ados dans une période (fin des années 80) où tout n’était que remise en question dans le monde de l’édition, ne mérite que le respect.

    je suis aussi comme tous les passionnés quand un sujet les intéresse, ils sont peut-être un peu trop > donc si vous ne répondez plus à mes questions ce que je comprendrais, je vous remercie d’avance d’avoir répondu à certaines sinon vous avez tout votre temps je ne suis pas pressé. Merci.