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Dossier Jodorowsky

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Partez à la rencontre d'Alejandro Jodorowsky, créateur de génie.

Le Cinéma

Jodorowsky’s Dune : l’incroyable histoire d’un échec


Cinquante ans après sa parution, Dune reste un incontournable de la littérature de science-fiction. Visionnaire dans ses propos écologiques, précis dans la description de son univers, Franck Herbert a su conquérir le grand public et marquer des générations de lecteurs. Mais le chef-d'œuvre littéraire semble se refuser au cinéma et c'est paradoxalement l'histoire des échecs de son adaptation qui continue de fasciner.

En 1975, Star Wars n'existe pas encore et un jeune artiste du nom d'Alejandro Jodorowsky se voit proposer par le producteur Michel Seydoux l'adaptation du roman culte de Franck Herbert. Conforté par le succès de ses deux premiers films El Topo et La Montagne sacrée, l'imaginaire et l'ambition de l'auteur franco-chilien s'envolent. Il faut voir grand. Selon ses propres mots, il fallait « donner des hallucinations au public sans LSD ». Avec Dune, Jodorowsky voulait « créer un prophète, un dieu artistique et cinématographique ouvrant de nouvelles perspectives. » Armé de cette volonté, il entreprend de traduire toute la spiritualité de l'œuvre en images dans un script précis. Il engage le dessinateur Jean Giraud alias Mœbius :
« Je voulais un dessinateur de bande dessinées qui ait le génie et la
vitesse, qui puisse me servir de caméra et qui donne en même temps un style
visuel. »

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Mœbius est le premier « guerrier artistique » de l'équipe qu'il souhaite
constituer. Suivront le dessinateur anglais Christopher Foss pour les machines
et vaisseaux, le peintre suisse H.R. Giger pour le palais de la planète
Harkonnen, le jeune réalisateur Dan O'Bannon pour les effets spéciaux… mais
Jodorowsky n'a pas peur d'aller taper dans les célébrités de l'époque. Se
considérant lui même comme un samouraï au service de la réussite de son projet, il rencontre le groupe Pink Floyd qui accepte de signer la quasi totalité de la musique du film. Il convainc le fier et impétueux artiste Salvador Dali d'incarner l'empereur pendant une heure de film moyennant 100 000 dollars.


Son merveilleux casting réuni, les problèmes techniques des effets spéciaux résolus et son script bouclé, Jodorowsky remet son projet aux studios Hollywoodiens. Mais la grande aventure cinématographique s'arrête ici. Il reste 5 millions de dollars pour boucler le budget et les idées très ambitieuses de Jodorowsky sont incomprises. À travers ce projet, Alejandro Jodorowsky a voulu révolutionner l'industrie du cinéma et bousculer les codes. Même si le rêve n'a pu aboutir, il est à l'origine d'une ébullition artistique intense. De cet échec relatif, est née la collaboration incroyable entre Jodorowsky et Mœbius et de l'une des œuvres majeures de la bande dessinée : L'Incal. Plus tard, les vaisseaux imaginés par Mœbius ont inspiré le dessinateur Juan Gimenez pour La
Caste des Méta-Barons
, autre BD phare des Humanoïdes Associés.

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Cette histoire à la fois drôle, émouvante et incroyable est racontée dans le documentaire Jodorowsky's Dune.

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